Doug Le

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dimanche 23 septembre 2012

Et si c'était à refaire...

82 billets et 199 commentaires plus tard, il est temps de faire le point.

1. Envie de partir ?

Alors on se prépare et on y va !
Il n'y a ni moment ni âge privilégiés.

Bien sûr il faut lâcher la rive et c'est sans doute plus difficile que cela en à l'air puisque beaucoup disent en rêver et puis...

D'ailleurs, aujourd'hui, si on veut maintenir des liens forts avec « la terre », les parents, les enfants, les petits enfants...c'est tout à fait possible et facile : internet, le blog, la messagerie, Skype  ; les nouvelles fusent autour du monde pour quelques centimes d'euros ! Pendant les longues traversées le téléphone satellite est très performant, juste un peu plus cher ! Et puis on trouve des aéroports internationaux partout !

Un conseil donc : quand les conditions sont réunies (ou presque réunies), ne pas tergiverser, ne pas différer, prendre tout ce qui est bon sans laisser passer son tour et partir !

Nous n'avons donc aucun regret rétrospectif , nous avons largué les amarres quand il le fallait ! Aujourd'hui, nous sommes riches de 2 années de voyage. Et, dans la tête, prêts à repartir ! Nous savons que c'est possible, nous l'avons déjà fait !

2. Le choix du bateau

Notre Sharki : un quillard en polyester, le bateau quasi idéal pour deux !

Les qualités :

  • Un ketch, lourd, confortable facile à régler et équilibrer sous voiles
  • Un cockpit profond et très protégé
  • Un accès très facile au carré depuis le cockpit : seulement deux marches
  • D'origine, des réserves d'eau douce (750litres) et de gazole (330litres) qui garantissent une excellente autonomie
  • Des dimensions 11,95m/3,60m/1,85m suffisantes pour deux, qui permettent de rentrer partout (pontons étroits, marinas peu profondes) à des prix qui restent raisonnables. En effet, les tarifs tant des amarrages (ports et bouées) que des taxes à l'entrée dans les états étrangers, augmentent très sensiblement au delà de 12 mètres...nous sommes juste en deçà. Par ailleurs, dans certains ports, aux Açores notamment, mais aussi en Méditerranée, les pannes sont très étroites ...impossible d'y caser deux bateaux modernes...le Sharki avec ses 3,60 m et à l'aide de son propulseur d'étrave se glisse à peu près n'importe où !

Le petit « moins » :

  • son arrière étroit et donc sa propension à rouler en navigation par vent portant. Mais bon, au milieu de l'océan il y a des grosses vagues, tout le temps, et elles font rouler les esquifs ! A noter que le Sharki ne roule pas du tout au mouillage, en revanche !

Bien sûr, si vous avez de gros moyens vous pouvez viser un bateau plus gros, voire un catamaran. Ce sera plus confortable dans les grandes traversées et la taille ne pose pas de problème dans les magnifiques mouillages des Antilles...mais il faut prévoir un budget d'acquisition puis d'entretien et d'amarrage nettement plus élevé et peut-être renoncer à pénétrer dans certaines passes, à accéder à de petites criques ou de petits ports pour cause de tirant d'eau ou de grande largeur pour les multicoques...

Par ailleurs, s'agissant des quillards monocoques, les débats sur les forums que nous fréquentons présentent l'alternative suivante, très simple. Le choix s'effectue entre :

  • un bateau moderne, léger, à l'arrière très large, qui surfe au vent arrière mais tape très fort par vent debout, rapide et fatigant, plutôt un sprinter !
  • un bateau plus lourd, qui passe confortablement les vagues au près mais...roule par mer formée de l'arrière, moins rapide mais régulier, un coureur de fond !

Notre expérience nous permet quelques comparaisons :

  • Nous avons navigué de conserve entre Canet-en-Roussillon et les Canaries avec un Sun Legende doté d'un équipage comparable au nôtre (le skipper et son équipière). Ils étaient régulièrement 10% plus rapides que nous et entre 50% à 60% plus fatigués à l'arrivée !
  • Nous avons côtoyé aux Açores un Jboat de 13 mètres. Ils étaient 3 à bord. Au moindre petit souffle le J est tout de suite à 8 nœuds. Ils auraient dû traverser comme des bombes en 10 jours depuis Saint-Martin. Ils ont mis plus de temps que nous car dans la tabasse et en équipage réduit, GV très arrisée et sous Solent, la performance fléchit beaucoup et en plus ils avaient tout mouillé ! Notre Sharki sur ce trajet a été régulier, brave bête endurante, stable autour de 6 nœuds...Résultat : une traversée Saint-Martin Les Açores en 15 jours et 14h30 (voir les billets correspondants) sans se mouiller, sans avarie.

A vous de choisir !

Un conseil toutefois, si votre programme est méditerranéen, vous aurez du mal à caser un bateau de plus de 12 mètres dans nombre de ports traditionnels !

Pour nous, donc, pas de regret non plus sur le choix du bateau d'autant que le prochain voyage sera sans doute la Méditerranée orientale. Pour une nouvelle traversée de l'Atlantique et, pourquoi pas, une incursion du côté du Pacifique...on verra ! Pour tout vous avouer, je rêve un peu du Super Maramu !

Enfin, une dernière anecdote et petite analyse sociologique sur les propriétaires de Amel, car c'est bien ce que nous sommes. En voyage au long cours, les Amel sont nombreux, sous pavillon français, bien sûr, mais aussi et surtout sous pavillons américain ou canadien. Entre eux les propriétaires de Amel se saluent et se portent éventuellement assistance.
En revanche avec les autres bateaux les échanges peuvent être de nature très différentes :

  • Pour les bateaux français on note une méfiance générale vis à vis des équipages Amel, considérés comme de vieux bourges pas sympa !!! Ils sont tout étonnés de découvrir que vous pouvez être, certes, plus très jeunes, mais pas snobs du tout et plutôt accueillants !
  • Pour les bateaux nord américains, Amel (même le plus petit d'entre eux comme le Sharki) est une référence : échanges, questions voire invitations garantis. Nous l'avons découvert lorsque nous sommes arrivés aux Canaries en novembre 2010. Les équipages des bateaux mouillés à Graciosa avaient l'habitude de se retrouver à la plage autour d'un verre en fin d'après-midi. Nous fûmes alors présentés à tous comme « The Amel » par les leaders du groupes, des américains qui possédaient un bateau autrement plus grand et plus luxueux que le notre. Interrogés sur leur connaissance du chantier ils nous ont répondu: « la France c'est Champagne, Tour Eiffel et Amel ! » No comment !

3. La préparation du bateau, les équipements

Quand nous avons acheté le bateau il était sain, bien entretenu, mais il avait 20 ans (il est de 1989). Nous avons tenté de tout vérifier mais...

31 . Le gréement, les voiles

D'emblée nous avons changé le gréement dormant et les voiles principales, Génois, Grand Voile et Artimon. Le choix de l'Hydranet pour les trois voiles et des lattes verticales pour la Grand Voile à enrouleur s'est avéré excellent. C'est plus cher mais la performance du bateau sous voile est nettement supérieure et nous n'avons aucune déchirure ou déformation à déplorer. L'entretien des voiles à l'issue du voyage portera sur les bandes anti UV et les goussets des lattes verticales, le reste n'a pas bougé ! Nous n'avions pas lésiné sur la voile d'artimon et nous avons bien fait. Sur le Sharki, cette voile est sollicitée très souvent. En effet, du bon plein au grand largue, lorsque les alizés sont puissants, la GV est roulée et le bateau trace, équilibré, sous génois plus ou moins roulé et artimon.

Notre spi « Easy Rider » n'est pas très facile d'utilisation et du coup nous ne l'avons que très peu envoyé : quand nous repartirons, surtout dans les petits temps de la Méditerranée l'été, nous penserons très fort au Gennaker.
Enfin, notre prochain investissement se fera dans une trinquette. Le petit triangle plat pour mieux remonter dans le gros temps, pour être tranquilles la nuit... nous a manqué. Aujourd'hui nous affirmons que pour le grand voyage la trinquette est une voile indispensable. L'éternelle question porte sur le fait de savoir si elle doit être à poste sur enrouleur ou sur étai largable.

Le conseil de Doug Le : les meilleures voiles possibles et une trinquette si elle n'est pas prévue d'origine sur le bateau.

32. Le moteur

Notre Perkins Prima d'origine n'avait pas beaucoup d'heures de vol et avait été entretenu régulièrement (factures à l'appui) . Nous nous sommes servi du bateau deux années avant de partir et Jean-Claude avait effectué l'entretien de routine habituel : vidanges du moteur et de l'inverseur, changement des filtres à huile, à gazole, du pré-filtre, vérification et changement de la turbine de pompe à eau et aussi changement du waterlock, entretien du presse étoupe mais pas de dépose du moteur pour une vérification et un entretien complet à l'atelier.
On aurait dû...
En effet, la fuite au joint de culasse qui nous a valu trois semaines de zone technique à Pointe à Pitre plus quelques conséquences désagréables ensuite était due à la rupture d'une vis de culasse cassée au serrage il y a fort longtemps. Une révision complète du moteur à l'atelier aurait évidement prévenu cette panne et toutes ses conséquences.
En effet, si le changement du joint de culasse a été correctement effectué en Guadeloupe, en revanche, à la suite de l'intervention le moteur était complètement désaligné (les mécanos sont incapables de travailler sur un accouplement souple type Amel) et la pompe à eau (qui doit être recalée avec un outil spécial sur le Prima) a grillé au bout de quelques heures, ce qui a engendré quelques soucis, angoisses et beaucoup d'interventions du capitaine sous le capot moteur !
Mais du coup nous avons laissé notre bateau à Saint-Martin pour la saison cyclonique 2011 où nous avons fait installer un moteur Yanmar tout neuf (le meilleur du marché : avis unanimes) et, au lieu de faire la boucle atlantique en une année nous l'avons faite en deux ans, profitant de ce fait d'un deuxième hiver aux Antilles.

