jeudi 17 septembre 2020

SAISON 2020 Épisode 4

Épisode 4 : du jeudi 10 au jeudi 17 septembre 2020, Volos et son golfe

D’abord merci à vous les filles, Françoise, Danièle, Geneviève, Christine, Emmanuelle et aussi les garçons, Jeff et Bernard pour vos si gentils commentaires, ça m’encourage et me pousse à écrire.

Pour ce quatrième billet, mon capitaine et artiste photographe a réalisé plein d’images...

Je vais donc m’essayer à un nouveau type de narration avec plus de photos que de texte !

Jeudi 10 septembre

Direction la grande ville, pour faire le plein de vivres : Volos.

C’est un grand port industriel et commercial, une cité universitaire, on y trouve tout ce dont un équipage a besoin.

D’abord un très grand quai public, quasiment désert, où il est facile de s’amarrer.


C’est chose faite en fin de matinée !

Évidemment, super marchés, boulangeries, primeurs, restaurants abondent.

Retour de courses, sur la passerelle d’accès au quai.


Le coucher de soleil rend-il les grues du port commercial plus romantiques ?


Pas sûr !

Le lendemain matin, nous ne nous attardons pas longtemps, nous sommes sous le vent des échappements de la grande cheminée du ferry qui s’apprête à appareiller !

Du vendredi 11 au lundi 14 septembre

Nous allons rester trois nuits dans le joli mouillage de l’îlot Pythos.

Une toute petite île en demi-cercle, prolongée par une barrière de rochers à fleur d’eau entre sa pointe Nord-Ouest et un tout tout petit îlot. On y est abrité des vents de Nord, d’Est et de Sud-Est et la météo s’annonce très calme pour les jours à venir.
Pythos au coucher du soleil



C’est très beau et très connu des navigateurs locaux...c’est également le week-end. Nous avons donc de la compagnie !

Et c’est ici que, pour la première fois, nous avons été confrontés à un comportement malhonnête de la part d’un skipper grec. Une tentative d’arnaque à l’assurance !
Le bateau, avec plage avant et plate-forme arrière agrandies, s’appelle le Beauty L. Il a du manquer au shipman, quelques milliers d’euros pour fignoler la peinture de sa coque, du coup il tente sa chance : il a mouillé très près de nous ( l’évitage n’était pas garanti sur 360°) et sorti son appareil photo au moment où nous allions nous rencontrer.
Ça c’est vraiment mesquin !
Le capitaine qui le surveille pousse son coup de gueule, en français, l'équipière renchérit en anglais...il est parti !


Mais la générosité du Golfe et le savoir-faire du capitaine nous réservent de bien belles compensations !

Un tassergal et un gros sar


Lundi matin, le vent est passé Nord Ouest. Si la barrière de roches casse bien les vagues, le mouillage finit quand même par devenir inconfortable.
Après la chasse du matin, fructueuse comme presque à chaque fois, nous levons l’ancre, direction le Sud Est du Golfe autour de l’anse Vathoudi. La météo annonce un peu de vent, nous y serons à l’abri !

En milieu d’après-midi nous sommes seuls au centre d’un beau mouillage très calme, sous le cap Kefalos, à l’ouest de l’île Alatas.

Un cercle de verdure, un calme étonnant, un grand héron cendré sur la berge.


Mardi15, mercredi 16 et jeudi 17

Toujours dans les parages de Vathoudi.

Mardi, nous ne bougeons pas.

Mercredi nous entrons dans Vathoudi par la passe Sud et allons refaire un plein de vivres dans la petite ville de Milina.

C’est paisible et charmant !

Les quais de Milina


Les chats et les pots de fleurs y font bon ménage


Doug Le devant la belle église de Milina


L’avitaillement terminé nous regagnons Vathoudi et mouillons sous la côte Sud Est de l’île Alatas, allongée, étroite, plantée d’oliviers séculaires... ses eaux sont poissonneuses, évidemment !
Les oliviers d'Alatas


Si vous cherchez une île déserte...


ou juste un point de vue magnifique...


vous tomberez peut-être sur une drôle de sirène...


plus sûrement sur un enclos à chèvres très rustique, toujours en activité...


Jeudi 17, nous sommes encore dans notre petit coin paisible où nous recevons plein de gentils messages nous mettant en garde contre les vents violents annoncés pour ce week-end.
Un médicane (un ouragan méditerranéen) est prévu. Il ne devrait pas concerner notre secteur.
Mais comme de notre côté la météo annonce un petit coup de Nord...dès demain, nous irons vite nous mettre encore plus à l’abri.

samedi 12 septembre 2020

SAISON 2020 Épisode 3

Épisode 3 : du vendredi 4 au mercredi 9 septembre 2020, Palaio Trikeri-Skopelos-Palaio Trikeri, un aller-retour

Vendredi 4 septembre 2020

Il n’est pas encore 6 heures et demi que nous sommes levés, le vent aussi mais il ne se fait pas violemment ressentir à l’abri de l’îlot Palaio Trikeri.
Nous avalons rapidement notre petit-déjeuner et préparons le bateau : remonter le moteur de l’annexe sur sa chaise, l’annexe sur le pont, gréer la trinquette, tout amarrer !
Il faut ensuite que je me mette à l’eau pour aller larguer les amarres accrochées dans les arbres !
A 7h40 nous sommes parés, nous sommes partis ! Direction Skopelos où nous devrions retrouver nos amis de Kairos dans le port de Nea Klima.

Très vite nous prenons une première bonite, nous sommes encore entre l’îlot et la péninsule Trikéri.

Nous avançons vite sous trinquette et grand-voile arrisée, 25 nœuds par le travers, Doug Le est très à l’aise !

Dans le chenal Trikeri entre la rive Sud du Pélion et la côte Nord de l’île d’Eubée, la mer est plate et le vent du Nord ne franchit pas la falaise...attention à l’arrivée dans le canal de Skiathos, où le vent va débouler de Thessalonique !

En passant devant le petit port de Platania nous prenons notre deuxième bonite, le repas du soir est assuré !

A l’entrée dans le chenal de Skiathos le vent est effectivement plus fort, mais jusqu’au rocher Levtheris, il reste très maniable, 25 nœuds, 30 dans les rafales ! Lorsqu’on se rapproche de Skiathos, du cap Poundra , et que le vent passe à 30-35, avec rafales à 40 et des vagues plus sèches, la navigation devient désagréable !
Heureusement il n’y a pas très long à courir avant d’être à l’abri des vagues, sous Skiathos.

C’est au moment où l’on décide de se rapprocher de la côte afin d’y faire une petite pause déjeuner que notre trinquette décide de faire des siennes.
Elle refuse de s’enrouler !
En fait la contre-écoute s’est retrouvée bloquée par une petite drisse de pavillon toute fine qui s’est rompue à ce moment là puis est venue faire une pelote serrée autour des haubans bâbord...
Il a fallu affaler la trinquette moderne... à l’ancienne...En effet, elle est prévue pour s’enrouler sur son emmagasineur et pas pour tomber sur le pont quand on lâche la drisse.

Le capitaine vient de tester la capacité de l’équipage à affronter les éléments !

Après cet intermède nous sommes heureux de souffler dans la grande baie de Platania, côte Sud de Skiathos. C’est tout de suite profond, il faut mouiller très long ! Ça ira pour casser la croûte !

Après le déjeuner et une petite sieste, nous levons l’ancre direction Nea Klima sur la côte ouest de Skopelos.
Denis et Catherine, nous y accueillent et nous donnent un coup de main pour l’amarrage.

Quel bonheur de retrouver nos amis ! Nous n’étions pas du tout certains de nous croiser cette saison !

Nous partageons les deux bonites et le charme tranquille de ce petit port sans prétention.

Nea Klima

Samedi 5 septembre 2020

Le vent reprend, la mer est agitée devant la jetée ; les équipages de Kairos et Doug Le vont rester à quai encore une journée.
Rien ne nous presse, rien ne nous bouscule...prendre le temps, de faire les courses, un peu d’entretien moteur, de profiter de la plage et de sa douche et de passer une deuxième soirée avec nos amis !

On pourrait friser la perfection...mais nous sommes samedi et le samedi soir les humains font la fête... du coup, certains établissements mettent la musique très très fort, jusqu’au petit matin ! Nous n’avons pas bien ni beaucoup dormi !

Dimanche 6, lundi 7 et mardi 8 septembre

Dimanche matin, tout est calme à Nea Klima. La musique s’est arrêtée, le vent aussi !

Une analyse des prévisions météo nous fait choisir de revenir, en mode vacanciers, du côté du Golfe de Volos.

Nous avions, un temps, envisagé d’aller jusqu’à Limnos, cette île que nous aimons tant, mais le vent est défavorable sur le trajet pendant plus d’une semaine...nous y reviendrons une autre année !

Kairos largue ses amarres quelques minutes avant nous. Grands signes, à bientôt !

Partis de Nea Klima au moteur, peu après 9h, nous avons très vite navigué à la voile jusqu’à la grande baie de Chondri Ammos, rive Sud du Pélion à l’Est d’une grande carrière de marbre.
Nous y avions déjà jeté l’ancre au printemps 2015.
A l'Est de la grande carrière, Chondri Ammos

A quelques mètres du bateau, par 7-8 mètres de fond, des restes de tessons et d’amphores...un bateau marchand a dû couler là...quand ?

Nous y resterons jusqu’à mardi matin.

C’est là que j’apprends que mon fils a chopé le Covid...il est jeune, mince, sportif, en très bonne santé, il va déjà mieux...il va guérir tout seul ...
Mais la réponse médicale d’état et de la plupart des médecins libéraux, qui sont pourtant censés soigner et prescrire en toute conscience et en toute liberté, est quand même terrible !
Rentrez et restez chez vous, prenez du paracétamol et rappelez si vous étouffez !
Ça ressemble furieusement à du refus de soin !
La mère s’inquiète, fait appel à ses ressources familiales, la citoyenne s’indigne.
J’ai du mal à comprendre...et à avaler, depuis le début !

Comme les nouvelles de mon fils sont de plus en plus rassurantes, je, nous, retrouvons notre plaisir d’être là, sur l’eau, au cœur d’un environnement sauvage, comme nous apprécions.

Du mardi 8 au mercredi 9 septembre

Mardi, après les activités du matin, nous levons l’ancre pour continuer notre pérégrination paresseuse.

Nous rebroussons chemin de quelques miles pour aller visiter le petit port de Platania.

Quand nous y arrivons, le quai est quasi plein...nous n’allons pas nous y mettre ! Nous jetons l’ancre le temps du déjeuner dans un mouillage très encombré de bateaux sur corps-morts.
La brise de la mi-journée se lève sans nous laisser le temps de finir de manger...nous relevons l’ancre et ramenons en prime un très gros grappin !
Platania, expérience non concluante !

Nous repartons plein Ouest et nous arrêtons dans une des très belles baies et plages qui festonnent cette rive Sud du Pélion. Nous passons l’après-midi et la nuit sous la pointe Vathi, seuls !

Sous le Pélion et la pointe Vathi, une baie pour nous tout seuls

Mercredi après la chasse matinale du capitaine nous reprenons notre route pour le Golfe et l’îlot Palaio Trikéri.
Au passage devant le phare nous remontons deux bonites en même temps, une sur chaque canne ! Les deux leurres, différents, ont fonctionné !
Ce golfe est très poissonneux, c’est confirmé !

L’amarrage à Trikéri se passe très bien, je suis de plus en plus performante pour porter les aussières dans les arbres ! Cette fois-ci, j’ai fait la manœuvre à la nage !

Je me sens tellement bien à bord que, dans l’après-midi, je me suis même endormie dans le cokpit, éventée par une douce brise... Je n’ai plus du tout envie de rentrer !

Enfin, parfois, même sur l’eau les humains sont un peu sans gène ! A notre gauche nous avons un grand bateau en bois. Il reste fermé toute la journée. En début de soirée, les propriétaires reviennent. A peine à bord, ils mettent en marche leur générateur ! Nuage noir de fumée au démarrage ! Le pot d’échappement de ce vieux machin très bruyant, 40 centimètres au-dessus de l’eau, crache de notre côté...asphyxie garantie !
Cela faisait très longtemps qu’on n’avait pas eu droit à ce sketch ! Aujourd’hui, avec les panneaux solaires et les éoliennes dont pratiquement tous les bateaux sont équipés, plus personne ne fait tourner sa bourrique au mouillage pour recharger ses batteries de service !
Il a fallu que nous tombions du mauvais côté d’un survivant de cette époque lointaine...
Heureusement, ils sont très vite repartis...en éteignant tout !

Demain, nous devons faire les courses, nous irons à la grande ville !

dimanche 06 septembre 2020

SAISON 2020 Épisode 2

Épisode 2 : du dimanche 30 août au jeudi 3 septembre 2020, la péninsule Trikéri

Dimanche 30 août 2020

Nous profitons des facilités d’Orei pour faire le plein de vivres, livraison à bord !
Gentillesse habituelle des Grecs renforcée cette année, à l’endroit des ressortissants français, par la reconnaissance qu’ils portent au président Macron pour ses prises de position par rapport aux Turcs.
Je n’aurais pas dû être étonnée...je sais bien que l’évaluation est dépendante du point de vue de l’évaluateur et, apparemment, ces commerçants grecs d’Orei sont plus inquiets de la politique expansionniste d’Erdogan que des effets de la gestion de la pandémie sur eux-mêmes. A leur place j’aurais sans doute la même analyse... Après ces échanges sur la politique étrangère européenne, nous retrouvons notre bord et notre légèreté de vacanciers.

Nous recommençons à savourer notre décalage temporel de retraités : être ailleurs, sur l’eau, en croisière quand tout le monde reprend le boulot, l’université, l’école...ça c’est bon !

Le reste de la matinée se passe à chercher désespérément une antenne VHF toute neuve, ramenée en juillet pour changer celle, défaillante, de notre système AIS.
Nous fouillons tous les coffres du bateau et nous apprêtons à renoncer, provisoirement, lorsque nous retrouvons l’objet, bien caché, dans le coffre le moins intuitif...
Mais à ce moment-là il fait beaucoup trop chaud pour grimper au mât d’artimon et entreprendre quelque travail que ce soit ! Il faudra attendre une prochaine opportunité !

Vers 15h30, après la sieste, nous faisons nos adieux à Jujube et quittons Orei : direction la péninsule Trikeri. Elle prolonge le Pélion et vient se recourber en un doigt crochu à l’entrée du Golfe de Volos dont elle constitue la rive orientale.

Nous naviguons à la voile jusqu’au Cap Trikeri, admirant au passage le petit port et le village perché qui portent le même nom et terminons nos quinze miles de la journée dans un mouillage sur fond de sable, dans une grande une anse sous la pointe Trachiti.

le port de Trikeri et le village perché tout en haut

un peu plus loin, le phare du cap Trikeri et le village perché

La météo s’annonce particulièrement clémente...il est bien possible qu’on y reste quelques temps !
levé de lune sur notre anse

et, côté opposé, couché de soleil

Du lundi 31 août au jeudi 3 septembre 2020 : vacances à Trikeri

Lundi, mardi, jusqu’à 19h30, l’ancre est restée au même endroit. Le capitaine chasse et ramène du poisson, je nage, je lis, nous bricolons un peu, observons notre environnement...calme et détente s’installent sur Doug Le.
juste sur la berge, une grue pêche

pêche du capitaine : 2 loups argentés, 2 daurades. La survie de l'équipage est assurée !

Mardi soir, il faut changer de mouillage, juste pour que la nuit soit confortable, car un petit coup d’ouest, pas méchant, est prévu.

On pourrait aller mouiller sous l’îlot Tricheri dans la belle anse juste à l’Est du petit port. Mais lorsque nous y arrivons, il y a déjà du monde (grimace du capitaine) et il faut mouiller et porter une amarre à terre (grosse grimace de l’équipière). Je n’aime pas ça du tout !

Du coup nous faisons le tour de la point Trachiti et visons la deuxième anse, sous la pointe Kabylos. Elle est profonde avec une plage plantée d’oliviers jusqu’au bord de l’eau.

C’est une crique que nous ne connaissons pas, il commence à faire sombre, il faut porter un cordage à terre !!!

Tout se passe bien, la manœuvre est parfaitement exécutée ! Mais... A ne pas refaire trop souvent peut-être !

Nous y assistons à un lever de lune magnifique !

Le lendemain, mercredi, nous profitons de la beauté de la crique mais...je renonce vite à nager. Les grosses méduses que vous avez vues en photos dans le billet précédent s’y étaient donné rendez-vous. J’en ai dénombré au moins une centaine ! J’ai eu beau expliquer à ma nièce que ces méduses là étaient plutôt bonasses parce que dépourvues de filaments urticants...je ne me suis pas risquée à batifoler au milieu de ces demoiselles voilées !

une crique aux oliviers, caractéristique de ce secteur de la Grèce

aujourd'hui, c'est la nôtre

elle nous offre un magnifique papillon

Finalement en début d’après-midi, nous quittons cette crique solitaire et partons mouiller à l’îlot Trikeri dans l’anse que nous avons dédaignée la veille au soir. Elle est vraiment jolie...et puis, porter une ou... deux amarres à terre...on s’habitue...
la preuve !

Jeudi matin, à la fraîche, longue promenade sur l’îlot Trikéri. Cette petite île est complètement piétonnière et sillonnée de sentiers, certains dallés d’autres plus rustiques...cela faisait longtemps que nous ne nous étions pas vraiment dégourdi les jambes !

