Doug Le

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samedi 08 septembre 2018

Saison 2018, 17ème billet, du 1er au 8 septembre, les Sporades

Samedi 1er septembre

Il faut à nouveau réparer notre vieille annexe...décidément elle n’en peut plus ! La précédente réparation réalisée à Kos a très bien tenue mais c’est ailleurs que les «coutures» lâchent, se décollent. Le capitaine va essayer de la faire tenir jusqu’à la fin de la saison. Pour l’an prochain, c’est certain, nous nous offrirons une annexe neuve !

Pendant que Jean-Claude répare, je prépare le taboulé ! A 10h nous sommes prêts à lever le mouillage , direction les Sporades.

A peine avons nous tourné la pointe Trikéri qu’une canne part. En un quart d’heure deux belles bonites sont remontées à bord. Il faut dire que Jean-Claude avait refait tous ses montages la veille au soir avec des «pulpitos» tout neufs. Efficace !

En sortant du chenal Trikéri en direction de l’Est, vers les Sporades nous profitons d’un gentil courant de Nord et naviguons à la voile.

Comme ce n’est pas notre première découverte de ces îles nous laissons Skiathos à bâbord, la première sur notre route, et visons Skopelos.
Ces îles, éparpillées au Nord de la mer Egée (d’où leur nom Sporades, dont nous avons tiré l’adjectif sporadique) sont devenues très touristiques grâce à leurs très belles plages et leur météo favorable à la navigation de plaisance (vent du Nord présent sans être trop violent et mer plate sous le vent des îles). Skiathos avec son aéroport et ses bases de location de bateaux est la destination la plus populaire...nous l’évitons sciemment.

Nous arrivons au beau milieu de la côte Ouest de Skopelos à Panormos, une très belle anse ourlée d’une grande plage de sable au fond et découpée dans sa rive Sud par une jolie crique boisée. Cette petite anse est bien protégée et pas trop profonde...elle est également très connue !
Nous y trouvons toutefois une place en mouillant au milieu et culant vers sa rive Ouest...je porte l’amarre à terre sans stress. La manœuvre me semble facile. Deviendrais-je presque experte en la matière ? Une question d’entraînement sans doute ! Nous cohabitons avec une vingtaine de bateaux, tous de location, dont huit en flottille !

Flotille à Panormos, Skopelos
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Lorsque tous les bateaux de la flottille sont arrivés, vers 19h, nous entendons de grands éclats de rire et des bruit d’éclaboussures...
Les chefs leur font faire une course d’annexes en aveugle ! Pour l’instant ça reste bon enfant ! Nous craignons le pire pour la soirée et la nuit !

Finalement ils seront tous très sages ! La nuit sera calme.

Dimanche 2 septembre

Nous quittons Panormos vers 8h30 pour nous rendre à Loutraki. Un petit port sur la côte Ouest de Skopelos en remontant quelques cinq miles vers le Nord.
Lorsque nous y arrivons les deux bateaux présents sont en train de larguer leurs amarres du ponton flottant situé dans le coin Nord Est. Pendant la manœuvre, nous sommes seuls...mais le ponton va se remplir tout au long de la journée et en début de soirée toutes les places seront occupées, là encore, quasiment exclusivement par des bateaux de location. Il faut dire que la saison est favorable : l’eau est chaude (baignades à volonté), le vent raisonnable et les nuits deviennent moins étouffantes !

En attendant, nous profitons de notre matinée pour monter jusqu’au village perché de Glossa. Une heure de montée par un chemin empierré (marqué T5), pour découvrir Glossa, ses petites boutiques, ses bars et restaurants (dont un gastronomique assez connu) et la vue magnifique sur la baie, sur Skiathos et ses îlots. Très belle promenade !
Le port de Loutraki depuis les hauteurs de Glossa

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Une rue de Glossa
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De retour au bateau, après la pause déjeuner et la sieste, nous découvrons l’environnement de Loutraki.
Vous avais-je déjà dit que Loutra, en grec, veut dire Thermes ?
Et très souvent, lorsqu’un port se nomme Loutra, c’est le cas à Evia ou à Kithnos il existe ou a existé des thermes, souvent depuis des temps très anciens.
Ici, à Loutraki, ce sont des vestiges de thermes romains qui ont été dégagés à quelques minutes à pied du ponton. Tout au bord de la mer et contre la falaise de terre on peut découvrir des restes de pavage et de murs ainsi que les fours qui devaient permettre de chauffer l’eau.

Bonne journée, riche en découvertes ! Elle se termine dans une sympathique taverne.

Mais mon capitaine trouve qu’il y a trop de monde...

Lundi 3 septembre

Après avoir fait quelques courses à Loutraki, nous quittons Skopelos pour l’île suivante, Alonnisos.

Y aura-t-il moins de monde ?

En tout cas lorsque nous mouillons dans l’anse de Mourtia tout au sud d’Alonnisos, nous sommes seuls. Baignade dans l’eau claire !
Juste au dessus de la baie, se tient l’ancien village perché d’Alonnisos qui fut déserté après sa destruction partielle lors d’un sévère tremblement de terre en 1965. Ici la terre est vivante !

Comme le fond est de tenue médiocre et que la météo annonce un peu de vent forcissant en fin de nuit, nous faisons le tour du cap Notos et allons mouiller pour la nuit dans l’anse Milia juste au Nord du petit port de Patitiri, sur la côte Est d’Alonnisos.

Alonnisos et les îles voisines appartiennent au Parc National Marin des Sporades du Nord. Il y resterait une des dernières colonies de phoques de Méditerranée. Zone protégée donc, où nous supposons que la chasse est interdite...tant pis, nous ne mangerons pas de poisson !

Mardi 4 et mercredi 5 septembre

Un aller pour Peristeri (la petite île à l’Est d’Alonnisos) le mardi. Le mouillage dans l’anse Peristeria, la plus profonde de la côte Sud est très beau. Les poissons se donnent en spectacle. Des traits argentés fusent au dessus de l’eau : ce sont de jeunes orphies qui tentent d’échapper à l’appétit féroce des liches blanches qui les poursuivent et en gobent autant qu’elles peuvent !
Peristeria depuis la plage plantée d'oliviers
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Un retour pour Alonnisos le mercredi.

Le vent de Nord Ouest souffle assez fort et l’abri dans la baie Tzorti est très confortable. Elle se situe juste au Nord d’Ak Kokkinokastro, littéralement, le Cap (Ak) rouge (kokkino) de la citadelle (kastro). En effet, les falaises du cap sont d’argile rouge et des vestiges mis au jour laissent penser qu’il est le site de l’ancienne Ilkos (5ème siècle avant notre ère).

Encore une baie magnifique ! Ici dans les Sporades, les îles sont vertes, encore couvertes de forêts de pins.
La baie de Tzorti
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D’ailleurs depuis le détroit de Khalkis nous sommes dans une Grèce plutôt arborée. De Khalkis à Volos c’est l’olivier qui domine et dans les Sporades le pin est très présent. C’est un vrai contraste avec le dépouillement minéral des Cyclades !

Jeudi 6 et Vendredi 7 septembre : Kira Panayia

Le vent reste assez fort jusqu’à jeudi en milieu de journée : c’est le moment de gréer la trinquette et de faire une quinzaine de miles vers le Nord pour découvrir l’île inhabitée de Kira Panayia (ou Pelagos).

A 14h30, trinquette hissée, nous embouquons le chenal vers le Nord entre Alonnisos et Peristéri. Nous laissons le Ak Aspro (le Cap Blanc) à bâbord et sortons du chenal pour faire les quelques miles qui séparent le Nord d’Alonnisos de l’entrée de la baie Sud Ouest de Kira Panayia. Nous n’y sommes pas seuls mais c’est magnifique !

L’île est inhabitée, elle abrite un troupeau de chèvre et peut-être un berger vient-il s’en occuper de temps à autre. Il n’y a aucun réseau, ni électrique, ni téléphonique, ni internet...

Le lendemain matin nous gagnons le Nord de Panayia pour découvrir la baie Planitis (ou Planidhi).
Elle est très grande, découpée, presque fermée. Elle s’ouvre au Nord Est par un chenal très étroit et profond. Quand le meltem souffle, l’entrée dans la baie doit être impressionnante même si l’on sait que sitôt la barre de la passe franchie on se retrouvera dans une eau calme comme celle d’un lac !

Nous passons une excellente journée à Planitis : promenade en palmes, masque et tuba autour de l’île Sfika (toute petite à l’entrée), promenade à pied dans le maquis où les chênes verts et les arbousiers ont conquis le territoire.
Je vous laisse contempler.
La baie de Planitis depuis le rebord de la falaise

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Samedi 8 septembre

Aujourd’hui il nous faut faire de bonnes courses car nous avons décidé de profiter d’un gentil courant de Nord (annoncé pour dimanche) pour rallier Skiros, 30 miles dans le Sud Est.
Nous quittons Planitis et faisons, au moteur, le trajet jusqu’à Patitiri.
C’est le port d’entrée d’Alonnisos. Si nous trouvons la bourgade sympathique et utile (on y trouve tous les commerces nécessaires à un bon avitaillement) nous n’aimons pas le port. Le quai, qui n’offre pas de pendilles, est situé travers au vent dominant (comme souvent en Grèce !). Et, par ailleurs, nous avons le souvenir d’y avoir méchamment roulé toute une partie de la nuit lors de notre passage en 2015.

Nous avons donc décidé de n’y rester que le temps de faire nos provisions !
En une heure c’est fait ! Amarrés à 11h15 et partis à 12h15 la cale pleine !

Nous nous installons confortablement dans la baie Tzorti d’où nous partirons demain matin pour Skiros, notre dernière étape dans les Sporades.

vendredi 31 août 2018

Saison 2018, 16ème billet, du 28 au 31 août, le Golfe de Volos (Pagasitikos Kolpos)

Mardi 28 août

Depuis hier, nous sommes donc dans le Golfe de Volos (Pagasitikos Kolpos).

C’est un très grand golfe, son entrée est au Sud et donne sur la côte Nord de l’île d’Evia (Eubée).
Il est de forme arrondi et fait une vingtaine de miles de diamètre, de quoi naviguer à l’intérieur ! Le grand port de Volos se situe tout au Nord au fond du golfe.

Nous sommes donc entrés par le côté Ouest et sommes installés depuis dans la baie Ptelou. En face, côté Est le golfe est bordé par la grande péninsule Trikéri qui forme un crochet à son extrémité Sud.
La partie assez rectiligne, Nord-Sud, de la péninsule appelée aussi Pélion est le lieu mythique où le centaure Chiron a fait l’éducation d’Achille.
On comprend pourquoi de nombreux noms de lieux évoquent Achille dans cette partie de la Grèce.

Il a plu d’abondance toute la nuit et le début de la matinée. Le bateau est bien rincé à l’eau douce !

Vers 10h nous décidons d’aller explorer la partie Ouest du golfe.

Nous mettons d’abord le cap sur Akileon (ou Achilleon) au fond de la baie Ptelou. Nous y découvrons un joli petit port, relativement bien équipé. Un quai avec pendilles, offre une vingtaine de places sous le phare bâbord, en revanche nous n’avons pas vu de bornes pour l’eau et l’électricité. Un quai accueille également les bateaux côté village et il reste beaucoup de place pour mouiller où l’on veut.
Le petit port d'Akileon
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A peine sortis de la baie, droit devant, nous observons une ligne de crêtes de vagues et du vent qui déboulent plein fer !

Tant pis pour l’exploration : retour à la case départ, sous la tour Achille.

Étranges phénomènes que les zones d’écoulement du vent ! Pour aujourd’hui, la carte météo le montre très bien, le vent du Nord souffle à 20, 25 nœuds en plein milieu du Golfe. Les bords sont épargnés, juste un petit souffle de 10 nœuds à peine !

Journée paisible !

Au fait, je ne vous ai pas raconté que pendant quelques jours nous avons hébergé un passager clandestin.

Le voilà !
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Comment cette mante religieuse s’est-elle retrouvée sur le bateau ? Pourquoi est-elle restée quelques jours en notre compagnie ? Quand est-elle partie ? Autant de questions sans réponses !

Nuit fraîche après la pluie !

Mercredi 29 août

Grand beau temps !

9h10, nous remontons la rive Ouest du Golfe vers le Nord. Les petits poissons volants fusent devant le bateau comme des traits d’argent. Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas eu le plaisir de ce spectacle en Méditerranée ! La pollution aux insecticides semble être la cause de la disparition des exocets. La pollution industrielle (évidente dans le Golfe) semble avoir moins d’effets délétères sur les écosystèmes des poissons que la pollution agricole ! Il doit y avoir des études scientifiques rigoureuses sur le thème.

En remontant nous passons devant la baie de Nies puis nous longeons l’île Nikolaos et entrons dans la baie Mitzellas pour aller mouiller devant le village d’Amalioupolis.
Nous faisons quelques pas à terre le temps de faire quelques courses et de repérer les jolies tavernes qui surplombent les flots.
La baie d'AmalioupolisDSCN4115.JPG

Dans ce petit village...personne ou presque, pas de touriste nous exceptés !
29 août : la saison est quasiment terminée !

Quelques vagues entrent encore dans la baie. Nous décidons d’aller mouiller dans une anse à un mile au Nord du village, protégée par le cap Almiros.

Jean-Claude y fera une chasse et reviendra avec trois beaux mulets de pleine eau. Ces poissons qui ne sont pas mangeables quand ils sont de port ou de vase sont absolument délicieux quand ils vivent en pleine mer. Nous les aimons à la tahitienne !

Jeudi 30 août

Il nous faut absolument aller à la grande ville, nous n’avons plus de réserve de gaz !
Alors, dès le petit-déjeuner avalé nous prenons la direction de Volos.

Nous prenons deux bonites sur le trajet.
A 10h40, nous nous amarrons le long du grand quai Sud Est du port de Volos. Il y a très peu de bateaux de plaisance de passage dans ce grand port pourtant très animé.
Nous pensons trouver du gaz...rapidement !
Les grecs sont très serviables, donc quand vous leur posez une question, ils tentent de vous répondre avec le plus de précision possible. Nous montrons nos bouteilles de camping gaz dix, vingt fois et finissons par comprendre, au bout de dix kilomètres de déambulations, qu’il n’y en a plus en Grèce !
Il faut dire que jusqu’alors, en Grèce, vous échangiez des bouteilles plutôt mal en point, rouillées, qui finissaient parfois par percer et avaient été remplies artisanalement ! La bouteille rééprouvée «Camping gaz international» n’existe pas en territoire hellène ! L’échange de bouteilles douteuses a-t-il été interdit ???
Nous nous résignons donc à rejoindre notre bord sans avoir trouver de gaz. C’était sans compter sur la chance et la gentillesse des plaisanciers entre eux.
Au moment où nous arrivons au bateau, un beau catamaran fait sa manœuvre d’accostage juste devant Doug Le. Jean-Claude prend une amarre et nous engageons la conversation. L’équipage est charmant. Ils ont hiverné leur bateau à Volos et ont un certain nombre de contacts efficaces sur place. Le chef de bord téléphone et nous donne une indication pour le gaz : il y en a encore à la station service des pêcheurs. C’est vraiment au bout du quai des pêcheurs, Petrol Marine. On remarque leurs deux camions de livraisons de gazole et une boutique où ils vendent de la glace aux pêcheurs et échangent encore des bouteilles de camping gaz.
Mission réussie ! Nous sommes parés jusqu’à la saison prochaine. Peut-être faudra-t-il réfléchir à cette histoire de gaz pour plus tard !

Sinon, nous faisons de bonnes courses et quittons rapidement le quai pour la petite île de Trikéri. Il fait trop chaud au quai en ville quand il n’y a pas un souffle d’air !

A 16h15 nous mouillons dans l’anse à l’Est du port de Palaia Trikéri. Cinq ou six bateaux sont déjà là avec une longue amarre à terre. Nous faisons pareil !

Le soir, nous apercevons les très beaux faisans que nous avions déjà observé lors de notre passage précédent en mai 2015. Ils viennent picorer sur la plage.

Vendredi 31 août

Nous quittons Palaia Trikéri pour goûter le charme et le calme des petites criques qui festonnent la pointe nord de la péninsule, juste en face !
Nous nous installons dans l’anse à l’Est de la pointe Nord. Une belle maison est nichée au milieu des oliviers.

Nous sommes tout seuls au mouillage, la chasse et la cueillette sont fructueuses, pas un souffle, il fait très chaud !
La chasse du capitaine : une liche blanche, un mulet, une sériole
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Demain nous quitterons le golfe pour rejoindre Skopelos, une Sporade.

lundi 27 août 2018

Saison 2018, 15ème billet, du 22 août au 27 août, d’Erétria à Pigadhi dans le Golfe de Volos

Mercredi 22 et jeudi 23 août : le passage du pont

9h, nous sommes prêts à poursuivre notre remontée du Golfe Sud d’Evia (Notios Evvoikos Kolpos), d’Erétria à Khalkis (ou Kalkida).
Une douzaine de miles à parcourir jusqu’à l’arrêt obligatoire à Khalkis.

A partir du Cap Avlis on navigue, plein Nord, dans la partie la plus étroite entre la côte Est de la Grèce continentale et la côte Ouest de l’île d’Evia (ou Eubée) en faisant attention aux sondes et aux récifs même si le chenal est balisé.
Au cap Pérama, au pied d’une immense cimenterie on bifurque vers l’ouest pour passer sous le pont suspendu et entrer dans la grande baie ronde du Port Sud de Khalkis.
Une fois arrivé là le mieux est d’aller mouiller sous le fort. Il y a beaucoup de place, les sondes sont de 8-10 mètres et le fond de vase est d’excellente tenue.
A 11h30, notre mouillage est terminé et notre annexe prête, nous pouvons rejoindre la rive pour procéder aux formalités et faire quelques courses. Le mouillage est de loin préférable à l’amarrage à quai qui peut s’avérer à la fois délicat et inconfortable à cause du fort courant dans le passage (nous l’avions testé à notre premier passage en 2015).
En effet, la ville de Khalkis s’étire sur les deux rives du chenal qui, à cet endroit précis, sont reliées par un pont mobile de 39,3 mètres. Ce pont, qui s’escamote sous la route, n’ouvre que la nuit pendant un quart d'heure pour le trafic maritime.
Les bateaux qui désirent passer le pont doivent s’acquitter d’une redevance et se signaler à la Police Portuaire.

A partir de 21h30 il vous faut veiller le canal 12. La Police Portuaire vous appelle une première fois, 1/4 d’heure avant l’ouverture du pont, pour vous permettre de vous préparer et une seconde fois pour vous donner le signal du franchissement.

L’heure d’ouverture du pont dépend de l’état de la marée. Il faut savoir qu’entre le Nord et le Sud une différence de hauteur d’eau de 80 centimètres génère un fort courant de marée. Les autorités portuaires font passer les bateaux plus ou moins à l’étale...donc jamais à la même heure !

Pour nous, cette fois-ci, le top départ est donné à 1h30 du matin, le jeudi 23 août.



Un vent de Nord de 15 nœuds s’est levé et nous naviguons encore pendant 5-6 miles pour trouver un relatif abri sous le Cap Mnima, côté Evia, histoire de prendre un peu de repos ! Mouiller de nuit dans un endroit qu’on ne connaît pas est toujours un peu angoissant, mais avec la carte, le traceur, 4 yeux attentifs et le sondeur nous arrivons à poser l’ancre et partons nous coucher.

Au réveil nous découvrons un environnement auquel nous ne nous attendions pas vraiment !

Dès après le petit déjeuner nous reprenons notre route, vers le Nord. Nous visons la grande baie d’Atalantis côté Grèce continentale, avec l'espoir d'y trouver un coin calme pour se reposer de notre trop courte nuit. Mais...des vagues courtes et désordonnées, un assez fort courant contraire, puis un vent de face devenant de plus en plus fort (25-30 nœuds) nous incitent à trouver refuge un peu plus tôt, sous le cap Larmes.