Là encore on peut avoir le choix : faire reconditionner sérieusement son vieux moteur avant de partir ou le faire « tenir » jusqu'à Saint-Martin où il est avantageux d'en acquérir un tout neuf. En terme de budget les deux solutions se tiennent. La pire étant celle que nous n'avons pas choisie et subie : tomber en panne, faire réparer puis, de guerre lasse, faire changer le moteur !

33. Les instruments de navigation et de communication

S'agissant du pilote automatique, nous disposons d'un double circuit électronique (deux intelligences et deux boîtiers de commande) : un en fonctionnement, l'autre prêt à prendre le relais en cas de défaillance. Nous sommes partis avec un moteur neuf de rechange. Le remplacement du moteur du pilote a eu lieu au bout de deux mois à l'arrivée aux Canaries. Le vieux moteur, après nettoyage et entretien, redevenu pimpant et opérationnel, a trouvé sa place avec les pièces de rechange.
Il faut au moins ça, car barrer le Sharki à la main, en équipage réduit de surcroît ...mieux vaut éviter !
Il nous a juste manqué la possibilité de le faire fonctionner en « mode vent »...problème d'interfaçage entre l'anémomètre B&G et le pilote Raymarine que le capitaine réglera pour le prochain voyage.

Pour les instruments, anémomètre, speedo, sondeur, Doug Le est équipé d'origine d'une centrale B&G. C'est une merveille. Chez B&G, même 20 ans après on trouve au SAV toutes les pièces utiles à l'entretien (petits roulements ...etc) et si les pièces des modèles anciens n'existent plus les nouvelles pièces sont compatibles ! Ah, parlez-moi du très haut de gamme !
Nous avons donc gardé et entretenu précieusement notre vieille centrale Hydra 330.

Nous avions également dès le départ :

  • un GPS de cockpit,
  • un ordinateur doté des cartes marines du monde entier, d'une souris GPS et équipé du logiciel libre de droit Open CPN. Il est interfacé avec notre dispositif AIS,
  • une VHF avec récepteur AIS, dispositif que nous avons complété pour la traversée retour par un émetteur AIS afin « d'être vu ». Il faut savoir qu'au large les gros bateaux ne veillent plus que leur écran où s'affichent les cibles AIS des autres bateaux.
  • Un radar dont nous ne nous sommes quasiment jamais servi sauf pour faire joujou.

Enfin, nous avions acquis, d'occasion, un Iridium, avec son kit data. Il s'est révélé, absolument fiable et nous a permis outre de téléphoner, d'envoyer et recevoir des requêtes météo quotidiennes pendant les longues traversées ou en l'absence de réseau internet à proximité des côtes.

Bien sûr nos illustres prédécesseurs ont navigué sans AIS, sans téléphone satellite, sans GPS et sans traceur, tous équipements demandeurs d'énergie... Pour autant, nous n'en débarquerions aucun ! Sans doute choisirions-nous un ordinateur moins gourmand. Même si le Durabook (un ordinateur « durci ») a fonctionné pendant deux ans sans jamais « planter » une seule fois ! Retrouverons-nous pareille fiabilité ? A suivre...

34. Le confort et l'énergie à bord

Notre bateau était équipé, d'origine, d'un propulseur d'étrave. C'est un système plongeant donc un point à surveiller en terme de voie d'eau potentielle et c'est aussi un moteur électrique de plus à entretenir mais c'est un tel confort pour manœuvrer ! Le capitaine le trouve aujourd'hui tout à fait indispensable, l'équipière confirme. Les arrivées au ponton, à deux, se sont généralement effectuées comme à la parade, dans le silence, avec une belle efficacité !

Nous avons également une climatisation à refroidissement par eau. Elle ne fonctionne que sur le 220 volts, donc au port. Comme nous ne sommes pas des adeptes de la marina nous ne l'avons que très peu utilisée. Son seul intérêt : éloigner les moustiques, ce qui n'a pas été négligeable lors de notre séjour prolongé dans la zone technique de Pointe-à-Pitre. Toutefois, la question de son absolue nécessité se pose car elle occupe tout un coffre très bien placé dans le carré.

Pour le système de réfrigération nous avons débarqué les deux systèmes en place (une glacière réfrigérée par un compresseur 12 volts à refroidissement par air d'une part et un Frigoboat mixte à refroidissement par compresseur attelé sur le moteur ou par un compresseur 220 volts d'autre part). En navigation au long cours et mouillages prolongés les deux systèmes étaient de très gros consommateurs d'énergie, aggravé pour le Frigoboat par des problèmes de conservation des aliments (grosses variations de température à l'intérieur du frigo!). Ils nous obligeaient à faire tourner le moteur deux heures par jour !!!
Jean-Claude a remplacé tout ça par un frigo 12 volts, à refroidissement par eau (il a détaillé son système dans un article sur le forum Amel). Il a juste pris la précaution de choisir un compresseur puissant car nous allions naviguer en eaux chaudes.
Le frigo a fonctionné 24h/24h, il est toujours resté stable entre 4° et 6°C, pour une consommation de 25 AH par 24 heures.
Pour améliorer encore les possibilités de conservation des produits frais nous réfléchissons à l'installation d'un conservateur de fruits et légumes (autour de 12°)...à la place de la clim, peut-être...

Pour l'éclairage, feux de navigation, feux de mouillage, cockpit et intérieur du bateau (le carré et toutes les cabines) nous avons tout équipé en LED. Aujourd'hui, éclairage très efficace, consommation quasi négligeable et prix raisonnables : il faut le faire ! Du coup aucune contrainte ou restriction pour lire ou bricoler le soir...or, aux Antilles, les nuits sont longues !

Comment faire pour alimenter tout ça ?

Quand nous sommes partis, le moteur lui-même était équipé de deux alternateurs d'ancienne génération : deux circuits séparés un pour la batterie moteur, un pour les batteries de service Notre parc de batteries de service était au format d'origine de 2x110 AH standard. Nous disposions également d'un alternateur d'arbre qui débitait lorsque la vitesse du bateau sous voiles était supérieure à 5 nœuds et de trois panneaux solaires.
Nous avions testé l'ensemble en Méditerranée l'été : satisfaisant et suffisant tant en navigation qu'au mouillage !



Nous nous sommes contentés de cet équipement lors de la première année au prix de quelques heures de moteur lorsque le soleil tropical s'était par trop caché derrière les grains !
En effet, il faut noter deux éléments :

  • Au mouillage, le taux d'ensoleillement aux Antilles est nettement inférieur à celui de la Méditerranée l'été, les nuits sont longues et les passages nuageux fréquents. En revanche le vent est permanent et régulier, supérieur à 10 nœuds !
  • En navigation, nous n'avions jamais expérimenté le long cours : 24h à 48h de navigation en Méditerranée où l'on a toutes les chances d'avoir des vents nuls la nuit et 3 semaines de vents portants...ça ne se compare pas, tout simplement !

Bien sûr, mieux vaut tester en Méditerranée que pas du tout mais pour l'Atlantique et les tropiques quelques ajustements techniques sont utiles.



Nous les avons réalisés à Saint-Martin lors de notre reprise en main du bateau en novembre 2011.
J'ai détaillé ces aspects dans le billet de l'époque je rappelle brièvement :

  • le moteur a été remonté sans son alternateur d'arbre (hélas!)
  • nous avons rajouté une éolienne (complément idéal aux panneaux solaires !)
  • le parc de batteries de service a été renouvelé et augmenté : 550AH de batteries Trojan (celles utilisées pour les voiturettes de golf) conçues pour travailler longtemps et supporter une décharge importante
  • la régulation a été confiée à un AtoB, « alternateur to battery », c'est un régulateur « intelligent », dit également « à 4 étages » qui augmente notablement la quantité d'énergie fournie réellement aux batteries par l'alternateur tout en servant de coupleur automatique.

Voilà l'équipement dont nous disposons aujourd'hui : il donne satisfaction tant pour une traversée de l'Atlantique que pour un périple en Méditerranée. Cela ne dispense pas de surveiller attentivement sa consommation ! Une consommation inhabituellement élevée peut être annonciatrice d'une anomalie, du dysfonctionnement d'un appareil voire du circuit lui-même... en atmosphère saline, il faut toujours se méfier d'un éventuel court-circuit et du feu électrique qui peut s'ensuivre.
Dernière précision, pour que l'éolienne débite, elle a besoin d'un vent apparent supérieur à 10 nœuds. En navigation, les vents portants sont super pour avancer, pas toujours pour faire débiter l'éolienne ! Faites le calcul, 15 nœuds de vent réel pour 6 nœuds de vitesse moyenne et voilà que le vent apparent n'est plus que de 9 nœuds...

Je ne sais donc pas si mon capitaine remontera son alternateur d'arbre qu'il a précieusement récupéré au cas où...

35. Les autres équipements

Pour entretenir, réparer :

  • des outils, de toute sorte et pour tout faire,
  • des produits, graisse, nettoyant contact, téflon, silicone, colle, sikaflex...
  • du petit matériel électrique et électronique,
  • de la visserie...
  • des manilles, mousquetons...
  • des colliers
  • ….

Pour la santé : une pharmacie bien achalandée : tous les anti : douleurs, biotiques, spasmodiques, diarrhéiques, inflammatoires, histaminiques, des corticoïdes, du désinfectant, des pansements... Même si nous souhaitons ramener, comme cette fois, la boite intacte.

Pour la lecture :

  • au départ, beaucoup de livres (une centaine) et une liseuse
  • à l'arrivée, presque plus de livres (j'ai dû en débarquer une vingtaine seulement, les autres avaient été échangés et donnés pendant le voyage ) et DEUX liseuses : une centaine de grammes pour des milliers de livres chacun !