Demain la météo nous annonce du meltem assez fort, juste ce qu’il faut pour naviguer à la voile, d’après le capitaine, jusqu’à Skopelos (la deuxième des îles Sporades en sortant du Golfe).
Nous devrions y retrouver nos amis de Kairos, Catherine et Denis.
Alors demain à l’aube nous partons !

dimanche 30 août 2020

SAISON 2020 Episode1

Épisode 1 : du samedi 22 au samedi 29 août 2020, de Toulouse à Orei

Le samedi 22 août nous reprenons l’avion avec masques et QR code. Nous nous sommes beaucoup occupés de nos parents, du jardin, de la maison et nous aspirons vraiment à retrouver la vie à bord.

A midi, nous sommes en mer et le soir, au mouillage à Palaia Fokaia, dans la grande baie à l’Ouest du cap Sounion. Nous y dégustons un excellent Champagne de Rhodes que notre fille avait laissé au frais tout exprès pour nous, pour trinquer aux vacances.

Nous avons de bons enfants !

Nous apprécions cette soirée au delà de ce que les mots peuvent exprimer !

Peu de bateaux de passage dans la baie, comme si nous étions en tout début de saison avec les températures du mois d’août !

Notre première nuit à bord est délicieusement récupératrice.

Dimanche 23, lundi 24, mardi 25 et mercredi 26 août : de Palaia Fokaia à Vouphalo

Dimanche matin, nous prenons tout notre temps et ne levons l’ancre à Palaia Fokaia qu’après 9h30.

Le Meltem est déjà levé et l’équipage est toujours en mode récup. Le capitaine décide d’une toute petite étape. Deux heures plus tard nous nous arrêtons dans une belle et grande crique située 1 mile au sud de la pointe Fonias, juste avant Lavrion.

Baignade, sieste, lecture...je pensais déjà m’installer dans le rythme des vacances mais...Éole et surtout le capitaine en ont décidé autrement.

Le vent du Nord va souffler assez fort pendant plusieurs jours, alors nous décidons de profiter de l’accalmie de fin de journée pour remonter jusqu’à Porto Rafti.

Nous y arrivons vers 20h30...la nuit est tombée, heureusement, nos feux de navigation sont opérationnels !

En Grèce nous ne naviguons plus jamais de nuit et pourrions fort oublier de vérifier le bon fonctionnement de nos feux...mais Jean-claude, capitaine prévoyant, les avait vérifiés et même réparés avant de confier le bateau aux filles.

A Porto Rafti, nous retrouvons les mêmes bateaux au mouillage sur corps-morts qu’au mois de juillet mais aucun bateau de passage...pas de mouvements dans la baie à l’exception de ceux des petites barques de pêche.

Encore cette sensation étrange d’être en décalage dans le temps !

Lundi matin à Rafti : avitaillement !

De retour à bord, ouzo, déjeuner et sieste !

Après tous ces efforts et réconforts nous décidons de gréer notre trinquette pour traverser jusqu’aux îles Petaloi.

En principe, l’installation de cette petite voile d’avant sur emmagasineur ne devrait prendre que quelques minutes mais...nous ne nous en servons pas très souvent, pas assez probablement. Alors elle est ballottée dans le coffre et il a fallu retrouver tous ses accessoires et les monter correctement !

A quatre heure de l’après-midi la trinquette est opérationnelle et nous pouvons cingler vers l’île Megalo des Petaloi.

L’anse Vassiliko au Sud de Megalo s’ouvre pour nous, pour nous tout seuls !

Cela fait bien une dizaine de fois que nous jetons l’ancre ici, à divers moment selon les années, jamais nous n’avions eu la chance d’en profiter en solitude.

Belle nuit de sommeil !

Mardi matin, trinquette en place, la remontée vers Vouphalo se fait sans problème face à un vent de secteur Nord qui oscille autour de 20 nœuds.

Vraiment, nous devrions sortir la trinquette plus souvent. Aux allures de près, par vent assez fort, elle est idéale !

Nous retrouvons Vouphalo, notre crique fétiche avec un plaisir immense et une sensation de relâchement et bien-être...un peu comme quand on rentre à la maison...

Stella nous accueille en nous serrant dans ses bras...ici, foin des gestes barrière ! D’ailleurs, il n’y a pas eu de malade sur l’île d’Evia !

Nous avons un sac de linge sale à faire laver et Stella une toute nouvelle machine qu’elle ne sait pas faire marcher...Jean-Claude règle le problème en quelques minutes...et voilà !



Nous ne repartirons pas de Vouphalo sans avoir dégusté les calamars chez Stella et Nikos !

Mercredi soir, grâce à l’entregent de Stella nous faisons la connaissance de deux couples nomades (un couple tourdumondiste en voilier et l’autre campingcariste) et nous partageons leur table ! Mon capitaine sauvage a socialisé !!!!

Nous avons passé une excellente soirée !

Jeudi 27, vendredi 28 et samedi 29 août : de Vouphalo à Orei

Jeudi matin, le vent est très calme, Jean-Claude part chasser, je fais mon petit tour de natation.

Il rentre avec deux poissons «portion», juste assez pour nous deux et nous appareillons. Il n’est pas tout à fait midi, direction Khalkis.

C’est l’endroit étroit entre le continent et l’île d’Evia, à peu près en son milieu. C’est là où il faut passer le pont. En fait il faut attendre que le pont routier s’ouvre...mais je vous ai déjà expliqué ça par deux fois !

Lorsque nous arrivons à Khalkis, il est plus de 16 heures. Les bureaux seront-ils ouverts ? Dans la documentation que nous trouvons sur internet la réponse est oui mais...dans la réalité...? Parce qu’avant de passer le pont il faut s’acquitter de la taxe correspondante et se signaler aux autorités portuaires ! On ne passe pas comme ça !

Finalement les bureaux ne sont pas encore ouverts ! Nous nous acquittons des formalités et nous préparons à veiller le canal 12. Les deux fois précédentes le pont n’avait été ouvert que tard dans la nuit...

Mais là, à 21h45 nous étions passés et à 22h mouillés à un demi mile du pont, parés pour la nuit ! Facile ! Vendredi nous avons remonté le long de la côte ouest d’Evia jusqu’à la pointe Lichada ou Lithada sous laquelle nous avons passé la nuit.

Après 8 heures de navigation c'est le moment de déguster une Mythos bien fraîche !

Cette côte, magnifiquement sauvage ne présente que peu d’abri mais pendant ces huit heures de navigation nous avons admiré un vol de flamants roses et des méduses en quantité. Celles-ci aiment les eaux de cette mer plutôt fermée ! Méduses

Aujourd’hui, samedi, nous avons fait une petite navigation d’une quinzaine de miles jusqu’au petit port d’Orei.

Entrée dans le chenal Oreon au petit matin

En chemin nous avons croisé des gros dauphins, trop loin pour être photographiés...

Et depuis 10h30 nous sommes amarrés dans un endroit très joli, le port d'OREI : un grand quai, des bornes pour l’eau et l’électricité, un coup de téléphone pour commander du gazole, un cheminement à 10 mètres du bateau pour accéder à la plage, une douche, avec de l’eau douce qui coule, pour se rincer avant de rentrer...et nous n’avons pas encore tout découvert !

Le port d'Orei, vu de la plage Sud

La plage depuis le bateau

Les belles ancres centenaires sur le quai

Sur la place un taureau en marbre de l'époque classique...aujourd'hui tout emballé et fermé dans sa cage de verre !

Et puis, hasard heureux, nous n’étions pas amarrés depuis une demi-heure qu’est arrivé, juste contre nous, un bateau ami, Jujube. Le propriétaire de Jujube est catalan et son bateau, comme le notre, a très longtemps eu son anneau à Canet-en-Rousillon !

Lorsque nous sommes partis pour la Grèce c’est lui qui nous a donné les renseignements les plus utiles, notamment ceux concernant le chantier d’hivernage où nous sommes encore ...et lui aussi ! Jusqu’alors nous ne rencontrions que son bateau, au chantier ! Et là, nous avons le plaisir d’une rencontre sur l’eau !

Juste avant le départ pour la taverne avec l'équipage de Jujube

SAISON 2020

Préambule

Mon journal de voyage 2020 est spécialement dédié à notre amie Françoise et à toutes les filles, ma sœur, mes amies, qui m’ont encouragée à le poursuivre au moment où, en fin de saison 2019, je doutais fort de son intérêt.

Drôle de saison 2020 !

Elle a failli ne pas exister !

Nous étions tous en plein confinement à la date initialement prévue de notre départ pour Athènes, le 28 avril 2020. Nous ne savions pas alors si les frontières avec la Grèce seraient ré-ouvertes. Aucune perspective...

Assignés à résidence dans notre maison de Toulouse, comme vous tous, nous avons bénéficié d’un étonnant silence. Pas un bruit dans la rue, pas un bruit dans le ciel, sauf parfois, le vrombissement d’un hélicoptère qui transportait quelque malade dans un hôpital (nous habitons juste en dessous) vide !

Mais je n’ai pas tenu mon journal du confinement...

Dès qu’une ligne Toulouse-Athènes a été ouverte...nous avons pris un billet. Le 4 juillet nous sommes donc montés dans le premier avion en partance. Ambiance étrange, l’aéroport est quasi vide, très peu de vols sont affichés au départ ; sur les quelques avions qui volent quasiment aucun n’est à destination d’un pays étranger... Mais, imperméables à la propagande de la peur, dûment masqués et munis de notre QR code sanitaire, nous sommes arrivés sans encombre à Athènes. Un vol très direct dans un ciel limpide, sans avions concurrents à part quelques jets privés !

Je fais une petite parenthèse pour vous expliquer le QR code : pour entrer en Grèce en cette année spéciale Covid, vous devez avoir préalablement renseigner votre PLF (Passenger Locating Form). La veille de votre départ l’administration grecque vous le renvoie assorti d’un QR code grâce auquel, à votre arrivée à l’aéroport, il est décidé si vous devez être testés. Nous n’avons pas été testés...nous ne venions pas d’une zone pestiférée ! En Occitanie le virus SARS COV 2 n’avait quasiment pas circulé ...et les autorités grecques le savaient !

Donc nous avons fait ce premier voyage du 4 au 14 juillet pour préparer le bateau, le mettre à l’eau et le laisser à notre fille et nos petites-filles ! En fait, nous sommes de bons parents... Il était prévu depuis le mois de janvier qu’elles bénéficieraient du bateau du 11 juillet au 22 août...et c’est bien ce qui s’est passé !

Inutile de vous dire que ces 10 jours de boulot sur Doug Le nous ont fait un bien immense.

Courte navigation entre Halkoutsi, notre chantier d’hivernage, et Zea Marina au Pirée, mais suffisante pour prendre un grand bol de liberté grecque !

Ce n’est donc que le 22 août que notre croisière a commencé !

lundi 09 septembre 2019

Épisode 9 Après la pause occitane, retour mouvementé sur Doug Le

SAISON 2019

Épisode 9



Après la pause occitane, retour mouvementé sur Doug Le

Difficile de se remettre en écriture !

Déjà mi-juillet je m’interrogeais sur l’opportunité de continuer à tenir le blog. La Grèce est très connue, beaucoup d’informations se trouvent ailleurs, sur des sites et des forums structurés comme des bases de données. Mon journal de voyage au jour le jour n’intéresse que peu de monde, d’autant qu’au bout de cinq ans, nos découvertes se font plus rares. Nous revenons dans les endroits que nous avons aimés, mais... la blogueuse est moins émerveillée et le photographe plus du tout inspiré !

Il fallait que je trouve une inspiration d’une autre veine, moins descriptive, plus impressionniste, un autre souffle...ou que je renonce.

Écrire : pour pouvoir partager, je dois me faire plaisir !

Et puis, patatras, notre retour sur Doug Le, au 15 août, a été tellement mouvementé qu’il faut que je vous raconte !

Du jeudi 15 au jeudi 29 août 2019 : Comment je suis devenue chef de bord !

Le jeudi 15 août, à 8h30, nous quittons la maison avec ma sœur Christine : direction l’aéroport via le métro et le tramway. Nous sommes très en avance, a priori tranquilles !

Le trajet semble se passer normalement sauf que, à peine arrivés dans l’aérogare, Jean-Claude s’aperçoit qu’il n’a plus son petit sac à dos ! Il se précipite vers le tramway : peut-être l’a-t-il juste oublié là, il y a quelques minutes à peine ?
Las, le sac a bel et bien disparu ! Et ce sac contenait tout ! Le passeport, le portefeuille avec les autres documents (carte d’identité, carte de crédit, carte vitale, permis de conduire, argent liquide), le smartphone, l’appareil photo, la tablette, la liseuse et quelques clés USB pour faire bonne mesure, plus le trousseau de clés (voiture et maison) ! Tout quoi !
Étrangement, c’est la première fois que Jean-Claude met tous ses œufs dans le même panier. D’habitude c’est moi qui me charge de nos deux passeports et de nos cartes d’embarquement. Évidemment, dans ce cas-là, nous aurions été embêtés, mais je n’aurais quand même pas eu grand chose à écrire, car Jean-Claude aurait pu prendre l’avion avec nous.

Mais là !

Rapidement nous décidons de nous envoler pour Athènes, Christine et moi. Jean-Claude ne peut faire autrement que rester à Toulouse. A ce stade le stress, le désespoir maximal : c’est pour lui !

Nous arrivons, sans encombre à Athènes, Christine et moi. Nous retrouvons le bateau à Zéa Marina et nous y installons. Première soirée décontractée de vacancières contentes de déguster une bière fraîche à l’un des bars de la marina. Je n’ai pas encore réalisé le poids de la responsabilité qui va m’incomber !

D’ailleurs, personne, ni mon équipière à bord, ni mon capitaine à Toulouse, ni mes parents, ni mon fils, je dis bien personne ne doute de mes capacités à prendre en main le bateau, en solitaire, et ne semble s’inquiéter pour moi. Seule notre fille, elle-même chef de bord expérimentée, me confirme que c’est stressant au début et me rassure en certifiant qu’au bout du compte c’est facile !

Je suis flattée de toute cette confiance unanime dans mes compétences, je sais bien que j’ai 40 ans de navigation à mon actif, donc, ils ont tous raison ! Mais...je n’ai jamais dû assumer seule toute la responsabilité de la marche du navire. Et du coup, c’est mon corps qui réagit. Je dors très peu, très mal et me lève avec migraine et nausée ! Je décide de rester un jour de plus à Zéa, histoire de me remettre et d’avoir le temps de commander du gazole et de partir avec tous les pleins : carburant, vivres et eau.

Au fil de la journée du 16, je retrouve un peu d’énergie mais la deuxième nuit ressemble à la première !

En fait, je sais ce qui m’angoisse : c’est réussir la manœuvre de sortie du quai. En effet, nous sommes amarrés par l’avant entre deux bateaux beaucoup plus longs que nous et je ne suis pas assurée de réussir ma marche arrière à la perfection.

Je décide de réclamer l’assistance de la marina au moment du départ. De toute façon il faut que je nous sorte de là !

Et voilà, dès que nos pleins sont terminés (j’ai même réussi à faire tamponner «mon» DEKPA chez les gardes-côtes) j’appelle les assistants de la marina qui me tirent par l’arrière sans souci ! Dès que je suis dans le chenal, je prends la barre et c’est parti ! A partir de là, je sais que je sais faire ! Ouf ! Nous sommes prêtes pour des vacances entre sœurs !

Il est 11h, nous sommes le 17 août, cap au Sud vers Poros, le vent nous pousse, je peux mettre les voiles ! Il faut dire que le Sharki est prévu pour être skippé en solitaire : il est lourd, stable, son gréement de ketch rend les manœuvres de voile très faciles...

Mais que se passe-t-il à Toulouse du côté du capitaine titulaire ?

En fait, le jour même de la disparition du sac, à part l’opposition sur la carte de crédit, il ne peut rien faire ! C’est le 15 août, un jeudi ! Il réalise aussi à ce moment-là que c’est un long week-end ! Toutes les administrations sont fermées jusqu’à lundi, la préfecture, les mairies, y compris les objets trouvés (pour des nouvelles éventuelles du sac volé, il faut attendre lundi!)... sauf le commissariat où il peut aller porter plainte dès le lendemain.

On apprend aussi à ce moment-là qu’une fois le dépôt de plainte enregistré pour perte ou vol de papiers, leur non-validité devient irrémédiable et définitive. Tous les systèmes informatiques de contrôle de police sont informés que ces papiers-là sont des papiers volés !

A ce stade il a bien sûr commencé à se renseigner : obtenir des papiers en urgence risque d’être très difficile ! Il y a bien une procédure d’urgence via internet auprès de la préfecture...elle est tentée et rejetée. Tout le monde s’accorde à dire que ces demandes-là n’aboutissent jamais !

Obtenir un rendez-vous dans une mairie : pas avant mi-septembre ! Désespoir !

Jusqu’au jeudi 22 août, il fait donc toutes les démarches possibles, assurance, changement de serrures, changement de carte de crédit et s’occupe des figues et des pêches du jardin (il aura utilisé tout notre stock de pots de confiture vides). La maman de Jean-Claude est la seule à se réjouir de notre déconvenue puisqu’elle bénéficie de la présence de son fils à Toulouse !

Pendant ce temps- là en Saronique, les filles passent du bon temps !