Notre guide nous signale d’ailleurs cette baie comme «la baie sans nom» ! En fait il n’a pas cherché ou pas trouvé son nom !
En revanche elle existe bel et bien. Très encombrée au Nord par une grande ferme aquacole, on peut y pénétrer par le Sud entre l’îlot qui la ferme et la fin des installations aquacoles. Le mouillage se fait sur fond de 8-10 mètres dans de la glaise collante. C’est un abri sur quasiment 360°.
On va pouvoir y dormir en toute sécurité ! Même si l’environnement n’est vraiment pas bucolique !
En effet, d’un côté, au Nord, les fermes aquacoles et l’industrie agro-alimentaire et de l’autre au Sud, au fond de la baie de Larimna, l’industrie lourde avec les cheminées de la fonderie de cupronickel qui crachent une fumée noire nuit et jour sans discontinuer. Heureusement que le vent du Nord souffle très fort !
Le bateau dans la crique sans nom
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Au sud Larimna et la fonderie qui fume
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Au nord, les installations aquacoles
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Nous sommes quand même, dans les deux cas, dans le très polluant !

C’est ici que j’apprends la naissance des jumeaux de ma filleule ! Deux beaux petits garçons !

Vendredi 24 août

Nous avons bien dormi et le vent souffle encore très fort. Malgré l’environnement nous décidons de rester 24 heures de plus dans la baie sans nom.

Petite promenade à terre, quelques photos et peut-être ai-je découvert le nom de notre baie. Elle pourrait s’appeler Ichtoutrophéia.

Samedi 25 août

Nous sommes bien reposés et le vent s’est calmé. A 8h15 nous sommes repartis.
Nous trouvons la mer sale, très polluée (plastics, gazole, mousses blanchâtres...) pleine de grosses méduses brunes.
Ces méduses, souvent appelées Oeufs au plat, sont des Cotylorhiza tuberculatanus. Elles sont bien des méduses de Méditerranée mais leur concentration dans ce golfe est impressionnante. Et, même si elles ne sont pas réputées dangereuses pour l’homme car elles ne sont que très peu ou pas du tout urticantes, leur présence massive vous ôte toute envie de vous baigner !
Les méduses brunes
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Lorsque nous arrivons à Atalantis, entre fermes aquacoles et méduses, rien ne nous attire ! Nous faisons la pause déjeuner entre Nisis Atalantis et Skala Atalantis et repartons vers le Nord avec l’envie de se retrouver au plus vite dans une mer moins fermée et un environnement plus bucolique !

Une fois passé le chenal entre le cap Kinaion ou Lithada (extrémité Nord Ouest d’Evia) et les îles Likhades nous remontons au prés serré le chenal Oreon vers le Nord Est et mouillons à 18h30 dans la très jolie anse de Vathikélon .
C’est une anse toute ronde où nous avions déjà fait escale au printemps 2015. Dans le coin Nord Est, quelques barques, un offertoire, des oliviers jusque sur la plage, personne, si ce n’est trois pêcheurs à pied : c’est un endroit qui nous plaît. C’est très profond presque jusqu’au bord. Je porte une amarre à terre : manœuvre réussie ! Je suis très fière car c’est un exercice que je n’aime pas !

Dimanche 26 et lundi 27 août

Nous retrouvons nos marques.
Jean-Claude part chasser, je m’attaque à un grand nettoyage du bateau...

Le capitaine revient avec les poissons du déjeuner et, dimanche à 11h30, nous quittons Vathikelon dans un bateau tout propre !

Nous déjeunons en mer d’un délicieux loup portion chacun.

Passé le cap Stavros nous entrons dans la grande baie Ptelou, immédiatement à l’Ouest de l’entrée du Golfe de Volos.

Nous tentons un mouillage devant les plages et le petit port de Pigadhi, mais c’est à la fois très profond et encombré de corps morts...d’ailleurs nous remontons une grosse ancre égarée. L’instrument «croissant turc» se révèle très efficace pour nous libérer rapidement de cette entrave.

Finalement nous faisons à peine 800 mètres et mouillons dans la baie Loutro, de l’autre côte, à l’Ouest de la tour Achilles.

7-8 mètres de fond devant les oliviers : c’est parfait !
Le mouillage sous la tour Achilles
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La nuit est douce et calme !

Lundi matin : Jean-Claude part chasser et je nettoie la ligne de flottaison ! Les jours se suivent et se ressemblent parfois !
Vers 10h nous abordons à la plage avec l’annexe et partons faire un tour à pied jusqu’au village de Pigadhi. Une jolie piste au milieu des oliviers nous y conduit.

Le village est tout petit, des tavernes en front de mer, une épicerie un peu en retrait où il ne faut pas espérer trouver fruits et légumes frais. Mais nous nous trouvons sur place au moment où les marchands ambulants (la boulangère et les primeurs) passent avec leur camionnettes. Finalement, nous revenons avec un beau sac de vivres !
Le petit port de Pigadhi
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De retour au bateau nous essayons l’anse immédiatement à côté, car des orages et du vent sont annoncés !
Elle semble mieux protégée mais elle est difficile à utiliser car elle est très profonde...alors retour à la case départ où nous subissons l’orage en toute tranquillité pendant que le chef fait de la confiture de pêche avec les fruits achetés le matin et que j’écris ce billet !

Demain ? Et bien je ne sais pas ...

mardi 21 août 2018

Saison 2018, 14ème billet, du 10 juillet au 21 août, de Poros à Athènes puis d’Athènes à Erétria après une interruption d’un mois en terre occitane.

Demain, peut-être irons-nous faire un tour à Methana, la belle péninsule à quelques miles au Nord de Poros ?
C’est sur cette question que je vous avais laissés à la fin du dernier billet posté de Poros le 9 juillet.
Je reprends donc notre journal de voyage au mardi 10 juillet.

Mardi 10 et mercredi 11 juillet

En fin de matinée nous quittons Poros pour une toute petite étape de quelques miles : nous voulons visiter le petit port de Methana. Il est situé au tiers inférieur de la côte orientale de la péninsule du même nom : Methana.

Lorsque nous y arrivons, peu après midi, nous sommes accueillis par une maîtresse femme, grande gueule et sifflet à roulette : c’est elle le maître de port.
Elle commence par nous dire que le port est privé pour nous indiquer, immédiatement après, un emplacement et nous aider à l’amarrage.
Marina, c’est son nom, veille sur la bonne tenue de ce petit port très singulier. Il n’est pas très profond et ne peut pas convenir aux grandes unités. Par ailleurs, les charters boats n’y sont pas les bienvenus et sont envoyés au quai public, un demi mile plus au Nord...enfin, les bateaux flottent dans une eau blanche !

Doug Le dans les eaux blanches du port de Methana
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En effet, le port jouxte un ancien établissement thermal, aujourd’hui fermé, mais dont les bassins sont toujours alimentés par des sources sulfureuses chaudes qui débordent dans le port et dans la mer. L'odeur est parfois forte !

Le port longé par le bassin de l'ancien établissement thermal
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On peut prendre les eaux gratuitement à Methana, c’est à quelques mètres du bateau !
Visière et lunettes noires, équipée "à la grecque" pour prendre les eaux
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La pancarte dit, Sources chaudes de Methana
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Cette station thermale, qui a dû connaître le succès au siècle dernier, est aujourd’hui bien calme voire à l’abandon, même les bâtiments des Autorités Portuaires sont décrépis et mal tenus et dans le port lui-même un quart des bateaux semblent avoir été oubliés là depuis longtemps !

Nous voulons louer un véhicule ou un scooter pour aller visiter le volcan...pas moyen, pas de loueurs !
Tant pis pour moi, je ne verrai pas le volcan de Methana !

Nous réussissons quand même à faire venir un petit camion pour faire le plein de gazole...grâce à Marina et aux très nombreux coups de téléphone qu’elle donne pour nous. C’est une femme au grand cœur qui veut bien nous laisser passer une deuxième nuit dans son petit port privé et nous confie son numéro de téléphone personnel pour la prochaine fois !

Petite déconvenue au moment du déhalage, les pendilles ramènent de la boue rouge du fond du port et la déposent sur notre coque blanche. Une boue ferrugineuse, sans doute, car il a fallu sortir l'acide oxalique pour la faire partir.

Jeudi 12 juillet

Nous laissons le port aux eaux blanches en milieu de matinée pour faire le tour de la péninsule et aller mouiller sous Vathi, dans une anse que nous connaissons bien. Jean-Claude veut y faire une dernière chasse avant notre retour sur Athènes.
En effet, il nous ramène une badèche : délicieuse conclusion de notre croisière de printemps !

Vendredi 13 et samedi 14 juillet

Départ de bonne heure le vendredi, petit déjeuner en mer, arrêt à Métopi pour une dernière baignade en eaux claires et remontée vers Zea Marina au Pyrée où nous arrivons en début d’après-midi.
Le soir venu, le bateau est prêt à accueillir notre fille et nos petites filles. Dès le lendemain 14 juillet, elles prendront le bateau pour un mois et nous l’avion pour rejoindre Toulouse.

Du dimanche 15 juillet au mercredi 15 août

Nous avons rejoint nos bases toulousaines et retrouvé une sorte de frénésie terrestre : aller-retours nombreux entre Toulouse, Figeac et Aureilhan où demeurent nos parents, repas d’anniversaires pour mon petit-fils Elouan, ma sœur et ma mère, tous les trois nés en juillet, remise en état des jardins potager, cueillettes, conserves et confitures et même un petit tour à la montagne !

Le 15 août, nous étions très heureux de retrouver Doug Le et le rythme lent de la navigation à voile !

Jeudi 16 août

Après avoir fait tous les pleins, eau, gazole, vivres et vérifié tous les niveaux moteur, nous quittons Zea Marina direction Sounion, la météo est parfaite, il est midi.
Nous naviguons à la voile, par mer plate, jusqu’au chenal de Gaidhouronisia et mouillons au Cap Sounion sous le temple de Poséidon.
Pour moi, ce mouillage est magique !
Pourtant, je dois convenir que lorsque le vent est nul, comme aujourd’hui, la nuit, le mouillage devient rouleur et désagréable à cause de tous les cargos et gros bateaux qui passent au large en générant de grosses vagues.
Par temps calme, pour éviter cet inconvénient, mieux vaut contourner le cap et choisir de passer la nuit dans une des criques de la côte Est en remontant un peu vers Laurion.

Vendredi 17 août

La météo nous annonce du vent du Nord fort, à partir de dimanche...nous décidons donc de remonter vers le Nord, le golfe de Petalion et le golfe d’Evoiko jusqu’à Vouphalo.
Nous savons être parfaitement à l’abri dans cette anse toute ronde et si jolie.

Vendredi donc, nous quittons le Cap Sounion immédiatement après le petit-déjeuner pour une première étape jusqu’à Vassiliko, la grande anse au Sud de Megalo Petaloi.
Pause déjeuner à Vassiliko et navigation jusqu’à Vouphalo.

A 18h30, mouillage terminé, nous allons dire bonjour à Stella : j’ai un sac de linge à déposer et, bien sûr, nous viendrons profiter de sa table !
Stella est une belle personne. Si vous passez par Vouphalo allez la voir, vous serez reçus avec un merveilleux sourire et vous mangerez des plats simples et bons. C'est le restaurant joliment décoré qui se trouve le plus près de la plage. On y accède en annexe par un petit ponton branlant !

Du samedi 18 au lundi 20 août

Le vent fort annoncé est au rendez-vous : 25-35 nœuds !

A la longue, le vent, c’est un peu saoulant, mais nous sommes à l’abri, tranquilles !
Au programme : repos, lectures, baignades, soirée chez Stella...

Mardi 21 août

Le vent est annoncé faiblissant, notamment dans le secteur d’Erétria, le port situé à 15 miles au Nord Ouest de Vouphalo, sur l’île d’Evia.

A 9h45, nous levons l’ancre à Vouphalo.

Au début, nous naviguons à la voile, par vent de travers : génois roulé au premier ris et artimon, car le vent est encore fort avec quelques rafales à 30-35. C’est bien sûr à ce moment que les bonites décident de mordre ! Deux sont remontées à bord qui seront les bienvenues dans nos assiettes pour le déjeuner.
Une plus grosse bête a cassé le fil et emporté le «Rapala» de l’autre canne ! Je crois que le capitaine va peaufiner son montage car à cette période, en Grèce, les poissons mordent !

A la fin du trajet, d’un coup, le vent tombe et change de direction, le moteur prend le relais et nous mouillons au fond de la baie d’Eretria, du côté de l’île Pezonisos.

Demain nous remonterons jusqu’à Khalkis pour franchir le détroit et passer le pont.

lundi 09 juillet 2018

Saison 2018, 13ème billet, du 1er au 9 juillet, de Siros à Poros en passant par Kythnos, Ermioni, et Porto Kheli

Du 1er au 3 juillet

Le matin du dimanche 1er juillet, nous quittons le port de Finikas pour rallier l’île de Kythnos (ou Kithnos).
Nous la connaissons bien et l’aimons beaucoup cette cyclade quadrillée de murets magnifiques.
Nous visons la belle anse de Ioannis, sur la côte Est, quelques miles ou Sud de Loutra.

Ioannis, c’est là, en 2014, que nous avons fait la connaissance de nos amis Olivia et Spyros. Nous les y avons à nouveau rencontrés en 2016 alors que nous naviguions avec nos petites filles.
Pour nous c’est un des plus beaux paysages rencontrés en Grèce : les pentes structurées par les restanques, la plage ombragée par les tamaris, la ferme de Kostas et Katina, la chapelle toute blanche, les aires de battage en pierres...

Le lundi nous voyons arriver Kostas sur son âne et Katina par la mer, ils viennent prendre leurs quartiers d’été. Nous allons les saluer. Nous sommes très heureux de nous retrouver et très limités dans la conversation car ils ne parlent que le grec et moi...je ne me suis pas encore vraiment mise à son apprentissage ! Dans ces circonstances je regrette ma paresse !

Nous restons à Ioannis jusqu’au mercredi.

Mercredi 4 juillet

La météo annonce juste le vent qui convient pour faire une traversée à la voile jusqu’à Hydra.
En effet, nous naviguons au bon plein de la pointe Sud de Kithnos jusqu’à l’entrée dans le Golfe d’Hydra. Ensuite le vent nous poussera gentiment jusqu’à Ermioni, tout au fond du Golfe.
En 10h nous aurons parcouru les 60 miles qui séparent l’anse Ioannis à Kithnos du joli village d’Ermioni : 6 nœuds de moyenne, ça nous va !

Nous sommes donc, en mer Saronique, dans des secteurs du Péloponèse que nous connaissons bien, plutôt épargnés par les vents violents. A partir de maintenant, nous savons que nous pouvons facilement rejoindre Athènes pour y laisser le bateau à notre fille et prendre l’avion du retour pour notre pause d’un mois au milieu de l’été !

Jeudi 5 et vendredi 6 juillet

Après une nuit absolument calme dans l’anse de la carrière juste à l’Est d’Ermioni, une baignade et une chasse (Jean-Claude ramène un chinchard et un loup), nous partons jusqu’à Porto Kheli.
Nous voulons voir de nos yeux les travaux qui y sont entrepris.

Évidemment nous reconnaissons bien les lieux. Les travaux d’extension du port de plaisance, dans le prolongement du quai actuel, à gauche en entrant, ont supprimé presque toute la zone des corps-morts. En revanche la zone de mouillage dans la baie de Porto Kheli est toujours très importante. On peut y jeter son ancre sans problème à condition de supporter la musique forte qui accompagne les vacanciers dans toutes leurs activités !

Nous allons passer l’après-midi et la nuit suivante dans une des petites anses qui bordent le chenal d’entrée, loin du bruit : étonnamment, elles sont vides !

Le lendemain matin nous sommes rapidement opérationnels pour aller faire un bon avitaillement à Porto Kheli. C’est un très bon endroit pour remplir facilement la cale.

Notre curiosité satisfaite et notre panier rempli, nous laissons la ville pour un arrêt déjeuner à Spetses, l’île juste au Sud de Porto Kheli, avant de retrouver notre anse paisible tout près d’Ermioni.

Samedi 7 juillet

Les jours se suivent et parfois se ressemblent...après une nuit très paisible, Jean-Claude part à la chasse et ramène...un loup et un chinchard !
Une répétition qui ne trouble pas nos papilles, c’est toujours aussi bon !

L’après-midi nous rejoignons la baie de Poros.
Sitôt arrivés nous gréons l’annexe pour porter notre linge à la laverie et partons nous installer tout au fond de la baie.
Tiens ! Nous y subissons une invasion de guêpes !
Heureusement personne n’est piqué !

Dimanche 8 et lundi 9 juillet

Vie tranquille à Poros où nous rangeons et préparons le bateau pour les filles. Tout de même, nous devons refaire le mouillage dimanche soir pour augmenter notre zone de sécurité car l’orage gronde au loin !
Mais nous n’aurons ni rafales, ni éclairs, ni tonnerre, juste une bonne pluie rafraîchissante !

Lundi, nous faisons un aller-retour au village, histoire de récupérer notre linge et d’acheter quelques bricoles.

Lorsque nous regardons depuis la mer les jolis village de Poros ou d’Ermioni qui s’étagent sur leur colline respective, aujourd’hui, nous savons que ce sont des village du Péloponèse. En effet, de loin, ils sont roses : murs blancs et toits de tuiles. Alors que ceux des Cyclades sont blancs éclatants : murs blancs, toits terrasses, encadrements de portes et de fenêtres bleu vif.

La Grèce est tellement diverse !

C’est vrai que cette année nous avons découvert les îles très découpées du Dodécanèse, à l’exception toutefois de Kos et de Nisiros, l’île volcan. Toutes proches les unes des autres, elles proposent des abris profonds dans chacun de leur petit territoire. Il n’y a jamais de grande distance à parcourir pour trouver le mouillage ad hoc.
La navigation s’y fait par petits sauts de 5 à 15 miles maximum !

Quel contraste avec les deux îles massives et montagneuses d’Ikaria et Samos. Leurs hautes pentes abruptes tombent directement dans la mer n’offrant que très peu de refuge. En revanche elles sont beaucoup plus arborées ! Quant à la navigation, le vent à tendance à y souffler comme un furieux et les étapes deviennent plus longues !

Entre les deux, inclassables, les îles Fournoi, à la beauté sauvage !

Bon, tout ceci sent un peu le bilan !

Demain, peut-être irons-nous faire un tour à Methana, la belle péninsule à quelques miles au Nord de Poros ?

dimanche 01 juillet 2018

Saison 2018, 12ème billet, du 25 au 30 juin, de Samos à Siros en passant par Ikaria et Rinia

Lundi 25 juin

L’équipage est indécis.
Va-t-on louer une voiture et visiter l’île ou entamons-nous notre demi-tour vers l’ouest ?

Comme toujours en mer, c’est la météo qui tranche. En effet, le vent va basculer du Nord Nord-Ouest au Sud Sud-Ouest assez fort et ce vent de Sud devrait durer plusieurs jours.

Il y a peu de mouillages abrités du Sud sur la côte Sud de Samos sauf à viser la marina, mais ça nous éloigne un peu plus vers l’Est et nous risquons d’y être coincés pour plusieurs jours.

Alors, nous remettons la visite de Samos à une autre année...
Je commence d’ailleurs à avoir une belle liste de tous les sites grecs où nous aimerions revenir passer un peu plus de temps !

A 10h après avoir fait quelques courses et acheté un peu de muscat, nous quittons le quai de Marathakambos et repartons vers Ikaria.
Le vent du Nord souffle encore mais de manière très modéré, nous ne le touchons qu’après la pointe Ouest de Samos et terminons à la voile jusqu’à l’entrée de la petite marina de Kirikos, celle dont je vous ai parlé dans le dernier billet.
Quand nous y arrivons, vers 13h30, il reste une petite place ! Elle est pour nous ! Ici nous savons être abrités de tous les vents.
Si le temps est maniable nous en repartirons le lendemain, sinon nous pouvons y attendre l’accalmie.