Pour le reste : Toujours prévoir veste de quart, salopette, bottes et vêtements chauds. Ensuite c'est chacun son style de maillots de bain et de paréos !

36. L'avitaillement

Sur Doug Le on ne doit pas manquer ! Et en plus il faut que ce soit bon ! Alors nous avions embarqué de nombreuses conserves et confitures « maison » et puis un nombre respectable de bouteilles. Mais aussi, pâtes, riz, couscous, farine, sucre, café, thé... J'ai tout stocké dans des récipients, bidons ou boîtes étanches à l'abri des éventuels charançons et autres cafards qui malheureusement abondent dans les îles enchanteresses !

Pour les conserves maison : préférer les boîtes à sertir plutôt que les bocaux.

Pour conserver du frais, de la viande notamment : faites mettre sous-vide. Trois semaines au frigo sans difficulté et sans risque sanitaire.

Pour les fruits et légumes il faut compter à l'unité (2 fruits par jour et par personne =) et consommer malin...du plus mûr et plus fragile au...qui tient bien le choc et mûrira plus tard.

Et puis, il faut compter avec le plaisir de la pêche ! Le capitaine rajoutera-t-il quelques détails ?

4. L'organisation à terre

En ce qui concerne les relations aux personnes, les parents âgés notamment, nous avions prévu une communication régulière (blog, téléphone) et des retours en avions (tous les 6 mois). C'était bien pour nous. Mais là, pas de conseil, chacun réagit et s'organise en fonction de sa situation particulière.

En ce qui concerne les biens matériels, c'est dans ce secteur que nous avons une grande marge de progrès !
Nous avions laissé deux maisons à terre et conservé tous les frais qui vont avec : c'était au moins une de trop !
Nous aurions vraiment dû anticiper pour pouvoir vendre l'une et louer l'autre !
En revanche, le passage régulier d'un ami dans notre résidence principale nous a mis à l'abri de tout tracas : courrier, factures, tuiles envolées …

Pour le prochain départ la réflexion est sérieusement engagée.

5. L'équipage

Un couple et c'est tout !
C'était un vrai choix et c'était le bon !

Qu'aurions-nous fait d'un équipier supplémentaire pour les traversées ? Nous nous le sommes demandé...
Nous ne sommes donc pas experts en choix d'équipiers !

Pour vous les filles, qui voudriez bien vous faire mener en bateau : choisissez bien votre capitaine ! Il doit savoir tout faire : naviguer (bien sûr) mais aussi entretenir,réparer, installer. Il faut qu'il s'y connaisse en mécanique, électricité, électronique... Le mien sait faire tout cela et en plus... il cuisine ! J'ai beaucoup de chance !
Mieux encore, il reste calme en toute circonstance et très attentif à l'état de l'équipière...
En contre-partie l'équipière reste d'humeur égale, souriante, participante, coopérative, quels que soient les événements... Sur Doug Le elle assure en outre l'essentiel de la communication avec l'extérieur. C'est elle qui sait dire bonjour et parler anglais !

Savez-vous que les longues traversées à deux, en couple, ne sont pas si fréquentes ? Il n'est pas rare que le bateau traverse sans l'épouse ou la compagne. Elle rejoint alors le bord en avion ! L'atlantique devient une affaire d'hommes, de copains, ou bien de bourse des équipiers.

En revanche, pour un départ à deux, un chek up santé complet s'impose . Attention à ne surtout pas négliger les dents.



6. Le voyage

C'était une boucle atlantique.

Je vous l'ai racontée par le menu au jour le jour, vous pouvez y revenir à loisir.

Nous avons tout aimé : la Méditerranée en automne, l'arrivée sur Gibraltar, le franchissement du détroit et l'entrée dans le grand océan, l'archipel des Canaries, les petites Antilles depuis le sud de la Grenade jusqu'aux Îles Vierges Britanniques, l'archipel des Açores, la côte portugaise, l'Andalousie et les longues traversées, les cieux, les paysages, les rencontres, les climats chauds et l'eau à 27°.

J'ai adoré la vie à bord dans la longue durée, le privilège de la liberté dû à l'absence de contraintes temporelles. Seules nos envies et la météo nous ont guidés dans nos décisions et nos pérégrinations...et deux ou trois fois, quand même, un rendez-vous précis pris avec des amis !

Nous avons découvert avec étonnement la beauté des Canaries dont nous avions une image fausse et surfaite et la somptuosité des Açores dont nous n'avions aucune idée préalable. Je recommande à nouveau, Flores, cette toute petite île, la plus Nord Ouest de l'archipel des Açores. C'est une perle. Çà vaut le détour et l'arrêt prolongé !

Aux Antilles, nous avons adoré les côtes au vent, celles de la Martinique et de la Grenade, les mouillages derrière les barrières de corail dans les North Sound à Antigua ou à Virgin Gorda, les plages immenses de Barbuda, les dizaines de mouillages des Îles Vierges. Nous nous sommes arrêtés partout avec bonheur !
Je vous signale à nouveau le billet que Jean-Claude a rédigé sur le « recalibrage » des cartes pour pouvoir s'aventurer dans les endroits mal pavés : c'est un gros boulot de préparation mais quel privilège d'entrer assez facilement dans ces lieux magiques !

Si nous devions faire mieux encore avec, aujourd'hui, l'expérience de l'atlantique :

  • pour la traversée aller, nous irions chercher les alizés jusqu'au Cap Vert où nous ferions une longue escale
  • nous ferions également une meilleure lecture des prévisions météo notamment en ce qui concerne la houle. En effet, en bon méditerranéens nous ne savions pas vraiment ce que c'est que la houle. La mer du vent oui, nous connaissions bien, elle est parfois très méchante, les brutales renverses de vent aussi. Mais la houle énorme, venue de plusieurs milliers de kilomètres croisée des vagues générées par le vent...cela n'existe pas en méditerranée, les distances sont trop courtes ! Et c'est exactement ce que nous avons encaissé pendant quinze jours à l'aller : des alizés puissants à partir de la latitude du Cap Vert et une mer « forte à très forte par houle croisée de Nord Ouest » comme nous l'annonçait tous les jours RFI (qui a cessé d'émettre son bulletin météo depuis le 1er janvier 2011). Aujourd'hui, nous laisserions passer les dépressions de l'Atlantique Nord pour gagner en confort.

D'ailleurs le capitaine a déjà engrangé cette expérience : la traversée retour a été gérée de manière optimale (voir le billet intitulé Les choix stratégiques du capitaine).

7. L'argent

Ce n'est pas très romantique de parler argent et je n'ai pas fait de comptabilité analytique précise. Peut-être le capitaine la fera-t-il et je vous la posterai à ce moment-là.

Bien sûr il faut un budget d'investissement de départ (le bateau, sa préparation) et d'entretien (pour nous le moteur, l'éolienne, le parc de batteries, l'AtoB, l'émetteur AIS et autre petit matériel) : c'est un gros morceau.

Bien sûr il faut un budget « marinas » et taxes d'immigration : celui là reste modeste pour un moins de 12 mètres.

Bien sûr il faut un budget « vie de tous les jours » à bord : modeste, très modeste. En tout cas bien moins qu'à la maison.

Bien sûr il faut un budget visites, locations de véhicule, petits restos, petits plaisirs : extensible, de tout petit à …

Pour nous il y a eu un aller-retour en avion depuis les Canaries et trois aller-retour depuis les Antilles.

Et puis il faut également compter avec tout ce qu'on continue (ou pas si on est avisé!) de payer à terre, taxes, impôts... Pour nous c'était le plus gros budget !

Dans notre cas il fallait également intégrer le fait que je m'étais mise en disponibilité (pas tout à fait l'âge de la retraite !) et donc me suis retrouvée sans salaire pendant deux ans.
Nous avions fait les comptes et anticipé financièrement mais il a fallu gérer une légère et passagère perturbation psychologique de la femme moderne financièrement autonome, devenue « entretenue »...tout d'un coup.

8. Et maintenant ?



Je reprends le boulot pour un an avant d'avoir le droit de partir à la retraite...
C'est un peu difficile mais cela ne durera pas très longtemps !
Je le fais avec le recul donné par deux fois la largeur de l'océan atlantique ! J'observe mes congénères avec amusement, j'accomplis quelques apprentissages professionnels tardifs et remplis la caisse de bord !

Du coup le capitaine va pouvoir prendre le temps de redonner un petit coup de  jeune  au bateau !

Alors, les prochains billets seront plutôt techniques et, qui sait, rédigés par le capitaine qui vous racontera les nouveaux vaigrages, la pose de la trinquette, l'entretien du moteur électrique et des engrenages du foc à enrouleur...et des tas d'autres petites améliorations dont je n'ai pas encore la moindre idée à ce jour !

Et puis, comme j'ai du mal à vous quitter, je vous concocterai peut-être un deuxième billet littéraire sur mes lectures de la seconde année, car j'ai fidèlement tenu mon journal de lectrice depuis le 15 septembre 2011 !

Et puis, et puis...nous repartirons ! Ça me manque déjà !

Je ne peux pas achever ce billet sans dire un grand merci à toutes celles et tous ceux qui nous ont fidèlement accompagnés, encouragés par leur remarques, leurs messages et leurs commentaires...eux aussi vont me manquer.

lundi 23 juillet 2012

De Gibraltar à Canet-en -Roussillon, pour achever notre première boucle atlantique et rentrer à la maison : du 8 au 20 juillet 2012

Du dimanche 8 juillet au mercredi 11 juillet 2012

Vers 9h30, après avoir envoyé le billet précédent, nous quittons le ponton de la marina de la Linea (bon marché pour le sud de l'Espagne, 17 euros la nuit). Nous mettons le cap direct sur le Cabo de Gata, 160 miles nautiques dans le 159°.
Les conditions sont favorables, le vent est portant puis faiblissant, du coup on doit pouvoir négocier le courant au Cabo de Gata, même s'il s'avère puissant.