Nous sommes donc arrivées dans la baie de Poros le 17 en milieu d’après-midi où j’ai testé mon premier mouillage. Là encore, le Sharki est idéal. Il suffit de prendre son temps :

  • - 1/ aller à l’avant pour préparer l’ancre prête à basculer
  • - 2/ revenir à la barre choisir son point de mouillage et faire filer la chaîne : on a tout sous la main, barre, moteur et commande du guindeau !
  • - 3/ revenir devant pour ajuster la longueur de chaîne et fixer la main de fer
  • - 4/ dernière étape, effectuer une marche arrière gentille pour bien planter l’ancre.


Nous sommes restées là au fond de la baie de Poros, dans les criques immédiatement à droite de l’entrée principale jusqu’au lundi 19 au matin.

Ma passagère est adorable, elle profite de tout et apprécie le programme très tranquille que je lui propose.
Baignade, observation des orphies, d’une tortue, des étoiles.
Et puis c’est pour nous une occasion unique de passer du temps entre sœurs, juste toutes les deux !

Le lundi matin nous nous déplaçons jusqu’au village de Poros. A toutes les deux, nous arrivons à mettre l’annexe à l’eau et à gréer son moteur. Je décompose les étapes et j’essaie de donner les consignes les plus simples et les plus claires possibles. Christine, apprentie modèle, les exécute à la lettre. Du coup, nous nous en sortons très bien !
L’annexe motorisée, ça a l’air bête, mais c’est indispensable pour nous rendre facilement à terre, notamment au village de Poros, pour y faire les courses et profiter des tavernes mais aussi pour retenir les tickets (navette rapide et taxi) pour le retour de Christine mardi 27 août. Je ne veux pas avoir d’angoisse de ce côté-là !

A ce moment-là (lundi 19 août), nous pensons que Jean-Claude n’a aucune chance de me rejoindre dans un délai raisonnable et je m’apprête à mettre le bateau à terre et à l’hiverner toute seule, comme une grande.
Un nouveau chantier s’est ouvert à Poros, il s’appelle Kalypso. Je prends contact par téléphone, c’est là que j’irai juste après le départ de ma sœur. Nouveau stress en perspective, mais on verra bien le moment venu !

Nos amis s’inquiètent pour moi : Yves est prêt à prendre un avion pour m’aider à la manœuvre. Denis de Kairos qui sera à Halkoutsi, notre chantier d’origine, autour du 2 septembre me propose aussi de monter à bord pour la mise à terre si je décide de revenir jusqu’à Evoiko ! Tous ces soutiens, toutes ces manifestations d’amitié me vont droit au cœur !

Donc, du lundi 19 au mardi 27 août, les filles se prélassent sur le bateau !

Nous poussons jusqu’à Ermioni et retour ! J’ai décidé de ne pas faire de navigation de plus de 3-4 heures !

Tout se passe bien, la navigation, les mouillages, les papotages et les discussions sérieuses, tout ! Nous mettons le champagne au frais pour boire à la santé de mon fils Yann et sa compagne Monique qui viennent de nous annoncer leur prochain mariage et puis pour fêter les un an de Sahel et Isaiah, les petits-fils de ma sœur, donc mes petits neveux, des jumeaux ! Ils sont nés le 23 août 2018 !

Le 23 août, justement, Jean-Claude m'informe de la possibilité d’obtenir rapidement un passeport ! Quel soulagement ! Je passe immédiatement en mode vacances !
Sur les indications d’une amie il s’est rendu dans une mairie qui vous accueille sans rendez-vous et traite vos demandes urgentes avec une efficacité remarquable !
Pris en charge le vendredi matin, Jean-Claude s’est vu confirmer la fabrication de son passeport dès le vendredi après-midi. Ensuite, il lui a fallu attendre le retour du document.

A Poros, le 27 août au matin, lorsque j’emmène Christine à la navette de 8h, je ne sais toujours pas quand Jean-claude va revenir, mais je suis certaine de son retour...il me suffit d’attendre !

Malgré un petit retard de la navette, Christine prend son avion pour Toulouse sans problème.

Je suis très contente de notre petite virée à deux ! Elle aussi je crois !

Finalement je vais attendre deux jours de plus à Poros !
Le mercredi 28 avec du vent 5-6 Beaufort et le jeudi 29 août.

A 20h45 je retrouve mon capitaine qui débarque de la navette rapide et je lui rends, sans aucun regret, toute les prérogatives du commandement !
Je suis si heureuse qu’il soit là !

J’accepte les compliments lorsqu’il constate que j’ai réussi un mouillage parfait mais je continuerai à faire l’équipière d’avant pour tous nos mouillages futurs !

Du vendredi 30 août au lundi 9 septembre 2019

Nous nous octroyons une semaine très tranquille entre Poros, Ermioni, Porto Khéli, Korakonisia, Astros et Tolo.
Au programme, poissons frais, coquillages, lectures et repos !
La séquence nous a un peu ébranlés ! Des émotions pareilles, à nos âges !
Et la météo (ça souffle encore fort dans les Cyclades où certains de nos amis sont toujours coincés !) ne nous incite pas à faire de grandes navigations !

Nous allons donc faire des «ronds» dans le secteur, profiter de la mer et du soleil pendant quelques jours encore avant d’envisager la remontée vers Halkoutsi pour la mise à terre et l’hivernage de Doug Le.

Nous avons pris nos billets de retour pour le 1er octobre.

Cette fin de saison 2019 aura été spéciale !

dimanche 14 juillet 2019

Saison 2019 : en guise de conclusion avant la pause occitane

Dimanche 14 juillet 2019

Nous sommes à Vouphalo, à deux heures de route d'Halkoutsi : tout va bien !

Ce court billet pour répondre à celles et ceux qui se sont inquiétés pour nous à l'annonce des violents orages survenus en Grèce. Merci à vous, chers amis !

En fait les orages ont éclatés en Chalcidie, quelques 200 kilomètres plus au Nord par rapport à notre position actuelle.

Nous avons donc été épargnés par la tornade.

Nous avions navigué dans le secteur du 14 au 21 juin et bénéficié d'une météo particulièrement calme !

Je vous joins une carte de notre périple 2019.

Entre le 2 juin 2019 (retour de Norvège et deuxième départ d'Halkoutsi) et aujourd'hui, 14 juillet 2019, nous avons fait le circuit suivant : départ d'Halkoutsi, contournement d'Eubée, arrêt à Kimi (côte Est d'Eubée), traversée vers Skiros, montée vers les Sporades puis en Chalcidie, traversée vers Lemnos, tour de Lemnos, retour par les Sporades et Skiros, atterrissage à Karistos (Sud d'Eubée) et remontée vers Halkoutsi dans le golfe d'Evoiko. Le point rouge indique notre position actuelle à Vouphalo.

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jeudi 11 juillet 2019

Épisode 8 du samedi 29 juin au jeudi 11 juillet 2019 : de Lemnos (ou Limnos) à Karistos en repassant par les Sporades et Skiros

SAISON 2019

Épisode 8
du samedi 29 juin au jeudi 11 juillet 2019 : de Lemnos (ou Limnos) à Karistos en repassant par les Sporades et Skiros

Du samedi 29 juin au lundi 1er juillet : fin de notre séjour à Lemnos

Le samedi 29 juin le vent de Nord Est souffle encore assez fort...alors nous restons au fond de la baie de Kondia.
Jean-Claude part chercher un loup et j’envoie mon 7ème billet. Journée tranquille malgré le vent.

Dimanche et lundi, nous sommes au quai, à Mirina, sous le château fort. C’est une belle forteresse vénitienne.

Lorsque nous arrivons à Mirina, le dimanche en fin de matinée, une quarantaine de bateaux tournent devant la baie...une régate ! Mon capitaine commence à s’inquiéter car nous risquons d’être nombreux au quai ! Mais non, il s’agit d’une course au large, ils vont virer l’île d’Eustratios et achèverons leur parcours à Moudros. Nous aurons juste le plaisir de les voir tourner avant quelques faux départs et le coup d’envoi définitif !

Le port et la baie de Mirina depuis le point haut de la forteresse
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La petite ville de Mirina est animée et possède une jolie rue commerçante, une laverie tout près du port et des gardes-côtes plutôt ouverts...nous en profitons pour porter notre linge à laver, faire un bel avitaillement et faire tamponner officiellement une autorisation de prêt de notre bateau à notre fille lorsque nous ne sommes pas à bord. L’autorisation est rédigée en français, en anglais et, grâce à Nicky, en grec ! Il se peut que Sylvie n’en n’ait jamais besoin mais...au cas où, c’est mieux !

Lundi à 13h, tout est fini, nous larguons les amarres à Linaria pour passer notre dernière demi-journée lemnienne sous le Cap Tigani, le cap Sud Ouest de Lemnos, dans l’anse Stiri. Très jolie petite anse, bien protégée des vents de Nord, dans laquelle on ne pourrait sans doute pas loger plus de deux ou trois bateaux... mais nous y sommes seuls !

Mardi 2 juillet 2019

A 7h03, avec 3 minutes de retard dit le capitaine, nous quittons Lemnos pour les Sporades.
C’est le début de notre voyage de retour.

Nous envoyons le foc tangonné à la sortie de l’anse, le vent favorable nous poussera jusqu’à Kira Panayia, une île inhabitée ou presque, sans aucun équipement électrique ou téléphonique. Quand on vient du Nord-Est, pour atteindre Panayia on passe entre deux îlots encore plus sauvages, Psathoura au Nord, un confetti à ras de l’eau signalé par un phare et Yioura qui contraste avec ses hautes falaises abruptes !
En fin d’après-midi nous mouillons dans la belle anse Planitis. Elle s’ouvre au Nord Est de Kira Panayia par un petit chenal. Elle est complètement fermée. La saison est déjà commencée et quelques bateaux sont déjà à l’ancre. Nous avons rejoint les zones fréquentées et devrons nous habituer à partager notre espace avec d’autres !

Mercredi 3 juillet 2019

Une petite navigation jusqu’à Péristéri en faisant le tour de Panayia par l’Est. La côte Est de Panayia faite de hautes falaises colorées est très belle mais ne présente pas beaucoup d’abris, sauf ...sous l’ancien monastère. A notre prochain passage dans ce secteur, par temps calme, nous y reviendrons !

Nous passons la journée à Vassiliko, l’anse qui s’ouvre au milieu de la côte Ouest de Péristéri.
Encore un très bel endroit où nous n’avions jamais mouillé !

Jeudi 4 et vendredi 5 juillet 2019

Nous continuons notre glissade vers le Sud en passant par l’extérieur, c’est à dire à l’Est d’Evia.
Jeudi, une première étape à une quinzaine de miles dans le Sud de Péristéri : Skantzoura. A l’aller nous n’y avions fait qu’un arrêt pour le déjeuner. Cette fois-ci nous y passerons la nuit. Cette petite île, là encore inhabitée, possède des anses magnifiques mais...lorsque le vent s’est calmé à la tombée de la nuit, une houle de fond résiduelle, contournant tous les caps, est venue nous bercer. Un peu de roulis pour nous rappeler que la mer est instable !

Vendredi, ce sont les résultats du bac ! Nous les attendons pour la plus jeune de nos petits-enfants !

Le grand-père et capitaine a préparé la page internet pour pouvoir être un des premiers sur le site de l’académie. Officiellement, les résultats devaient tomber à 8h30 mais...à Toulouse ce sera 10h !
Nous sommes alors en mer en direction de Skiros et tous les quarts d’heure le capitaine consulte !
Effectivement, il est sans doute l’un des premiers à accéder au site, car, à 9h55 (heure française) nous envoyons un message de félicitation : notre petite dernière est bachelière ! Nous sommes heureux et fiers !

A midi, après une navigation très agréable à la voile, nous déjeunons à Skiros, dans la baie de Kalogria.

Samedi 6 et dimanche 7 juillet 2019

Samedi, passage par le port de Linaria, pour faire le plein de gazole, saluer Sakis le maître de Port et faire quelques courses.
Nous sommes amarrés contre un vieux gréement de 18 mètres qui bat pavillon suisse : Helena. Elle a été construite en 1913 et restaurée par une équipe de passionnés. Elle est immobilisée par les coast-guards à Skiros pour des raisons administratives depuis trois mois. Nous bavardons avec son skipper qui nous invite à la visiter. Très beau bateau dotée d’une belle histoire ! Merci Alain et bon courage !

Dimanche, mouillage au fond de Renes une grande baie, au Sud de Skiros, qui aurait la forme d’un pied gauche à 4 doigts !

Ici, même en pleine saison, nous n’avons pas de concurrence, nous sommes seuls ! Dans l’après-midi un bateau de touristes vient faire un tour et repart... Malgré la chaleur nous montons sur la colline pour faire une photo et téléphoner à nos mères.
Renes depuis le haut de la colline
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Renes d'un peu plus bas
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Lundi 8 juillet 2019

Calme plat annoncé, la traversée vers Karistos (au Sud d’Evia) se fera au moteur. Tant pis !
Les cannes à pêche sont à poste, évidemment ! Inlassablement mon capitaine teste de nouveaux montages et nouveaux leurres et...espère ! Une ou deux touches significatives l’incitent à persévérer...mais pour l’instant pas de gros poissons !

En revanche, beau spectacle de dauphins qui nous accompagnent et jouent à l’étrave !

A 15h nous sommes à l’ancre, dans l’anse Sud Ouest de la baie de Karistos, à notre place habituelle !

Du mardi 9 au jeudi 11 juillet 2019 : Karistos

Le mardi la météo est très calme. Nous flemmardons sur place ! Cueillette pour moi, chasse pour Jean-Claude, lecture pour les deux, nettoyage de la coque...activités ordinaires dans un mouillage paisible...
Mercredi, nous avons deux raisons d’aller au quai à Karistos. D’abord Jean-Claude veut faire une vidange intermédiaire avant de laisser le bateau aux filles car nous avons fait un peu plus de 100 heures de moteur de puis le début de la saison, ensuite parce qu’un très fort coup de vent de Nord est annoncé dans la nuit !
Donc, mercredi, nous arrivons au quai par grand calme, aidés à la manœuvre par le capitaine de Plume, rencontré en tout début de saison à Vouphalo. Le monde de la voile est petit !

Il fait chaud, très chaud au quai de Karistos ! Le capitaine dégouline à faire sa vidange dans le compartiment moteur ! Le soir, quelques nuages d’orage et quelques gouttes de pluie viennent nous rafraîchir.

Le vent fort c’est pour plus tard, en fin de nuit !

Finalement, c’est la pluie qui nous réveille le jeudi matin !

Le vent va se lever en fin de matinée !

Il est presque 16h maintenant et il est plutôt fort et rafaleux, comme toujours !

Demain, quand le vent sera tombé, nous quitterons Karistos pour remonter vers Halkoutsi.

Sans doute ferons-nous une étape à Vouphalo, peut-être aurons-nous le plaisir de revoir nos amis Olivia et Spyros, puis mardi 16 nous serons amarrés à Halkoutsi et mercredi 17 en vol vers Toulouse.

Le blog sera alors fermé pour un mois.

Je vous retrouverai à partir du 15 août pour la fin de la saison !

Je vous souhaite un bel été à toutes et à tous !

samedi 29 juin 2019

Épisode 7 du mercredi 19 au vendredi 28 juin 2019 : de Dhiaporos à Lemnos (ou Limnos)

SAISON 2019

Épisode 7
du mercredi 19 au vendredi 28 juin 2019 : de Dhiaporos à Lemnos (ou Limnos)

Mercredi 19 juin 2019

Une petite navigation tranquille depuis Dhiaporos pour retrouver l’anse «Munch» de la baie de Kalamitsi afin d’être au bon endroit, au Sud de la péninsule Synthonia, pour rallier Limnos dès le lendemain.

Nous nous y installons, cul au rocher, au même endroit que la dernière fois.
Nous aimons beaucoup cette petite crique !

Vers 18h, un mouvement sur la plage attire l’attention du capitaine. C’est un renard, haut sur pattes, un peu efflanqué, qui nous rend visite. Nous l’observons jusqu’à ce qu’il décide d’aller chercher sa pitance ailleurs.
Nous sommes tellement privilégiés de pouvoir rencontrer encore quelques animaux sauvages !

La soirée est très calme.

Jeudi 20 juin 2019

6h15, je fais un petit plongeon pour aller dégager l’amarre du rocher et c’est parti pour la traversée vers Limnos . Heureusement que l’eau est chaude maintenant !

Comme prévu, le vent se lève gentiment pour nous permettre de naviguer à la voile sur les trois quarts de la traversée.

Notre route nous fait passer à une dizaine de miles au Sud du Mont Athos que nous avons tout le loisir d’admirer.

En milieu d’après-midi nous nous engageons sous le Cap Mourtzeflos, le cap Nord Ouest de Limnos. C’est toujours aussi grandiose de mouiller devant l’isthme entre la montagne et le rocher qui forme le cap !
Si les poissons y abondent en revanche la connexion avec le reste du monde est plutôt faible et intermittente !

Vendredi 21 juin 2019

Malgré la faiblesse de la connexion, nous recevons quand même des nouvelles désagréables !

Je vous raconte nos soucis pour laisser le bateau en sécurité, cette année, au moment de notre retour en France.

D’habitude, lorsque nous laissons le bateau en juillet à notre fille, nous réservons une place à Zea Marina à Athènes et...le tour est joué.