Mardi 26 juin

Au lever du jour mon capitaine vérifie la météo. Elle est favorable pour une navigation de 50 miles dans l’Ouest, jusqu’à Rinia où nous sommes certains de trouver un abri adéquat quel que soit le vent.
Et c’est parti dans le sens du retour !

Rinia est une île quasi inhabitée, très découpée, sans aucune infrastructure touristique même pas une taverne ! Pourtant, on y trouve des abris partout, tant au Sud, qu’au Nord, à l’Est ou à l’Ouest...l’île idéale...où il faut quand même arriver avec quelques réserves !
Elle touche presque Delos, l’île musée, mais elle n’est qu’à quelques miles de Mykonos.

Lorsque nous passons sous Mykonos nous rencontrons une concentration de bateaux énorme ! Jusque là, soit nous nous étions tenus dans des zones peu fréquentées soit nous étions arrivés tôt en saison ...là, c’est parti, la saison a vraiment commencé et Mykonos est une zone de très forte attractivité et activité. Il faut ouvrir l’œil.

A notre arrivée sur Rinia, nous visons l’anse Est, que nous aimons bien, Ormos Skinou.
Il y a déjà du monde, dont des catamarans plein de musique et des grands bateaux qui font faire du ski nautique à leurs clients...mon capitaine adore !
Heureusement, ceux-là ne restent pas la nuit.

Mais nous n’y resterons pas non plus. Du Sud Sud-Ouest fort est annoncé pour plusieurs jours et nous partons nous installer dans une des criques de l’Ormos Kormou Amnou, tout au Nord de Rinia.

C’est une grande baie avec plusieurs belles anses. Nous choisissons la plus à l’Ouest.
La grande baie de Kormou Amnos au Nord de Rinia, en arrière plan on aperçoit Mykonos
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Lorsque nous y arrivons le mardi soir, nous mouillons près d’un pêcheur qui nous laissera très vite. Nous sommes seuls. Un peu plus loin, dans l’anse la plus à l’Est, une grosse unité à moteur, c’est tout !
Le mouillage est sûr, hauteur d’eau de 4 mètres sur fond de sable : avec 40 mètres de chaîne au fond et la possibilité d’en rajouter au besoin, on devrait supporter le coup de vent !
Notre mouillage solitaire...jusqu'à midi !
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L'avenir est au photographe qui se lève tôt !

Du mercredi 27 au vendredi 29 juin

Nous passons trois jours à Rinia.
Les deux premiers jours le vent monte à 25 nœuds, rafales à 30.
Les bateaux sont peu nombreux qui viennent troubler notre solitude.
En revanche, le troisième jour, où le vent a nettement baissé (il ne souffle plus qu’à 15 nœuds), la crique est envahie d’unités de toute sorte...à partir de midi seulement car le jeune touriste avec musique intégrée, n’est pas un lève-tôt ! Et le capitaine passe l'après-midi à lire caché dans la cabine !

Il nous reste les matinées et les soirées, les mérous et les bigorneaux !

Nous aimons beaucoup cette île, aujourd’hui pelée, qui fut autrefois la nécropole et la maternité de Delos mais aussi sa base arrière. Il reste plein de traces de cette activité antique, mais celles-ci ne sont pas fouillées. L’activité des scientifiques de l’École Française d’Athènes est centrée sur Delos. Il faut dire que Delos est un vrai trésor ! Mais je vous en avais déjà longuement parlé en 2014 lorsque nous sommes allés la visiter.
L'antique Rinia était habitée et active, il en reste des traces
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Bon, le vent d’Ouest s’apaise, demain il sera temps de reprendre notre route.

Samedi 30 juin

Nous levons l’ancre à 7h, destination Loutra à Kithnos.

Vent calme, navigation au moteur. Je reste dans la cabine pour préparer le taboulé de midi. Aïe ! c’est compter sans la houle d’Ouest Sud-Ouest qui ne s’est pas complètement amortie ...j’achève le taboulé mais ressors dans le cokpit avec le mal de mer !

Mon capitaine raccourcit la route et nous arrête au joli petit port de Finikas, au Sud Ouest de Siros.
Le maître de port nous trouve une place avec pendille, dans le bassin intérieur...c’est parfait !
Finikas, le plein d'eau, de bonnes courses, la douche, une excellente taverne, la gentillesse de Mikos le maître de port...bonne idée ce début de mal de mer !

Kithnos ce sera pour demain !

dimanche 24 juin 2018

Saison 2018, 11ème billet, du 20 au 24 juin, de Patmos à Samos en passant par les îles Fournoi et Ikaria

Mercredi 20 et jeudi 21 juin

Le mercredi à 8 heures nous quittons l’anse Meloyi à Patmos pour rejoindre, plein Nord, les îles Fournoi (on prononce Fourni).
Le Dodécanèse est derrière nous !

Ces îles sont peu étendues mais très hautes. Trois îles, plus quantité d’îlots, qui portent le nom général de la plus grande d’entre elles, Fournoi, la plus orientale. A l’Ouest, Fimaina, et juste au milieu du chenal entre Fournoi et Fimaina, un îlot en Y, Dhiapori : effet venturi garanti dans le chenal étroit et encaissé.
Ces îles sont réputées sauvages et ventées. En effet, le catabatique qui tombe de ces hautes montagnes renforce à coup sûr le vent dominant par de très violentes rafales, mais...nous avons choisi de les aborder par temps calme afin de les découvrir sans stress.

Nous passons entre les îlots Makronisi et Anthropofagi pour aborder la pointe Sud de Fournoi. Nous remontons le long de sa côte ouest et jetons l’ancre dans la deuxième crique. C’est beau, sauvage, abrupt, comme annoncé dans le guide. Les sondes restent longtemps profondes mais on peut quand même mouiller par 6-7 mètres de fond devant une petite plage.
Le capitaine se sent bien !
Il y a même une antenne visible qui permettra de donner le rituel coup de téléphone du soir à nos mères !
Notre premier mouillage au Sud Ouest de Fournoi
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Dans l’après-midi, nous partons faire un tour sur la crête et, au retour, le vent a tourné, nous présentons l’arrière du bateau à la plage et le sondeur n’indique plus que 2,7 mètres. Nous n’avons plus beaucoup de marge, alors nous changeons de mouillage et nous installons à un mile plus au Nord, dans l’Anse de la Carrière Antique (les anglais disent Quarry Bay).
Cette baie est plus grande que la précédente. Elle offre deux plages, l’une avec une petite chapelle bordée d’un petit quai, l’autre, en galets de marbre ! Une ancienne carrière se tient là, contre la plage. Des morceaux de colonnes, des chapiteaux monumentaux y sont encore, prêts à être embarqués sur le lieu de construction d’un temple...Un jour, tout s’est arrêté, il y a plus de deux mille ans de cela. Il nous reste ces quelques traces.
Les voici
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Dans le soir qui tombe, on remarque deux petites maisons à mi-pente, des arbres et un grand nombre de ruches. En revanche, pas de chèvre !
Peut-être est-ce la seule façon de voir repousser les arbres, troquer les chèvres contre les abeilles !
Je n’ai rien contre les chèvres, notez bien, mais ce n’est sans doute pas un hasard si toutes ces îles sont quadrillées de murs qui datent de l’antiquité. Les anciens qui pratiquaient en même temps élevage et culture sur ces territoires restreints savaient qu’il fallait séparer les deux activités.

Le lendemain nous partons à la découverte des autres criques en remontant vers le village de Fournoi. Puis nous contournons la pointe Sud de Dhiapori, passons devant la petite anse de la côte Ouest de Fimaina où il n’est pas possible de mouiller tellement elle est encombrée de corps- mort, enfin nous embouquons le chenal et jetons l’ancre dans l’anse Vayia, sous le cimetière du village.
L’eau est très claire, ce qui nous permet de constater que le fond de la baie est jonchée de détritus et plastiques dans des proportions que nous n’avions jamais constatées jusque là.
Mais en y réfléchissant, où ont bien pu se déverser les déchets de ce petit village pendant les 50 dernières années ? Comment aurions-nous fait ?
En effet, c’est un tout petit port de pêche, le seul port de l’île Finaima où arrivent petits ferries et navettes. Je ne suis pas certaine qu’il y existe un service pour traiter et évacuer les ordures. Où trouverait-il le budget ?

Nous débarquons pour faire un tour dans le village accroché à la falaise et nous nous retrouvons en haut de la première volée de marches d’escalier, sur la toute petite place du village, attablés devant une bière et des mezzes (l’équivalent grec des tapas), au milieu des gens du coin avec l’équipage d’un autre voilier de passage. C’est un équipage gréco-américain. Des grecs nés à Ikaria (la grosse île juste au dessus) et partis tout jeunes, avec leur famille, pour les USA...aujourd’hui ils reviennent avec des dollars !

Ils nous donnent une bonne information : à Kirikos, le grand port d’Ikaria, il y a une toute nouvelle marina, gratuite...je vous en parlerai plus tard.
Depuis la terrasse de la taverne du village
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Très belle rencontre, toute simple, dans ce village du bout du monde.

Vayia, un village au bout du monde
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Vendredi 22 juin

Après le petit déjeuner, nous quittons Vayia pour un mouillage au Nord de Fimaina, derrière l’îlot Thymainaki, le temps d’une baignade pour moi et d’une chasse pour Jean-Claude.

Nous découvrons une petite anse magnifique. Au fond, sur la plage, une chapelle et une cure, à droite un petit quai, derrière la chapelle un verger en terrasse...de quoi méditer en paix, vraiment loin du monde et de son agitation !
Un havre de paix bien caché au Nord de Finaima
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Mais nous poursuivons notre voyage et laissons ce havre pour rejoindre la ville !

A 12h15 nous sommes amarrés à la fameuse nouvelle marina de Kirikos dans l’île d’Ikaria.

En effet, elle est flambant neuve, abritée de tous les vents derrière une jetée monumentale qui protège aussi le quai qui la relie au port principal.
Les bornes d’eau et d’électricité sont installées, en nombre, mais pas branchées. Les locaux administratifs de la marina sont construits, mais fermés. Personne ne vient vous demander quoi que ce soit, c’est effectivement gratuit. Il faut dire que cette marina est toute petite. On ne peut y loger les bateaux que le long des pontons. Une vingtaine de bateaux de passage, en tout, peuvent y trouver refuge, à condition bien sûr que les petits bateaux locaux n’aient pas déjà investi l’endroit ! C’est une marina miniature ! Alors, pour au maximum 20 bateaux par jour pendant la saison, il n’est sans doute pas rentable de salarier une équipe pour faire fonctionner la marina !

Le besoin existe bel et bien pour les plaisanciers, les subventions européennes ont été versées (presque 10 millions d’euros), la réalisation est achevée...mais pourquoi donc est-elle aussi ridiculement petite et quasi non fonctionnelle ? A ce stade, toutes les hypothèses sont permises : incompétence crasse, corruption, blanchiment...un peu des trois ?

Les subventions
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Pour réaliser une marina miniature
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Et ce n’est pas la première que nous en rencontrons, en Sicile ou en Grèce...quel dommage !
Nous en profitons quand même, car l’endroit est très sûr pour les quelques bateaux qui peuvent y entrer. Pour l’instant elle ne figure sur aucun guide, aucune carte... Je précise qu’il n’y a pas beaucoup d’abris naturels à Ikaria. C’est une grande île montagneuse autour de laquelle le vent souffle furieusement. Même sa côte sous le vent peut devenir infréquentable à cause du catabatique !
Elle doit son nom à Icare. La légende dit qu’il est tombé par là. Heikell, l’auteur de notre guide, propose une interprétation personnelle de la chute d’Icare : c’est le vent déchaîné qui a arraché toutes les plumes de ses ailes lorsqu’il a voulu franchir l’île ! En tout état de cause, que le soleil ait fait fondre la cire qui tenait les plumes entre elles ou que le vent ait arraché toutes les plumes, Icare avait sérieusement mécontenté les dieux !

Quant à nous, nous sommes à Kirikos par temps calme. Le port est très sympathique, sans prétention, il y fait déjà très chaud !

Samedi 23 et dimanche 24 juin

Un peu avant 9h, le samedi, nous laissons Ikaria pour Samos.

Encore une grande île très montagneuse. Sans doute l’île de la mer Egée où l’on trouve les plus hautes montagnes : 1600 mètres d’altitude ! Une bonne performance !

Sur la carte les deux ïles d’Ikaria et de Samos qui s’étirent d’Ouest en Est semblent faire une belle barrière de protection pour le vent du Nord...ce n’est qu’une idée fausse !

Nous nous y rendons à la rencontre de Pythagore et peut-être également de son célèbre vin de Muscat !

Au premier tiers de la côte Sud de Samos, en venant d’Ikaria, on trouve un très joli petit port abrité par une grande jetée : Marathakambos.
Une extension y a été construite, très bien conçue celle-là. Nous culons à quai, un quai bien placé par rapport au vent dominant.

C’est une petite station de bord de mer, charmante, épargnée par le tourisme de masse, arborée. Ici les toitures sont en tuiles, comme dans le Péloponèse.

Le hasard nous fait y arriver juste le jour de la fête locale. De grande tables sont installées sur les quais, les souvlakis (ce sont des brochettes) grillent sur de grands barbecues, une pancarte nous invite à venir partager repas et danse.

C’est une grande fête populaire : 300, 400 personnes. Les gens arrivent de tout Samos !

On commence par manger et boire (les souvlakis sont très bons!)
Très vite, toutes les tables se remplissent et nous accueillons à notre table un couple de Samiotes avec qui nous bavardons en anglais.
Petit à petit les musiciens s’installent. C’est de la vraie musique traditionnelle : un violon, deux luths, des percussions, un clavier, des voix.

Le groupe de danseurs du club de danse, en costumes traditionnels, ouvre le bal : ce sont des farandoles, conduites par un danseur (un mâle, qui improvise des grands pas sautés) !
Au bout de trois danses, ils invitent les gens à venir se joindre à eux et très rapidement tout le monde danse...parce que tout le monde sait danser ! Je n’ose pas me glisser dans le cercle malgré la grande envie qui me tenaille. Mais rien n’est prévu pour apprendre les pas de base aux étrangers...

Très belle soirée !

J’ai un peu de mal à m’endormir !

Dimanche matin, alors que le vent du Nord se met à souffler, une grande flemme me prend !

Je ne veux pas bouger !

Le capitaine se laisse facilement fléchir : aujourd’hui c’est repos à Marathakambos.
Le joli port de Marathakambos
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On verra demain où le vent nous poussera !

vendredi 22 juin 2018

Saison 2018, 10ème billet, du 17 au 19 juin, de Lipso à Patmos

Je profite de ce billet numéro 10 pour remercier tous mes fidèles lecteurs pour leurs commentaires et encouragements, qu’ils arrivent directement sur le blog ou sur ma messagerie personnelle.

Jusqu’au billet 9, il n’y avait pas eu de réclamations, mais là je crois que je vais être obligée de demander à mon preneur d’images de vous faire une photographie des rideaux !

Nos coussins de cokpit, blanc cassé, au premier plan
DSCN3972.JPG Les rideaux d'occultation, bleus, en place dans la cabine arrière
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Dimanche 17 juin

Une averse nous a brutalement réveillée dans la nuit et ce matin le ciel est tout noir à l’Est, sur la Turquie. L’orage gronde au loin. Nous avons même droit à un arc-en-ciel, ce qui est rare en Grèce !
Une petite houle de Nord Est nous fait danser gentiment. En revanche le vent est très calme.

Jean-Claude part faire un petit tour à la chasse et je reste surveiller le bateau.

A son retour, nous levons l’ancre et mettons le cap sur Arki. Une autre petite île à moins de 5 miles au Nord de Lipso. Elle est très découpée et bordée d’îlots.

En venant de Lipso nous passons entre la pointe Sud Ouest d’Arki et l’île Marathos. Nous jetons un œil au mouillage sur bouées de Marathos (gros bateaux, jolies tavernes) et nous pénétrons dans Port Stretto, une longue crique bicéphale. Nous choisissons l’anse de droite, plus vaste et peu encombrée présentant des fonds de 10 mètres. Celle de gauche est plus étroite et les bateaux y sont sur bouées.
Port Stretto
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Encore un paysage et une ambiance différente !

Le village principal de l’île Arki, Port Augusta, se situe lui aussi tout au fond d’une longue indentation, parallèle à celle de port Stretto, à moins d’un demi mile au Nord. Une douzaine de bateaux peuvent s’y mettre à quai. C’est très cosy.

Dans notre anse, très près de la rive Nord, un bâtiment en pierres, un grand mur en U fermé, avec un grand toit plat : c’est un réservoir. Le soir, quand les chèvres rentrent se coucher, elles passent par le réservoir pour se désaltérer en faisant tinter leurs clochettes.
L'anse de droite en rentrant dans Port Stretto, notre anse
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Quelques belles maisons ont été construites. Elles sont toutes cerclées de murs pour pouvoir faire pousser des arbres et les protéger des chèvres. Ces dernières sont une vraie calamité pour les jeunes pousses ! La reforestation des îles ne se fera pas sans la contention des biquettes !

Nuit très calme à Arki.

Lundi 18 juin

Après le petit déjeuner nous quittons Arki pour Patmos, probablement notre dernière étape dans le Dodécanèse. Nous franchissons à la voile les 6 miles qui séparent les deux îles. Dans ce secteur toutes les îles se tiennent dans un mouchoir de poche !

Arrivés au Cap Yeranos, au Nord Est de Patmos nous explorons au moteur toute sa côte Est.

Patmos est une petite île, 25 kilomètres de long, 34 km2 de superficie. Elle est constituée de trois morceaux de volcans reliés par deux isthmes. La baie de Patmos, un grand demi cercle ouvert à l’Est, du cap Yeranos au cap Tragos, présente un grand nombre d’anses profondes, toutes protégées du meltem, dont Skala, le port principal, caché au point bas de l’île, en son milieu.
Au dessus de Skala, la forteresse Saint-Jean entourée des petites maisons blanches de Chora.

Nous visitons toutes ces anses de la côte Est de Patmos, jusqu’à l’anse Grikou, protégée par l’île Tragos au sud du cap du même nom.
Bien évidemment, plus les anses sont proches de Skala et plus elles offrent de belles plages équipées (parasols, tavernes, sports nautiques motorisés...). Pour notre première journée nous optons pour l’anse la plus au Nord, entre l’île Koudros et le cap Tripiti.
Lorsque nous y jetons l’ancre, au moment du déjeuner, nous y sommes seuls. Le capitaine anticipe déjà sa chasse du lendemain !
Hélas, un très gros yacht à moteur, avec marins, invités, jetskis et grosses annexes vient s’amarrer près de nous... Nous levons le camp et trouvons refuge à l’Est de l’anse Kambos.

Il faut dire que Patmos est une destination très touristique, pour au moins deux raisons :

  • - la beauté de l’île et la facilité pour les gros yachts de mouiller dans l'une des anses de la baie de Patmos
  • - le statut religieux de l’île. En effet, comme je l’ai indiqué plus haut, Skala est dominée par une imposante forteresse du début du 11ème siècle, le monastère de Saint-Jean-le-Théologue, celui qui écrivit l’Apocalypse...

Alors, l’île est classée monument historique depuis 1946, le parlement grec l’a proclamée «île sacrée» en 1981 (il paraît qu’on y trouve autant d’églises ou chapelles que de jours dans l’année) et enfin l’UNESCO a inscrit sa Chora au patrimoine de l’humanité.

C’est d’ailleurs la première fois depuis notre départ en mai que nous côtoyons des gros bateaux de croisière...

Grand bateau de croisière, sous la forteresse
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Mardi 19 juin




Il nous faut aller au ravitaillement... du pain, des fruits et des légumes !