Nous sortons de Gibraltar, poussés par du vent d'ouest, voiles en ciseaux, génois tangonné à tribord : Doug Le aime ça et caracole. Le Super Maramu qui sort en même temps que nous ne doit pas savoir tangonner !!! Il tire un bord à terre et ne nous doublera au moteur que le lendemain matin vers 10h30 !
Finalement, est-ce que ça vaut vraiment le coup un Super Maramu ?

Nous doublons le Cabo de Gata le lendemain vers 11h, tout est calme, le moteur ronronne.




Quelques 20 nm plus haut nous attend la Cala San Pedro. Je ne suis pas certaine que vous vous en souveniez...c'est une crique dans laquelle nous avions mouillé de nuit à l'aller en nous promettant d'y revenir tant elle nous avait plu ! C'est dans un des tous premiers billet avec une photo de la lune sur la falaise !

Arrivée à San Pedro

San Pedro

Effectivement cette crique est spéciale. En fait c'est une oasis qu'aucune route n'est venue changer en « urbanisation ». Dans ce paysage sec et désertique, trois sources, un château en ruines, d'anciennes cultures en terrasse autour des points d'eau et de nouveaux habitants ! Ces nouveaux habitants sont des occupants sans titre qui ont restauré quelques habitations, se sont remis à cultiver leur jardin et tout doucement reboisent. Deux d'entre eux sont venus nous accueillir nous expliquant qu'ici ils étaient « anarchistes » et qu'on n'y rencontrait pas la police ! Sur la plage de nombreuses petites tentes multicolores occupées par de jeunes touristes qui apprécient le lieu.
En effet, il ne faut pas moins d'une heure à pied, en plein soleil pour atteindre San Pedro depuis le premier village...sinon il faut un bateau !
San Pedro depuis le chateau

San Pedro

San Pedro

Le lendemain matin, de bonne heure, la police débarque ! Elle réveille les campeurs et leur fait plier leur bardas ! Pas de camping dans la réserve !

Ici, comme partout, gratuité, itinérance...ça dérange !

Nous resterons 3 jours dans ce secteur entre San Pedro, Las Negras et l'Ensenada de Rodalguilar, sous un ciel sans nuage ! Nous y avons retrouvé une eau chaude comme sous les tropiques et d'une transparence toute méditerranéenne !
Nous n'avons plus du tout froid !

Jeudi 12 juillet 2012

Nous nous rapprochons de Carthagène avant de viser Ibiza.

Pas de vent, une navigation au moteur qui nous permet d'explorer ce morceau de côte...Jean-Claude avait des souvenirs de lointaines vacances d'été à Cantal de Mojacar : un camping en plein soleil, sans arbre et sans eau, ou presque (la ration était de deux cruches par jour et par tente !), un paysage minéral, une solitude garantie !

Cantal de Mojacar aujourd'hui
Cantal de Mojacar

Aujourd'hui cette côte a été urbanisée de manière massive et la plupart du temps illégale !

Hotel illégal
La gardia passe!
Hotel illégal

Des constructions mégalo qui, avec la crise, se sont arrêtées. Les grues sont en place, elles ont fini de tourner. La bulle immobilière de l'Espagne a bien éclatée et les jeunes espagnols paient aujourd'hui un lourd tribut en chômage !

Vers 18h, nous mouillons dans l'Ensenada de Mazarron, juste avant Carthagène.


Du vendredi 13 au mercredi 18 juillet 2012

Lever du jour sur les falaises avant la baie de Carthagène
Lever du jour sur les falaises de Carthagène

Vendredi, 8h15 : c'est parti pour Formentera ! Navigation sans histoire, au cours de laquelle nous remontons une bonite et qui nous fait franchir le méridien de Greenwich.
A 18h50 notre longitude est de 000°00'644 E, voilà nous venons juste de passer à l'Est !

Samedi 14 au matin nous prenons une bouée dans l'anse de Sahona à Formentera et j'empoigne mon téléphone pour souhaiter un bon anniversaire à mon petit-fils, le deuxième, né un jour de Fête Nationale !

Les bouées installées dans certains points des Baléares font partie des opérations « préservons les posidonies ». Vous ne le saviez pas mais ce sont des plantes sacrées ! Les ancres des plaisanciers les arrachent et elles disparaissent ! Alors on met des corps-morts et au bout de quelques mois, là où la chaîne du corp-mort tourne sans arrêt il y a un beau rond de sable et plus du tout de posidonies ! Nous pensons que les rejets chimiques les endommagent plus sûrement que les ancres et nous avons constaté que dans le port de San Antonio elles prolifèrent dans un environnement a priori très hostile...bon ! Peut-être y aura-t-il un jour une vraie évaluation scientifique !
Les bouées sont gratuites mais le système de réservation est quasiment ubuesque !
Bon à savoir, la réservation court chaque jour jusqu'à 18h, après la bouée est libre : donc si vous arrivez après 18h et que vous prenez une bouée elle est disponible pour la nuit !

Bref à 14h nous sommes priés de partir et nous allons mouiller sur le sable devant la grande plage de Sabina. Pas de bouée, le mouillage est autorisé mais que de monde !
Des bateaux à moteurs qui vont qui viennent, des jet-skis des zodiacs...tout ça lève une mer digne de l'océan atlantique et en plus ça met la musique fort, ça fait du bruit...

Nous sommes vraiment revenus en Méditerranée ! Aux Antilles pas de bateaux à moteur et encore moins aux Açores ! Et, il faut le constater, les comportements des plaisanciers à voiles sont quand même plus écolos et plus respectueux de la sérénité des voisins que ceux des propriétaires de vedettes, sans parler de ceux de « cigares » !

Nous tentons notre chance dans les criques de la côte sud d'Ibiza, cala Jondal à côté de Port Roig...toujours du monde !

Nous avions connu Ibiza sans personne sauf à Espalmador...là il y en a partout !
C'est toujours aussi beau mais cela devient une destination de demi- saison si l'on veut y goûter la tranquillité.
Du coup le capitaine regarde son équipière, et elle regarde son capitaine et ils décident de rentrer !!!

Le 17 juillet nous faisons un arrêt à San Antonio où la Marina a été agrandie mais où il reste un bel espace de mouillage.
Nous en repartons le lendemain après avoir fait un dernier avitaillement, nous passerons la nuit du 18 dans une des criques de la côte Nord, la Cala San Miquel d'où nous traverserons pour Canet.

Jeudi 19 et vendredi 20 juillet 2012

Dernière ligne droite, dernière traversée pour rejoindre notre point de départ, notre port d'attache, retrouver notre anneau ! 211 miles nautiques au 30° jusqu'au Cabo Creus puis 26 au 350° jusqu'à Canet-en-Roussillon !

Le créneau météo est favorable, c'est à dire comme souvent l'été en Méditerranée occidentale, vent faible ou nul avant la tramontane.

Le Nord Ouest est annoncé pour la nuit de vendredi à samedi, avant rien ou presque rien !
Ce sera une nouvelle navigation au moteur !
La visibilité est exceptionnelle on aura vu Majorque depuis le départ d'Ibiza, le 19 à 6h30, et tout au long de la journée du 19.

Sinon, rien à raconter sauf un arrêt intempestif du moteur à la fin du golfe de Rosas !
Problème d'alimentation ! Et voilà, le capitaine voulait faire l'entretien complet du moteur à l'arrivée mais il aura dû changer son filtre à gazole, colmaté, un tout petit peu avant la fin !
Une fois le filtre changé c'est reparti tout à fait normalement !

Le 20 juillet, à 19h nous passons la jetée du Port de Canet et à 19h30 nous sommes de nouveau amarrés au F51, parés pour la tramontane qui commence à souffler !

C'est fini, la boucle est terminée !

Il y aura encore un dernier billet de conclusion...et puis il faudra attendre que Doug Le reprenne la mer pour un long périple...printemps 2014, peut-être, Grèce-Turquie, la Méditerranée orientale que nous ne connaissons pas ? On verra.

dimanche 08 juillet 2012

De Portimao à Gibraltar, pour achever notre première boucle atlantique : du 3 au 7 juillet 2012

Mardi 3 juillet 2012

Nous quittons Portimao pour une petite étape d'une trentaine de miles au moteur par mer calme et vent nul.
Nous visons le delta de la Ria Formesa pour se faire une idée des mouillages idylliques dans les Rias.
Une fois passée la barre d'entrée dans la rivière, à gauche on remonte sur des kilomètres vers Faro et à droite vers Olhaao...les grands ports sont loin de la mer ! Et on y trouve des mouillages presque partout, notamment derrière l'île Culatra.

Mouillage derrière Culatra

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Nous n'y passerons qu'une nuit avec l'idée que cette côte du Portugal devra devenir un but de croisière. En effet, une visite rapide et superficielle ne suffira pas pour apprécier la beauté et la richesse de ces sites...des oiseaux partout (des flamands roses, des hérons et plein d'autres qu'on ne connaît pas...) des poissons en abondance et des coquillages à marée basse...des paysages insolites pour nous, un marnage important qui les fait changer d'heure en heure, des rivières aux embouchures larges comme des lacs que l'on peut remonter sur des kilomètres...

C'est dit, cette fois-ci on ne s'attarde pas, on se met juste en appétit car il faudra bien un mois ou deux pour flâner par ici !

Alors on a vu, on a aimé et on va tracer sur Gibraltar pour mieux revenir...plus tard.

Mercredi 4 juillet 2012

6h45 : nous levons l'ancre et quittons ce petit paradis.
La marée est descendante, pas de problème jusqu'à la barre de sortie où nous affrontons un système de vagues un peu rude.
Ça ne dure pas, heureusement ! Peut-être que nous n'avons pas encore toutes les habitudes et techniques pour aborder ces situations !