Cette année, nous avons besoin d’un endroit pour Doug Le du 16 au 21 juillet, période qui comprend un vendredi, un samedi et un dimanche...et bien tout est complet et pas seulement à Zea, partout autour d’Athènes ! Nous savons pourtant que les ports, en haute saison, sont saturés par les flottilles de location qui rentent au bercail le vendredi pour repartir le dimanche avec de nouveaux touristes à bord ! Nous n’avons pas été assez attentifs !
Dès le 4 juin, nous nous sommes donc mis à la recherche de solutions alternatives pour juillet et avons tout de suite lancé la réservation à Zea pour le mois d’août.
La réponse est revenue positive pour août, les arrhes demandés ont été payés, nous nous sentions tranquilles pour le retour en août.
Et bien ce matin, dans le site enchanteur de Mourtzeflos, un méchant petit mail nous informe que notre réservation n’a plus cours car nous n’avons pas réglé les arrhes !
L’inquiétude nous gagne, nous vérifions que le paiement a bien été effectué, ce qui est le cas. Un peu d’exaspération s’invite et j’attrape le téléphone pour m’expliquer en direct et en anglais avec Zea...et bien sûr la communication s’interrompt ! Il n’y a plus qu’à monter sur la colline pour trouver une bonne zone de réception ! Elle existe, juste au dessus de la petite maison des pêcheurs.

Finalement, ce mail était une erreur, notre réservation pour août est bien confirmée, Christiana (une des jeunes réceptionnaires charmantes de Zea) me rassure, tout va bien !

La vue depuis la maison des pêcheurs est splendide !
Photo prise depuis la zone de réception !
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Vu d'un peu plus près, l'isthme sauvage, battu par les tempêtes venues du Nord comme du Sud, se fait progressivement envahir par des tonnes de plastiques...
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Jean-Claude décide de venir faire une chasse dans l’après-midi sur le côté Nord de l’isthme. Je l’aide à transporter son équipement et m’installe, à l’ombre, sur la terrasse de la maisonnette avec ma liseuse. La vie est belle ! La chasse fructueuse ! A la ceinture du chef, quelques poissons dont sur une belle mostelle !

Samedi 22 juin 2019

La météo est très calme pour plusieurs jours. C’est décidé, nous en profitons pour faire le tour de Limnos par le Nord.

La côte est très sauvage, pas ou peu d’habitations, très exposée aux vents du Nord, les vents dominants de l’été.

Il est presque midi lorsque nous arrivons au fond de la baie de Pournias. Elle est très grande, mal cartographiée, nous y sommes seuls.

Au moment de descendre l’ancre, le guindeau ne fonctionne plus ! Nous faisons le mouillage à l’ancienne, à la main !

En fait, l’enrouleur électrique de foc ne fonctionne pas non plus !

La panne électrique concerne ces deux moteurs, situés à l’avant du bateau.

Mon capitaine sort ses testeurs, ses tournevis, réfléchit, s’interroge, peine à identifier le problème et finalement repère un mauvais contact au disjoncteur commun foc-guindeau.
Heureusement qu’il sait tout faire ! Tout fonctionne à nouveau !

Dans l’après-midi nous partons nous promener vers la pointe qui protège notre anse et nous y rencontrons aussi bien du thym sauvage en abondance que des vestiges militaires de la seconde guerre mondiale.
Il faut dire que l’île de Limnos est dans une situation géographique stratégique en Méditerranée orientale : à quelques miles de la Turquie et des détroits qui mènent à Istanbul, elle possède des baies immenses capables d’accueillir toute une flotte militaire en temps de guerre. Elle fut au cœur des affrontements européens du 20ème siècle dans cette partie de la Méditerranée et bien sûr elle en porte les traces.

Mais elle porte aussi des traces bien plus anciennes car elle est probablement habitée depuis le paléolithique et sans aucun doute active et prospère depuis l’antiquité archaïque.

Demain nous irons visiter les vestiges d’ Hephaïstia !

Dimanche 23 juin 2019

Nous levons l’ancre pour aller mouiller à quelques miles dans l’anse Hephaïstia qui s’ouvre dans la rive Est de la grande baie de Pournias.
A nouveau une très grande anse où nous sommes seuls au mouillage. L’anse porte le nom d’une ancienne cité grecque, longtemps prospère, deuxième capitale de l’île, aujourd’hui disparue, ensevelie. Mais les textes anciens devaient nécessairement parler de cette ville portuaire.
Des fouilles sont en cours, elles ont d’abord mis au jour un théâtre dont les archéologues ont pu faire remonter l’édification initiale aux temps archaïques puis les différents agrandissements et ajouts aux temps hellénistiques et enfin à l’époque romaine.

Héphaïstia, nommée ainsi en hommage au dieu forgeron et boiteux qui, lorsqu’il fut jeté de l’Olympe par Zeus, est tombé sur Limnos, se cassant les deux jambes !

Nous jetons l’ancre tout près de la plage du coin Sud Ouest. Nous la rejoignons en annexe et empruntons la piste qui conduit sur le promontoire jusqu’au théâtre.
Le théâtre d'Héphaïstia
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Sur ce promontoire, partout des traces de fondations, de routes, des morceaux de tuiles et de briques de toutes les époques, des tessons, des anses...du travail de fouilles pour des dizaines d’année !

En revenant de notre promenade culturelle, qu’apercevons-nous ? Un parasol et un couple sur «notre plage» !
Un parasol sur notre plage !
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Au moment de reprendre notre dinghy, la dame s’approche de nous, elle semble vouloir nous parler. Ils ont repéré notre pavillon belge et elle vient saluer des compatriotes...nous bavardons gentiment, nous, expliquant que le bateau est belge mais pas ses propriétaires, elle, disant ses origines grecques : sa grand-mère était d’un petit village du centre de Limnos, elle y vit, avec son compagnon belge, une partie de l’année maintenant. Elle nous parle de son île et de ses trésors, de son désert et de ses particularités géologiques, elle est prête à nous les faire connaître...bref nous échangeons nos numéros de téléphone avec l’idée de faire une virée ensemble. Elle s’appelle Nicky.
Nous regagnons notre bord pour reprendre nos activités habituelles, une peu de lecture, cueillette de fleurs de thym, chasse pour Jean-Claude, ramassage d’escargots pour moi...

La soirée est particulièrement douce, les rochers s’habillent de couleurs dans les tons de rose orangé !

Demain il nous faudra trouver un bon abri car du vent de Nord fort est annoncé pour la nuit de lundi à mardi. Mais pour l’instant, nous profitons du calme et de la solitude ! C’est un peu l’île idéale pour mon capitaine, on y rencontre peu d’humains et beaucoup de poissons !

Lundi 24 juin 2019

Nous continuons notre tour de Limnos par le Nord et l’Est pour rejoindre le petit port de Moudros.

Nous arrondissons largement la pointe Plaka (le cap Nord Est de Limnos) et descendons le long de la côte Est. Ici il faut faire attention aux sondes ! Depuis la pointe Plaka jusqu’aux récifs de Keros, bancs de sables, récifs et hauts-fonds débordent !
Nous naviguons à la voile, un œil sur la carte et un sur le sondeur...

C’est pendant cette navigation que nous avons la confirmation d’un abri sûr pour Doug Le du 16 au 21 juillet. C’est le petit port d’Halkoutsi qui veut bien nous accueillir. Nous poussons un ouf de soulagement.
Nous voilà libérés de cette préoccupation !

A notre arrivée à Moudros nous faisons la manœuvre d’amarrage au quai extérieur. La dernière fois, en 2015, les bateaux de passage devaient s’amarrer là.

Peu de temps après, la police portuaire nous rend visite et nous indique que nous devons rentrer dans le port, il y a de la place et les profondeurs sont suffisantes, deuxième manœuvre d’amarrage réussie dans la journée.
Effectivement, ce petit port qui semblait privé ou privatisé en 2015, est parfaitement public et plutôt confortable.

Comme la météo annonce des vents soutenus pendant au moins trois jours et trois nuits nous nous installons au quai de Moudros jusqu’à jeudi !

Dans la soirée nous rentrons en contact avec Nicky. Une visite du désert de Limnos sera au programme de la fin de l’après-midi du lendemain, le rendez-vous est pris !

Du mardi 25 au jeudi 27 juin 2019

Le vent souffle fort et il fait très chaud.
Nous faisons les courses, le plein d’eau, un peu de bricolage et d’échanges avec les autres bateaux de passage : au quai, un belge, un vrai, et un français, tous deux hivernent chez Dennis, au même chantier que nous. Nous aurons plaisir à les y retrouver.

Enfin, grâce à Nicky et Erik, nous découvrons Limnos par la terre.
Nous ne les remercierons jamais assez de nous avoir emmenés jusqu’au désert : un étonnant triangle de dunes de sable fin près de Katalakos, juste au dessus de la plage Gomati où se niche un des plus beaux restaurants grecs. Et que dire du restaurant sur la place du village de Tsimandria où nous avons fait un repas somptueux et goûté à des spécialités que nous ne connaissions pas notamment des tripes d’agneau roulées grillées ! Il faut aussi évoquer notre émerveillement devant les formations géologiques du Cap Faraklo ainsi que la douceur de la soirée passée dans leur jardin au cœur du village de Nicky, Livadochori.
Quelle belle rencontre !

Le désert de Katalakos
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Les formations géologiques de Faraklo
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Vendredi 28 juin 2019

Le vent est tombé, les cales sont pleines, il est temps de quitter le quai.

D’ailleurs, à propos de cales pleines, j’ai oublié de dire que, grâce à Nicky et Erik, nous avons pu nous rendre chez un viticulteur de Limnos et repartir avec un très bon rouge, du crémant et bien sûr, du muscat. De très bonnes bouteilles à un prix très raisonnable ! Encore merci à tous les deux !

Après étude des prévisions météo, nous partons pour la baie suivante et mouillons tout au fond de Kondia dans l’anse Nord Est car...le vent devrait à nouveau souffler fort du Nord Est dans la nuit !

On dirait bien que le meltem est de retour !

mardi 18 juin 2019

Épisode 6 du dimanche 9 au mardi 18 juin 2019 : de Skiros à Dhiaporos en passant par Alonnisos

SAISON 2019

Épisode 6
du dimanche 9 au mardi 18 juin 2019 : de Skiros à Dhiaporos en passant par Alonnisos

Du dimanche 9 au mardi 11 juin 2019 : Skiros

Dimanche matin : nous échangeons à quai avec nos voisins qui nous donnent des indications utiles et précieuses pour une croisière en Crète. Nous notons, photographions leur carte, posons plein de questions...un projet de voyage en germe pour le printemps prochain ? Je crois que cela nous plairait bien. Nous verrons !
En attendant, après avoir fait quelques courses, nous quittons le quai de Linaria pour une baie tranquille où nous pourrons laisser passer le petit coup de Nord annoncé.
En fin de matinée, nous mouillons à gauche de la plage, sur le sable, au fond de la baie de Fokas, quelques miles au Nord de Linaria. Les fonds y sont essentiellement constitués d’algues épaisses et sont de médiocre tenue...sauf si vous visez une belle plaque de sable. Comme du vent assez fort est annoncé nous nous appliquons pour le mouillage.
La baie de Fokas depuis la hauteur
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Ici, le réseau téléphonique et la liaison internet sont intermittents. La communication quotidienne avec nos mères doit se faire depuis la colline !
A terre un petit groupe de maisons équipées en panneaux solaires et éoliennes, peut-être une taverne en pleine saison, les papillons s’enivrent de serpolets...nous ne sommes pourtant qu’à quelques kilomètres de Linaria, mais nous avons l’impression d’être arrivés loin, loin de tout !
Papillons et serpolet
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Nous y resterons, seuls, jusqu’au mardi matin, un peu saoulés par le vent ! Après une longue période de calme nous devons nous réhabituer : le bruit dans les haubans, les vaguelettes, les rafales...
Mardi matin le vent est tombé, nous retournons à Linaria pour faire les pleins de carburants et de vivres. En effet, Linaria est non seulement un des plus jolis, des mieux équipés et des plus accueillants ports de Grèce mais il dispose également d’une station de carburants facile à utiliser... en dehors des heures de stationnement du ferry.
Après avoir fait tous nos pleins nous nous installons pour la fin de la journée devant la plage au fond de la baie qui jouxte le port. Au programme, baignade, lecture, farniente !

Mercredi 12 juin 2019

En route vers les Sporades ! Une cinquantaine de miles au Nord de Skiros nous visons Alonnisos!
Les prévisions météo sont particulièrement calmes pour au moins une semaine, alors ce sera une traversée au moteur par mer plate.

Sur la route, une vingtaine de miles au Sud d’Alonnisos, des îles et îlots éparpillés dont l’île de Skantzoura aux baies profondes et aux eaux turquoises. Nous y faisons une halte pour le déjeuner en regrettant de ne pas pouvoir y passer la nuit. En effet, c’est ce qu’indique notre guide. Cette île fait partie d’une zone protégée.
Nous respectons l’indication mais sommes un peu dubitatifs sur l’effectivité des mesures de protection et d’interdiction de mouiller car nous ne rencontrons aucun panneau, aucun signe le laissant supposer. Par ailleurs, une recherche sur internet reste également infructueuse ou bien nous renvoie sur notre guide, on tourne en rond ! Nous tâcherons d’en apprendre un peu plus à Alonnisos.

En milieu d’après-midi nous sommes mouillés au centre de la grande baie Tzorti sur la côte Sud d’Alonnisos. Nous la connaissons bien car nous y sommes passés l’automne dernier. Ici pas de problème de réseau !

Demain nous nous arrêterons à Steni Vala, une petite crique à quelques miles au Nord où devrait se trouver le Centre d’Information sur la réserve et la protection du milieu naturel (notamment la protection des phoques moines de Méditerranée).

Jeudi 13 juin 2019

A 10h15, nous sommes amarrés au quai de Steni Vala. Nous faisons la manœuvre en même temps que deux autres bateaux français. Les profondeurs au quai sont inégales, culer à quai avec un safran profond n’est pas partout possible !
Toutefois, c’est un endroit charmant, un mini market, des tavernes coquettes, une jolie plage.
A notre arrivée nous sommes quatre, plus quelques barques de pêche, et nous n’avons pas l’impression qu’on pourrait y caser beaucoup plus de monde.

Steni Vala
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Apparemment l’endroit est populaire et connu, les bateaux de location y convergent. Le soir nous serons bien une trentaine tassés dans cette petite anse ! Un peu trop de monde pour nous !

Mais nous sommes ici pour trouver le Centre d’Information sur la réserve naturelle !
Notre enquête sera vite menée : le centre a fermé il y dix ans de cela ! C’est le patron du mini market qui nous renseigne. De son point de vue et pour ce qu’il en sait, en ce qui concerne les règles pour la pêche et le mouillage : « on peut mouiller, même la nuit, pêcher depuis le bateau mais pas au fusil harpon...» Peut-être faudrait-il vérifier tout cela chez les gardes-côtes... pour autant qu’ils en sachent quelque chose !

Nous terminons la journée par un repas à la taverne où nous nous régalons de la vue sur le chenal entre Alonnisos et Peristeri ainsi que de calamars grillés !

Vendredi 14 juin 2019

Nous sommes les premiers levés et les premiers partis de Steni Vala !

Nous déhalons sans problème, pas de chaîne ou d’ancre croisées ou emmêlées avec la nôtre !

Et c’est parti pour la Chalcidice ! C’est la grosse péninsule qui se situe au Nord de la Grèce, sous la Bulgarie, immédiatement à l’Est de Thessalonique et se termine elle-même par trois péninsules. D’Ouest en Est on trouve, Kassandra, Synthonia et Atki au bout de laquelle culmine le Mont Athos. Nous avons choisi d’atterrir à Porto Koufo au Sud de Synthonia.

Le capitaine se souvient, que la mer, ici est poissonneuse. Il prépare soigneusement ses cannes, on ne sait jamais !
D’ailleurs nous rencontrons dauphins et espadons.
Nous apercevons un animal qui flotte, la tête hors de l’eau, phoque ? tortue? Nous nous approchons. C’est une belle tortue accompagnée par une flottille de petits poissons. A peine l’avons-nous quittée, qu’une de nos cannes se déclenche.
Ce n’est pas un thon, la ligne ne se comporte pas comme d’habitude. Pourvu que nous n’ayons pas accroché la tortue !
En fait, nous tenons une magnifique coryphène d’environ 1 mètre de long, 10 kilos peut-être, comme aux Antilles !
Jean-Claude la ramène jusqu’au tableau arrière, elle est suivie par 4 de ses congénères !
La voilà
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Au moment de la gaffer pour la remonter à bord, l’émerillon du rapalas s’ouvre : un coup de queue et elle retrouve la liberté affublée d’un piercing ! Pas de chance !

Nous continuons notre route jusqu’à la baie magnifiquement protégée de Porto Koufo.

Du samedi 15 au mardi 18 juin 2019, cabotage le long de la côte orientale de Synthonia, de Porto Koufo à Dhiaporos

Le temps est très calme, il faut en profiter pour visiter cette très belle côte ourlée de plages, petites et sauvages par endroit, ou très équipées (camping et parasols), lorsqu’elles sont très grandes !
Évidemment, vous nous connaissez, nous visons les petites sauvages !