Vérification de tous les niveaux, moteur, inverseur, batteries, avant de se diriger vers le quai de Skala.

Tout est paré mais, au moment de lever l’ancre, le guindeau ne répond plus ni à la télécommande ni à la commande du cokpit...
Serait-ce une défaillance grave du guindeau lui-même ?

Le capitaine sort ses outils, ses testeurs, et, patiemment, nettoie les charbons, vérifie connexions et relais électriques, resserre les cosses des batteries...bref, vérifie le circuit électrique.
Nous ne mettons guère de temps à nous apercevoir que le moteur électrique de l’enrouleur de génois ne fonctionne pas non plus. Or, sur le Sharki, il y a un disjoncteur commun foc- guindeau dans la cabine avant.
C’est lui le coupable ! Encore une petite pièce qu’il faudra changer.

A 10h45 tout fonctionne à nouveau et nous voilà partis pour Skala. De nombreuses places sont disponibles à quai et nous nous y amarrons le temps de faire les courses.

Le capitaine est pressé de quitter la ville...peut-être même de quitter l’île ! Beaucoup trop de monde pour lui !

Nos achats sont expédiés en moins d’une heure et nous nous installons dans l’anse Meloyi pour l’après-midi et la nuit. C’est la première anse au Nord Est de Skala.
Grande plage de sable épargnée par les parasols, petite taverne sous une tonnelle discrète, vue sur la forteresse entre deux collines et aussi un grand champ clôt qui héberge plus d’une dizaine d’ânes. Dieu qu’ils sont bruyants ! Je ne savais pas que cet animal, que je pensais diurne, pouvait pousser de tels braiments tout au long de la nuit !
L'anse Meloyi
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Vous l’avez compris, nous ne nous attarderons pas à Patmos, même si ne ne pouvons nier sa réelle beauté !

Demain, nous quitterons le Dodécanèse vers le Nord pour aborder les Sporades Orientales.

Nous avons débuté nos pérégrinations dans le Dodécanèse par l’île d’Astipalaia, puis nous sommes passés par Nisiros, l’île volcan, puis Kos, Simi, retour à Nisiros pour enchaîner avec Psérimos, Kalimnos, Leros et Arkhangelos et terminer par Lipso, Arki et Patmos.

Évidemment nous n’avons pas tout vu mais nous avons une bonne idée de ce secteur oriental de la mer Egée. Nous avons laissé, pour une autre année sans doute, Tilos, Rhodes, Kharpathos et Kasos, les îles les plus au Sud.

samedi 16 juin 2018

Saison 2018, 9ème billet, du 10 au 16 juin, d’Archangelos à Lipso en passant par Leros

Je confirme, nous avons respecté le programme !

Le dimanche 10, nous avons juste changé de mouillage et sommes passés de la petite anse à la grande anse aux Arkhangelos, pour respecter l’adjectif tranquille accolé à dimanche dans le précédent billet. En effet, ces belles plages des îles Arkhangelos sont très fréquentées par les gens du cru, le week-end. Ils campent et pique-niquent sur la plage en famille. Jusque là, rien que de très sympathique mais...les musiques du dimanche midi sortant de deux transistors différents nous ont incités à nous décaler de 400 mètres !

Lundi 11 juin

A 7h15, nous quittons le mouillage, direction Lakki. Le court trajet d’une heure et quart à peu près, entre Arkhangelos et Lakki se fait au moteur : de la houle et pas de vent !
En fin de matinée nous avons passé notre commande auprès de «Yacht Sewing» recommandé par nos amis Jean-Claude et Nadine.
L’atelier est tenu par le père et le fils Sifounios , tous deux charmants, compétents et serviables, une couturière travaille avec eux. Ils font les réparations de voile, mais surtout la sellerie, capotes, tauds et autres biminis.

L'atelier : le plancher pour les voiles
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L'équipe au complet
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Le fils s’est déplacé à bord pour prendre toutes les mesures des rideaux et nous a conduit dans sa voiture entre l’atelier et le ponton des annexes.

En effet, nous changeons nos deux coussins de cokpit et, vu le prix, tous les rideaux d’occultation du bateau ; pour les rideaux nous allons passer du beige marronnasse Amel à un bleu plus seyant : tout sera prêt mercredi après-midi. Nous sommes ravis.

Je réserve deux nuits à Leros Marina et à 14h nous sommes amarrés au ponton C.
Leros marina
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C’est une grande marina, moderne, avec pontons et pendilles, eau électricité, zodiac d’accueil pour vous guider à votre place et vous aider à l’amarrage.
L’accueil au bureau est, lui aussi, très pro, type hôtellerie. Le personnel est souriant, serviable et parle toutes les langues...anglais et français c’est certain, italien et russe aussi d’après la brochure de la marina.
Et le prix ? Raisonnable, 70 euros TTC pour les 2 nuits.

Le bloc sanitaire est confortable et très bien tenu. Il dispose d’un espace laverie avec 5 machines à laver et 5 sèche-linge...petit bémol, le prix des jetons, 8 euros par machine. Donc 16 euros pour un sac de linge, lavé-séché et...c’est vous qui faites le boulot !

Associé à la marina, un grand espace de stockage à terre (il y a de la place pour 600 bateaux) et deux cales et engins de levage. Beaucoup de services techniques de réparation et maintenance sont disponibles sur place. C’est une marina et un chantier très fréquentés, notamment par des plaisanciers français. En effet, beaucoup ont quitté la Turquie au cours des quatre dernières années et ont été accueillis à Leros. La marina exhibe le pavillon «Blue Flag» garant d’un haut niveau de respect des normes écologiques, mais dès qu’on a franchi ses grilles, on tombe sur une concentration record de canettes, sacs et bouteilles plastiques qui souillent tout le fond de la baie...

Il faut également signaler qu’il existe deux autres chantiers d’hivernage sur l’île de Leros. Ils se situent tous les deux dans la grande anse Partheni, tout au Nord de l’île.

Les grands ports naturels de Leros, Lakki et Partheni, qui furent le théâtre d’affrontements militaires très violents pendant la seconde guerre mondiale, ont trouvé aujourd’hui une activité plus paisible ! Mais j’avoue n’avoir jamais entendu évoquer, avant aujourd’hui, la bataille de Leros, qui, à partir de 1943, transforma l’île en camp retranché.

Bon, trêve d’Histoire, le capitaine a décidé de profiter de notre passage à la marina pour renflouer notre stock...de confitures !
En effet, il ne nous en reste pratiquement plus et en ramener dans l’avion depuis Toulouse n’est pas très facile. Comme il y a un excellent primeur à Lakki nous ferons les confitures à la marina !

Lundi soir abricots et brugnons sont dénoyautés et sucrés, la cuisson est prévue demain matin.

Un orage éclate en soirée : nous sommes bien à la marina !

Mardi 12 juin

Journée active, sans stress, à la marina :

  • - confiture, 17 pots «d’abrignon»
  • - lessive
  • - nettoyage du pont
  • - changement de la bosse de tension de bordure de Grand Voile et de la poulie de renvoi de l’écoute de Grand Voile.

Le soir nous dînons au restaurant de la marina. Depuis la terrasse où nous sommes installés, la vue est splendide sur la marina et la baie de Lakki. Au Skipper, c’est le nom du restaurant, le service est à la fois classe et décontracté, les desserts sont de vrais desserts (notre moelleux au chocolat, servi avec une boule de glace vanille est franchement délicieux) et les prix sont grecs !

Nous ne boudons pas notre plaisir !

Mercredi 13 juin

Nous devons quitter la marina avant midi. Comme nous sommes des lève-tôt, à 9h nous sommes installés au mouillage, tout à côté, au fond de la baie de Lakki.

Nous avons tout notre temps pour faire un avitaillement solide.

Lakki est une toute petite ville et le circuit de nos emplettes nous amène à passer devant l’atelier. Nous entrons dire bonjour et apprenons avec plaisir que le travail sera fini avant midi.

Les délais sont parfaitement respectés !

Qualité et rapidité d’exécution, prix très raisonnables : nous vous recommandons nos couturiers dont l’atelier se situe juste à côté de l’hôtel Artemis !

Il n’est pas impossible que nous revenions à Lakki pour des travaux de rénovation tant des voiles que de l’intérieur.

Vers 4 heures de l’après-midi nous sommes de nouveau à l’ancre dans la petite anse aux Arkhangelos.

Jeudi 14 et vendredi 15 juin

Jeudi, nous changeons d’île.
Un petit vent de Sud Sud-Ouest nous pousse jusqu’à Lipso qui n’est qu’à 5 miles au Nord d’Arkhengelos.

Le capitaine cherche un abri où la houle de Sud Ouest ne viendra pas perturber nos nuits.

Si les côtes Sud et Ouest de Lipso sont très bien cartographiées, ses côtes Est et Nord, en revanche, ne le sont pas du tout...et en plus elles sont mal pavées, bordées d’îlots et de récifs.

Le temps est très calme et la visibilité très bonne. Je surmonte mes réticences et mes angoisses et nous nous faufilons jusqu’à l’Ormos Kouloura où nous découvrons une très jolie petite anse sous la chapelle Saint Nicholas. Je vous montre en images.

Notre jolie petite anse
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Doug Le, sous la protection de Saint Nicholas
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Comme nous sommes parfaitement abrités du vent du Sud nous décidons d’y rester le vendredi.
Une grande promenade sur la hauteur nous permet de découvrir de très belles villas entourées de beaux jardins, plantés de vigne, d’orangers et d’oliviers.

L’île se construit mais sur un cahier des charges apparemment exigeant. Nous apprendrons plus tard qu’il faut acquérir un terrain de 10000 m2 pour obtenir un permis de construire...pas pour les petits budgets ! Mais quel bel endroit !

Depuis notre mouillage protégé par Saint Nicholas nous apercevons des îlots qui excitent la curiosité du capitaine. Bien sûr, toujours pas de cartes précises pour ce secteur ! Une recherche sur Google Earth nous permet d’envisager une approche prudente : nous irons voir demain.

Samedi 16 juin

Comme prévu nous partons en exploration vers les îlots Aspro. La météo le permet car le temps est clair et calme. Le capitaine consulte ses documents et garde un œil sur le sondeur, je suis sur le pont pour signaler tout changement de couleur à l’avant du bateau.
En s’approchant on voit clairement deux îlots distincts, des falaises de calcaire, reliés par une plage blanche. Ils portent bien leur nom. Aspro veut dire blanc en grec. Un bateau à moteur s’y dirige et vient mouiller dans l’anse Sud.
Nous contournons les îlots et jetons l’ancre dans l’anse Nord. Attention, elle est caillouteuse, une ancre pourrait facilement s’y retrouver coincée.
Nous y restons le temps d’une baignade dans l’eau claire.

Pour sortir du secteur et regagner les eaux plus profondes, même dispositif : vérification sur Google Earth, capitaine à la barre, œil sur le sondeur, équipière à l’avant.
Ce ne sont pas des expériences à tenter avec du vent ou par temps couvert !

Comme le vent est toujours de Sud, annoncé fraîchissant dans l’après-midi puis se calmant la nuit nous visons une anse, repérée elle aussi grâce à Google Earth, à la pointe Nord Est de Lipso contre l’îlot Paploma.
Petite anse abritée du Sud Ouest contre l'île Paploma
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Du fond de la crique
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Les couleurs sont particulièrement belles, du bleu outremer au bleu émeraude... de quoi nous inspirer pour la nouvelle décoration intérieure du bateau.

Changerons-nous d’île demain ?

samedi 09 juin 2018

Saison 2018, 8ème billet, du 5 au 9 juin, de Pserimos à Archangelos en passant par Kalimnos et Leros

Mardi 5 juin

Le vent est devenu tout calme. Nous quittons l’anse Vathi de Pserimos sans être certains de faire de la voile...

Nous longeons la côte Sud de Pserimos, touchons un peu de vent dans le chenal entre Pserimos et Kalimnos, histoire de faire 10 minutes de voile ! Puis nous poursuivons notre route le long de la côte Sud puis Ouest de Kalimnos. Nous passons entre Kalimnos et les îles et îlots qui la flanquent à l’ouest : les paysages sont de toute beauté.

Côte Ouest de Kalimnos, petit village sur l'île Telendhos
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Nous visons la baie d’Emborios, un grand amphithéâtre sous le Cap Kefala, caché au sud par l’îlot Kalavros. C’est encore un de ces endroits qui vous laissent éperdus d’admiration !

Le soir tombe sur la grande baie d'Emborios
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Au fond de la baie, devant une plage de sable ombragée par les tamaris, les tavernes vous offrent des bouées de mouillage. Il est d’usage d’aller manger à la taverne dont le nom est inscrit sur la bouée à laquelle vous vous êtes amarrés.
Lorsque nous arrivons, vers 14h, mon capitaine choisit une bouée, un peu à l’écart, qui correspond à un établissement dont la terrasse domine toute la baie, chez Nikolas.

La bande de terrain plat, autour de la plage, n’est pas très large. Tout de suite les maisons, et même l’église, s’accrochent à la pente.

Je vous laisse admirer, je manque de mots pour décrire !
Depuis chez Nikolas
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Toutes ces îles sont habitées depuis la nuit des temps...enfin, depuis le néolithique en tout cas ! Quand on voit les grottes en surplomb dans ces falaises calcaires, la mer et ses poissons en dessous...on peut comprendre pourquoi certains de nos lointains ancêtres ont un jour décidé de s’arrêter là.



Bien sûr nous allons dîner chez Nikolas : vue imprenable sur la baie, calamars délicieux dans l’assiette, douceur de l’air...difficile de ne pas goûter l’instant !

Mercredi 6 juin

Nous lâchons la bouée pour une petite promenade : le tour du Cap Kefala, où les fermes aquacoles s’alignent tout le long de sa côte sud, et retour !

Cette fois-ci nous jetons l’ancre devant la plage la plus à l’Ouest au fond d’Emborios. Elle pourrait être parfaite car les fonds de 5 à 10 mètres sont de bonne tenue mais ils sont noirâtres bien que l’eau soit parfaitement claire ! C’est la rançon de l’exploitation aquacole. Cette jolie anse abritait une «fishfarm», il y a peu ! Et par ailleurs, la rive est jonchée de plastiques (sacs, bâches, bidons...). peut-être est-ce le site de l'ancienne décharge du village ?

C'est quand même très beau
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On ne peut pas dire que la conscience écologique soit encore très développée dans ces îles magnifiques et fragiles ! Même les lois anti-tabac semblent ne pas exister : aux terrasses des tavernes, les fumeurs, qu'ils soient patrons ou clients, allument leur clope sans vergogne !

Jeudi 7 juin

Départ pour Leros après une petite chasse pour le capitaine.

C’est tout près ! Les deux îles, Leros et Kalimnos se touchent presque ! Elles étaient considérées comme faisant partie de la même entité au temps de la Grèce antique.

Au Sud Ouest de Leros s’ouvre la très grande baie de Lakki. Elle abrite une base navale implantée sur sa rive Sud. Tout au fond, deux marinas.
Les bateaux peuvent mouiller entre les deux marinas devant le ponton des annexes (surveillez vos sondes devant le petit ponton !).
Lakki est une grande ville où vous pouvez faire un bel avitaillement !

Et puis, comme décidément cette mer est petite, nous y rencontrons, avec grand plaisir, l’équipage de Troll, Thierry, Françoise et le chien ! Nous suivons leur blog depuis longtemps et...ce sont également des habitués du chantier Evoiko à Halkoutsi !

Vers 14h30, nous levons l’ancre pour un mouillage moins citadin. Leros n’est pas très grande, il est à peine 16h lorsque nous mouillons aux îles Arkhangelos. Avec une orientation Sud-Ouest, Nord-Est, à 1 mile de Leros, ce chapelet d’îles en protège la côte Nord et garde l’entrée de la grande baie Partheni.

Nous ne sommes pas mal du tout sous la protection des archanges : une petite plage, un ponton pour les annexes, sans doute autrefois destiné aux clients de la taverne abandonnée, de l’eau claire...je crois que nous allons y passer quelques jours !
Arkhengelos, notre petite anse, la plus au Sud
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Arkhengelos de plus loin
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Vendredi 8 et Samedi 9 juin

Nous retrouvons le rythme paisible du mouillage !

Chasse, baignade, cueillette de bigorneaux, promenade sur les collines, lecture, écriture, petites opérations de maintenance...

Vendredi après-midi, Jean-Claude et Nadine de Jeanad nous rejoignent...ils viennent de faire refaire leur coussins de cokpit à Leros : travail bien fait à un prix très raisonnable !

Nous avons pris l’adresse et je crois bien que nous allons nous en servir !

Donc, notre programme pour les deux jours qui viennent devrait être le suivant : dimanche tranquille à Arkhangelos et lundi, retour à Lakki pour commander nos coussins et faire quelques courses...à confirmer !

lundi 04 juin 2018

Saison 2018, 7ème billet, du 29 mai au 4 juin, de Kos à Pserimos en passant par Simi

Mardi 29 mai

La météo confirme : dans le secteur de Kos et au dessus, une semaine de vent de Nord Nord-Ouest assez fort.

C’est donc décidé, nous irons à Simi (ou Symi) où le vent devrait être nettement plus calme.

Depuis Kos, il faut compter une cinquantaine de miles pour rallier Panormittis, une anse protégée au Sud de la côte Ouest de Simi.

Simi est une île grecque plantée au beau milieu du golfe turc de Hisaronu Korfezi, à quelques quinze miles au Nord de Rhodes.
Elle est réputée très belle et, sur la carte, sa côte Est apparaît comme très découpée, offrant des abris sûrement parfaits en cas de vent de Nord Ouest.

Après avoir fait le plein de vivres, nous quittons Kos marina peu après 10h.
Le vent de Nord Nord-Ouest annoncé nous pousse au début, puis nous abandonne, puis revient !
C’est souvent le cas en Grèce, le vent est irrégulier tant en force qu’en direction. Il faut s’incliner devant les effets d’accélération dans les chenaux, les courants entre les îles, le catabatique qui descend violemment de la montagne, les calmes soudains... bref accepter de passer de la voile au moteur souvent plusieurs fois sur le trajet !

Lorsque nous arrivons à Panormittis il est près de 18h. Il y a un peu de monde, mais la baie est grande et relativement profonde jusque près du bord. On y accède par un chenal dont le bord Nord porte un moulin à vent tout blanc, aisément repérable de loin. Le fond de la baie est occupée par un grand monastère.
C’est une destination prisée des pèlerins et des touristes. De nombreux ferries, plus ou moins gros, abordent en journée au quai juste devant l’église. Il faut leur laisser la place de manœuvrer...il suffit de choisir la partie gauche de l’anse, en rentrant, pour planter son ancre.
L'Anse de Panormittis, le moulin garde l'entrée
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Panormittis, arrivée d'un ferry devant le grand monastère
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Le soir de notre arrivée nous pouvons tester la fiabilité du mouillage car nous essuyons quelques belles rafales d’orage. Mais très vite tout s’apaise et la nuit est parfaitement calme.

Mercredi 30 et jeudi 31 mai

Le mercredi nous restons, sur place, c’est une journée de farniente, par temps très calme : visite de l’église (entièrement peinte comme toutes les vieilles églises orthodoxes), promenade jusqu’au moulin, lecture, écriture... Les cigales stridulent, l’eau est chaude, ici, c’est déjà l’été !

Le jeudi, nous décidons d’aller à la découverte des belles criques de Simi après être passés à la boulangerie du monastère. Le pain y est cuit au feu de bois (mais la pâte est industrielle).