%Sortie de la Ria dans le courant
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Nous mettons le Cap sur Mazagon, en Espagne. Cette fois nous irons à la marina !

Nous sommes fatigués l'un et l'autre et la navigation le long de cette côte n'est pas à proprement parler difficile mais demande beaucoup d'attention car il y a des marques de pêche partout, des bateaux de pêcheurs partout et d'énormes filets à thon de temps en temps. Tout cela bien signalé (contrairement aux marques antillaises...) mais très dense !


Chalutier devant Cadix DSCN1030a.jpg

Alors nous avons décidé de ne naviguer que le jour, au moins jusqu'à Gibraltar !

Et puis peut-être que je souffre du « syndrome du revenant des Antilles » comme le fait remarquer Marie-Noëlle.
Si le syndrome peut se caractériser comme suit :

  • grande fatigue
  • froid, souvent
  • gros vague à l'âme

alors je dois être atteinte de ce mal particulier. Par ailleurs si on réfléchit objectivement à la situation :

  • Deux longues traversées (2100nm puis 900nm) à deux, sur un douze mètres...ça doit fatiguer !
  • Passer de 30°C (eau à 27°C) à tout juste 20°...ça fait frisquet.
  • Quitter les Antilles et la vie à bord pour retrouver la terre...ça me fait un vrai pincement !

Mais je vais me remettre, le capitaine également !

A 16h15, nous sommes amarrés au ponton E27 de la marina de Mazagon. La marina est moderne, de qualité, elle fait partie des marinas de l'Agence Publique des Ports d'Andalousie. Dans tous ces ports andalous tant côté atlantique que côté Méditerranée les prestations sont alignées et les tarifs également : 30,02 euros la nuit pour un 12m/4m.
Donc rien à dire sur la marina de Mazagon, bien protégée sur la rive gauche du Rio qui mène au grand port pétrolier de Huelva...mais la ville est laide. Si vous pouvez éviter...c'est mieux. Petite précision : les commerces n'ouvrent qu'à 18h l'après-midi et, par ailleurs, la montée à pied vers la ville se fait par un petit chemin difficile à trouver qui monte droit dans un terrain vague. A toutes fins utiles je vous guide : au bout de la marina prendre la route à droite, longer le terrain clôturé de grilles sur le trottoir de gauche et s'engager dans le chemin qui démarre juste à l'ouverture du portillon dans la clôture. C'est un raccourci très efficace. Sinon la route est longue et fastidieuse !

Jeudi 5 juillet 2012

A 8h nous quittons le ponton E27, cap sur Rota, le port de plaisance situé sous le phare de la pointe Nord de la baie de Cadix.

Un vent de Nord Ouest, régulier à 20 nœuds, nous pousse jusqu'à destination. Belle journée de navigation sous un ciel sans nuage...c'est l'Andalousie !

A 15h nous sommes amarrés dans la marina de Rota.

Mêmes prestations qu'à Mazagon mais en revanche quelle jolie petite ville que Rota, on pourrait y passer quelques jours. En tout cas nous profitons du wifi gratuit de la Bibliothèque Publique des Poètes Andalous dans une ambiance particulièrement paisible et studieuse. J'ai pu y envoyer tranquillement le billet précédent.

Vendredi 6 juillet 2012

Un nouveau départ vers 8h du matin, nous arrêterons-nous à Barbate ou irons-nous jusqu'à Gibraltar ?

En fait ça dépendra de l'état de l'équipage car les conditions sont favorables pour un direct vers Gibraltar.

En effet, l'heure à laquelle nous passerons devant Barbate est exactement celle qui convient, compte tenu de la marée, pour un passage du détroit avec le courant.

Alors finalement, on y va direct...et, comme prévu, le courant nous pousse sauf un tout petit quart d'heure devant Trafalgar... qui est situé à une vingtaine de miles au Nord de Tarifa. C'est dire l'importance de l'influence du courant dans cette zone...mieux vaut s'en servir, car naviguer « contre vents et marées » c'est un peu bête ! Attendre la renverse c'est mieux !

A l'approche de Tarifa, en face : l'Afrique

Tarifa + Afrique

A 17h30 nous virons devant Tarifa pour embouquer le détroit et nous croisons notre trace d'octobre 2010 ! Ça y est ! Notre première boucle atlantique est achevée !
Devant Tarifa

tarifa

Gibraltar vu de l'Ouest

Gibraltar

A 19h31 nous tentons de prendre du gazole à Gibraltar même : trop tard ! Il sont « closed » depuis 19h30.

On reviendra demain !

Nous sommes accueillis à la marina Alcaidesa de la Linea. Les bureaux sont fermés mais les "marineros" sont serviables, l'un d'entre eux, un marseillais, nous prend sous sa protection.

Samedi 7 juillet 2012

Relâche à la Linea.

On s'offre deux nuits ici : à 17 euros c'est une des marinas les moins chères du secteur !
Petite remarque, si vous arrivez après la fermeture des bureaux mieux vaut rester au mouillage (très abrité) car le forfait pour le ponton d'accueil est de 20 euros sans eau ni électricité quelle que soit la taille du bateau !

Nous avons pu négocier nos deux nuits à 17 !

Contrairement au souvenir que nous avions gardé de notre passage en octobre 2010 (ville morte) nous avons trouvé une ville animée, un marché magnifique comme le sont les marchés espagnols avec de beaux produits peu chers et un supermarché en centre ville très bien achalandé et très bon marché ! De quoi refaire un avitaillement plein de soleil !

Nettoyage, lessive, communication avec la famille, balade à Gibraltar ...demain nous mettons le cap sur le Cabo de Gata ! Juste la fin de la mer d'Alboran.

J'écrirai un dernier billet à l'arrivée à Canet, puis un bilan du type « 81 billets plus tard » et ensuite le blog sera fermé jusqu'à ce que nous repartions pour un long voyage...

jeudi 05 juillet 2012

Fin de la traversée de l'Atlantique, du 26 juin au 2 juillet 2012 : des Açores  au Cabo Sao Vicente au sud du Portugal

Mardi 26 juin 2012

Il fait très beau, la météo est favorable pour une traversée sans anicroche jusqu'au sud du Portugal, c'est décidé : nous partons ! Il faut bien rentrer ...

Les formalités sont vite expédiées, la facture payée : 6 euros la nuit ttc ! Record battu ! Les marinas sont très peu chères aux Açores, 13 euros la nuit pour un 10 à 12 mètres mais là, dans ce port municipal de Praia da Vitoria, les conditions financières sont exceptionnelles et, lorsqu'on trouve une place à l'intérieur de la marina, l'abri est très bon, tout du moins pendant la bonne saison (l'hiver par contre...).

Pendant que Jean-Claude cuisine, j'expédie le dernier billet sur les Açores et à 10h15 nous larguons les amarres.

C'est à nouveau parti pour une longue traversée : 867 miles nautiques de Praia da Vitoria à Terceira jusqu'au Cabo Sao Vicente, la pointe Sud Ouest du Portugal, auxquels il faut rajouter les 20 miles pour rejoindre Portimao, l'abri que nous avons choisi pour notre atterrissage. Finalement presque 900 miles à courir dans le 97°, quasiment plein Est, avec un tout petit rien de Sud !

Les prévisions météo sont favorables à la fois au Sharki et à l'équipage : de l'ouest très gentil virant tranquillement Nord en forcissant légèrement...bon, une" buffette" à 25-30 nœuds de Nord, à partir du 1er juillet au soir, pour l'arrivée, mais ce sera du vent de travers !

La première journée de la traversée est particulièrement calme, entre peu et très peu de vent, entre moteur et voile. On a même envoyé le spi et bien sûr remonté une belle bonite à ventre rayé, une listao.

Traversée Açores Portugal

Nous commençons presque à nous dire que si le vent faisait défaut il faudrait surveiller la consommation de gazole car nous n'avons pas refait le plein à ras bord ni rempli de bidons supplémentaires et nous n'en n'aurions pas assez pour tout faire au moteur !

La nuit est calme, nous naviguons à la voile à 5 nœuds, tout va bien à bord.

Du mercredi 27 juillet au Samedi 30 juin 2012

3 jours de navigation dans des conditions quasi idéales. Comme prévu, le vent s'est installé à bâbord, passant au cours de ces 3 jours, du ¾ arrière au bon plein, oscillant entre 10 et 20 nœuds.
3 jours sans changer d'amure, sans tangonner, juste rouler dérouler de la toile pour faire marcher le bateau au mieux dans le meilleur compromis possible confort-vitesse. Conditions qu'apprécient tous les bateaux et singulièrement notre Doug Le qui s'est mis à nous faire des distances journalières de plus de 150 miles ! Une « bomba » ce Sharki, nous envoie notre ami Yves par messagerie.

Nous remontons deux poissons, les deux mêmes, juste ce qu'il faut pour le moral et l'équilibre alimentaire de l'équipage et nous contemplons le ciel...le seul élément qui change vraiment au cours de cette traversée : passages nuageux, quelques grains, très peu de pluie, du soleil alternent dans un petit air frisquet.

Traversée Açores Portugal

Traversée Açores Portugal

Traversée Açores Portugal

Traversée Açores Portugal

Nous devons être un peu fatigués car, l'un comme l'autre, mettons au moins trois jours à rentrer dans le rythme de la traversée. Mais comme les conditions sont excellentes...

Au début nous croisons encore quelques physalies, par vagues, des troupeaux de dauphins viennent nous saluer, très peu de cargos.