Nous en trouvons une au nord de la baie de Kalamitsi ! Petite plage de sable, berges en granit veiné de quartz, eaux transparentes et poissonneuses.
Petite plage au nord de Kalamitsi
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Du granit, des formes, pour nous qui revenons d'Oslo nous y avons reconnu Le Cri de Munch
DSCN4328.JPG Nous allons y rester jusqu’au lundi 17 : baignade, cueillette, chasse, promenade, lecture...nos activités habituelles !
On ne s'en lasse pas !
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Lundi matin, Jean-Claude ramène trois loups, et moi un petit filet d’escargots : la division sexuelle du travail chez les chasseurs-cueilleurs est respectée !

Et puis, le voyage reprend.
Lundi soir soir nous sommes installés dans le très beau mouillage de Kriftos au Nord de l’île Dhiaporos, on se croirait presque dans un lac de montagne !
Nous y étions déjà venus en 2015 : le charme d’une Grèce verdoyante et boisée opère toujours !

Mardi matin, après une nuit parfaitement calme, nous faisons un aller-retour ente Kirftos et le village de Panayia pour faire les courses et nous reprenons le cours de nos activités : bricolage, entretien du bateau, baignade, lecture, écriture, contemplation du paysage...

Ici, assez peu de voiliers, contrairement aux Sporades (paradis de la voile et de la location d’habitables) en revanche, pour les vacanciers arrivés en voiture jusqu’au bord de cette mer chaude, une multitude de petits bateaux à moteur, loués à l’heure, qui vont et viennent...mais ils commencent à s’agiter tardivement et rentrent au bercail de bonne heure ! Nous ne les avions pas remarqués au printemps 2015. Cette pratique est-elle en forte augmentation ?

Notre prochaine étape : l’île de Limnos sans doute...quand ?

samedi 08 juin 2019

Épisode 5 : du 28 mai au 1er juin parenthèse norvégienne, du 2 au 8 juin 2019 d’ Halkoutsi à Skiros en passant par Kimi

SAISON 2019

Épisode 5 :

* du 28 mai au 1er juin 2019 parenthèse norvégienne

* du 2 au 8 juin 2019 d’ Halkoutsi à Skiros en passant par Kimi

Du 28 mai au 1er juin 2019 : parenthèse norvégienne.

Juste quelques mots, pour répondre au commentaire de Geneviève à propos de nos tenues de cérémonie !

Le smoking et la robe longue ont voyagé directement depuis Toulouse dans les bagages de notre fille et de nos petites filles. En revanche ils sont revenus avec nous sur le bateau !

C’était notre premier voyage en Norvège : double choc, thermique et culturel !

Nous sommes passés de 24°-26° à 8°-15°, d’un soleil quasi permanent à une alternance régulière entre pluie froide et soleil, des odeurs de garrigue et de fleur d’oranger à celles de lilas et de muguet sauvage, du maillot de bain paréo à ...voici les photos !
Prêts pour la cérémonie ! Nous reconnaissez-vous ?
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Ils sont mariés, radieux, ils viennent de descendre de la calèche et portent un toast à tous leurs invités !
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Le marié en grand uniforme, est un capitaine de la marine norvégienne...nous restons dans le sujet !

Photo de famille

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La cérémonie était à la fois exceptionnelle et très émouvante.

Nous sommes ravis d’avoir pu partager ce moment fort en famille.

Du dimanche 2 au samedi 8 juin 2019 : d’Halkoutsi à Skiros

Dimanche 2 juin 2019 : retour à Halkoutsi

Aux alentours de minuit, nous quittons la fête, juste après l’ouverture du bal par les mariés, et, à 4h40 du matin, nous montons dans le premier train express pour l’aéroport.
Notre vol de retour entre Oslo et Athènes se fait sans encombres mais il est peu de dire que nous sommes très heureux de retrouver notre bord et de nous octroyer une petite sieste réparatrice !
Très heureux aussi de retrouver la douceur grecque, la taverne au bord l’eau le soir et nos habitudes à deux !

Du lundi 3 au samedi 8 juin : d’Halkoutsi à Linaria (Skiros)

Le lundi 3, après avoir fait un bon avitaillement, nous quittons le quai d’Halkoutsi pour une première petite étape vers le Sud.
Nous nous installons au fond de la baie d’Almiropotamou. C’est une grande baie sur la côte occidentale d’Evia (Eubée) qui s’ouvre à quelques miles au Sud de Vouphalo. Nous sommes passés devant des quantités de fois mais nous ne nous y sommes jamais arrêtés. En milieu d’après-midi, c’est fait ! Nous mouillons tout près de la plage, côté village. Le vent de Sud s’est levé et souffle bien ! Il doit tourner en faiblissant dans la nuit : du coup nous changeons de côté en début de soirée et visons le coin Nord Ouest de la baie pour améliorer notre confort. Les fonds sont de sable partout, relativement profonds jusqu’au bord mais d’excellente tenue, il suffit de mouiller assez long !
La nuit est calme, nous dormons comme des loirs !
Le mardi 4 juin, nous rejoignons la baie de Karistos et le mercredi 5 un vent favorable nous pousse dans le chenal entre Evia et Andros puis nous accompagne, après le Cap Kafirevs pour remonter vers le Nord, le long de la côte Orientale d’Evia.
Dès la sortie de la baie de Karistos nous gréons le tangon bâbord et naviguons tranquilles, tout dessus, voiles en ciseaux !
Nous profitons de cette météo favorable et clémente pour explorer cette côte, plutôt pentue verdoyante et sauvage. Elle est peu habitée, très exposée aux vents et aux vagues et ne propose que peu d’abris.

C’est le bon moment pour la découvrir !

Nous arrivons dans la grande baie de Petries, sous le Cap Pounda en milieu d’après midi. Le petit port de pêche est niché tout au fond de la baie, bien à l’abri des vents de Nord. Nous choisissons de mouiller dans l’une des anses de la baie au bord d’une jolie plage.
Le lendemain matin, jeudi 6, nous continuons notre exploration et faisons un mouillage, chasse, baignade et repas de midi dans la baie Kalamos. Là encore, nous attendent plusieurs anses avec plages de sable, parfois équipées, mais pour l’instant désertes. Attention, s’il y a de la place pour mouiller, il y a aussi des cailloux partout, certains affleurent et ne sont pas spécialement signalés ! Cet arrêt est très agréable, le vent est parfaitement calme.

Vers 14h nous levons l’ancre et visons notre dernière étape sur la côte Est d’Evia, le port de Kimi.

Ce grand port, sous le cap du même nom est surmonté par des falaises abruptes, et des montagnes verdoyantes. Le village perché de Kimi se gagne après 3/4 d'heure de marche ! Une très longue jetée qui court parallèlement à la côte protège deux grands bassins. Dans le bassin du fond, le quai des ferries, des quais d’accueil pour les bateaux de plaisance, un petit port de pêche, une zone technique moderne avec slipway... dans le premier bassin, aujourd’hui, rien sauf un bateau à l’ancre. Nous mouillons là, loin du bruit et des fumées du ferry !

Nous mettons la chaloupe à l’eau pour aller faire un tour à terre !

Il fait très chaud, nous ferons la promenade jusqu’à Kimi-village, demain à la fraîche!

Vendredi 7 au matin, nous voilà partis jusqu’au village perché ! Effectivement, ça monte raide sous le soleil du matin ! Le village lui-même n’a rien de vraiment remarquable mais la vue est magnifique : la côte, l’île Prasoudha, l’île de Skiros au loin !
Le port de Kimi depuis les hauteurs
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Le village perché, depuis la route du retour
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De retour sur Doug Le, un vent de Nord de 10-15 nœuds s’est levé, juste ce qu’il nous faut pour franchir à la voile les 25 miles qui nous séparent de Linaria, le port de Skiros.

A 15h30 nous sommes amarrés au quai de Linaria. L’accueil y est toujours aussi chaleureux et professionnel. Sakis le maître de Port nous a reconnu...

Ici tout est coquet, propre, organisé ...avec la gentillesse grecque en prime !

Nous prévoyons d’y rester 2 nuits !

Dimanche, nous verrons bien où la météo nous conduira !

lundi 27 mai 2019

Épisode 4 : du 19 au 27 mai 2019 de Khios (Chios) à Halkoutsi

SAISON 2019

Épisode 4 : du 19 au 27 mai 2019 de Khios (Chios) à Halkoutsi

Dimanche 19 mai 2019, de l’îlot Stefanos (Khios) à Karistos

C’est le jour choisi par le capitaine pour la traversée retour. Un vent de Sud Est assez fort devrait nous pousser de Khios à Karistos alors que le calme est prévu pour toute la semaine suivante.

Nous avons presque 80 miles à courir et il ne nous déplairait pas de les faire à la voile !

A 6h nous sommes en route, nous prenons le petit-déjeuner au calme abrités par la pointe de Khios.

Dès la pointe passée, nous touchons le vent, comme annoncé. 15, 20, 25 nœuds de Sud Est, quelques rafales à 30, aux allures portantes. Les conditions sont idéales pour Doug Le.

Au fur et à mesure que le vent monte, nous commençons par rouler la grand voile puis un peu de génois. Le signal pour réduire, c’est quand on dépasse 7 noeuds, pour renvoyer de la toile c’est quand on tombe à 6,5. Du coup nous avançons bien dans un grand confort !

Plaisir de glisser sous voiles par plus de 25 nœuds de vent sur un bateau où on peut tranquillement manger chaud et à table tout en surveillant la mer abrités par un pare-brise !

A 18h nous avons retrouvé le mouillage que nous aimons bien au Sud Ouest de la baie de Karistos.

L’ordinateur de bord donne les indications suivantes : nous avons parcouru 78,34 miles en 11h58 à la vitesse moyenne de 6,54 nœuds. Le capitaine est satisfait !

Je crois que nous allons bien dormir !

Du lundi 20 au lundi 27 mai 2019

Une semaine pour remonter le Golfe Evoiko jusqu’au petit port d’Halkoutsi (juste à côté de notre chantier) où nous pourrons laisser le bateau en sécurité pendant notre escapade norvégienne.

Du lundi 20 au mardi 21, nous flemmardons dans la baie de Karistos : chasse, baignade, lecture, promenade, petits bricolages, nous ne sommes pas pressés. Le matin du mercredi 22, Jean-Claude fait un aller-retour en annexe vers la ville de Karistos pour le ravitaillement et nous partons mouiller aux Îles Petaloi (l’anse ouest de l’île Xero).

Nous commençons à avoir nos petites habitudes dans le coin.



Du jeudi 23 au dimanche 26 mai, ce sera l’anse de Vouphalo. Vous la connaissez bien maintenant !

Nous passons la soirée du 23 chez Stella , histoire de fêter l’anniversaire du capitaine et bien sûr nous profitons du soleil, du calme, des paysages, de nos amis Catherine et Dennis , de passage sur leur Sharki Kairos à partir du samedi : bonheurs simples !

Lundi 27, nous parcourons les 18 miles qui nous séparent d’Halkoutsi sous un ciel tout gris.

Grâce à Dennis, le patron de notre chantier, notre place est retenue et nous sommes attendus. Merci à lui, pour sa gentillesse et son efficacité !

Rentrer dans le port ne se fait pas sans appréhension car le sondeur indique 1,70m alors que nous calons 1,85m, mais c’est de la vase molle et nous faisons notre trace jusqu’à notre place au sens propre du terme...
1,5 mètres en avant de la quille, dans la vase...on ne risque pas de bouger !
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A 11h nous sommes solidement amarrés, quelques gouttes de pluie saluent notre arrivée.
Le petit port d'Halkoutsi
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Demain nous changeons complètement de décor : nous allons assister au mariage de notre nièce à Oslo !

Nous ne retrouverons le bateau et les latitudes grecques que le 2 juin.

C’est donc là que s’achève la première partie de notre navigation 2019.

Je vous glisse une carte pour que vous puissiez repérer notre circuit depuis le 6 mai : Halkoutsi - Khios et retour.

Le point rouge : Doug Le à Halkoutsi
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samedi 18 mai 2019

Épisode 3 : du 12 au 18 mai 2019, Yaros, Andros, Khios (Chios)

SAISON 2019

Épisode 3 : du 12 au 18 mai 2019, Yaros, Andros, Khios (Chios)

Dimanche 12 mai 2019, de Karistos à Andros

A 8h, nous sommes en route. Le vent est très calme, ce sera une navigation au moteur. Tant pis ! C’est souvent comme ça au printemps !

Le capitaine a choisi une route particulière pour regagner la côte Est d’Andros : d'abord plein Sud pour s’arrêter pour une chasse sous les falaises de la côte Nord de Yaros, puis passage par le chenal entre Andros et Tinos et enfin petite remontée le long de la côte Est d’Andros pour atterrir dans la baie de Kastro.

A faire par temps calme exclusivement !

Le mouillage à Yaros est toujours un peu impressionnant, c’est très profond, très sauvage...mais aussi très poissonneux ! Jean-Claude revient avec quatre poissons à la ceinture.

Après cet arrêt fructueux à Yaros, nous reprenons notre route comme prévu jusqu’à la belle baie de Kastro.

Elle se situe au milieu de la côte Est de l’île d’Andros. C’est une anse double partagée par un éperon rocheux qui se prolonge par des îlots, dont un est surmonté d’un phare, et par des écueils qui s’étirent loin en mer. Attention ! Rien, ni perche ni balise ne les signale !

La vieille ville d’Andros, la capitale de l’île, se tient là, à cheval sur l’éperon. C’est très beau !

Andros sur son éperon rocheux
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Dans le coin Nord Est de la baie, un petit port pourrait nous accueillir, mais nous préférons le mouillage, sous la vieille ville. Elle est très protégée de la mer par de hauts quais. Il est sûr que le meltem qui souffle très fort ici, doit y rouler de très grosses vagues !

Mais ce soir, tout est calme !

Lundi 13 mai 2019, de Kastro (Andros) à Khios (Chios)

Encore une traversée au moteur par mer très calme !

Nous arrivons à Khios en milieu d’après-midi et visons l’anse de Mesta, une longue indentation orientée Nord-Sud sur la côte Ouest de l’île. En effet, du vent de secteur Sud est annoncé et cette anse semble idéale pour l’attendre.

Elle est conforme aux descriptions mais notre guide (qui date un peu maintenant!) ne mentionne pas que toute la rive Est de l’anse s’est transformée en grands quais commerciaux. Ils sont tout récents. C’est là que sont débarqués, entre autres, les morceaux de futures grosses éoliennes.
Les quais de la rive Est de Mesta, des morceaux d'énormes éoliennes ont été livrés là !
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Je sens bien que cet environnement n’enchante pas mon capitaine, mais nous mouillons quand même au fond de la baie lorsque nous voyons un petit pétrolier entrer dans l’anse, faire sa manœuvre (parfaite d’ailleurs !) et s’amarrer...
Le pétrolier qui nous fait quitter Mesta
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Nous ne resterons pas à Mesta ! A 16h30 nous repartons et allons nous amarrer au port de Volissos, à une dizaine de miles plus au Nord. Nous le connaissons déjà et savons que nous y serons confortablement installés.

Nous y arrivons deux heures plus tard. Jean-Claude a choisi son emplacement : nous sommes seuls !
Doug Le, seul bateau de passage à Volissos

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Personne pour faire fonctionner ce joli port de plaisance moderne ! Sa fréquentation est tellement faible que sa gestion n’est sans doute pas rentable !

Seul inconvénient, car nous sommes amarrés le long du quai, le boudin protecteur de caoutchouc noir qui tâche pare-battages et coque ! Nous nous sommes vite fabriqué des protections pour pallier ce désagrément.

Du Mardi 14 au samedi 18 mai 2019, la côte Ouest de Khios

La nuit a été calme, le vent s’est comporté exactement comme prévu ! Au petit déjeuner, mardi, nous ne tarissons pas d’éloges sur la précision des prévisions météo d’aujourd’hui...

Le temps est très gris et humide, du vent de Sud Ouest (15-20 nœuds) doit rentrer dans la journée, nous décidons de rester à quai à Volissos.

Je rédige mon deuxième billet et Jean-Claude s’attaque au paiement de la nouvelle taxe grecque pour les bateaux de plaisance.

Matinée informatique en quelque sorte !

Pour le blog, techniquement, c’est la routine !

Pour le paiement de la taxe, c’est une autre paire de manches !

Je vous raconte la première étape. Il faut utiliser une application en ligne qui propose une version grecque et une version anglaise dont il faut saisir toutes les subtilités pour aller au bout de l’exercice. Les navigateurs échangent beaucoup là dessus sur les forums car ils sont censés avoir payé avant le 19 mai ! Ils se donnent des tuyaux utiles. Certains semblent avoir réussi. Après un quelques tâtonnements mon capitaine, lui aussi, semble sur le point d’être en mesure de payer...à suivre, car il ne pourra faire le virement bancaire que demain !

A l'issue de cette matinée studieuse, nous sommes gentiment installés dans le cokpit pour le déjeuner lorsque le vent se lève : 20, 25, 30, quelques minutes à 35 puis 40 nœuds...ça, notre météo magique ne l’avait pas prévu !

Nous renforçons nos amarres. C’est parfois une bonne chose d’être à quai !

Et puis, vers 18h, tout se calme ! La nuit est douce.

Mercredi matin tout est calme même si le soleil n’est pas encore très vaillant ! Le gris et l’humide restent au programme.

Juste avant de quitter le quai un bruit étrange, inhabituel, nous fait sortir précipitamment sur le pont. Il s’agit d’un cheval qui nage dans le port, c’est le bruit de son souffle qui nous a alerté. Je n’avais jamais vu un entraînement de natation de cette nature !

Après deux longueurs, le cavalier a remis la selle sur sa monture et s’en est allé...et nous aussi.