En sortant de Panormittis, nous pointons l’étrave vers le Sud. Nous passons devant le mouillage d’Ormos Skomisa, au Sud de l’île Seskli : pour y accéder, il faut prendre la passe Est entre les récifs avant de trouver le sable. Un bateau y est à l’ancre et roule légèrement.
Nous décidons de remonter le long de la côte Est de Simi où la houle résiduelle d’Ouest ne se fera pas sentir.
Les anses que nous découvrons sont très profondes, bordées de hautes falaises...à vingt mètres du bord les fonds sont toujours de cinquante mètres !
Finalement nous nous arrêtons à mi-chemin de la côte Est, à Marathouda où il est possible de mouiller devant la plage, par 10 mètres de fond, sur le sable. La baignade dans l’eau claire et la pause déjeuner y sont fort agréables.
La plage au fond de Marathouda
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Si vous allez à Simi, prenez le temps de vous reporter aux explications de Yoruk, sur Plaisance Pratique, elles sont extrêmement précises pour l’ensemble des mouillages de l’île.

Autre remarque, toutes les cartes, CM93, Navionics et CMap sont, à des degrés divers, fausses à Simi : notre trace GPS passe allègrement sur la terre ! Ouvrez l’œil et surveillez votre sondeur, même si c’est très profond presque partout !

Comme la météo nous annonce du vent autour de 20 nœuds devant souffler en début de nuit, nous retournons dormir à Panormittis.

Mais, le vent annoncé n’arrivera pas jusque là !

Vendredi 1er juin

La météo est favorable... on remonte vers le Nord !

A 13h nous retrouvons avec grand plaisir le petit port de Pali à Nisiros (l’île volcan).
Le port est presque plein. Ici le vent a soufflé assez fort, comme prévu, et de nombreux bateaux sont venus se réfugier à Pali.
A notre arrivée, un bateau quitte le quai Nord. Nous prenons sa place et faisons notre manœuvre, contre Pinco, un très beau bateau que nous connaissons bien. Nous y retrouvons nombre de bateaux que nous y avions laissés la semaine dernière.

Samedi 2 juin

La météo est devenue très calme, un à un nos voisins vont quitter Pali.

Hier, pendant la promenade du soir sur la digue Jean-Claude a repéré, au comportement des petits poissons affolés, serrés en banc compact, la présence de poissons carnassiers, probablement des Sérioles.
Il évoque, la possibilité d’aller faire le lendemain matin un agachon à l’extérieur du port. Depuis le loup d’Astipalaia il n’est pas allé chasser et le frigo est vide, alors...

A 9h, tout équipé, il traverse le quai pour franchir la digue, sous le regard amusé, voire les commentaires légèrement narquois des bateaux voisins... On me demande avec un brin d’ironie ; « il en prend dès fois ?» Je réponds, pincée, qu’en général, il ne se met pas à l’eau pour rien ! Les regards restent sceptiques.
Un quart d’heure plus tard, il franchit la digue dans l’autre sens avec une Sériole ( on dit aussi liche jaune ) de près de 2 kg sur la flèche de son arbalète.
Les sceptiques se muent en admirateurs et viennent poser des questions !
Encore des questions ?
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Demain nous laisserons l’île de Nisiros et son petit port de Pali qui nous auront séduits.

Dimanche 3 juin

9h, nous quittons Pali, comme prévu. Avec l’entraînement, nos manœuvres d’amarrage et de déhalage sont de plus en plus fluides !

Au sortir de Nisiros nous envoyons toute la toile, puis le vent tombe, pour se renforcer de face dans le couloir entre Kos et la Turquie.

A 14 heures nous jetons l’ancre dans l’anse Vathi (encore une, mais relativement ouverte celle-ci !) au Sud Ouest de Psérimos, juste au cul du bateau Jeanad, nos voisins de chantier à Halkoutsi.

C’est avec eux que nous partageons la Sériole : soirée gourmande en amicale compagnie !

Pserimos est une toute petite île, à moins de 10 miles de la marina, au Nord de Kos.

L’anse Vathi, sauvage, offre un bon abri par vent de Nord Nord-ouest, le fond de sable compact y est d’excellente tenue. Elle est flanquée de deux fermes aquacoles qui, heureusement, ne gênent en rien la zone de mouillage. Une dizaine de bateaux va y passer la nuit avec nous.

Lundi 4 juin

Aujourd’hui, le vent souffle encore.

Nous partons à pied depuis Vathi jusqu’au Port de Psérimos. Il suffit de franchir le col !
Une promenade de 2,5 kilomètres nous fait découvrir, une oliveraie, quelques jardins potagers, une ou deux tavernes et quelques commerces dont la qualité et la richesse de l’étalage dépendent de l’arrivée du ferry...
Au retour nous faisons notre cueillette de thym sauvage, la colline en est remplie ! Pas d’arbre, pas d’arbuste mais du thym aux fleurs violettes !
Depuis le col, vers le village de Pserimos
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Depuis le col, vers Vathi
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Demain...nous devrions continuer notre découverte des îles du Dodécanèse en remontant vers le Nord.

mercredi 30 mai 2018

Saison 2018, 6ème billet, du 24 au 28 mai d’ Astipalaia à Kos

Jeudi 24 mai

A 8h40 nous sommes prêts à partir : tous les niveaux sont vérifiés et la météo du jour, 10 à 15 nœuds de Nord-Nord Ouest, est parfaite pour les presque 30 miles que nous avons à courir dans l’Est depuis Astipalaia vers...Nisiros.

En effet, après relecture du guide, le mouillage de Kamares sur la côte Sud de Kos n’inspire pas vraiment le capitaine. En revanche un joli petit port semble nous attendre sur la côte Nord de Nisiros. Pali sera donc notre destination.

Nisiros est une petite île volcan à une quinzaine de miles au Sud de Kos. Il est difficile d’y aborder car elle ne propose quasiment aucun abri, pas de baie, pas de crique, pas d’échancrure dans son rivage sauf deux petits ports sur sa rive Nord : Mandraki, sous la pointe Nord Ouest et à 2 miles dans l’Est, Pali.
Mandraki est le village principal de l’île et le port d’arrivée des ferries et des cargos. Mais c’est un port très ouvert ! En revanche, Pali est protégé par une longue digue et une contre-jetée. Deux quais sont disponibles, au Sud le quai des tavernes, au Nord le quai de la grande digue. L’anse a été draguée et les profondeurs y sont d’environ 3 mètres. Cependant, il faut faire très attention au chenal d’entrée, les profondeurs ne sont suffisantes que tout près de la digue à tribord sur une largeur de moins d’une dizaine de mètres. Des bouées rouges (non lumineuses) marquent la limite du chenal à bâbord.
La plage s’est envasée jusque là.
Il vaut donc mieux prendre un peu de marge avant de s’y engager afin de vérifier qu’aucun bateau ne soit justement en train de sortir au même moment...car deux bateaux ne peuvent pas se croiser dans le chenal.
Une fois passée la contre-jetée, il n’y a plus de problème. Comme on nous annonce un peu de vent de Nord pour la nuit, nous choisissons de culer vers le quai Nord. A 15h15 nous sommes amarrés, gentiment aidés, comme partout en Grèce, par les voisins. Nous y retrouvons d’ailleurs avec plaisir un couple d’allemands avec qui nous avions partagé le quai de Kalendos au sud de Naxos, l’an dernier.
Le port de Pali, vu de la falaise qui le surplombe à l'Ouest
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Le port de Pali, vu de la route qui grimpe vers le Volcan, à l'Est, en arrière plan l'île de Yali
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Une première promenade dans le village de Pali nous permet de constater que les tavernes y alternent avec les agences de location de véhicules (parfois les deux activités coexistent dans le même établissement) et que presque toutes les agences de location vous proposent également un service de laverie et un service de douches. C’est vraiment au bout du quai et il n’y a que l’embarras du choix...on s’en servira. Les 2 mini-markets sont très peu achalandés...mais on peut s’y dépanner et il existe une boulangerie. Elle se trouve un peu plus loin sur la droite de la route qui longe la plage lorsqu’on se dirige vers les anciens établissements de cure thermale.

A notre grand étonnement le port se remplit très vite ! Il paraît qu’il s’est taillé une bonne réputation et beaucoup de bateaux y font escale.

Comme le vent force un peu, la manœuvre pour l’amarrage au quai Nord devient un peu plus délicate. En effet, le vent est plutôt de Nord Ouest et prend les bateaux légèrement par le travers.
Finalement le quai Sud est plus abrité et la manœuvre s’y avère plus facile.
Et bien sûr, plus on s’avance à l’intérieur du port, vers la plage, et plus on est protégé !
Nous donnons quelques coups de main et tout se passe bien pour tout le monde !

Ce premier soir une taverne propose de la musique vivante, plutôt bonne, même si mon capitaine fait un peu la grimace ! A 23h tout sera calme !

Alors donc vous aurez compris, si nous n’aimez pas le bruit de la fête, vous choisirez le quai Nord, sinon vous viserez une place indifféremment au Nord ou au Sud le plus à l’intérieur possible. Pour ça, il faudra arriver assez tôt !

Vendredi 25 et samedi 26 mai

Nous sommes au pied d’un volcan actif et, paraît-il, remarquable. C’est d’ailleurs LA curiosité de l’île...j’aimerais beaucoup aller le visiter...

Évidemment, il faut tenir compte de l’environnement avant d’envisager d’abandonner le navire !

Le vendredi est clairement défavorable pour deux raisons : la météo (le vent sera plutôt fort toute la journée) et le voisinage. Nos voisins de droite et de gauche doivent partir dans la matinée et nous savons d’expérience qu’il vaut mieux être là !

D’ailleurs, dans la journée nous voyons arriver les italiens qui avaient bravement chaluté toutes les ancres du port de Skala Astipalaia au moment de leur départ...ils réussiront à décrocher une nouvelle ancre lors de leur manœuvre d’amarrage...au quai Sud ! Décidément, de vrais spécialistes ! Nous préférons les savoir un peu loin de nous !

Du coup, nous restons à bord pour veiller sur notre monture et en profiter pour faire quelques bricoles : pour moi, faire faire une lessive (chez Manos K, 7 euros une machine de linge lavé et séché, une des prestations les moins chères que nous ayons trouvées) et réserver à Kos Marina pour dimanche et lundi et à Zéa Marina à Athènes pour les 13 et 14 juillet, pour Jean-Claude, faire les réparations de gel coat sur le pont.
La première passe est bien réussie. Grâce à notre amie Danièle, nous avons du gel coat Amel de la couleur désirée ! Merci Danièle !

Le vent se calme en soirée pour disparaître complètement pendant la nuit.
Le samedi matin est parfaitement calme, nous n’avons pas de voisins immédiats, c’est le moment de louer une petite voiture et de partir à la découverte du volcan.

L’île est toute petite, le volcan n’est qu’à une dizaine de kilomètres. Le site vaut vraiment le détour !
Il faut vous dire que j’aime les volcans. La terre qui fume, qui gronde, qui laisse entrevoir ses entrailles...ça m’émeut... Le volcan de Nisiros est le plus jeune volcan de la mer Egée. Il est actif, fume et quand on s’en approche, non seulement la chaleur augmente, mais l’odeur de souffre est très forte. On descend en voiture dans la caldeira primitive puis on pénètre à pied dans les trois cratères ouverts à ce jour. Un grand cratère principal et deux cratères secondaires. Nous avons admiré les trois !
Nous étions arrivés de bonne heure sur le site (en fait en même temps que le personnel de caisse !).
Bien nous en a pris car découvrir l’espace quand on est seul n’a pas de prix !
Au centre du grand cratère, la terre bouillonne
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et elle fume !
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Vers le second cratère
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Le troisième est un double cratère
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Dernier regard sur le grand cratère
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Je vous offre une fleur...de souffre !
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A peine étions-nous redescendus du troisième cratère que les premiers autobus chargés de touristes arrivaient. La noria commence vers 11h pour s’achever à 16h ! Bon à savoir !

Sur la route du volcan on nous avait recommandé la visite du village d’Emporio.
Il est posé tout au bord de la caldeira, accroché à la pente ! C’est un cul de sac !
On y pénètre à pied par une ruelle étroite qui vous mène à une petite place où s’ouvre une taverne de grande réputation. Elle s’appelle Balcony. Elle porte magnifiquement son nom. Sa terrasse donne sur le volcan. La vue y est somptueuse et la nourriture délectable. Là encore, une cuisine simple, familiale, avec de bons produits !
Depuis Balcony
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Ce village, était en train de tomber en ruines. Heureusement quelques amoureux du lieu rachètent et restaurent ! C’est ainsi qu’en sortant du Balcony nous avons bavardé avec un couple de français, heureux propriétaires à Emporio. Ils y passent 6 mois de l’année. C’est un peu leur bateau à eux ! Ils nous ont appris que ce village, presque abandonné, comptait autour de 2 mille âmes dans les années 1940. Toutes les restanques fertiles de la caldeira étaient cultivées bien sûr ! Aujourd’hui elles s’effondrent et le chêne vert remplace progressivement l’olivier !

Comme nous sommes motorisés nous en profitons aussi pour aller visiter le Kastro (l’ancienne Acropole, - 400 avant JC) et le port de Mandraki.

Toutes nos journées sont belles, mais celle-ci est particulièrement réussie...un peu magique pour moi !

De retour au bateau, il me reste un peu de temps pour mettre en forme et envoyer mon 5ème billet, le précédent donc ! Il part sous un orage fracassant ! La foudre tombe sur le quai ! Impressionnant !
Pas de dégâts ! Ouf ! Il faut dire que l’équipement électronique n'apprécie pas la foudre !

Dimanche 27 et lundi 28 mai

Nous avons réservé deux nuits à Kos Marina.

Deux objectifs : visiter cette marina qui a la réputation d’être une des meilleures de Grèce et réparer notre annexe !

La journée du dimanche est très calme. Nous ne sommes pas attendus à Kos avant 15h. Nous avons tout notre temps. Nous quittons Pali à midi et nous dirigeons vers Kos, au moteur. Nous laissons à bâbord, la petite île de Yalos, un morceau de volcan, une immense carrière. On y extrait de la pierre ponce.

Nous arrivons comme convenu, un peu après 15 heures devant la Marina. Il faut se signaler sur le canal VHF 77 et un marin en zodiac vient vous accueillir et conduire jusqu’à votre place. Un deuxième marin sur le ponton vous passe la pendille et attrape vos amarres.
Jusque là, c’est parfait, ponton en dur, pendille, accueil technique !
Bien sûr, il y des bornes d’eau et d’électricité au quai. A l’intérieure de l’enceinte sécurisée de la marina, outre le bureau lui-même, vous disposez de blocs sanitaires très confortables et pouvez trouver un super market (qui vous livre), des shipchandlers, cafés, restaurants.
Un chantier avec cale de levage jouxte la marina. Entre la marina et le chantier se trouve le poste de carburant, facile d’accès pour les bateaux. C’est aussi là que vous pourrez faire remplir votre bouteille de gaz.
Les prix sont raisonnables.
Le premier objectif est atteint : nous avons vu Kos Marina et savons que nous pourrions y laisser le bateau en toute sécurité en cas de besoin.
En fin d’après-midi nous partons à la découverte de la vieille ville de Kos.
Quand on localise la ville de Kos, à l’extrémité Est de l’île, à 2,5 miles de la grande ville de Bodrun en Turquie, on comprend pourquoi et comment elle est devenue récemment connue pour son afflux de réfugiés. Aujourd’hui on n’en voit plus. Le centre de rétention est fermé.
Mais la ville et l’île de Kos ont une très vieille histoire. Elle était peuplée, déjà, au néolithique. Des traces de la Grèce ancienne sont encore très présentes dans la ville. On peut même s’asseoir sous le platane où Hippocrates dispensait ses enseignements !
Quand on fait le chemin depuis la marina jusqu’au vieux port de Kos on ne peut éviter de passer sous les remparts de la forteresse des Chevaliers de Saint Jean (les mêmes qu’à Rhodes). Ils ont retardé de quelques siècles le passage de l’île sous domination ottomane, dont les traces architecturales sont, elles aussi, évidentes.
Un fort beau mélange qui a été bousculé en juillet dernier lors d’un puissant tremblement de terre de 6,6 sur l’échelle de Richter. Il a laissé de vilaines traces. Un minaret s’est écroulé et la forteresse n’est toujours pas réouverte au public.

Lundi matin, réveil de bonne heure : du travail nous attend !

En effet, Jean-Claude veut tenter de réparer notre annexe.
Pour cela il a besoin d'une colle bi composants.
A l’ouverture des shipchandlers nous nous procurons ladite colle et le capitaine se met à la réparation.
Quant à moi, je m’occupe du reste, le plein d’eau, les courses, le nettoyage des inox du cokpit, le nettoyage du bateau.

La journée est fructueuse, la réparation semble efficace !

En revanche, nous voulions continuer notre périple vers le Nord, dès demain, mais la météo nous prévoit une bonne semaine de vent du nord !
Le capitaine n’a pas envie de se faire remuer au mouillage, l’équipière non plus !

Comme nous avons encore du temps avant d’envisager notre retour vers Athènes, nous décidons de perdre un peu de chemin en descendant vers le Sud Est et d’aller visiter l’île de Simi ou Symi où le vent devrait être calme.
Ce sera notre destination de demain.

vendredi 25 mai 2018

Saison 2018, 5ème billet, du 20 au 23 mai de Levitha à Astipalaia

Dimanche 20 mai

A 9h15 nous levons l’ancre à Levitha, anse Ouest, cap au Sud vers Astipalaia, notre première île du Dodécanèse.

Nous bénéficions d’un vent de Nord-Nord Ouest de 12 nœuds à la sortie de l’île, qui va monter progressivement jusqu’à 20-25 nœuds. Il est entre le travers et le trois-quart arrière. Nous sommes surpris (la météo nous avait annoncé un tout petit temps !) et ravis de ces conditions idéales pour Doug Le qui file ses 7 nœuds avec aisance ! En 3 heures nous avons atteint la pointe Nord Est de l’île Astipalaia.
C’est une île en forme de papillon, formée de deux blocs montagneux reliés par un isthme, pleine d’anfractuosités et de caches très abritées : c’est un ancien repaire de pirates !

Pour notre arrivée sur l’île nous visons l’anse de Vathi, une grande baie ovoïde qui s’ouvre par un chenal étroit sur la côte Ouest de la corne Nord Est de l’île...autant dire qu’elle est fermée de toutes parts et abritée de tous les vents. Il existe de nombreux abris appelés Vathi dans toute la Grèce, ce sont généralement des cercles, plus ou moins grands, très fermés.
Vathi à Astipalaia, à droite le chenal d'entrée, à gauche l'anse au fond de laquelle nous sommes mouillés
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Nous y mouillons en toute fin de matinée, par 5 mètres d’eau, côté village.
Doug Le au mouillage dans Vathi, en face de la taverne
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Le site est vraiment spécial, quelques maisons, un petit quai pour les petits bateaux de pêche, une taverne le long du quai, deux monastères, deux ou trois petites chapelles, des restes de constructions en pierres et des tas de cailloux (ici la terre a dû et doit encore trembler!) une dépression cultivée, des chèvres, des moutons, des poules et des coqs splendides, un âne, une vache, une simple piste en terre pour relier le village à la seule ville de l’île, aurions-nous voyagé vers le passé ?

Le temps est couvert. Va-t-il pleuvoir ? Non, juste quelques gouttes histoire de nous mâchurer le bateau !

Ce soir nous irons manger à la taverne.

Maria est entrain de remettre sa terrasse en état, pinceaux à la main. Elle en fait un lieu pimpant et coquet. C’est également une bonne cuisinière. Cuisine simple, familiale : salade de poulpe moelleuse, rougets grillés tout frais pêchés, même ses frittes sont délicieuses !

La nuit est forcément bonne : ici ça peut souffler !