Ceux là vont se mettre à grouiller sur l'écran à partir du 30 juin ! Pour ça, l'AIS est une belle invention technique. Nous seulement nous pouvons les voir d'avance et anticiper leur trajectoire mais en plus, depuis que nous émettons également, « ces grosses bêtes » modifient leur route pour nous éviter avant même qu'on ne les aperçoive avec nos yeux. Quel confort et quelle sécurité ! Cela n'évite pas la veille, évidemment, mais ça l'accompagne très efficacement.

Dimanche 1er et lundi 2 juillet 2012

La bateau marche entre 6 et 7 nœuds, vent de travers, il doit « sentir l'écurie » comme le dit le capitaine. Entre samedi et dimanche, de 12h TU à 12h TU, nous avons parcouru 153 miles nautiques, notre record à ce jour.
En tout cas à ce rythme nous allons pouvoir aborder de jour le très important rail de cargos qui borde le Cabo Sao Vicente à 40 miles au large. C'est le passage obligé de tous les navires qui viennent de Gibraltar et qui remontent vers le nord et vice versa. Nous devons traverser ce rail constitué de deux voies montantes et deux voies descendantes de 5NM chacune pour passer le Cap et atteindre Portimao. On a un peu l'impression de devoir traverser une autoroute avec un vélo.

Dimanche dans l'après-midi, le vent commence à monter, comme prévu, et les vagues qui vont avec arrivent également par le côté ! Ça remue ! Et nous savons que ça va augmenter dans la nuit...
Le capitaine doit être fatigué, pas de cuisine le dimanche soir, il dit même tout fort que c'est long et qu'il lui tarde d'être à l'abri ! Moi, c'était il y a deux jours que j'étais un peu KO et ce soir je vais m'occuper du pique nique.

Il est vrai que la nuit va être telle que nous l'imaginions, longue, inconfortable et requérant une vigilance permanente...en plus, petite cerise sur le gâteau, nos feux de navigation tombent en panne, aussi bien les feux en tête de mât que ceux de balcon. Nous nous rendons visibles grâce au feu de mouillage mais ce n'est pas très réglementaire !
Les vagues sont courtes et fortes. Elles nous bousculent par le côté et viennent parfois exploser en cascades sur le toit de la casquette (que c'est bien la casquette !) qui d'ailleurs ne suffit pas  toujours : Jean-Claude se fait doucher copieusement deux ou trois fois pendant son quart de 2h-4h du matin, j'ai plus de chance, quelques éclaboussures seulement !

Mais, conformément aux prévisions du capitaine, nous arrivons en bordure du rail au lever du jour et commençons le slalom entre cargos et pétroliers avec une bonne visibilité. A 8h30 TU tout est traversé et nous pouvons naviguer plus décontractés, droit sur Sao Vicente.

Les dauphins nous montrent le chemin vers Cabo Sao Vicente
Traversée Açores Portugal

Notre position à 12hTU : 37°02 N – 08°47W, indique que nous avons passé le Cap ! Nous longeons, sous un beau soleil, sans une vague, la côte sud du Portugal...une vraie côte Sud de chez nous, falaises calcaires, de couleur crème et orangée, plages de sable sous le ciel bleu !


Traversée Açores Portugal

Serait-on déjà en Méditerranée ?

En fait non, à l'arrivée sur Portimao nous découvrons les mouillages et les marinas dans la Ria, dans la rivière...un nouvel émerveillement.

Nous entrons dans la Ria vers 16h, une fois franchie la barre d'entrée nous sommes dans un très vaste mouillage bordé de belles plages, un peu plus haut à gauche, une grande marina et encore plus loin dans la rivière, le port commercial, la marine de guerre, d'autres mouillages...
C'est magnifique !
Portimao
Traversée Açores Portugal

Traversée Açores Portugal

Traversée Açores Portugal

Le mouillage est tellement calme et tellement beau que nous choisissons de laisser filer l'ancre plutôt que de rejoindre le ponton, la marina, la ville et ses vacanciers.
Doug Le au mouillage à Portimao, on vient d'arriver, rien n'est rangé
Traversée Açores Portugal

Après 6 jours et 6 heures de navigation nous y passerons une nuit délicieuse : 10 heures de sommeil de plomb !

mardi 26 juin 2012

Les Açores : Du 21 au 25 juin 2012, de Sao Jorge à Terceira

Jeudi 21 juin 2012 

7h du matin, jolie manœuvre au propulseur pour sortir de la marina, et nous voilà en route pour Terceira.

Il fait sombre, bruineux, pluvieux, le clapot court de face dans le canal entre Sao Jorge et Pico est désagréable, j'ai froid, je me sens patraque.

Je passe la journée dans la couchette navigateur, dans une torpeur vaguement nauséeuse. Je ne vois ni les cascades du sud de Sao Jorge ni la côte de Terceira et les îlots à l'est d'Angra.
Je sors de dessous ma couette pour aider à la manœuvre d'arrivée.

La baie de Praia da Vitoria est très grande protégée par une très longue digue. La marina est au fond à tribord en entrant derrière une autre jetée plus petite. Le vent souffle Sud Est, plutôt fort, il pleut. Les places côté extérieur, au ponton d'accueil sont très inconfortables dans ces conditions et l'espace pour la manœuvre est tout à fait réduit...heureusement solidarité des gens de bateau...tout de suite une, puis deux personnes nous donnent un coup de main. Ici, pas la peine de compter sur les gens de la marina...appelés à la VHF, ils ne m'ont pas répondu !

Autour de nous les avis fusent et on m'enjoint d'aller très vite au bureau pour obtenir une place à l'intérieur !

Je retrouve mon énergie et me voilà partie à la capitainerie. Je reviens 20 bonnes minutes plus tard (le personnel au bureau a un peu de mal avec l'informatique...) ! Une bonne place nous a été attribuée.
Jean-Claude est en grande conversation avec un propriétaire de Sharki venu lui aussi donner un coup de main.
En fait nous allons nous retrouver sur le même ponton, presque à côté. La manœuvre n'est pas aisée mais une fois dans la panne nous sommes soulagés, nous savons que le bateau est en sécurité et nous avec. En effet, la météo annonce un épisode venteux pour les prochains jours...autant être convenablement à l'abri !

Johannes, le propriétaire du Sharki n°33, nommé Bacchus, nous propose une boisson chaude et nous nous retrouvons à son bord à boire thé et café, dans une ambiance très chaleureuse.

Vendredi 22 juin 2012

Marina de Praia da Vitoria : il pleut !
Praia da Vitoria

Nous mettons de l'ordre dans le bateau, nettoyons, le dedans, le dehors, faisons la chasse à l'eau qui a tendance à rester stockée sous la plancher du cabinet de toilette. Jean-Claude fait même le ménage dans les mémoires de ses ordinateurs...en fait nous attendons une éclaircie pour aller visiter la ville.

L'après-midi le soleil pointe son nez et nous partons à la découverte de Praia da Vitoria.
La petite ville est à deux pas de la marina. Elle s'étire autour de la promenade qui longe la plage, encadrée par deux promontoires dont le plus célèbre est celui de Facho. C'est de là haut que les ennemis ont été guettés pendant des siècles !
Depuis le promontoire Facho, vue sur la baie de Praia da Vitoria
Praia da Vitoria

La ville est très coquette, rues et trottoirs sont pavés de motifs noirs et blancs, les bâtiments publics, les églises, les maisons affichent presque tous des touches de couleur : les murs sont blancs, les encadrements des fenêtres et des portes peuvent être bleu vif, vert, jaune, rose fushia. Sous le soleil, quand il daigne sortir, c'est très gai !

Samedi 23 juin 2012

Praia da Vitoria : le vent se lève.

Nous décidons de louer une voiture pour le lendemain dimanche. En s'adressant au kiosque Information Touristique nous avons obtenu un rendez-vous pour le lendemain 9h. Le loueur, installé à l'aéroport, passera nous prendre...et voilà ! C'est facile quand les gens sont serviables et gentils !

A 11h nous retrouvons Johannes sur son bateau : les deux capitaines ont beaucoup de questions mutuelles à se poser à propos de l'équipement de leur Sharki. Par exemple, sur Bacchus, il y a une trinquette et Jean-Claude est intéressé par les choix techniques de Johannes.
Ensuite, l'apéro se prendra sur Doug Le et les conversations se dérouleront en anglais. Quand un skipper allemand rencontre un équipage français... tout le monde parle anglais.

D'ailleurs, aux Açores, nombreuses sont les personnes qui parlent anglais, pas seulement dans les marinas ou dans les offices du tourisme mais aussi dans les épiceries ou au marché et nous avons souvent droit à quelques mots de français. Vraiment, les gens ici se mettent en quatre pour vous accueillir, vous mettre à l'aise !

Petite anecdote pour conforter et illustrer encore cet aspect de la douceur des relations humaines.
Vous l'avez sûrement compris, Jean-Claude aime les jardins potagers, il en cultive un à la maison, un deuxième chez ses parents, il apprécie les beaux légumes, sait les faire pousser et aussi les cuisiner.
Au cours d'une promenade ce samedi après-midi nous longeons un enclos qui avait été entièrement planté d'oignons. Un homme et son fils sont en train de faire la cueillette, les oignons sont magnifiques. Jean-Claude fait un signe pour dire son admiration. Immédiatement, grand sourire et l'homme nous propose en portugais « vous en voulez quatre ou cinq » ? Jean-Claude dit oui et nous nous retrouvons avec un plein sac d'oignons (4 ou 5 kgs !)...impossible à payer. L'homme nous demande si nous sommes à la marina en bateau, (nous avait-il déjà aperçu?) et nous explique que lui aussi a un bateau au port et que "nous sommes frères" !




Dimanche 24 juin 2012

Le vent souffle encore plus fort ! 30-35 nœuds !

Il va falloir faire attention aux portières de la voiture !