Cheval au sortir de son bain matinal
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Nous sommes partis mouiller une dizaine de miles plus au sud, dans la baie Elatis, sous l’îlot Stefanos.

C’est beau, même par temps pluvieux ! De petites bornes blanches sont disséminées dans l’île : se sont des mouettes qui couvent ! C’est la saison !

Jeudi, avec le soleil revenu, nous sommes comme en vacances : baignade, promenade sur l’îlot, cueillette de thym sauvage, chasse...tout est simple et paisible ! Nous saluons au passage un couple d’anglais qui vient d’arriver avec son petit catamaran.
Le mouillage sous l'îlot Stefanos
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Toutefois, nos provisions s’épuisent...

Vendredi matin nous partons pour le petit port de Lithi, juste pour voir...c’est tout proche, à quelques miles au Nord.

C’est un endroit délicieux ! Un petit port, très bien protégé au fond d’une belle anse nous accueille : à nouveau nous sommes le seul bateau de passage ! Au fond de l’anse, une plage, des tamaris, des tavernes, perché dans la colline, le village de Lithi. Alors que nous nous renseignons pour savoir si on peut s’approvisionner au village, la jeune femme qui nous répond nous propose de nous y conduire en voiture ! Quelle gentillesse rencontrons-nous partout en Grèce !
Doug Le dans le port de Lithi
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Nous la remercions encore de tout cœur car la montée jusqu’à Lithi est rude ! Dans ce tout petit village nous trouvons une vraie boulangerie, deux mini-markets et une camionnette de fruits et légumes tout frais.

Nous sommes un peu chargés, mais le retour, par le raccourci, est tout en descente !
La baie et le port de Lithi depuis le village perché
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Le village perché depuis notre bateau
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La journée est belle ! Un couple de français qui se promène sur le quai engage la conversation avec nous. Ils visitent notre bateau et sont ravis ! Ce sont des amoureux de la Grèce, ils possèdent une maison sur Khios depuis plus de 25 ans ! Ce n’est pas la première fois que nous croisons des compatriotes installés, au moins à mi-temps, sur une île grecque !

Le ferions-nous si nous n’avions pas de bateau ?

La soirée se termine très agréablement dans une des tavernes du port, celle que possède le père de la jeune femme qui nous a emmené au village ce matin.

Ce matin, samedi,, après avoir aidé les anglais à s’amarrer et bavarder un moment avec eux nous repartons vers notre mouillage de rêve sous l’îlot Stefanos.

Jean-Claude s’aperçoit que le paiement de la taxe n’est pas effectif...virement rejeté ! Il faut recommencer ! Avec un peu de chance lundi, nous aurons vraiment payé ! A suivre donc !

Demain, nous retraversons la mer Egée vers Karistos. La météo nous promet de faire un peu de voile ! Nous verrons bien !

mardi 14 mai 2019

Épisode 2 : du 7 au 11 mai 2019, Vouphalo, Petaloi, Karistos

SAISON 2019

Épisode 2 : du 7 au 11 mai 2019, Vouphalo, Petaloi, Karistos

Du mardi 7 au jeudi 9 mai 2019 : Vouphalo

Trois jours de récupération dans le petit paradis de Vouphalo. Nous y passons tous les ans, au moins une fois, parfois deux, mais nous ne nous lassons pas de cette si jolie crique toute ronde, abritée de tous les vents !

Le mouillage, sans être minuscule, n’est pas très grand, nous l’aimons hors saison, peu fréquenté !

Jean-Claude y fait sa première chasse (trois petits loups au fond de l’anse) et moi ma première baignade (fraîche et tonique !).

C’est aussi le moment de faire notre cueillette d’aneth sauvage. Il en pousse plein le long de la route qui monte vers le col pour rejoindre Aliveron. En rien de temps nous en remplissons mon petit sac à dos ! Elle va embaumer le bateau le temps du séchage ! Et quel parfum sur les poissons grillés ou dans le tzatziki !

Lors de notre promenade nous rencontrons un homme juché sur une magnifique mule blanche, c’est ainsi qu’il se déplace, comme son père et son grand-père, écolo avant l’heure, il nous fait un grand signe et un grand sourire !

Vouphalo depuis le col, en face la côte orientale du continent grec

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Vouphalo d'un peu plus près, au centre du mouillage notre bateau

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Vouphalo avec coquelicots !

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Et puis les lieux ne seraient sans doute rien sans le charme et la gentillesse des personnes qu’on y retrouve !

Ici c’est Stella ! Elle tient l’une des deux tavernes du site avec son mari Nikos, pêcheur et aussi cuisinier. Lui, un grand grec un peu taciturne, ne parlant que le grec, elle, une jolie moldave qui parle anglais, un peu de français, le grec bien sûr (ils sont mariés depuis 23 ans) et sans doute le moldave et le russe ! Chez eux tout est grec et...un peu différent, la touche «Stella» !

Nous y avons dégusté les meilleurs calamars jamais mangés en Grèce et passé deux délicieuses soirées à bavarder avec elle !

Nous sommes même repartis avec un sac de citrons donné par Nikos, de magnifiques fruits de leurs arbres, bien sûr !

Nous pourrions séjourner longtemps ici ! D’autant que le boulanger passe tous les jours en fin de matinée, sauf le dimanche, dans sa petite camionnette rouge et le marchand de légumes deux à trois fois par semaine !

Une idée pour plus tard, lorsque nous serons trop vieux pour naviguer loin !

Mais pour l’instant, le goût du voyage nous habite encore !

Du vendredi 10 au samedi 11 mai : Xero dans les Petaloi et Karistos

Partis le vendredi à 9h30 de Vouphalo, nous jetons l’ancre trois heures après dans l’anse Ouest de Xero l’une des îles Petaloi.

Le vent est faible, de secteur Sud, le mouillage de Xero, parfait !

Nous décidons d’y passer la nuit.

Samedi matin, de bonne heure, direction Karistos. C’est là que, tous les ans, nous faisons nos pleins (gazole, essence, vivres) et réalisons l’entretien du moteur (vidange et changement de filtres) avant le départ pour de nouvelles découvertes !

Aujourd’hui tout se passe bien ! A peine amarrés au quai de la ville nous voyons se pointer le petit camion de carburants ! En un quart d’heure, l’affaire est faite !

Puis nous retrouvons le petit super marché qui livre tous nos achats au bateau, la boulangerie aux délicieux gressins aux épinards, le boucher qui sait que le chef ne veut pas de coup de hache sur son quart avant d’agneau, le pépiniériste qui vend le basilic en pot...

Nous sommes parés !

Reste la partie la moins agréable : vidange et changement de filtres. Elle finit par se faire malgré une petite déception. Jean-Claude avait acheté une petite pompe électrique pensant qu’elle serait plus efficace et plus rapide que la pompe à main...erreur ! La pompe à main s’est avérée la meilleure !

Il n’est pas 17h lorsque nous quittons le quai pour aller mouiller au Sud de la baie de Karistos.

Nous y lançons une nouvelle fabrication de confiture de fraises et téléphonons, l’esprit tranquille, à nos mamans respectives, comme tous les soirs !

Demain, direction Andros !

mercredi 08 mai 2019

SAISON 2019, Épisode 1 : du 30 avril au 6 mai 2019

SAISON 2019

Bonjour à toutes et à tous, mes fidèles lecteurs du blog !

Épisode 1 : du 30 avril au 6 mai 2019, de l’arrivée au chantier à la mise à l’eau.

Mardi 30 avril 2019

Nos parents vont bien, ils sont entourés et en sécurité ; nos enfants et petits enfants profitent des vacances de printemps ; la maison et le jardin sont en ordre ; les bagages sont bouclés...le taxi peut passer nous prendre !

12h15, nous embarquons dans la voiture, chargés à bloc : trois bagages en soute de 23 kilos, deux bagages cabine au maximum de poids (8 kilos) plus les petits sacs à dos pour les papiers et petits effets personnels ! Nous avions pris la peine de tout peser avant de partir. Bien nous en a pris car tout est à nouveau soigneusement pesé au comptoir d’embarquement à Toulouse.

15h, très ponctuel, notre avion décolle. A l’arrivée à Athènes le taxi nous attend. Au chantier, Dennis, le patron, est là pour nous accueillir. A 20h nous sommes à bord. Difficile de faire plus vite !

Doug Le n’a pas bronché de tout l’hiver !

Demain, la préparation du bateau nous attend !

Du mercredi 1er mai au dimanche 5 mai 2019 : travail au chantier.

Nous retrouvons nos marques.

Quel plaisir de prendre le petit déjeuner au soleil dans le cokpit, de bavarder avec Dennis et Rula, les patrons du chantier, de retrouver les copains, Alain, Nadine et Jean-Claude, Maurice pour échanger nouvelles et coups de main, boire un verre ou partager un repas à la taverne ! Plaisir aussi de retrouver les paysages, les odeurs et couleurs du printemps grec, la promenade en bord de mer pour rallier le village, le rouge vif des coquelicots, les sommets encore enneigés de l’île d’Evia (Eubée pour nous), le parfum sucré des orangers en fleurs, plaisir de déguster un plat de sardine ou d’anchois grillés arrosé d’un pichet de vin blanc, quelques gressins, des olives et un ouzo bien frais et puis de se laisser tenter par les fraises, les fèves fraîches et les petits-pois à tout petit prix ...

Depuis le chantier, les sommets enneigés de l'île d'Eubée

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Nous nous sentons bien ici !

Mais il est temps de se mettre au travail, car comme à son habitude mon capitaine ne restera pas très longtemps sur bers...la mise à l’eau est prévue le lundi 6 mai, à la première heure : nous n’avons pas le temps de rêvasser !

Donc nous nettoyons, grattons, ponçons, polishons, vernissons, graissons, passons de l’antifouling sur l’hélice et la coque, hissons les voiles, envoyons les nouveaux pavillons et montons la nouvelle annexe ! Ouf ! Dimanche soir tout est fait, même la confiture de fraises ! Le bateau est tout beau tout propre, prêt à naviguer, l’équipage un peu flapi !

J’ouvre une parenthèse car il faut quand même que je raconte l’épisode «nouvelle annexe» !

Vous qui êtes des lecteurs attentifs vous vous souvenez certainement que l’an dernier nous avions dû recoller moultes fois notre vieille annexe pour qu’elle arrive au bout de la saison ! Il fallait donc en changer !

Le choix est difficile car il nous faut trouver un bon compromis entre le poids (lorsqu’il s’agit de la remonter à bord) et la taille (Jean-Claude veut pouvoir partir chasser en toute sécurité) et en plus choisir un fournisseur qui expédie en Grèce à un prix raisonnable !

Du coup, pendant l’hiver, Jean-Claude écume les sites et les forums à la recherche de l’annexe idéale.

Un jour, nous pensons avoir trouvé !



Le site «Rue de la mer» travaille avec 3DTender qui annonce des devis de poids inférieur à 30 kilos, y compris pour leurs annexes en hypalon (un tissu plus résistant aux UV que le PVC habituel). L’équipage est séduit, l’équipière apprécie particulièrement les 10 kilos en moins ! Par ailleurs, cerise sur le gâteau, le site expédie en Grèce pour un prix presque dérisoire, une vingtaine d’euros pour les paquets jusqu’à 30 kilos ! Cela semble presque trop beau pour être vrai ! Du coup nous téléphonons pour nous assurer de la chose : réponse positive. Tout contents, nous passons notre commande, l’annexe plus quelques bricoles, à expédier au chantier !

Quelques jours après, coup de téléphone et coup de théâtre ! L’annexe ne pouvait pas être expédiée en Grèce à moins de 300 euros !

Nous scindons l’expédition en deux : l’annexe sera envoyée chez nous à Toulouse et le reste de la commande en Grèce. Évidemment cette annexe pèse bien plus lourd qu’annoncé, en fait elle fait exactement le même poids que les autres de même longueur : 38 kilos sans les accessoires ! En séparant les éléments nous arrivons à trouver une solution : nous expédions nous même la partie hypalon au chantier et transportons dans nos bagages le plancher, les longerons, le gonfleur et les rames ! Coût total du transport : 30 euros de bagage supplémentaire et 70 euros d’expédition par Chronopost : 100 euros versus 300 qui nous était initialement proposé !

Et nous qui pensions et désirions n’avoir rien à faire ! Dernier avatar de cette mini série «Rue de la mer» : le colis des autres équipements était bien arrivé au chantier. Il contenait, entre autres produits, deux bidons d’antifouling...je vous laisse imaginer la suite ! Rien n’était calé dans le carton ce qui fait que l’un des bidons s’était ouvert et complètement répandu ! Bravo Rue de la Mer : Publicité mensongère sur les caractéristiques du produit, sur le coût d’expédition et enfin emballage bâclé !
Etat du carton à l'arrivée ! DSCN4207.JPG

Je referme la parenthèse.

Lundi 6 mai 2019 : mise à l’eau et première escale

6h45, nous avons à peine terminé le petit-déjeuner que le chariot soulève notre bateau !

Il est temps d’aller passer l’antifouling sous les patins et sous la quille.

Doug Le, tout beau, tout propre avant la mise à l'eau
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A 8h08 exactement, la mise à l’eau est terminée, le moteur tourne comme une horloge et nous voguons vers Vouphalo, notre première étape lorsque nous partons vers le Sud du golfe.

Juste à ce moment, les acrobates aériens de la patrouille anglaise, les Red Arrows, nous saluent !


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En réalité nous sommes un peu blasés car tous les ans à cette période, ils s’entraînent chaque matin dans le ciel du golfe d’Evia entre Kalkhis, Erétria et Oropos.

Un peu avant midi, mouillage terminé à Vouphalo, nous nous installons devant un ouzo bien frais !

Sans doute resterons-nous quelques jours à Vouphalo histoire de récupérer un peu. A terre, le début de l’année 2019 fut intense !

jeudi 04 octobre 2018

Saison 2018 : 18ème et dernier billet du 9 au 20 septembre, d’Alonnisos à Halkoutsi en passant par Skiros

Dimanche 9 septembre

Le temps est très calme, peut-être serons-nous obligés de naviguer au moteur. Mieux vaut vérifier les niveaux.
Dès 8 heures nous quittons Tzorti : cap au Sud Est, direction Skiros.
Au sud de la petite île de Skantzoura nous prenons une bonite et le vent se lève pour nous emmener jusqu’à Skiros.
Nous atterrissons sur la côte Ouest et mouillons dans l’anse Fokas : deux plages, une taverne, une petite chapelle, les grecs profitent en famille de ce beau dimanche de septembre au bord de l’eau .

Lundi 10 et mardi 11 septembre

Lundi matin, le vent souffle encore un peu, mais l’anse est bien abritée.
Vers 14h nous faisons un petit saut de puce jusqu’à Ormikos Linaria, la baie qui jouxte le port du même nom, Linaria. Nous y étions déjà venus en 2015...c’est toujours aussi séduisant.
Mardi matin nous nous présentons devant le petit port de Linaria. Une nouveauté, il est équipé d’une station de carburants qui fonctionne aussi bien pour les bateaux que pour les véhicules terrestres. C’est excessivement rare en Grèce. Nous en profitons pour faire le plein avant de nous amarrer à quai.
Le maître de port a changé mais le nouveau, Sakis, est tout aussi efficace et charmant que le précédent. Le petit port de Linaria est toujours aussi bien tenu et sécurisé : pendille, bloc sanitaire, eau et électricité incluses dans le forfait journalier, wifi, machine à laver, affichages sur le quai : c’est un endroit très agréable !
Nous profitons même de notre passage à Linaria pour faire tamponner notre DEKPA. Comme ça, nous sommes en règle avec les autorités jusqu’en septembre 2019.
En effet, ce document officiel doit être visé tous les ans, au plus tard à la date anniversaire du précédent visa. Pour nous une date en septembre est beaucoup plus confortable qu’une date en avril ou mai.
Nous sommes très contents que le jeune officier de Linaria ait bien voulu tamponner notre papier.
Nous passons une excellente journée au port de Linaria !

Mercredi 12 et jeudi 13 septembre

Après un bon ravitaillement nous quittons le port pour une des criques du Sud de l’île.
Le vent de Nord Est souffle bien et nous pousse jusqu’à Glifadha, une crique au Sud de la petite île Sarakino, un petit caillou très près de la pointe Sud de Skiros.

Nous y arrivons très peu après un autre voilier qui vient de quitter Linaria lui aussi. En toute logique nous mouillons derrière lui.

Ils sont quatre à bord. Trois vont goûter les joies de la plage. Un est resté à bord...heureusement car très vite leur bateau dérape et bien sûr vient s’appuyer sur le notre... Nous sortons les défenses et Jean-Claude dirige la manœuvre pour que le bateau en question se dégage sans dommage ni pour lui, ni pour nous ! Un peu d’émotion pour nos voisins !

En fin d’après-midi nous restons seuls dans la crique et nous faisons une jolie manœuvre pour nous amarrer cul aux rochers dans le coin à droite, le coin Nord Est, bien plus abrité que le milieu de la crique.

Glifadha au Sud de Sarakino
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Notre petit coin protégé DSCN4151.JPG

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Une perdrix juste au dessus du bateau DSCN4156.JPG

Nous y sommes si bien que nous y resterons jusqu’au vendredi matin.

Vendredi 14 septembre

Partis de bonne heure de Sarakino nous naviguons sans difficulté particulière jusqu’à Karistos au Sud d’Evia.
Nous avons même pris trois bonites dans le détroit Doro, entre le Sud d’Evia et le Nord d’Andros !