Lundi 21 mai

Notre annexe fuit ! Un des boudins arrière se dégonfle plutôt rapidement. Diagnostic fait, ce sont les collages qui lâchent ! Au bout de 4-5 ans les UV sont fatales aux colles néoprène ! Il nous faudra acheter la colle adéquate ou...une nouvelle annexe !
En attendant, le capitaine s’est équipé pour aller chercher un loup. La veille au soir il m’avait dit, «Ici il doit y avoir du loup !"
Cela ne fait même pas 3 minutes qu’il est parti que je l’entends appeler...un problème ?
Non, record de vitesse pour la prise d’une belle pièce : 30 secondes d’agachon pour un loup de 65cm et 3 kg !
Photo à l'appui
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Une fois la bête écaillée et vidée, nous avons encore le temps, avant le déjeuner, d’une promenade sur la rive en face du village.

A 13h30 nous levons l’ancre pour faire le tour de l’île, par l’Ouest, jusqu’à Skala Astipalaia. Nous en profitons pour faire un petit essai de trinquette.

La côte Ouest est absolument sauvage ! Pas un village, de temps en temps une ferme ou un monastère, mais la plupart du temps rien, les pentes arides, et partout des mouillages profonds et solitaires !
Beauté aride de la côte Ouest d'Astipalaia
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Lorsqu’on vire la pointe Sud Ouest et qu’on remonte vers l’isthme on découvre Skala Astipalaia, un petit port au pied d’une magnifique forteresse vénitienne du début du 15ème siècle. Un Kastro remarquable qui domine une Chora qui descend jusqu’au bord de l’eau et une très belle esplanade des moulins (j’en ai compté huit!).

Le port est tout petit, très mignon, l’eau y est très claire. Nous nous y amarrons par temps calme et réalisons que les chaînes des autres bateaux sont étalées de manière oblique. Nous essayons de n’en croiser aucune !
Un peu de vent est annoncé dans la nuit. C’est du vent de Nord qui balaie le quai par le travers avant !

Au menu de ce soir, bouillabaisse de tête de loup !

Mardi 22 mai

La nuit a été calme, le vent annoncé n’est pas encore arrivé ! A 6h30 un bruit de moteur nous réveille, le bateau turc d’à côté fait sa manœuvre de départ. Il accroche une ancre au passage, peut-être la nôtre ? Jean-Claude reprend de la chaîne pour la replanter, à tout hasard !
Après le petit déjeuner, Jean-Claude monte en vitesse jusqu’à la station service juste au dessus pour remplir notre bidon de réserve pour le moteur hors-bord.
Le port de Skala Astipalaia depuis la citadelle vénitienne, photo prise par l'équipière
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Initialement nous avions prévu de visiter tous les deux le Kastro, mais je sens mon capitaine inquiet, des bateaux vont partir et le vent devrait rentrer...
Je lui propose de rester au bateau pendant je grimpe au Kastro en vitesse.
Je crois que j’ai bien fait !
En effet, lorsque je redescend, 45 minutes après, Doug Le est toujours à sa place mais des bateaux manœuvrent dans le port ! Non seulement le vent s’est levé, mais le bateau italien du bout du quai est parti en décrochant toutes les ancres des autres bateaux !
Je fais quelques courses pendant que le capitaine continue à surveiller.
A mon retour, nous rangeons la passerelle et nous sommes prêts à appareiller.

Le vent souffle à 20-25 nœuds, 30 dans les rafales, il était temps de quitter le port !

Le guide nous indique un mouillage de type «paradis privé»...nous y allons.
L’anse s’appelle Agrilithi. Elle est très longue. Sur la gauche, l’anse principale s’arrondit en une crique plus petite, sous une chapelle. Le vent y est très sensiblement atténué, en revanche le sol est de mauvaise tenue et il faut aller porter une longue amarre à terre...c’est une manœuvre que je n’aime pas et à laquelle je n’excelle pas ! mais, quand il le faut...
Une fois que tout est terminé nous sommes très bien abrités sous la chapelle, quant à parler de paradis...à terre un ancien four à chaux à moitié en ruine...l’environnement n’est pas vraiment paradisiaque !
Agrilithi sous la chapelle, côté face
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Agrilithi sous la chapelle, côté pile
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En revanche, nous sommes juste sous les antennes, je vais pouvoir travailler au blog !

Mercredi 23 mai

Bon anniversaire capitaine !

Le vent s’est bien calmé.
Nous retrouvons des activités habituelles, le nettoyage du bateau, la baignade, le petit tour à terre.
Avant le déjeuner nous larguons les amarres à terre pour nous retrouver sur l’ancre principale afin d’être prêts à aller visiter une autre anse.
Finalement nous nous apercevons que les criques précédentes, plus à l’Ouest, directement sous l’isthme sont très jolies mais beaucoup plus ventées et que la suivante, est trop profonde pour mouiller...alors nous revenons à Agrilithi mais cette fois nous jetons l’ancre au fond de la grande baie où les fonds de vase sont de 5 mètres presque jusqu’à la plage.
Trois bateaux nous y rejoindrons dans la soirée.

Astipalaia est vraiment une très belle destination, encore un endroit où nous aimerions revenir pour y passer plus de temps !

Demain, nous partirons vers l’Est, Kos ?

mercredi 23 mai 2018

Saison 2018, 4ème billet, du 18 au 19 mai de Kinaros à Levitha

Donoussa, Kinaros, Levitha nous visitons les petites voir même les très petites Cyclades.

Vendredi 18 mai

Nous quittons Kinaros en milieu de matinée pour rejoindre Levitha : une courte navigation de 7-8 miles dans l’Est. Un gentil vent de Nord nous permet d’y aller à la voile : tout dessus.

Un bateau nous rattrape, il sera à Levitha avant nous ! Par tout petit temps Doug Le ne peut pas lutter contre des bateaux deux fois plus légers que lui !
Nous le retrouvons au mouillage, le bateau s’appelle Ethel et son équipage a un cadeau pour nous.
En effet, séduits par l’allure de notre bateau naviguant sous ses trois voiles, ils nous ont photographié. C’est un joli présent car il est rare d’avoir des images de son propre bateau en mer ! Merci à tous les deux !
Doug Le entre Kinaros et Levitha, photographié par Ethel
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Nous entrons dans la Baie de Levitha à l’heure du déjeuner, l’ouverture, plein sud, se trouve au milieu de la baie qui offre deux anses Ouest et Est, très protégées.
L’anse Est est équipée de bouées et présente un petit ponton sur sa rive Nord. C’est là qu’en trois coups de rames on peut débarquer pour aller jusqu’à la ferme-auberge à quelques 10 minutes à pieds sur la hauteur.
C’est la seule activité humaine sur l’île !
Des chèvres et des moutons, un champ de céréales (sans doute...) dans un affaissement plat entre les rives Nord et Sud de l’île, un jardin, des figuiers et figuiers de barbarie, entourés, protégés par des murs blancs, la famille qui vit ici a su attirer les navigateurs qui aujourd’hui n’hésitent pas à faire halte à Levitha.

L'anse Est d'Ormos Levitha
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Depuis le Kastro, la ferme-auberge, le mouillage
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Cette petite terre a sûrement dû être une place forte autrefois, il y a longtemps, très longtemps...comment savoir ? En tout cas les vestiges des fondations du Kastro, tout en haut de l’île, témoignent d’un savoir-faire plutôt ancien, vue la dimension des blocs de pierre !

Du bateau au ponton...trois coups de rames
DSCN3816.JPG Bien sûr, le soir, tous les équipages des bateaux se retrouvent à la ferme.
C’est très simple et très joli : paisible. Les tables sont installées dans la cour, close de murs blancs, l’ambiance est bon enfant, la nourriture simple et bonne à base de production locale, issue de la ferme ou de la mer. Comme nous ne sommes pas privés de poissons frais, grâce au capitaine, nous choisissons un menu terrestre : purée de fèves, ragoût de chevreau, citrons confits. Tout est très bon et plutôt original par rapport au menu standard des tavernes du bord de mer.
La réputation de Levitha n’est pas surfaite !
Attention, le retour au bateau par nuit noire demande d’être muni d’une bonne torche ! Pas d’éclairage public sur Levitha !

Nuit très calme à la bouée, par vent nul !

Samedi 19 mai

Nous profitons de l’amarrage à la bouée et d’une météo particulièrement calme pour moufler notre nouvelle drisse de spi.
A 11 heures l’opération est terminée et tout fonctionne. Nous larguons la bouée pour rejoindre l’anse Ouest pour une journée solitaire.
Au passage devant l’entrée nous faisons un point météo et communication car, ici encore, le réseau est aléatoire et faible !

Peu après nous sommes installés au fond de l’anse, au pied de l’isthme entre Ormos Levitha et Ormos Vathi.
L'anse Ouest
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Levitha, île minuscule dotée de trois mouillages fantastiques : les anses Est et Ouest d'Ormos Levitha et sur la côte Ouest, Ormos Vathi séparée par un isthme de l'anse ouest d'Ormos Levitha
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Demain nous quitterons Levitha et les Cyclades pour rejoindre Astipalaia, à 23 miles dans le Sud, la première île du Dodécanèse que nous visiterons.

dimanche 20 mai 2018

Saison 2018, 3ème billet, du 14 au 17 mai, de Paros à Kinaros

Lundi 14 mai

Un peu après 8h30, nous quittons Naousa, à Paros, pour nous rendre au port de Naxos.

Naxos, c’est l’île voisine, pour s’y rendre, il y a juste le chenal à traverser.

C’est un port que nous connaissons bien, pour y être venus deux fois déjà. Lorsque nous arrivons le maître de port est sur les pontons, à pied d’œuvre, il nous indique notre place et nous laisse nous débrouiller car il a un catamaran coincé au milieu du chenal !

Le port de plaisance est très bien, magnifique accueil, excellents services, mais il est relativement petit, et encombré...il n’est donc par rare de voir un bateau engager son ancre sous une autre ou sous un quelconque objet abandonné au fond, spectacle distrayant pour tous...sauf celui qui galère au milieu !
Le vent est très calme et nous faisons une belle manœuvre d’amarrage. A 10h10 les amarres sont tournées, la passerelle est installée. A 11h, le plein d’eau est achevé et le petit camion de gazole arrive... Je dépose mes sacs de linge au kiosque, chez Nikolas, le maître de port et nous partons chez le shipchandler. C’est ce qui s’appelle une affaire rondement menée !

Ici à Naxos Marina, si vous avez besoin de quoi que ce soit, il suffit de demander ! Souvent le service existe comme le plein de carburant, le renouvellement des bouteilles de gaz, la laverie, mais même si la demande est inhabituelle, le maximum sera fait pour la satisfaire. C’est une des raisons pour lesquelles nous apprécions l’escale.

Pas la seule, car nous aimons beaucoup l’ambiance de cette petite ville avec sa Chora qui descend jusqu’à la mer et les vestiges d’un temple d’Apollon qui garde l’entrée du port. Elle est à la fois très touristique, petites ruelles, jolies boutiques, restaurants et par ailleurs tout à fait authentique avec sa boulangerie traditionnelle (pain au levain cuit au four à bois) et ses étals de fruits, légumes, fromages, issus de la production locale.

Nous nous y sentons bien. C’est une belle destination de printemps !

Demain nous repartirons avec le plein de tous ces bons produits.

Mardi 15 mai

Le ravitaillement complet est effectué à la fraîche. Le bateau embaume le bon pain ! Il est temps de larguer les amarres !

10h45, nous voilà partis, destination Dhenoussa ou Donoussa.

C’est une petite île, tout près de Naxos. Elle est à une dizaine de miles de sa côte Est.

Nous avons choisi de nous arrêter à Donoussa sur la recommandation de nos amis grecs, Olivia et Spyros. A l’occasion de l’une de nos rencontres, Olivia avait écrit sur un pense-bête que j’ai précieusement conservé, les noms de quatre îles grecques parmi les plus belles selon leur expérience. Donoussa fait partie de ce top 4 !

C’est un gros caillou, sauvage et désolé.
Nous visons la grande baie du Nord Est de l’île, l’Ormos Roussa, sous le Cap Kalota, à l’abri de l’îlot Skilonisi. Lorsque nous entrons dans la baie un bateau y manœuvre, on dirait qu’il s’en va et puis non, il revient...Le capitaine me dit «Ces deux là n’étaient pas rassurés dans cette grande baie solitaire, mais te voir mouiller avec habitude et conviction les ont fait changer d’avis» . Et bien, le capitaine a raison ! Ce couple (c'étaient nos voisins immédiats de ponton à Naxos) confirme que c’est leur première nuit dans une baie. Nous sommes très contents de les avoir, par hasard, suffisamment rassurés pour qu’ils puissent goûter le plaisir du mouillage forain.
Au fond de la baie, deux plages, quelques barques de pêche, quelques maisons, un coq qui chante toute la journée et des chèvres à l’état quasi sauvage...pas de réseaux, ni internet, ni téléphone !
Ce n’est pas que nous soyons chagrinés d’être ainsi coupés du monde mais, dans nos rituels quotidiens, il y a le rendez-vous téléphonique de 19h avec nos mamans ! Alors, comme nous sommes aussi marcheurs, nous empruntons le chemin balisé n°3 et trouvons tout en haut, en bord de falaise, un arbre qui nous accueille pour téléphoner.
A la recherche d'un petit peu de réseau
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La vue est splendide depuis là haut, En voici un aperçu.

Ormos Roussa depuis la plage
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Ormos Roussa depuis la falaise Nord
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Depuis la falaise Nord, en regardant vers Naxos
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La soirée est douce et la nuit calme.

Mercredi 16 mai

Matinée à Ormos Roussa et déjeuner gourmand car Jean-claude a ramené un beau barracuda de la chasse.

Une voiture ! L’île est traversée par une route récente, mais le pick up rouge qui l’emprunte, lui, a au moins l’âge vénérable de notre bateau, la trentaine !

Dans l’après-midi nous levons l’ancre histoire de faire le tour de l’île et de tester le mouillage Sud, Ormos Dhendro ou Khendro, qui se situe très près du tout petit port de Stavros où un ferry vient régulièrement déposer quelques touristes. Dhendro est également une belle baie avec une jolie plage naturiste, une taverne ombragée dans un jardin clos de murs et un chemin piétonnier qui conduit au village de Stavros. Qu’il est joli ce village blanc et bleu ! Nous sommes bien dans les Cyclades !
Ormos Dhendro
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Ici, pas de problème de réseau !

Jeudi 17 mai

Nous allons continuer notre lente progression vers le Sud Est et le Dodécanèse.

Sur la route, à 20-25 miles dans l’Est de Donoussa, se dresse un chapelet d’îles encore plus petites que Donoussa, dont les plus importantes sont d’Ouest en Est, Kinaros et Levitha.
Nous avions plusieurs fois entendu parler de Levitha (où nous irons bien sûr !) mais pas de Kinaros.
Pourtant, une simple mention relevée sur notre guide nous a incité à nous y arrêter !
Kinaros, petit cailloux escarpé
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L’Ormos Pningo, au Sud de Kinaros se présente comme une longue indentation bordée de hautes falaises. C’est profond pratiquement jusqu’au bout et jusqu’aux falaises, c’est caillouteux devant la plage de galets.
L'entrée dans le mouillage Pningo
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Coupés du monde à Kinaros
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C’est un peu étroit, mais comme nous sommes seuls et que la météo est particulièrement calme, il nous est facile de poser l’ancre en plein milieu sur une portion de sable où elle croche tout de suite.

Nous découvrons une maison habitée, nichée là ! Il faut vraiment aimer la solitude ! Mais quelle splendeur sauvage ! Ici, pas de route !

Tout à l’heure, nous sortirons du «fjord» en annexe pour pouvoir téléphoner car entre les hautes falaises...pas de réseau !

Et demain nous irons à Levitha !

dimanche 13 mai 2018

Saison 2018, 2ème billet, du 9 au 13 mai, de Karistos à Paros

Mercredi 9 mai

Comme prévu, après le petit-déjeuner, nous traversons la baie de Karistos pour nous amarrer au quai.

Pour nous, Karistos est une bonne étape-avitaillement avant d’entamer le voyage.

En effet, l’amarrage est facile, les commerces très près et les produits très bons. Il suffit de remonter la rue au bout du quai à gauche (côté Ouest) et on trouve sur la gauche la station service, puis toujours sur la gauche après la première intersection le poissonnier et le boucher (ces commerces ne sont ouverts que le matin), à droite juste à l’intersection le petit super marché qui vous livre à bord et enfin en face du super marché une excellente boulangerie. En 1 heure toutes nos courses sont faites, huile neuve pour la vidange du moteur, épaule d’agneau, un plein caddy au super marché qui nous sera gentiment livré et du bon pain, des tourtes aux épinards, des gressins aux épinards des petits gâteaux...de quoi tenir !

Pendant que je range tout notre ravitaillement, Jean-Claude fait la vidange et change le filtre à huile ce qui nous permet d’évacuer l’huile usagée dans le conteneur spécifique. C’est toujours un problème les déchets très polluants !

A ce stade, il est près de midi, nous quittons le quai et revenons mouiller dans notre anse solitaire, au Sud Ouest de la grande baie de Karistos.

Déjeuner, sieste, blog, changement du pré filtre et du filtre à gazole, nuit calme, ainsi sommes-nous prêts pour entamer notre descente vers le Sud.

Jeudi 10 mai

7h45, nous levons l’ancre à Karistos, destination Siros. Le vent est très faible, plutôt de Sud, nous commençons donc notre voyage au moteur.

Après Yaros, peut-être pourrons-nous faire de la voile ? Yaros est sur notre route, c’est une petite île, très inhospitalière, battue par les vents, aujourd’hui déserte. C’est une ancienne île-prison qui fut rééquipée et utilisée sous la dictature des colonels.

Nous nous y étions arrêtés en 2014 et avions mouillé sous les installations pénitentiaires, drôle d’ambiance...

En revanche Jean-Claude y avait fait de bonnes chasses. Là, comme c’est le grand calme, nous visons une échancrure dans les falaises de la côte Nord et laissons tomber l’ancre dans 10 mètres d’eau, contre les rochers, pour permettre au capitaine de faire une chasse.
Il est 11h45. Je suis un peu anxieuse au début car le site est impressionnant...mais tout se passe bien, plus que bien même puisque le capitaine revient rapidement avec deux beaux poissons, un mulet de pleine eau, dont les filets au citron feront nos délices lors des prochains apéritifs, et un mérou très convenable, plusieurs repas en perspective !
Un arrêt sur la côte Nord de Yaros
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A 14h45, nous repartons et naviguons à la voile jusqu’au Nord de Siros. Le vent est faible et régulier autour de 8 kts, la mer très calme, nous en profitons pour étalonner la girouette électronique : on navigue sous pilote en mode vent à 38° apparent (pour notre bateau c’est du près très serré !) et on fait des virements automatiques en reprenant le même réglage de génois d’un bord sur l’autre. Le pilote replace le bateau à 38° du vent apparent sur l’autre bord et les voiles doivent avoir la même incidence et le bateau la même vitesse. Finalement, à 1° près, on est à l’identique sur les deux bords.
Au près serré pour étalonner la girouette
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Nous passons la nuit dans l’anse Grammata. C’est un bel abri au Nord Ouest de Siros qui tire son nom du fait que de très nombreux navigateurs ont attendu là que le vent du Nord se calme avant de pouvoir poursuivre leur route et ont gravé leur nom et les dates de leur escale forcée sur le cap qui borde l’anse au Nord Ouest. Certaines de ces inscriptions sont très anciennes et le site est aujourd’hui un espace archéologique...à ne pas polluer par des graffitis de touristes du 21ème siècle !
Arrivée à Grammata
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Siros était l’île des commerçants et des voyageurs, sa position géographique au milieu du Nord de la mer Egée l’explique bien. Sa capitale Ermoupolis (la citée d’Hermès, dieu des voyageurs et des marchants) située au milieu de sa côte Est, est également la capitale des Cyclades et reste un port commercial relativement actif.

A Grammata, un peu de roulis dans la nuit malgré ou plutôt à cause de l’absence de vent !

Vendredi 11 mai

Après le petit-déjeuner nous gréons les tangons car la météo nous annonce un courant de Nord qui devrait nous pousser jusqu’à Paros.