Nous nous sommes concocté un petit circuit qui devrait nous permettre d'approcher les lieux remarquables de l'île...hélas, c'était sans tenir compte de la météo ! Une fois encore, dans les hauteurs, nous nous sommes retrouvés en plein brouillard !
Nous avons quand même pu marcher un peu sur la côte nord vers Ponta do Misterio, puis découvrir Biscoitos un petit village de vignoble et de pêche !


Port de pêche et piscines naturelle de Biscoitos

Biscoitos

Biscoitos

La vigne est ici cultivée dans des enclos minuscules ! Mais...nous sommes au regret de dire que leur vin rouge n'est pas très bien travaillé, trop de souffre dans la barrique ! D'ailleurs nous avons testé le vin de paysan (en principe non commercialisable!) à 1 euro le litre...Jean-Claude a cru reconnaître celui de son oncle Émilien ! Un petit vin qui a un drôle de goût, fabriqué par des gens honnêtes qui ne sont pas du métier !

Ensuite, nous avons traversé l'île, et, là où nous aurions dû découvrir montagne et caldeira, nous avons circulé dans un très épais brouillard. Nous pouvons témoigner que les haies d'hortensias sont ici magnifiques, plus hautes et plus fleuries qu'à Flores ou Sao Jorge mais c'est tout !

Nous sommes donc sagement redescendus vers la capitale de l'île qui porte le nom impressionnant de Angra de Heroismo.
Cette ville ancienne avec fortifications et forteresse était toute décorée pour les fêtes traditionnelles de la Saint-Jean.

Angra de Heroismo depuis la citadelle

Angra de Heroismo

De retour à Praia da Vitoria nous avons mis à profit notre véhicule pour faire le plein de gazole avec nos bidons.

Le vent souffle toujours fort !

Lundi 25 juin 2012

Le vent continue de souffler fort et il pleut abondamment...on commence à avoir envie de soleil et de calme !

Nous partons déjeuner sous une pluie battante avec Johannes et ses amis dans un petit restaurant de la Rua de Jesus, la rue principale et commerçante de Praia. La porte, relativement petite, s'ouvre sur une grande salle confortable et là pour 4,5 euros on vous sert la soupe et le plat du jour avec boisson et café ! Est-ce encore la peine de se faire la cuisine ?

Après déjeuner nous passons par le marché pour compléter notre avitaillement car, si la météo tient ses promesses, le temps devrait nettement s'améliorer et le vent devenir favorable pour un départ vers le continent dès demain !

Nous rentrons trempés au bateau ...mais progressivement, le vent se calme et, comme prévu, le soleil fait son apparition.

La soirée est superbe et nous nous offrons un petit resto chic au bout de la promenade !

Les Açores auront été pour nous une vraie découverte : étonnement, émerveillement devant une nature aussi somptueuse mais aussi devant la gentillesse et la simplicité des habitants.

Il se pourrait que nous y revenions !

Demain, nous reprenons la mer pour une semaine, droit sur le cap Sao Vicente au Portugal, donc...silence sur le blog !

mercredi 20 juin 2012

Les Açores : Du 17 au 20 juin 2012, Sao Jorge.

Nous voilà donc dans l'île de Sao Jorge dans la délicieuse marina de Velas, le paradis...sous la pluie !

Ambiance très océanique, douce et humide.

Dimanche, c'est le 17 juin, nous partons à la découverte de la petite ville de Velas et de ses environs, équipés de Kway et de parapluies.

Nous montons sur le Moro Grande...brume...Pico se cache toujours ! Nous admirons les piscines et formations naturelles mais aussi les jardins potagers ! Quelle abondance !
Arche naturelle dans Velas
Velas arche

Lundi, il pleut encore ! Qu'à cela ne tienne ! Nous voilà partis pour la laiterie de Beira où est fabriqué le fromage de Sao Jorge. Nous revenons lestés d 'une bonne livre de fromage de vache dont le goût se rapproche d'un très bon cantal doux et de deux plaquettes de beurre cru. C'est du beurre légèrement salé, délicieux !

Il faut dire qu'aux Açores et à Sao Jorge en particulier, la moindre parcelle de terre est exploitée. Partout des pâtures en enclos et des vaches qui paissent ! Comme il ne doit pas faire très froid l'hiver on peut supposer qu'elles broutent dehors pratiquement toute l'année...du coup qualité du lait, du beurre et du fromage ! Tous ces produits sont vendus à des prix défiants toute concurrence !

Mardi 19 juin 2012 : grand ciel bleu ! On voit même Pico en entier pendant un moment !

Nous partons en excursion vers la pointe Nord. Un autobus nous conduit en une vingtaine de minutes à Ponta, un hameau de Rosais. A Ponta la route s'arrête, c'est le bout de l'île et le bout du monde...l'autobus fait son demi-tour au bout du cul de sac et repart ! Il reviendra dans 5h, c'est bien suffisant pour les 15km de la balade. Nous partons sac au dos sur la piste qui conduit jusqu'au Farol de Rosais. Les lapins de garenne partent sous nos pieds, les haies d'hortensias sont denses, des azalées et des petites roses sauvages s'invitent aussi dans le paysage et puis partout, menthe sauvage, persil parfumé, aneth...nous faisons la cueillette !
Les HortensiasRosais

Un moment nous sommes tentés par de magnifique fraises sauvages...hélas elle sont de cette espèce qui n'a aucun goût, comme aux Antilles ! Dommage !

La balade est superbe...je vous la livre en images !

Rosais

Rosais

Rosais

Rosais

Rosais

Retour à la marina, douche chaude : le grand luxe !

Mercredi 20 juin 2012

Encore une journée ensoleillée. Nous flânons dans Velas, refaisons un approvisionnement, utilisons les facilités de la marina pour faire la lessive (machines à laver et séchoir sont à disposition des plaisanciers pour un prix très raisonnable) bref nous vaquons sans stress ! Nous sommes même remontés sur le Moro pour admirer le paysage sous le soleil !
Le sommet de Pico derrière la tour de Moro Grande

Velas moro grande

Pico et Faial depuis Moro Grande

Velas moro grande

Demain nous quitterons Sao Jorge sans en avoir épuisé toutes les richesses...mais peut-être reviendrons-nous ? En tout cas nous nous serons régalés, le cadre, l'ambiance, la gentillesse de José, le maître de Port, tout nous a plu !

Si vous passez par les Açores ne ratez pas cette escale !

Pour nous, la prochaine sera Terceira : départ demain à l'aube pour un peu plus de cinquante miles nautiques jusqu'à Praia da Vitoria, une belle anse sur la côte Est de l'île.

dimanche 17 juin 2012

Les Açores : Du 13 au 16 juin 2012, de Florès à Sao Jorge.

Petit point sur les Açores.

L'archipel est situé dans l'Atlantique Nord au large du Portugal, plus précisément à 750 miles nautiques de la pointe Sud du Portugal soit encore pas loin de 1400 kms.
Il comprend 9 îles volcaniques qui s'étirent sur 321 miles nautiques du Nord Ouest au Sud Est.

Les îles sont réparties en trois groupes :

  • Les îles du groupe occidental : Corvo et Flores
  • Les îles du groupe central : Faial, Pico, Sao-Jorge, Graciosa et Terceira
  • Les îles du groupe oriental : Sao-Miguel et Santa-Maria.

Vous le savez déjà, nous avons fait notre entrée à Flores (le territoire européen le plus occidental !) et en bons méditerranéens qui rentrent à la maison...nous allons visiter l'archipel en glissant vers le Sud Est.

Mercredi 13 et jeudi 14 juin 2012

Mercredi à 10 heures nous sommes prêts à larguer les amarres.
Cap sur Horta, le grand port traditionnel d'arrivée des transats sur la façade sud-est de l'île de Faial.
Une petite traversée de 130 miles nautiques...de 24 heures à peine ! % Les îles de Faial et de Pico sont très proches, quelques miles les séparent et Pico porte un volcan qui a donné son nom à l'île et culmine à 2351 m (le plus haut sommet du Portugal!).

Je m'attends à le distinguer de très loin au large !

Au début, le vent d'Ouest nous pousse gentiment, puis ils tombe...moteur !

Un brouillard très dense nous enveloppe, la visibilité est réduite à quelques dizaines de mètres. C'est l'occasion de mettre le radar en route, il ne nous a pas beaucoup servi depuis deux ans !
Puis le brouilard se dissipe.

Nous remontons deux petits poissons : 1 tout petit germon de 1,5kg et 1 albacore de 5-6 kg. Ils sont rapidement mis au frigo, la réserve de poisson est reconstituée !

Les voisins en RM 10,50 qui sont partis de Lajes de Flores quelques temps avant nous, nous appellent à la VHF pour savoir si la pêche a été bonne...ils sont jaloux, ils n'ont rien pris ! Ils goûterons un peu du nôtre à Horta !

23h : le vent rentre, 15-20 nœuds au portant. Une navigation tranquille, à la voile et sans vague jusqu'à Faial que nous atteignons à 7h du matin le lendemain.

L'île est dans la brume, sa voisine Pico aussi, le volcan est bien caché...pas d'amer remarquable !

A 8h30 nous passons la grande jetée du port de Horta.