A 16h30 nous mouillons dans l’anse Sud Ouest de la baie de Karistos. En cette saison nous y sommes seuls dans une très belle lumière !
Karistos sous l'arc en ciel
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Nous sommes manifestement sur le chemin du retour ! Demain je téléphonerai à Dennis pour savoir à quel moment il pourra nous mettre à terre.

Samedi 15 septembre

Coup de téléphone à Dennis, notre sortie de l’eau est prévue le lundi 17 à 7h du matin.
Nous partons tranquillement vers 9h et remontons le golfe d’Evvoiko Sud avec l’idée d’une étape quand le chantier nous appelle pour nous indiquer que la météo nous contraint à remonter plus vite que prévu. En gros, c’est le soir même ou le lendemain matin, sinon dans une semaine ou plus !

Nous visons d’être à Halkoutsi le plus rapidement possible.
Nous y arrivons vers 16h30, allons saluer Dennis qui nous indique que le chariot est prêt pour une sortie demain matin à 7h.

Dimanche 16 septembre

A 7h tapantes nous sommes face au portail. Le chariot sort du chantier et la sortie de l’eau peut commencer.

Quand on observe la procédure on comprend bien pourquoi vagues et vents rendent la manœuvre délicate voire dangereuse...donc pour la mise à terre ou la mise à l’eau c’est la météo qui pilote !

A 8 heures nous sommes sur bers, Doug Le est bien calé pour l’hiver, le capitaine peut prendre nos billets d’avion de retour ! Nous prendrons l’avion le 20.

Et puis il faut se mettre au travail !

Du lundi 17 au mercredi 19 septembre

Nous nettoyons tout ce qui doit l’être pour un hivernage sans problème...donc nous ne chômons pas !

Les équipages présents sur le chantier bossent autant que nous...et parmi eux, celui d’un autre Sharki, Kairos,...qui nous connaît !

Ils suivent notre blog depuis le début !

Une belle rencontre, nous serons très heureux de les retrouver au printemps prochain.

Jeudi 20 septembre

A 5h30 le taxi nous emmène à l’aéroport, à 11h30 nous tournons la clé de la maison, à Toulouse.

Le blog va sommeiller jusqu’au printemps 2019.

Je vous souhaite à toutes et à tous de passer une belle saison hivernale !

samedi 08 septembre 2018

Saison 2018, 17ème billet, du 1er au 8 septembre, les Sporades

Samedi 1er septembre

Il faut à nouveau réparer notre vieille annexe...décidément elle n’en peut plus ! La précédente réparation réalisée à Kos a très bien tenue mais c’est ailleurs que les «coutures» lâchent, se décollent. Le capitaine va essayer de la faire tenir jusqu’à la fin de la saison. Pour l’an prochain, c’est certain, nous nous offrirons une annexe neuve !

Pendant que Jean-Claude répare, je prépare le taboulé ! A 10h nous sommes prêts à lever le mouillage , direction les Sporades.

A peine avons nous tourné la pointe Trikéri qu’une canne part. En un quart d’heure deux belles bonites sont remontées à bord. Il faut dire que Jean-Claude avait refait tous ses montages la veille au soir avec des «pulpitos» tout neufs. Efficace !

En sortant du chenal Trikéri en direction de l’Est, vers les Sporades nous profitons d’un gentil courant de Nord et naviguons à la voile.

Comme ce n’est pas notre première découverte de ces îles nous laissons Skiathos à bâbord, la première sur notre route, et visons Skopelos.
Ces îles, éparpillées au Nord de la mer Egée (d’où leur nom Sporades, dont nous avons tiré l’adjectif sporadique) sont devenues très touristiques grâce à leurs très belles plages et leur météo favorable à la navigation de plaisance (vent du Nord présent sans être trop violent et mer plate sous le vent des îles). Skiathos avec son aéroport et ses bases de location de bateaux est la destination la plus populaire...nous l’évitons sciemment.

Nous arrivons au beau milieu de la côte Ouest de Skopelos à Panormos, une très belle anse ourlée d’une grande plage de sable au fond et découpée dans sa rive Sud par une jolie crique boisée. Cette petite anse est bien protégée et pas trop profonde...elle est également très connue !
Nous y trouvons toutefois une place en mouillant au milieu et culant vers sa rive Ouest...je porte l’amarre à terre sans stress. La manœuvre me semble facile. Deviendrais-je presque experte en la matière ? Une question d’entraînement sans doute ! Nous cohabitons avec une vingtaine de bateaux, tous de location, dont huit en flottille !

Flotille à Panormos, Skopelos
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Lorsque tous les bateaux de la flottille sont arrivés, vers 19h, nous entendons de grands éclats de rire et des bruit d’éclaboussures...
Les chefs leur font faire une course d’annexes en aveugle ! Pour l’instant ça reste bon enfant ! Nous craignons le pire pour la soirée et la nuit !

Finalement ils seront tous très sages ! La nuit sera calme.

Dimanche 2 septembre

Nous quittons Panormos vers 8h30 pour nous rendre à Loutraki. Un petit port sur la côte Ouest de Skopelos en remontant quelques cinq miles vers le Nord.
Lorsque nous y arrivons les deux bateaux présents sont en train de larguer leurs amarres du ponton flottant situé dans le coin Nord Est. Pendant la manœuvre, nous sommes seuls...mais le ponton va se remplir tout au long de la journée et en début de soirée toutes les places seront occupées, là encore, quasiment exclusivement par des bateaux de location. Il faut dire que la saison est favorable : l’eau est chaude (baignades à volonté), le vent raisonnable et les nuits deviennent moins étouffantes !

En attendant, nous profitons de notre matinée pour monter jusqu’au village perché de Glossa. Une heure de montée par un chemin empierré (marqué T5), pour découvrir Glossa, ses petites boutiques, ses bars et restaurants (dont un gastronomique assez connu) et la vue magnifique sur la baie, sur Skiathos et ses îlots. Très belle promenade !
Le port de Loutraki depuis les hauteurs de Glossa

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Une rue de Glossa
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De retour au bateau, après la pause déjeuner et la sieste, nous découvrons l’environnement de Loutraki.
Vous avais-je déjà dit que Loutra, en grec, veut dire Thermes ?
Et très souvent, lorsqu’un port se nomme Loutra, c’est le cas à Evia ou à Kithnos il existe ou a existé des thermes, souvent depuis des temps très anciens.
Ici, à Loutraki, ce sont des vestiges de thermes romains qui ont été dégagés à quelques minutes à pied du ponton. Tout au bord de la mer et contre la falaise de terre on peut découvrir des restes de pavage et de murs ainsi que les fours qui devaient permettre de chauffer l’eau.

Bonne journée, riche en découvertes ! Elle se termine dans une sympathique taverne.

Mais mon capitaine trouve qu’il y a trop de monde...

Lundi 3 septembre

Après avoir fait quelques courses à Loutraki, nous quittons Skopelos pour l’île suivante, Alonnisos.

Y aura-t-il moins de monde ?

En tout cas lorsque nous mouillons dans l’anse de Mourtia tout au sud d’Alonnisos, nous sommes seuls. Baignade dans l’eau claire !
Juste au dessus de la baie, se tient l’ancien village perché d’Alonnisos qui fut déserté après sa destruction partielle lors d’un sévère tremblement de terre en 1965. Ici la terre est vivante !

Comme le fond est de tenue médiocre et que la météo annonce un peu de vent forcissant en fin de nuit, nous faisons le tour du cap Notos et allons mouiller pour la nuit dans l’anse Milia juste au Nord du petit port de Patitiri, sur la côte Est d’Alonnisos.

Alonnisos et les îles voisines appartiennent au Parc National Marin des Sporades du Nord. Il y resterait une des dernières colonies de phoques de Méditerranée. Zone protégée donc, où nous supposons que la chasse est interdite...tant pis, nous ne mangerons pas de poisson !

Mardi 4 et mercredi 5 septembre

Un aller pour Peristeri (la petite île à l’Est d’Alonnisos) le mardi. Le mouillage dans l’anse Peristeria, la plus profonde de la côte Sud est très beau. Les poissons se donnent en spectacle. Des traits argentés fusent au dessus de l’eau : ce sont de jeunes orphies qui tentent d’échapper à l’appétit féroce des liches blanches qui les poursuivent et en gobent autant qu’elles peuvent !
Peristeria depuis la plage plantée d'oliviers
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Un retour pour Alonnisos le mercredi.

Le vent de Nord Ouest souffle assez fort et l’abri dans la baie Tzorti est très confortable. Elle se situe juste au Nord d’Ak Kokkinokastro, littéralement, le Cap (Ak) rouge (kokkino) de la citadelle (kastro). En effet, les falaises du cap sont d’argile rouge et des vestiges mis au jour laissent penser qu’il est le site de l’ancienne Ilkos (5ème siècle avant notre ère).

Encore une baie magnifique ! Ici dans les Sporades, les îles sont vertes, encore couvertes de forêts de pins.
La baie de Tzorti
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D’ailleurs depuis le détroit de Khalkis nous sommes dans une Grèce plutôt arborée. De Khalkis à Volos c’est l’olivier qui domine et dans les Sporades le pin est très présent. C’est un vrai contraste avec le dépouillement minéral des Cyclades !

Jeudi 6 et Vendredi 7 septembre : Kira Panayia

Le vent reste assez fort jusqu’à jeudi en milieu de journée : c’est le moment de gréer la trinquette et de faire une quinzaine de miles vers le Nord pour découvrir l’île inhabitée de Kira Panayia (ou Pelagos).

A 14h30, trinquette hissée, nous embouquons le chenal vers le Nord entre Alonnisos et Peristéri. Nous laissons le Ak Aspro (le Cap Blanc) à bâbord et sortons du chenal pour faire les quelques miles qui séparent le Nord d’Alonnisos de l’entrée de la baie Sud Ouest de Kira Panayia. Nous n’y sommes pas seuls mais c’est magnifique !

L’île est inhabitée, elle abrite un troupeau de chèvre et peut-être un berger vient-il s’en occuper de temps à autre. Il n’y a aucun réseau, ni électrique, ni téléphonique, ni internet...

Le lendemain matin nous gagnons le Nord de Panayia pour découvrir la baie Planitis (ou Planidhi).
Elle est très grande, découpée, presque fermée. Elle s’ouvre au Nord Est par un chenal très étroit et profond. Quand le meltem souffle, l’entrée dans la baie doit être impressionnante même si l’on sait que sitôt la barre de la passe franchie on se retrouvera dans une eau calme comme celle d’un lac !

Nous passons une excellente journée à Planitis : promenade en palmes, masque et tuba autour de l’île Sfika (toute petite à l’entrée), promenade à pied dans le maquis où les chênes verts et les arbousiers ont conquis le territoire.
Je vous laisse contempler.
La baie de Planitis depuis le rebord de la falaise

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Samedi 8 septembre

Aujourd’hui il nous faut faire de bonnes courses car nous avons décidé de profiter d’un gentil courant de Nord (annoncé pour dimanche) pour rallier Skiros, 30 miles dans le Sud Est.
Nous quittons Planitis et faisons, au moteur, le trajet jusqu’à Patitiri.
C’est le port d’entrée d’Alonnisos. Si nous trouvons la bourgade sympathique et utile (on y trouve tous les commerces nécessaires à un bon avitaillement) nous n’aimons pas le port. Le quai, qui n’offre pas de pendilles, est situé travers au vent dominant (comme souvent en Grèce !). Et, par ailleurs, nous avons le souvenir d’y avoir méchamment roulé toute une partie de la nuit lors de notre passage en 2015.

Nous avons donc décidé de n’y rester que le temps de faire nos provisions !
En une heure c’est fait ! Amarrés à 11h15 et partis à 12h15 la cale pleine !

Nous nous installons confortablement dans la baie Tzorti d’où nous partirons demain matin pour Skiros, notre dernière étape dans les Sporades.

vendredi 31 août 2018

Saison 2018, 16ème billet, du 28 au 31 août, le Golfe de Volos (Pagasitikos Kolpos)

Mardi 28 août

Depuis hier, nous sommes donc dans le Golfe de Volos (Pagasitikos Kolpos).

C’est un très grand golfe, son entrée est au Sud et donne sur la côte Nord de l’île d’Evia (Eubée).
Il est de forme arrondi et fait une vingtaine de miles de diamètre, de quoi naviguer à l’intérieur ! Le grand port de Volos se situe tout au Nord au fond du golfe.

Nous sommes donc entrés par le côté Ouest et sommes installés depuis dans la baie Ptelou. En face, côté Est le golfe est bordé par la grande péninsule Trikéri qui forme un crochet à son extrémité Sud.
La partie assez rectiligne, Nord-Sud, de la péninsule appelée aussi Pélion est le lieu mythique où le centaure Chiron a fait l’éducation d’Achille.
On comprend pourquoi de nombreux noms de lieux évoquent Achille dans cette partie de la Grèce.

Il a plu d’abondance toute la nuit et le début de la matinée. Le bateau est bien rincé à l’eau douce !

Vers 10h nous décidons d’aller explorer la partie Ouest du golfe.

Nous mettons d’abord le cap sur Akileon (ou Achilleon) au fond de la baie Ptelou. Nous y découvrons un joli petit port, relativement bien équipé. Un quai avec pendilles, offre une vingtaine de places sous le phare bâbord, en revanche nous n’avons pas vu de bornes pour l’eau et l’électricité. Un quai accueille également les bateaux côté village et il reste beaucoup de place pour mouiller où l’on veut.
Le petit port d'Akileon
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A peine sortis de la baie, droit devant, nous observons une ligne de crêtes de vagues et du vent qui déboulent plein fer !

Tant pis pour l’exploration : retour à la case départ, sous la tour Achille.

Étranges phénomènes que les zones d’écoulement du vent ! Pour aujourd’hui, la carte météo le montre très bien, le vent du Nord souffle à 20, 25 nœuds en plein milieu du Golfe. Les bords sont épargnés, juste un petit souffle de 10 nœuds à peine !

Journée paisible !

Au fait, je ne vous ai pas raconté que pendant quelques jours nous avons hébergé un passager clandestin.

Le voilà !
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Comment cette mante religieuse s’est-elle retrouvée sur le bateau ? Pourquoi est-elle restée quelques jours en notre compagnie ? Quand est-elle partie ? Autant de questions sans réponses !

Nuit fraîche après la pluie !

Mercredi 29 août

Grand beau temps !

9h10, nous remontons la rive Ouest du Golfe vers le Nord. Les petits poissons volants fusent devant le bateau comme des traits d’argent. Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas eu le plaisir de ce spectacle en Méditerranée ! La pollution aux insecticides semble être la cause de la disparition des exocets. La pollution industrielle (évidente dans le Golfe) semble avoir moins d’effets délétères sur les écosystèmes des poissons que la pollution agricole ! Il doit y avoir des études scientifiques rigoureuses sur le thème.

En remontant nous passons devant la baie de Nies puis nous longeons l’île Nikolaos et entrons dans la baie Mitzellas pour aller mouiller devant le village d’Amalioupolis.
Nous faisons quelques pas à terre le temps de faire quelques courses et de repérer les jolies tavernes qui surplombent les flots.
La baie d'AmalioupolisDSCN4115.JPG

Dans ce petit village...personne ou presque, pas de touriste nous exceptés !
29 août : la saison est quasiment terminée !

Quelques vagues entrent encore dans la baie. Nous décidons d’aller mouiller dans une anse à un mile au Nord du village, protégée par le cap Almiros.

Jean-Claude y fera une chasse et reviendra avec trois beaux mulets de pleine eau. Ces poissons qui ne sont pas mangeables quand ils sont de port ou de vase sont absolument délicieux quand ils vivent en pleine mer. Nous les aimons à la tahitienne !

Jeudi 30 août

Il nous faut absolument aller à la grande ville, nous n’avons plus de réserve de gaz !
Alors, dès le petit-déjeuner avalé nous prenons la direction de Volos.

Nous prenons deux bonites sur le trajet.
A 10h40, nous nous amarrons le long du grand quai Sud Est du port de Volos. Il y a très peu de bateaux de plaisance de passage dans ce grand port pourtant très animé.
Nous pensons trouver du gaz...rapidement !
Les grecs sont très serviables, donc quand vous leur posez une question, ils tentent de vous répondre avec le plus de précision possible. Nous montrons nos bouteilles de camping gaz dix, vingt fois et finissons par comprendre, au bout de dix kilomètres de déambulations, qu’il n’y en a plus en Grèce !
Il faut dire que jusqu’alors, en Grèce, vous échangiez des bouteilles plutôt mal en point, rouillées, qui finissaient parfois par percer et avaient été remplies artisanalement ! La bouteille rééprouvée «Camping gaz international» n’existe pas en territoire hellène ! L’échange de bouteilles douteuses a-t-il été interdit ???
Nous nous résignons donc à rejoindre notre bord sans avoir trouver de gaz. C’était sans compter sur la chance et la gentillesse des plaisanciers entre eux.
Au moment où nous arrivons au bateau, un beau catamaran fait sa manœuvre d’accostage juste devant Doug Le. Jean-Claude prend une amarre et nous engageons la conversation. L’équipage est charmant. Ils ont hiverné leur bateau à Volos et ont un certain nombre de contacts efficaces sur place. Le chef de bord téléphone et nous donne une indication pour le gaz : il y en a encore à la station service des pêcheurs. C’est vraiment au bout du quai des pêcheurs, Petrol Marine. On remarque leurs deux camions de livraisons de gazole et une boutique où ils vendent de la glace aux pêcheurs et échangent encore des bouteilles de camping gaz.
Mission réussie ! Nous sommes parés jusqu’à la saison prochaine. Peut-être faudra-t-il réfléchir à cette histoire de gaz pour plus tard !