A 8h45 nous sommes en route.
Lumière du matin, Grammata vue du Sud lors de notre départ
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Le vent du Nord nous pousse, plus ou moins fort... Il change plusieurs fois de direction, ce qui nous fait faire plusieurs manœuvres de tangon : bon entraînement de début de saison !

A 14h45 nous sommes installés dans la baie de Naousa, au Nord de Paros

Comme le vent du Nord doit forcir dans la nuit nous choisissons le beau mouillage du Nord-Ouest, sous le monastère.

Je crois que nous allons rester là un jour ou deux. Nous mettons l’annexe à l’eau et partons faire une petite promenade sur le cap. Je me suis même baignée ! Elle est fraîche mais pas glacée, on peut nager sans problème !

Samedi 12 et dimanche 13 mai

Le vent est effectivement rentré la nuit dernière, 15 puis 20 nœuds, pour monter à 30 dans la matinée du samedi et mollir progressivement.

Nous nous sommes mis en configuration «vie à bord», rangements, nettoyage de l’intérieur, petits bricolages, lecture, écriture, chasse, baignade, promenade...
La baie de Naousa depuis le cap, au premier plan le mouillage du monastère, au fond les maisons blanches du villageDSCN3762.JPG
En cette saison le cap se couvre de fleurs bleues et blanches
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Demain nous irons au port de Naxos, l'île voisine, un port que nous aimons beaucoup.

jeudi 10 mai 2018

Saison 2018, 26 avril 2018 : Retour en Grèce

Bonjour à toutes et à tous, mes habitué.e.s du blog !

J’espère que vous accepterez mes excuses car je sais n’avoir pas réalisé une vraie conclusion de la saison 2017.
En effet, je vous ai laissé en plan à Iéraka dans le Péloponèse alors que bien sûr nous avons remonté le bateau jusqu’à Halkoutsi pour qu’il puisse hiverner au sec chez Dennis Marinos, au chantier Evoiko Sea Center, comme tous les ans !

Fin septembre nous étions de retour à Toulouse.

Le temps file à toute allure et le 26 avril 2018 nous étions à nouveau dans le vol direct Toulouse-Athènes impatients de rejoindre notre Doug Le.

Après avoir essayé plusieurs systèmes nous trouvons très confortable de louer une voiture en “one way” depuis l’aéroport. C’est ainsi qu’une Octavia flambant neuve nous attendait chez Sixt. Je ne fais pas de publicité particulière mais je le signale parce que c’est la seule agence de location (que nous ayons trouvée) qui offre la possibilité de ramener le véhicule pas trop loin du chantier.

Montés dans l’avion à 11h20 à Toulouse, nous sommes arrivés sans stress vers 17h à Halkoutsi.

A chaque fois ce sont des retrouvailles...avec Dennis, son épouse et les personnels du chantier, avec la douceur de l’air, les odeurs de chèvrefeuille et de fleur d’oranger, la couleur rouge sombre des coquelicots et avec notre bateau bien sûr !

Doug Le nous attendait sagement pour son grand toilettage de printemps.

Dès le lendemain matin et jusqu’au dimanche 6 mai nous avons préparé le bateau : 10 jours de boulot !

Heureusement la météo a été parfaite, temps chaud et sec au début, plus perturbé à la fin mais les orages et la pluie ont eu la bonne idée de ne se déclencher qu’une fois le travail terminé, dans la soirée ou la nuit !

Grâce à la voiture nous avons pu facilement nous rendre à Oropos faire tamponner notre DEKPA (le transit log grec) par les autorités portuaires. Cette année les formalités étaient plus simples et le coup de tampon gratuit, en une demi-heure c’était fait ! Cela semble un peu ridicule de se préoccuper d’un document administratif qui ne nous sera peut-être jamais réclamé de la saison mais...le défaut de DEKPA se solde par une très lourde amende, plusieurs milliers d’euros ! Mieux vaut être en règle !

Le samedi matin nous avons également profité du beau marché de plein vent d’Oropos. Il est particulièrement bien achalandé ! Fraises, petits-pois, courgettes-fleur, fèves, artichauts...tout frais cueillis et pas chers ! Il faut dire que nous sommes dans une région maraîchère ! Je vous signale tout particulièrement, à l’entrée du marché, le vendeur de miel : le personnage est remarquable comme sa 2CV, une vieille 6 volts des années 1950, et son miel de couleur plutôt sombre est délicieux.

Et puis il a fallu aller la rendre, cette voiture !!!!! Cela nous a fait une demi-journée de promenade et donc de pause puisqu’il nous avons du prendre le bac d’Oropos à Erétrie (la grande ville juste en face sur l’île d’Evia ou Eubée) et revenir en bus.

Sinon questions travaux je vous fais un petit résumé !

Pour le moteur il fallait un faire un entretien qu’on ne fait que tous les 5-6 ans à savoir changer la bague hydrolube et le presse étoupe.

Le capitaine voulait également nettoyer le faisceau de son échangeur. Si vous décidez de le faire n’oubliez pas de venir avec le kit de joints correspondants...sinon vous ne pourrez pas remonter votre échangeur !

Un faisceau qui avait bien besoin d'être nettoyé

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Il fallait aussi changer la télécommande du guindeau et monter au mat pour y fixer le capteur girouette anémomètre CV7 et changer la drisse de spi.

Et enfin, Jean-Claude avait décidé de rénover sa coque ! En effet, l’an dernier nous avions fait une belle rayure sur le flanc bâbord en raclant le quai à Monemvasia. Il fallait réparer ça et en profiter pour reprendre toutes les petites éraflures.



Ceux qui ont déjà fait des réparations de gel coat savent que le travail est long et minutieux : nettoyer, poncer, préparer le gelcoat, le passer, laisser durcir et poncer de nouveau ! Petite constatation : pour les petites réparations de gelcoat le temps de séchage est long car les coques sont souvent froides, il faut donc s’armer de patience, 48h au moins...on peut aussi passer le dosage du durcisseur de 2% à 3% pour accélérer un peu la polymérisation.

Après les réparations, Doug Le a eu droit à un polissage pour fignoler le travail et retrouver une coque toute brillante !

Le dimanche 6 mai, il nous reste juste le temps de passer l’antifouling ! Et puis de partager une excellente soirée avec nos voisins de Jeanad que nous croisons au chantier depuis 4 ans !

Nous avons gardé pour plus tard tous les travaux qui peuvent se faire à flots comme les réparations du gel coat du pont pour lesquelles notre amie Danièle s’est déplacée pour nous chez Amel à Hyères, et aussi les reprises de peinture des mâts...j’en oublie c’est certain.

Lundi 7 mai au matin nous sommes fins prêts pour la mise à l’eau.

Le chariot était positionné devant notre bateau depuis le samedi, nous savions donc que nous serions les premiers sortis : à 8h38 nous voguons de nouveau !

Quel bonheur, nous nous sommes sentis d’un coup en vacances ! Le temps est très calme, il fait doux, un peu couvert, idéal pour une reprise ! Nous déroulons les voiles et entamons notre descente vers le Sud à toute petite vitesse. Bientôt le vent s’arrête complètement et le moteur prend le relais pour nous conduire jusqu’à Vouphalo. Vous savez bien, à une vingtaine de miles d’Halkoutsi, cette si jolie anse, toute ronde, sur la côte Ouest d’Evia !

Lorsque nous y arrivons nous sommes seuls au mouillage. Dans la soirée, sur les 6 bateaux présents nous en connaissons 5, tous du même chantier que nous !

Au programme de la soirée : petite promenade à terre, cueillette de l’aneth sauvage et repas chez Stella, c’est un rituel fort agréable !

Aujourd’hui, mardi 8 mai, nous flemmardons un peu. Les anchois sont entrés dans la baie et les carnassiers semblent se régaler. Serait-ce le moment de pêcher ?

Jean-Claude hésite, puis finalement enfile sa combinaison de chasse. Excellente idée, en une demi-heure il ramène deux jolis poissons !

A 11h nous quittons Vouphalo direction les Petaloi ou Karistos.

Finalement ce sera Karistos, la grande baie au Sud d’Evia. Pour ce soir nous mouillons dans l’anse Sud Ouest.
belle lumière du soir dans l'anse
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La ville de Karistos, tache blanche au fond de la baie
DSCN3744r.JPG Demain nous irons au port faire les pleins avant notre virée dans le Dodécanèse.

mercredi 06 septembre 2017

Saison 2017 : 8ème billet. Du 29 août au 5septembre 2017, de Iéraka à Iéraka

Je vous avais laissé à Iéraka (qui s’écrit aussi Géraka) où nous avons retrouvé avec un très grand plaisir Marisa et Fabio, qui naviguent depuis de très nombreuses années en Grèce. Nous avions passé le canal de Corinthe en même temps qu’eux à notre arrivée en 2014. Ils nous avaient alors donné un coup de main à l’amarrage et d’excellents conseils dont nous tirons toujours profit aujourd’hui. Nous avons bavardé autour d’un verre comme de vielles connaissances ! Très agréable !

Mardi 29 août 2017

Fabio et Marisa sont au quai, nous pensons les rejoindre si la place se libère à leur côté...pas de chance elle reste occupée toute la matinée !

Et puis de toute façon la météo annonce du vent du Nord-Nord Est assez fort à fort qui devrait rentrer cette nuit alors, après le déjeuner, le capitaine décide de lever l’ancre et d’aller trouver un bon abri de l’autre côté du cap Maléas, dans la baie Vathica au Sud Est du golfe Lakonikos entre l’île Elafonisos et la chaîne du Parnon qui aboutit au Cap Maléas.

J’essaie de vous situer les lieux. Quand on regarde une carte, le Péloponnèse ressemble à une main droite à 4 doigts. Aujourd’hui c’est l’index que nous allons contourner. Il se termine au cap Maléas et se prolonge 6 miles plus au Sud par l’île de Kithira (Cythère).

C’est un cap très sauvage et très impressionnant qu’il est difficile de franchir par fort vent de Nord Est (dans le sens Ouest-Est pour rejoindre Athènes depuis l’Italie par exemple) mais aussi pas fort vent d’Ouest quand on veut rejoindre les Ioniennes depuis la mer Egée...un vrai cap !
Le Cap Maléas vu du sud
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Nous doublons son phare niché dans les hautes falaises de sa face Est à 17h40 et, dix minutes plus tard, nous passons sous le monastère qui garde sa face Sud. Monastère du bout du monde, construit au bord de la falaise, face aux tempêtes : isolement et méditation sur la force des éléments garantis !

Après avoir passé le cap et ses hautes falaises nous longeons des terres basses et désolées.

A 19h20 nous sommes mouillés à Palaiokastro dans une baie protégée par une haute digue à l’Ouest. Nous sommes du bon côté par rapport au vent annoncé ! Jean-claude va vérifier l'accroche de l’ancre, la nature du fond, l’évitage. Les fonds de vase, sont de 7 mètres réguliers jusque très près du bord. Nous pouvons dérouler de la chaîne et du câblot...en principe nous sommes prêts !

Tout est parfaitement paisible quand nous partons nous coucher.

Mercredi 30 août 2017

Il n’est pas tout à fait 1 heure du matin quand le vent rentre. Il vient bien de la bonne direction mais il est accompagné de fortes rafales encore accélérées par la montagne toute proche.

Quand la rafale arrive, le bateau vibre, la mâture siffle, l’artimon au dessus de ma tête proteste...bon, difficile de dormir dans ces conditions.

Au petit matin, le vent se renforce encore, l’ancre chasse un peu... Le capitaine décide d’aller voir si les plages de sable du Sud d’Elafonisos ne seraient pas plus confortables !

Nous les atteignons rapidement, poussés par ce vent fort dans la mer qui blanchit !

Dans le vent fort et la mer blanche
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Nous mouillons alors devant une magnifique plage de sable, bordée de dunes, elle s’appelle Frangos. Elle est séparée par un étroit banc de sable d’une deuxième plage, Sarakiniko. Un nouveau paysage grec !

Les fonds de sable de 5 à 7 mètres, de bonne tenue s’avancent très près de la plage. Nous pouvons dérouler autant de longueur de chaîne que nécessaire et si le vent souffle toujours aussi fort les rafales sont beaucoup moins brutales car il n’y a pas de hautes montagnes pour provoquer les accélérations soudaines et brutales qui sont si inconfortables.

Je crois que nous allons pouvoir attendre ici que le vent se calme.

En fin d’après-midi, nous partons faire un tour sur la dune et quelques photos !
A gauche Sarakiniko, à droite Frangos où Doug Le nous attend, en face Levki
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La nuit sera réparatrice !

Jeudi 31 août 2017

C’est sur l’eau, dans ce décor magnifique que nous apprenons le décès de notre ami Jean-Charles, un amoureux de la mer, bon marin, excellent pêcheur. Nous avons tant partagé autour de son paradis minorquin ! Nos pensées affectueuses s’envolent vers Danielle son épouse.

Nous passons une journée tranquille dans le coin.

Vendredi 1er septembre 2017

Le vent est complètement tombé, nous partons pour Cythère (en fredonnant «Pars, pars, pars pour Cythère...» les amateurs d’opéras ne peuvent pas y échapper !)

Une dizaine de miles plus au Sud et nous voilà installés à Dhiakofti.

C’est le port des ferries sur la côte Est de Cythère. Une grande baie entre la côte et l’île Makronisi aujourd’hui reliée à la terre par un pont et dont la point Nord est prolongée par une jetée. Les quais et installations portuaires sont installées là, sous la jetée. Le petit port de pêche traditionnel, lui, se trouve au Sud de la baie côté terre.

Encore un endroit plutôt tranquille et peu fréquenté ! Nous sommes seuls dans la baie à notre arrivée !
Taverne tout au bord de l'eau à Dhiakofti
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Il faut dire que cette belle île de Cythère qui vit la naissance d’Aphrodite a beaucoup perdu de son lustre et de son intérêt d’autrefois. En effet, ce fut un lieu de passage pour toutes les routes commerciales entre mer Egée et Méditerranée occidentale pour les Crétois, les Phéniciens, les Grecs de toutes les périodes puis les Romains et enfin les Vénitiens !

L’intérêt stratégique de Cythère s’était confirmé jusque pendant la deuxième guerre mondiale !

Mais depuis elle était entrée progressivement en sommeil.

Alors qu’elle se modernisait tranquillement pour s’adapter aux exigences du tourisme moderne, elle a tout récemment a subi les effets désastreux de deux accidents écologiques, d’abord en 2000 l’échouage d’un cargo pétrolier sur l’îlot Fidonisi (juste à l’extérieur de l’île Makronisi) qui provoqua une belle marée noire puis en 2004 un séisme de magnitude 5,6 à 5,8, enfin, à partir de 2010, les effets de la crise financière...

Elle est redevenue une belle endormie pour le plus grand plaisir des amateurs de solitude !

Je vous montre les images du pétrolier échoué sur l’îlot Fidonisi, on dirait qu’il a tenté une ascension : touché, coulé !
Le Nordland échoué, devenu amer remarquable sur Fidonisi
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Samedi 2 septembre 2017

La météo est toujours calme et nous allons visiter la baie Saint Nicholaos et le village d’Avlemona à quelques miles au Sud.
La baie Saint-Nicholaos, côte est de Cythère
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Le soir nous sommes de retour à Dhiakofti.

Cette fois-ci il nous faut recommencer le mouillage plusieurs fois avant de trouver une rond de sable pour bien crocher l’ancre. En effet, le fond est pour partie constitué de grandes dalles de pierres plates recouvertes d’une fine couche de sable (ça c’est pour tromper le plaisancier !) et bien sûr l’ancre glisse sur les dalles sans se planter ! Au moindre souffle d’air, ça dérape ! Il vaut mieux aller vérifier !

Dimanche 3 septembre 2017

Nous profitons du vent d’Ouest (15-20 nœuds) pour entamer le voyage de retour. Cythère aura été le point le plus méridional de notre périple de fin de saison.

En moins de deux heures nous atteignons le cap Maleas, 7 nœuds de moyenne, vent de travers. La lumière est superbe, le Péloponnèse apparaît rose orangé sur fond bleu !

Passé le cap, le vent nous abandonne mais les poissons veulent bien attaquer nos hameçons : une bonite et une petite sériole jaune viendront ainsi compléter notre déjeuner.

A 12h40 nous entrons dans le port de Monemvasia où nous trouvons une belle place en long, sous la jetée.

Le vent s’est remis à souffler mais là, nous pouvons attendre !

Je suis très heureuse que nous ayons pu nous arrêter à Monemvasia. Certes nous y étions déjà venus l’an dernier avec nos amis Yves et Geneviève mais, partis visiter trop tard le rocher citadelle, nous n’avions pas pu accéder à la ville haute !

Vous le savez bien, les sites archéologiques, la plupart des musées, en Grèce, sont fermés à 15h !

Il faut prévoir les visites à la fraîche ! Entre nous soit dit, c’est effectivement le meilleur moment : avant les chaleurs étouffantes et les hordes de touristes !

Demain matin nous nous lèverons de bonne heure !
Le rocher nous attend ! Photo prise depuis le port
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En attendant, nous retrouvons avec plaisir le jeune maître de port qui parle français et nous indique quelques bonnes adresses de restaurants pour ce soir.

Lundi 4 septembre 2017

A nous la ville haute !

Le site est vraiment remarquable !

Il vous faut faire une recherche internet pour avoir plans et photos du "Gibraltar de la mer Egée."

Cette place forte médiévale byzantine est unique : l’isthme, le rocher entouré d’eau, la ville basse en pierres blondes et tuiles roses entourée de remparts, la ville haute à laquelle on accède par une rampe escarpée fermée de lourdes portes. Au sommet, on découvre un grand plateau cerné de falaises, défenses naturelles, surmontées de remparts. Il abrite d’anciennes constructions militaires et administratives, une très vieille église orthodoxe, construite tout au bord de la falaise Nord, des citernes remarquables, une citadelle...et en plus vous propose une vue exceptionnelle ! Ce site, particulièrement bien placé est resté sous administration byzantine jusqu’à l’effondrement de l’empire, puis convoité par les puissances commerciales ou militaires de l’époque il est passé alternativement et successivement sous administration vénitienne ou ottomane quasiment jusqu’à la guerre d’indépendance... Nous avons bien apprécié la promenade et la visite.
Depuis le sommet de la citadelle, tout en haut de la ville haute
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Depuis la ville haute, vue sur la ville basse et ses remparts
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Descendus de notre place forte nous avons fait le plein de vivres et comme il s’est mis à faire très chaud ...vers midi nous décidons de larguer les amarres et d’aller déjeuner en mer.
Le rocher depuis la mer, un dernier regard admiratif en partant
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En début d’après-midi nous sommes de retour dans le beau mouillage de Iéraka (Géraka).

Et là, la chance nous sourit, le mouillage se vide, nous nous mettons au quai ! Le confort !

Doug Le à quai à Iéraka
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Mardi 5 septembre 2017

Baignade, chasse, lecture, écriture, promenade sur la colline jusqu’à l’acropole mycénienne de Zarax et ses vestiges de murs cyclopéens : journée paisible à Iéraka !
Au bout du fjord de Iéraka, une lagune peu profonde
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Sur chaque promontoire du Péloponnèse, des vestiges. L'acropole de Zarax est mycénienne, mais cette inscription l'est-elle?

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Demain nous remonterons vers le Nord.

mardi 29 août 2017

Saison 2017 : 7ème billet. Du 16 au 28 août 2017, retour à bord pour la fin de la saison.

Plus de 10 jours déjà que nous avons rejoint notre bord et rien sur le blog, pas une ligne, pas une photo...une très grande paresse m’a saisie !

Il faut que je m’y remette sinon certains vont s’inquiéter !

Le mercredi 16 août nous avons repris l’avion pour Athènes. Il faut bien reconnaître que le vol direct qui relie Toulouse à la capitale grecque en trois heures est vraiment très commode !

Vers 17h le taxi nous a déposé à Saint Nicholas Beach, Agyios Nicholaos, l’anse Ouest de la grande baie d’Anavissou.

Le mouillage est très abrité, à 5 miles à l’Ouest de Sounion, pas très loin de l’aéroport. Un endroit à retenir surtout quand le meltem souffle fort en continu comme cette année !

Sylvie, notre fille, et son compagnon sont en pleine forme, ravis de leur mois de navigation malgré le vent fort ! Ils nous rendent le bateau nickel, avec le plein de vivres pour une semaine ! Ils sont parfaits !

Nous passons la première soirée avec eux, au restaurant de la plage...les pieds presque dans l’eau, nous grignotons des sagagnakis en sirotant du rosé bien frais...comme une impression de vacances...

Le lendemain à 6 heures, Jean-Claude débarque les enfants pour qu’ils puissent prendre leur taxi. Nous retrouvons nos marques à bord, puis vers 12h30 nous levons l’ancre pour voyager vers des cieux un peu moins ventés.

Cap au Sud Ouest, vers Ermioni, le fond du Golfe d’Hydra. Le vent de 3/4 arrière nous y pousse à bonne allure.

A 18h22, notre mouillage est terminé dans l’anse Dartiza...7,3 nœuds de moyenne ! Pal mal pour une reprise !

Dartiza est une grande anse qui se situe juste à l’est d’Ermioni, sur la rive Nord du Golfe d’Hydra. L’environnement n’y est pas particulièrement joli avec ses vestiges de ce qui semble être une exploitation minière, en revanche le mouillage est calme et sécure (notamment par vent de Nord) et le poisson fidèle au rendez-vous du chasseur sous-marin !

Nous allons y rester trois jours !

Le flux de Nord est toujours présent...c’est une année avec meltem !

Au rendez-vous téléphonique du soir les nouvelles de mes parents sont correctes, plutôt stables...je me détends un peu !

Dimanche 20 août 2017

Il nous faut quand même reprendre le cours du voyage et puis aussi faire quelques courses !

La journée sera faite de petits sauts de puces !

Un premier arrêt à Ermioni pour faire les courses sera suivi d’un second à Spetsai pour une pause déjeuner et une petite baignade, d’un troisième dans la petite anse derrière la pointe Ververouda et enfin d’un dernier à Porto Khéli pour la nuit.

Avec le vent qui bascule au nord dans la nuit le capitaine a choisi un endroit sûr pour dormir, Porto Khéli, abrité de tous les vents...c’était sans compter avec la musique forte des lieux de villégiatures l’été ! Le lendemain matin nous fuyons vite cette baie bruyante pour nous installer à quelques 5 miles de là dans l'ouest, aux îlots Korakonisia.

Nous faisons une manœuvre pour nous accrocher cul aux rochers...je n’aime pas ça ! Allez savoir pourquoi ! Je m’applique, pourtant, mais je réussis à emmêler mon cordage...le capitaine reste serein...il avait parfaitement réussi sa manœuvre, lui ! Une fois bien amarrés nous profitons de l’eau claire, des poissons, des coquillages et du calme...jusqu’au mercredi 23 août.

Là, vous aurez droit à une petite photo car bien que nous nous soyons déjà arrêtés à Korakonisia le capitaine n’avait pas souvenir d’y avoir fait des images !
Doug Le accroché aux rochers à Korakonisia
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Mercredi 23 août 2017

Nous sommes dans le Péloponnèse et plus précisément dans Golfe Argolikos au fond duquel se trouve la ville de Nauplie.

Ici, l’été, d’ordinaire, le vent du Nord, plutôt faible, souffle le matin, alors que dans l’après-midi se lève une brise de Sud Sud-Est, parfois soutenue.

C’est précisément ce que nous prévoit la météo, une journée standard ! Nous visons donc le mouillage qui se trouve au Nord de l’île Tolo, protégé du Sud par l’île elle-même et du Nord par la falaise à laquelle s’adosse la petite ville de Tolo, de l’autre côté du chenal.

Le paysage est toujours aussi beau ! Nous y étions venus en juillet 2016. cette fois-çi nous empruntons à pied le chemin qui monte jusqu’au sommet de l’île et conduit sur le site d’une ancienne place forte, jusqu’au Kastro d’où la vue est magnifique.

Depuis le vieux Kastro au sommet de l'île Tolo
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L'équipière dans la montée, le Golfe Argolikos en arrière plan
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Du jeudi 24 au samedi 26 août 2017 : Astros

La météo prévoit à nouveau du vent de Nord assez fort et nous avons besoin de faire le plein d’eau, de gazole aussi, de déposer un gros sac de linge dans une laverie et de faire à nouveau quelques courses...le port d’Astros nous tend les bras. Il est à quelques 12 miles de Tolo et les forums nous apprennent qu’il a été agrandi et rénové...c’est l’occasion d’aller voir !

Quand nous y arrivons le port est calme et presque vide. Nous choisissons une belle place pour culer à quai près d’une borne d’eau et d’électricité. Il nous sera facile de refaire le plein d’eau et de rincer le bateau qui en a bien besoin.

Le grand quai est très bien orienté pour les brises de l’après-midi. La petite station balnéaire, très coquette, est surmontée d’un Kastro qui vaut un petit effort sous le soleil ! les tavernes abondent, il n’y a que l’embarras du choix !

Le joli port d'Astros depuis une des fenêtres du Kastro
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La première nuit sera très calme, pas de vent, pas de musique !

En revanche le Nord, qui se lève le vendredi matin, balaie le quai un peu par le travers. Il vaut mieux avoir prévu de mouiller long.

Vendredi matin nous profitons de la venue d’un petit camion de livraison de gazole commandé par un autre plaisancier pour faire le plein nous aussi. Le «diesel man» est charmant et serviable, marié à une française. Il nous fait le plein très proprement, pas une goutte de gazole n’est tombée en dehors du réservoir ! Il nous prend également notre sac de linge et tente de nous trouver une voiture à louer pour le lendemain.

Je vous note son numéro de téléphone : +30 2755051008 ou +30 6974194250.
He is a very good guy !

Dans la journée de vendredi le port se remplit (la météo ? la fin de semaine ?). A la nuit tombée il sera plein comme un œuf !

Il n’est pas certain que la manœuvre de déhalage sera facile...une chaîne peut toujours en croiser une autre !

En effet, lorsque nous quittons le quai le samedi après le déjeuner...nous remontons également l’ancre du voisin ! Heureusement un plaisancier néerlandais vient en annexe nous donner un coup de main pour dégager tout ça ! Merci à lui ! Il n’est jamais très agréable d’être trop longtemps le clou de ce genre spectacle !

Une heure plus tard nous mouillons dans une grande baie, à 6 miles dans le Sud d’Astros, sous le cap Dhimitrios, protégée du vent du Nord qui souffle encore. C’est très profond. Il faut donc s’approcher au ras des bouées qui marquent la plage où les sondes sont de 10 mètres. Avec 50 mètres de chaînes au fond nous sommes parés !

Le soir nous sommes seuls sur l’eau, entourés de hautes falaises, juste quelques belles maisons sur la droite dont bien peu sont occupées d’ailleurs !

Lorsque le vent se calme, la nuit, une longue houle très arrondie vient nous bercer un peu, puis tout s’aplanit.

Dimanche 27 août 2017

Le vent du Nord souffle encore !

Nous allons glisser vers le Sud, à bonne allure, sous foc tangonné et artimon, jusqu’à la baie de Foniakos.

Un premier petit creux à droite abrite quelques barques et donne l’impression d’être très protégé...impossible d’y mouiller, c’est trop profond.

En revanche on peut, (il faut !) mouiller dans le coin à droite de la grande plage. Il y a du fond (6-10 mètres) jusque très près du bord sur 360°.

D’ailleurs nous nous étions installés nez à la plage à l’heure du déjeuner et nous nous sommes réveillés de la sieste cul à la plage...nous n’avons pas senti la renverse !

Le mouillage au bout de la longue plage de galets blancs de Foniakos
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Du coup nous savions que nous aurions un moment inconfortable le soir lorsque le vent faiblirait puis se remettrait au Nord...j’ai donc emmené mon capitaine au restaurant de la plage où le roulis était inexistant et la nourriture très bonne !

Lundi 28 août 2017

Le vent du Nord souffle encore !

Dans la même configuration que la veille nous allons à nouveau glisser vers le Sud jusqu’à Iéraka (ou Géraka). Vous vous souvenez, cette baie comme un fjord surmontée sur la droite d’un château de type mycénien ! Notre amie Geneviève nous avait fait le plaisir d’une jolie aquarelle lors de notre passage en septembre 2016.

Nous y sommes arrivés peu avant midi après avoir pêché deux beaux maquereaux à la traîne.

samedi 15 juillet 2017

Saison 2017 : 6ème billet, du 29 juin au 15 juillet 2017, Lesbos et retour à Porto Rafti par Psara

Du 29 juin au 8 juillet 2017 : Lesbos

Peu après 9h, le jeudi 29 juin, nous quittons Parapanta au Nord de Khios pour rejoindre Lesbos.

Lesbos est une des grandes îles de la mer Egée, très proche de la Turquie. Elle a la forme d’un triangle, pointe au Nord Est. Sa longue côte sud est découpée par deux grands golfes, celui de Kalloni qui s’ouvre au milieu de la côte Sud et celui de Yéras (ou Géras) un peu moins profond, qui s’ouvre à l’angle Sud Est de l’île.

Nous naviguons plein Nord au moteur, par mer très calme, et visons une baie de la côte Sud, Mersinia, où nous arrivons vers 14h.

C’est une baie qui propose deux grandes anses, nous choisissons celle de gauche...l’autre est très belle également avec sa chapelle blanche.

Nous en partons le lendemain pour aller à la découverte du Golfe de Yeras.

L’entrée et le chenal sont semés de quelques embûches, hauts fonds et îlots, mais ils sont parfaitement indiqués sur les cartes et les plans. Passé l’îlot Kaloyeros, aisément identifiable par sa balise de pierres, il suffit de longer la rive droite du chenal en suivant les sondes supérieures à 10 mètres et de laisser à bâbord les îlots Vromonisi puis Ay Vasilios (Square Rock chez Heikell). Bien sûr par très grand vent il faut quand même se méfier des courants ! Pour autant, rien à voir avec la vigilance requise pour la navigation antillaise entre les récifs de coraux !

Vendredi 30 juin, en milieu d’après-midi nous mouillons dans l’anse de Skala Loutra. Au fond de la baie, un petit port de pêche, un chantier de réparation, un quai pour les bateaux de passage, une taverne, un très beau bâtiment avec cheminée dont on ne sait pas encore ce qu’il est, et, niché dans la colline, le village tout blanc de Loutra.
Arrivée à Skala Loutra
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Le soir même nous testons la taverne, l’accueil est sympathique mais la nourriture très médiocre.

Nous apprenons que le beau bâtiment avec cheminée est en fait une ancienne huilerie, restaurée et transformée en établissement de type hôtelier. Une équipe est d’ailleurs en train de monter estrade et sonorisation pour une fête de mariage qui aura lieu samedi soir. Nous constatons, étonnés, qu’une partie du toit de la bâtisse, sous la cheminée, est complètement effondrée. L’incident est très récent. Il y a eu un tremblement de terre, relativement puissant, au large de Lesbos, au début du mois de juin. L’épicentre était en mer à 10 miles au large de Plomari mais la secousse a fait quelques dégats sur l’île et notamment fait tomber le haut de la cheminée sur le toit de notre bâtiment...
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Pour tous les détails je vous renvoie sur le site du «Petit monde de Troll»...il a vécu l’événement en direct !

Tout ça pour nous rappeler que la mer Egée est une zone volcanique et sismique toujours active !

Le lendemain, nous partons de bonne heure vers le village de Loutra pour refaire le plein de vivres. Une petite demi-heure de marche au milieu des oliveraies. Pas un souffle, il fait vraiment chaud. Au village, nous trouvons tout ce qu’il nous faut et redescendons au port une bouteille d’eau glacée dans une main le sac de courses dans l’autre !
Skala Loutra depuis l'église tout en haut du village
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Nous trouvons quand même le courage de monter jusqu’à la chapelle qui surplombe le chantier, histoire de faire quelques photos. Jean Claude y oublie son chapeau, mais nous le retrouverons, soigneusement attaché à la corde de la cloche de la chapelle, la semaine suivante !
Skala Loutra depuis la chapelle
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Après le déjeuner nous quittons Skala Loutra, remontons le Golfe de Yéras jusqu’à l’îlot Saint Nicholas puis faisons demi-tour pour aller mouiller à l’entrée du Golfe, dans l’anse de Kavourolimi, loin des festivités bruyantes du mariage annoncé.

Nous y restons jusqu’au lundi 3 juillet.

Les nouvelles de la maison ne sont pas très bonnes...pas alarmantes non plus, préoccupantes...

Lundi 3 juillet 2017, nous levons l’ancre pour Mytilène, la capitale de Lesbos. C’est un grand port commercial, en demi-cercle, protégé par de grandes jetées et brises-lames. Dans sa partie Sud, s’ouvre la marina. C’est une marina moderne, du groupe turc Setur, avec pontons, catways et pendilles (comme il n’y en a très peu en Grèce !). Bien sûr avec eau, électricité, bloc sanitaire avec machine à laver en accès gratuit, aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Un accueil pro (même si les marins sont un peu gauches et ne savent pas faire un noeud à un taquet !). Si vous avez besoin de gazole, d’un taxi, d’une voiture etc. la secrétaire s’occupe de tout...La marina est gardée jour et nuit, l’accès aux pontons est sécurisé.

Pour notre 12 mètres, le tarif est de 21 euros la nuit (plus les consommables eau et électricité). Si vous êtes membres de certaines associations (pour nous STW) vous pouvez bénéficier de 10% de remise. Excellent rapport qualité/prix !

Nous profitons aussi bien de la machine à laver que de la promenade en ville et retenons une voiture pour le lendemain matin afin de visiter l’île par la terre.

Un vent assez fort, 5 à 6 Beaufort, est annoncé pour la nuit et les jours suivants. Ça y est, le meltem fait son entrée !

Le lendemain matin, le vent est là, la voiture aussi !

L’île est montagneuse, très cultivée, de belles oliveraies bien entretenues sur une grande partie du territoire. Les habitants de Lesbos ont maintenu la tradition et sont passées à l’huile d’olive A.O.C. bio...elle est excellente.

En revanche, l’extrémité Ouest de l’île dans le secteur de Sigri est complètement desséchée et caillouteuse, nous sommes au pays de la forêt pétrifiée...un phénomène géologique rare de fossilisation des arbres en place. En haut du village de Sigri, le musée, moderne, très bien fait, donne aussi accès à un parc d’arbres pétrifiés. Nous n’avons pas pu visiter les deux autres sites remarquables : le plus grand où l’on peut marcher dans une véritable forêt pétrifiée, était fermé, l’autre situé sur une petite île était inaccessible pour cause de grand vent...il nous faudra revenir une autre année, par temps calme, dans ce site si particulier.
Le site de Sigri depuis le parc du musée
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Dans notre traversée de Lesbos, d’Est en Ouest, nous nous sommes arrêtés dans la petite ville de Kalloni qui est pratiquement au centre de l’île ainsi que dans les jolis villages de Paraskevi et d’Agiasso. Nous y avons fait de bons achats : miel de châtaignier, fromage, huile d’olive, œufs de ferme, petites poires...que des choses qui se mangent !

J’ai failli oublier de vous signaler que Lesbos est aussi l’île de l’Ouzo !

Au retour, arrêt au super marché à Mytilène, afin de profiter du coffre de la voiture pour trimballer les grosses courses...



Une fois les vivres rangés, je m’allonge, je suis claquée...mon capitaine va me cuisiner une bonne assiettée de spaghetti à la tomate pour me requinquer !

Mercredi 5 juillet, le vent souffle à 20-25 nœuds, rafales à 30.

Jean-Claude prépare soigneusement sa manœuvre de déhalage car nous devons sortir en marche arrière, contre le vent. Un marin vient nous aider à larguer les amarres avant au quai et nous sortons de la panne sans problème, il est 10h30.

Nous naviguons à la voile jusqu’à l’entrée du Golfe de Yéras.

C’est là, en mer, que nous apprenons que deux de nos petits enfants, Diane et Elouan, sont bacheliers ! Les grands-parents ne sont pas peu fiers !

Nous remontons le chenal au moteur jusqu’à Skala Loutra. Le vent y souffle fort mais l’abri est sûr. Avec 40 mètres de chaîne doublée d’ une bonne longueur de câblot...rien ne bouge !

Nous restons à Skala Loutra jusqu’au samedi 8 juillet où le vent doit se calmer suffisamment pour nous permettre de retraverser la mer Egée vers le Sud-Ouest.

Du samedi 8 au dimanche 10 juillet 2017 : Lesbos - Psara - Evia

Comme prévu, le vent se calme juste assez pour que nous puissions entamer notre retour confortablement vers Evia (ou Eubée).

Le samedi 8 juillet, à 7h30 nous quittons Skala Loutra et visons l’île de Psara.

Un vent modéré (15-20 nœuds) de Nord doit nous y pousser gentiment.

Le vent est au rendez-vous jusqu’à la verticale de Plomari (la capitale de l’Ouzo!) puis il s’arrête pendant quelques miles et se relance, un peu plus fort, pour la dernière partie de la journée. Nous déboulons bon train à 7 nœuds de moyenne sur la pointe Sud Est de Psara.

C’est une toute petite île à 12 miles au Nord-Ouest de Khios, un caillou dénudé et sauvage, ébouriffé par le vent, dont l’anse Sud abrite un petit port, un village fortifié, et de belles plages le long desquelles il est possible de mouiller à l’abri des vagues générées par le vent du Nord.

Nous mouillons dans une des criques près du port, il est 16h45. La beauté sauvage du lieu nous saisit !
Psara
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Le lendemain matin, nous levons l’ancre à 7h. Nous faisons un tour au moteur pour voir l’intérieur du port, la place à quai pour les bateaux de passage est très restreinte... Puis dans le mouillage sauvage d’Antipsara (la petite île dans l’Ouest de Psara!) : magnifique ! Ça nous donne vraiment envie d’y revenir pour y séjourner un peu plus longtemps.

Nous entamons notre descente vers le Sud d’Evia.

Nous naviguons à bonne allure, les 65 miles sont avalés en 9 heures. Après avoir passé la pointe Sud Est d’Evia nous avons envie d’aller voir si l’anse Kastri offre un abri suffisant par ce vent. Elle s’ouvre dans la côte Sud d’Evia, juste au Nord de l’îlot Mandhili à quelques miles à l’Est de Karistos. Finalement, bien que le vent y souffle assez fort, le mouillage est correct et nous y passons la nuit.

Du lundi 10 au jeudi 13 juillet 2017

Nous explorons de nouveaux mouillages dans un endroit que nous commençons pourtant à bien connaître : Likourimas au Sud Ouest d’Evia et l’anse Sud Ouest de la baie de Karistos.
L'anse Sud Ouest de la baie de Karistos
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Mais nous retrouvons également avec plaisir, le quai de Karistos si facile pour faire les pleins (eau, gazole, vivres) et la belle anse Vassiliko au Sud de Mégalo (la grande île Petaloi).

Le vent souffle fort, de Nord, faiblit un peu la nuit et reprend de plus belle dans la matinée! C’est l’été en Grèce, le meltem est là !

Du vendredi 14 au samedi 15 juillet 2017

Vendredi après déjeuner, nous quittons Vassiliko pour une petite traversée de 12 miles jusqu’à Porto Rafti.

Nous y avons rendez-vous avec notre fille pour lui confier Doug Le.

Aujourd’hui, samedi, nous avons mis le bateau en ordre. Elle arrive tout à l’heure vers 23h30 et lundi 17, nous aurons repris l’avion pour Toulouse.

Petite fermeture du blog jusqu’à la mi-août.

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