Sinon, nous faisons de bonnes courses et quittons rapidement le quai pour la petite île de Trikéri. Il fait trop chaud au quai en ville quand il n’y a pas un souffle d’air !

A 16h15 nous mouillons dans l’anse à l’Est du port de Palaia Trikéri. Cinq ou six bateaux sont déjà là avec une longue amarre à terre. Nous faisons pareil !

Le soir, nous apercevons les très beaux faisans que nous avions déjà observé lors de notre passage précédent en mai 2015. Ils viennent picorer sur la plage.

Vendredi 31 août

Nous quittons Palaia Trikéri pour goûter le charme et le calme des petites criques qui festonnent la pointe nord de la péninsule, juste en face !
Nous nous installons dans l’anse à l’Est de la pointe Nord. Une belle maison est nichée au milieu des oliviers.

Nous sommes tout seuls au mouillage, la chasse et la cueillette sont fructueuses, pas un souffle, il fait très chaud !
La chasse du capitaine : une liche blanche, un mulet, une sériole
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Demain nous quitterons le golfe pour rejoindre Skopelos, une Sporade.

lundi 27 août 2018

Saison 2018, 15ème billet, du 22 août au 27 août, d’Erétria à Pigadhi dans le Golfe de Volos

Mercredi 22 et jeudi 23 août : le passage du pont

9h, nous sommes prêts à poursuivre notre remontée du Golfe Sud d’Evia (Notios Evvoikos Kolpos), d’Erétria à Khalkis (ou Kalkida).
Une douzaine de miles à parcourir jusqu’à l’arrêt obligatoire à Khalkis.

A partir du Cap Avlis on navigue, plein Nord, dans la partie la plus étroite entre la côte Est de la Grèce continentale et la côte Ouest de l’île d’Evia (ou Eubée) en faisant attention aux sondes et aux récifs même si le chenal est balisé.
Au cap Pérama, au pied d’une immense cimenterie on bifurque vers l’ouest pour passer sous le pont suspendu et entrer dans la grande baie ronde du Port Sud de Khalkis.
Une fois arrivé là le mieux est d’aller mouiller sous le fort. Il y a beaucoup de place, les sondes sont de 8-10 mètres et le fond de vase est d’excellente tenue.
A 11h30, notre mouillage est terminé et notre annexe prête, nous pouvons rejoindre la rive pour procéder aux formalités et faire quelques courses. Le mouillage est de loin préférable à l’amarrage à quai qui peut s’avérer à la fois délicat et inconfortable à cause du fort courant dans le passage (nous l’avions testé à notre premier passage en 2015).
En effet, la ville de Khalkis s’étire sur les deux rives du chenal qui, à cet endroit précis, sont reliées par un pont mobile de 39,3 mètres. Ce pont, qui s’escamote sous la route, n’ouvre que la nuit pendant un quart d'heure pour le trafic maritime.
Les bateaux qui désirent passer le pont doivent s’acquitter d’une redevance et se signaler à la Police Portuaire.

A partir de 21h30 il vous faut veiller le canal 12. La Police Portuaire vous appelle une première fois, 1/4 d’heure avant l’ouverture du pont, pour vous permettre de vous préparer et une seconde fois pour vous donner le signal du franchissement.

L’heure d’ouverture du pont dépend de l’état de la marée. Il faut savoir qu’entre le Nord et le Sud une différence de hauteur d’eau de 80 centimètres génère un fort courant de marée. Les autorités portuaires font passer les bateaux plus ou moins à l’étale...donc jamais à la même heure !

Pour nous, cette fois-ci, le top départ est donné à 1h30 du matin, le jeudi 23 août.



Un vent de Nord de 15 nœuds s’est levé et nous naviguons encore pendant 5-6 miles pour trouver un relatif abri sous le Cap Mnima, côté Evia, histoire de prendre un peu de repos ! Mouiller de nuit dans un endroit qu’on ne connaît pas est toujours un peu angoissant, mais avec la carte, le traceur, 4 yeux attentifs et le sondeur nous arrivons à poser l’ancre et partons nous coucher.

Au réveil nous découvrons un environnement auquel nous ne nous attendions pas vraiment !

Dès après le petit déjeuner nous reprenons notre route, vers le Nord. Nous visons la grande baie d’Atalantis côté Grèce continentale, avec l'espoir d'y trouver un coin calme pour se reposer de notre trop courte nuit. Mais...des vagues courtes et désordonnées, un assez fort courant contraire, puis un vent de face devenant de plus en plus fort (25-30 nœuds) nous incitent à trouver refuge un peu plus tôt, sous le cap Larmes.

Notre guide nous signale d’ailleurs cette baie comme «la baie sans nom» ! En fait il n’a pas cherché ou pas trouvé son nom !
En revanche elle existe bel et bien. Très encombrée au Nord par une grande ferme aquacole, on peut y pénétrer par le Sud entre l’îlot qui la ferme et la fin des installations aquacoles. Le mouillage se fait sur fond de 8-10 mètres dans de la glaise collante. C’est un abri sur quasiment 360°.
On va pouvoir y dormir en toute sécurité ! Même si l’environnement n’est vraiment pas bucolique !
En effet, d’un côté, au Nord, les fermes aquacoles et l’industrie agro-alimentaire et de l’autre au Sud, au fond de la baie de Larimna, l’industrie lourde avec les cheminées de la fonderie de cupronickel qui crachent une fumée noire nuit et jour sans discontinuer. Heureusement que le vent du Nord souffle très fort !
Le bateau dans la crique sans nom
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Au sud Larimna et la fonderie qui fume
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Au nord, les installations aquacoles
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Nous sommes quand même, dans les deux cas, dans le très polluant !

C’est ici que j’apprends la naissance des jumeaux de ma filleule ! Deux beaux petits garçons !

Vendredi 24 août

Nous avons bien dormi et le vent souffle encore très fort. Malgré l’environnement nous décidons de rester 24 heures de plus dans la baie sans nom.

Petite promenade à terre, quelques photos et peut-être ai-je découvert le nom de notre baie. Elle pourrait s’appeler Ichtoutrophéia.

Samedi 25 août

Nous sommes bien reposés et le vent s’est calmé. A 8h15 nous sommes repartis.
Nous trouvons la mer sale, très polluée (plastics, gazole, mousses blanchâtres...) pleine de grosses méduses brunes.
Ces méduses, souvent appelées Oeufs au plat, sont des Cotylorhiza tuberculatanus. Elles sont bien des méduses de Méditerranée mais leur concentration dans ce golfe est impressionnante. Et, même si elles ne sont pas réputées dangereuses pour l’homme car elles ne sont que très peu ou pas du tout urticantes, leur présence massive vous ôte toute envie de vous baigner !
Les méduses brunes
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Lorsque nous arrivons à Atalantis, entre fermes aquacoles et méduses, rien ne nous attire ! Nous faisons la pause déjeuner entre Nisis Atalantis et Skala Atalantis et repartons vers le Nord avec l’envie de se retrouver au plus vite dans une mer moins fermée et un environnement plus bucolique !

Une fois passé le chenal entre le cap Kinaion ou Lithada (extrémité Nord Ouest d’Evia) et les îles Likhades nous remontons au prés serré le chenal Oreon vers le Nord Est et mouillons à 18h30 dans la très jolie anse de Vathikélon .
C’est une anse toute ronde où nous avions déjà fait escale au printemps 2015. Dans le coin Nord Est, quelques barques, un offertoire, des oliviers jusque sur la plage, personne, si ce n’est trois pêcheurs à pied : c’est un endroit qui nous plaît. C’est très profond presque jusqu’au bord. Je porte une amarre à terre : manœuvre réussie ! Je suis très fière car c’est un exercice que je n’aime pas !

Dimanche 26 et lundi 27 août

Nous retrouvons nos marques.
Jean-Claude part chasser, je m’attaque à un grand nettoyage du bateau...

Le capitaine revient avec les poissons du déjeuner et, dimanche à 11h30, nous quittons Vathikelon dans un bateau tout propre !

Nous déjeunons en mer d’un délicieux loup portion chacun.

Passé le cap Stavros nous entrons dans la grande baie Ptelou, immédiatement à l’Ouest de l’entrée du Golfe de Volos.

Nous tentons un mouillage devant les plages et le petit port de Pigadhi, mais c’est à la fois très profond et encombré de corps morts...d’ailleurs nous remontons une grosse ancre égarée. L’instrument «croissant turc» se révèle très efficace pour nous libérer rapidement de cette entrave.

Finalement nous faisons à peine 800 mètres et mouillons dans la baie Loutro, de l’autre côte, à l’Ouest de la tour Achilles.

7-8 mètres de fond devant les oliviers : c’est parfait !
Le mouillage sous la tour Achilles
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La nuit est douce et calme !

Lundi matin : Jean-Claude part chasser et je nettoie la ligne de flottaison ! Les jours se suivent et se ressemblent parfois !
Vers 10h nous abordons à la plage avec l’annexe et partons faire un tour à pied jusqu’au village de Pigadhi. Une jolie piste au milieu des oliviers nous y conduit.

Le village est tout petit, des tavernes en front de mer, une épicerie un peu en retrait où il ne faut pas espérer trouver fruits et légumes frais. Mais nous nous trouvons sur place au moment où les marchands ambulants (la boulangère et les primeurs) passent avec leur camionnettes. Finalement, nous revenons avec un beau sac de vivres !
Le petit port de Pigadhi
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De retour au bateau nous essayons l’anse immédiatement à côté, car des orages et du vent sont annoncés !
Elle semble mieux protégée mais elle est difficile à utiliser car elle est très profonde...alors retour à la case départ où nous subissons l’orage en toute tranquillité pendant que le chef fait de la confiture de pêche avec les fruits achetés le matin et que j’écris ce billet !

Demain ? Et bien je ne sais pas ...

mardi 21 août 2018

Saison 2018, 14ème billet, du 10 juillet au 21 août, de Poros à Athènes puis d’Athènes à Erétria après une interruption d’un mois en terre occitane.

Demain, peut-être irons-nous faire un tour à Methana, la belle péninsule à quelques miles au Nord de Poros ?
C’est sur cette question que je vous avais laissés à la fin du dernier billet posté de Poros le 9 juillet.
Je reprends donc notre journal de voyage au mardi 10 juillet.

Mardi 10 et mercredi 11 juillet

En fin de matinée nous quittons Poros pour une toute petite étape de quelques miles : nous voulons visiter le petit port de Methana. Il est situé au tiers inférieur de la côte orientale de la péninsule du même nom : Methana.

Lorsque nous y arrivons, peu après midi, nous sommes accueillis par une maîtresse femme, grande gueule et sifflet à roulette : c’est elle le maître de port.
Elle commence par nous dire que le port est privé pour nous indiquer, immédiatement après, un emplacement et nous aider à l’amarrage.
Marina, c’est son nom, veille sur la bonne tenue de ce petit port très singulier. Il n’est pas très profond et ne peut pas convenir aux grandes unités. Par ailleurs, les charters boats n’y sont pas les bienvenus et sont envoyés au quai public, un demi mile plus au Nord...enfin, les bateaux flottent dans une eau blanche !

Doug Le dans les eaux blanches du port de Methana
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En effet, le port jouxte un ancien établissement thermal, aujourd’hui fermé, mais dont les bassins sont toujours alimentés par des sources sulfureuses chaudes qui débordent dans le port et dans la mer. L'odeur est parfois forte !

Le port longé par le bassin de l'ancien établissement thermal
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On peut prendre les eaux gratuitement à Methana, c’est à quelques mètres du bateau !
Visière et lunettes noires, équipée "à la grecque" pour prendre les eaux
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La pancarte dit, Sources chaudes de Methana
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Cette station thermale, qui a dû connaître le succès au siècle dernier, est aujourd’hui bien calme voire à l’abandon, même les bâtiments des Autorités Portuaires sont décrépis et mal tenus et dans le port lui-même un quart des bateaux semblent avoir été oubliés là depuis longtemps !

Nous voulons louer un véhicule ou un scooter pour aller visiter le volcan...pas moyen, pas de loueurs !
Tant pis pour moi, je ne verrai pas le volcan de Methana !

Nous réussissons quand même à faire venir un petit camion pour faire le plein de gazole...grâce à Marina et aux très nombreux coups de téléphone qu’elle donne pour nous. C’est une femme au grand cœur qui veut bien nous laisser passer une deuxième nuit dans son petit port privé et nous confie son numéro de téléphone personnel pour la prochaine fois !

Petite déconvenue au moment du déhalage, les pendilles ramènent de la boue rouge du fond du port et la déposent sur notre coque blanche. Une boue ferrugineuse, sans doute, car il a fallu sortir l'acide oxalique pour la faire partir.

Jeudi 12 juillet

Nous laissons le port aux eaux blanches en milieu de matinée pour faire le tour de la péninsule et aller mouiller sous Vathi, dans une anse que nous connaissons bien. Jean-Claude veut y faire une dernière chasse avant notre retour sur Athènes.
En effet, il nous ramène une badèche : délicieuse conclusion de notre croisière de printemps !

Vendredi 13 et samedi 14 juillet

Départ de bonne heure le vendredi, petit déjeuner en mer, arrêt à Métopi pour une dernière baignade en eaux claires et remontée vers Zea Marina au Pyrée où nous arrivons en début d’après-midi.
Le soir venu, le bateau est prêt à accueillir notre fille et nos petites filles. Dès le lendemain 14 juillet, elles prendront le bateau pour un mois et nous l’avion pour rejoindre Toulouse.

Du dimanche 15 juillet au mercredi 15 août

Nous avons rejoint nos bases toulousaines et retrouvé une sorte de frénésie terrestre : aller-retours nombreux entre Toulouse, Figeac et Aureilhan où demeurent nos parents, repas d’anniversaires pour mon petit-fils Elouan, ma sœur et ma mère, tous les trois nés en juillet, remise en état des jardins potager, cueillettes, conserves et confitures et même un petit tour à la montagne !

Le 15 août, nous étions très heureux de retrouver Doug Le et le rythme lent de la navigation à voile !

Jeudi 16 août

Après avoir fait tous les pleins, eau, gazole, vivres et vérifié tous les niveaux moteur, nous quittons Zea Marina direction Sounion, la météo est parfaite, il est midi.
Nous naviguons à la voile, par mer plate, jusqu’au chenal de Gaidhouronisia et mouillons au Cap Sounion sous le temple de Poséidon.
Pour moi, ce mouillage est magique !
Pourtant, je dois convenir que lorsque le vent est nul, comme aujourd’hui, la nuit, le mouillage devient rouleur et désagréable à cause de tous les cargos et gros bateaux qui passent au large en générant de grosses vagues.
Par temps calme, pour éviter cet inconvénient, mieux vaut contourner le cap et choisir de passer la nuit dans une des criques de la côte Est en remontant un peu vers Laurion.

Vendredi 17 août

La météo nous annonce du vent du Nord fort, à partir de dimanche...nous décidons donc de remonter vers le Nord, le golfe de Petalion et le golfe d’Evoiko jusqu’à Vouphalo.
Nous savons être parfaitement à l’abri dans cette anse toute ronde et si jolie.

Vendredi donc, nous quittons le Cap Sounion immédiatement après le petit-déjeuner pour une première étape jusqu’à Vassiliko, la grande anse au Sud de Megalo Petaloi.
Pause déjeuner à Vassiliko et navigation jusqu’à Vouphalo.

A 18h30, mouillage terminé, nous allons dire bonjour à Stella : j’ai un sac de linge à déposer et, bien sûr, nous viendrons profiter de sa table !
Stella est une belle personne. Si vous passez par Vouphalo allez la voir, vous serez reçus avec un merveilleux sourire et vous mangerez des plats simples et bons. C'est le restaurant joliment décoré qui se trouve le plus près de la plage. On y accède en annexe par un petit ponton branlant !

Du samedi 18 au lundi 20 août

Le vent fort annoncé est au rendez-vous : 25-35 nœuds !

A la longue, le vent, c’est un peu saoulant, mais nous sommes à l’abri, tranquilles !
Au programme : repos, lectures, baignades, soirée chez Stella...

Mardi 21 août

Le vent est annoncé faiblissant, notamment dans le secteur d’Erétria, le port situé à 15 miles au Nord Ouest de Vouphalo, sur l’île d’Evia.

A 9h45, nous levons l’ancre à Vouphalo.

Au début, nous naviguons à la voile, par vent de travers : génois roulé au premier ris et artimon, car le vent est encore fort avec quelques rafales à 30-35. C’est bien sûr à ce moment que les bonites décident de mordre ! Deux sont remontées à bord qui seront les bienvenues dans nos assiettes pour le déjeuner.
Une plus grosse bête a cassé le fil et emporté le «Rapala» de l’autre canne ! Je crois que le capitaine va peaufiner son montage car à cette période, en Grèce, les poissons mordent !

A la fin du trajet, d’un coup, le vent tombe et change de direction, le moteur prend le relais et nous mouillons au fond de la baie d’Eretria, du côté de l’île Pezonisos.

Demain nous remonterons jusqu’à Khalkis pour franchir le détroit et passer le pont.

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