Horta

J'appelle le bureau de la marina, réponse : le port est plein il faut rester au mouillage. Obéissants, nous mouillons et je vais me reposer.
Installé dans le cockpit Jean-Claude voit entrer les bateaux. Ils se mettent à couple sans rien demander, se rendent au bureau et parfois se font attribuer une place à l'intérieur de la marina...C'est trop injuste !
Alors, nous faisons de même, nous relevons l'ancre, nous nous mettons à couple d'un bateau français (3ème rang sur le quai extérieur) et je me rends au bureau.
L'accueil est charmant et nous allons rester là. En fait ce n'est pas terrible, impossible d'avoir l'eau ou l'électricité (le quai est trop loin !) et puis en extérieur comme ça on est secoué contre le voisin chaque fois que la navette inter-îles passe...
le Wifi de la marina n'est pas assez puissant pour être fiable compte tenu de la demande et les douches sont à perpète !
Mais bon nous sommes à Horta, port mythique pour tous les navigateurs, il fallait y passer, nous y sommes !
A la capitainerie, après le « check in » du port, il faut encore aller dans trois bureaux, immigration, douane, et police maritime... c'est au dernier bureau que ça coince, je dois présenter une attestation d'assurance à jour (bien sûr!). Je ne l'ai pas, l'échéance tombait pendant que nous étions au milieu de l'atlantique, elle doit être à la maison. La policière me rassure j'ai le temps, il suffit que je la présente avant de partir et je peux même l'envoyer par mel ! Il faut aussi aller acquitter 2 euros de taxe « phares et balises » dans un autre bureau pas loin, 100 mètres environ, de la même police maritime. Je me fais expliquer que cela couvre l'ensemble des ports du Portugal et que si je ne paie pas les 2 euros à l'entrée...l'amende, au port suivant, sera de 250 euros !
Pour la taxe...ce sera facile ! En revanche « l'aventure  attestation d'assurance » va commencer...
En rentrant au bateau, coup de téléphone à l'assurance et on me promet d'envoyer dans les 20 minutes l'attestation en question, à moi et à l'adresse mel de la police maritime...comme la connexion internet est très faible ou inexistante en journée, impossible de vérifier, mais j'ai fait mon devoir et je suis tranquille...nous partons nous promener.

Petit passage au bureau...c'est fermé...

Il fait un beau soleil et la ballade est très agréable. Bien sûr il faut s'attarder sur les quais où les marins ont laissé la trace de leur passage. Nous sommes intimidés devant leurs réalisations...Nous savons que c'est une tradition et aussi bien Jean-Marie que Geneviève nous l'ont rappelée, mais il nous manque un artiste à bord. Où êtes-vous Mathis, Yann, Loana, Geneviève, Violaine qui chacun aurait pu nous inventer une belle signature graphique pour Doug Le ?

Horta

Horta

Nous sommes passés devant le Bar Sport de chez feu Peter, avons foulé la belle plage de Porto Pim et grimpé le Monte da Guia pour admirer le cratère ouvert dans l'océan la Caldeira de l'Inferno.



Porto Pim
Porto Pim


Monte da Guia
Monte da Guia


Caldeira de l'Inferno
Caldeira Inferno

Petite déception : Pico est resté caché dans son nuage !

Retour au bateau : le bureau est ouvert, la policière n'a rien reçu !

Jean-Claude fait le maximum avec internet, arrive à se connecter à son espace personnel (Notre assurance est à la page ! Vous savez c'est celle qui chante 0 blabla, 0 tracas!)...bref impossible d'obtenir une attestation, ça bloque ! Il envoie un message via l'espace perso !

Cela ne nous empêche pas de faire un excellent repas de poisson !

Vendredi 15 juin 2012

Après une bonne nuit, une fois le petit déjeuner avalé, nous nous attaquons à ce problème d'attestation, histoire de partir faire le marché tranquilles ! Et puis demain ce sera le week end donc...encore plus difficile d'avoir un interlocuteur ! Il faut également vous préciser que la réponse reçue via « l'espace personnel » indique qu'il n'est pas possible d'obtenir une attestation par ce canal. Je vous laisse imaginer la teneur du message immédiatement renvoyé par Jean-Claude.

Au fait, heureusement que ce n'était pas un sinistre, juste une histoire de papier !

Finalement après trois coups de téléphone, une attestation finit par arriver sur ma boite mel (elle n'est jamais arrivée sur celle de Jean-Claude...).
On enregistre tout, sur le disque dur, sur une clé USB et on transfère le mel aux deux adresses de la police maritime...ouf ! Nous sommes en règle, croyons-nous.

Nous partons faire le marché et trouvons sur le chemin un guide adorable, un vieux monsieur très classe, salué avec déférence par les gens dans la rue, qui parle un anglais parfait et tente même de rafraîchir avec nous le français qu'il a appris au lycée. Il nous indique le marché général et aussi une boutique qu'il semble préférer (produits locaux, culture bio) qui s'appelle Loja do Triangulo (bon la symbolique est appuyée!).
Nous trouvons aux deux endroits de quoi refaire un bel avitaillement en fruits et légumes. A la boucherie, dans la même rue Jean-Claude se laisse tenter par un quart de chevreau...nous voilà parés pour plusieurs jours !

Retour au bateau, le ciel est gris, c'est un temps pour cuisiner. Jean-Claude met trois cakes en route et essaie une nouvelle préparation pour le poisson sur la suggestion d'un de nos voisins de ponton à Florès. C'est une recette nordique, le gravlax : poisson mariné au sel, au sucre et aux aromates, en général à l'aneth. A suivre.

Après le repas nous avons la visite de l'équipage du RM, ils viennent prendre livraison de poisson... Nous passons un très agréable moment à bavarder autour d'une tasse de café : échanges d'expériences avec des marins sympathiques.

Puis nous partons faire un tour, écourté par la pluie qui se met à tomber drue !

Activités d'intérieur au bateau, dans une ambiance grise et humide.

Finalement il nous tarde de quitter Horta !

Au fait, je suis passé plusieurs fois dans la journée au bureau...personne !

Samedi 16 juin 2012

Il pleut encore et nous n'avons toujours pas vu Pico !

Sur ma boite mel ce matin, les deux adresses de la police maritime étaient indiquées en « permanent failure » ! Conclusion, les autorités ne sont toujours pas en possession de notre attestation d'assurance !

Après quelques dernières courses, je pars faire les formalités de sortie, ma clé USB dans la poche...

A la capitainerie il y a une longue queue...c'est samedi me dit-on...

Du coup on s'arme de patience et de sourires, on échange avec les gens qui arrivent...et son tour finit par arriver.

Les personnes, derrière les bureaux, parlent toutes un excellent français. Lorsque je montre ma clé USB au responsable de la capitainerie en expliquant mon problème il me répond :  « Laisse tomber tout ça c'est des bêtises ! Nous on simplifie le plus possible et eux ils font tout pour compliquer les choses, et en plus ils ne sont jamais là ! Tu n'en tiens pas compte et si on te demandes quelque chose tu diras qu'ils ne sont jamais là ! »

Le quatrième bureau n'est pas en odeur de sainteté et c'est vrai que les trois autres bureaux sont toujours ouverts...mais pas celui-là !

Heureusement, nos voisins ont une imprimante à bord, gentiment ils me font deux tirages de l'attestation, je vais en glisser une sous la porte du « bureau toujours fermé » et je m'écroule sur la banquette du carré, épuisée !

Le capitaine va bien, je lui ai évité les tracas administratifs et il m'a préparé à manger !

Nous goûtons le gravlax : c'est un délice !

Nous quittons Horta après le déjeuner, équipés comme pour la Bretagne Nord, en direction de la marina de Velas dans l'île de Sao Jorge.

Tiens ! Pico se dévoile quelques minutes, le temps d'une photo !


Pico tel qu'il a bien voulu se montrer

Pico



Et la pluie cesse !
Du coup nous faisons une navigation agréable d'une vingtaine de miles au portant et arrivons à Velas vers 16h30.

Arrivée sur Velas
Arrivée sur Velas Sao Jorge

La jetée de Velas
Arrivée sur Velas Sao Jorge

Derrière la jetée de Velas, au pied des falaises, il y a une toute petite marina, très récente, délicieuse !

Nous y sommes accueillis par un maître de port absolument charmant et parfaitement anglophone avec ces mots : « Welcome in Paradise ! »


Doug Le in Paradise Velas marina

Velas marina

Nous y retrouvons l'ambiance qui nous a tellement charmés à Lajes de Florès. En plus les sanitaires sont tout neufs avec eau chaude et machines à laver...le paradis !

Un paradis où une fois la nuit tombée les oiseaux des falaises donnent une aubade très singulière !
Ce sont des Puffins cendrés. Allez sur le site ci-dessous, vous les verrez et entendrez. Ils fréquentent les falaises en colonies importantes au moment de la nidification et du nourrissage des petits.

http://www.arkive.org/corys-shearwater/calonectris-diomedea/video-00.html

Il n'est pas impossible que nous flânions un petit peu sur cette île !

mardi 12 juin 2012

Les Açores : Du 06 au 12 juin 2012, Florès.

Mercredi 6 juin 2012

La première journée à terre débute par l'accueil des autorités à bord. Ils sont charmants, parlent anglais, font leur page d'écriture et nous souhaitent un bon séjour au moment de quitter le bateau.

Un français installé à Flores passe entre les bateaux pour vendre son fromage, nous lui en prenons deux. C'est du vache, nous le goûterons à midi.

Mais avant le repas et après une bonne douche, le capitaine grimpe dans le village à la recherche de pain. Je reste au bateau et commence de petits rangements. Les bonjours et les conversations commencent entre les bateaux. Nos voisins de droite sont d'Antibes. Ils naviguent sur un J Boat de 13 mètres. Ils sont arrivés il y a quelques jours...pas plus rapides que nous … Le Pogo qui était parti de Saint-Martin 1 jour avant nous a traversé en 14,5 jours...bon nous sommes dans la fourchette, plutôt bien placés du côté des bateaux « rapides » ! Nous ne sommes pas mécontents...

Le port de Lajes depuis l'esplanade devant l'église Flores

L'après-midi, après la sieste, nous partons faire une première ballade à pied. Depuis le port il faut grimper une bonne côte pour arriver au village. Les maisons sont en pierres noires volcaniques parfois jointoyées de blanc. Du vert, des fleurs, chaque petit lopin de terre est cultivé, et comme le dit Marie-No dans son commentaires...de vraies vaches noires et blanches paissent.

C'est clair, nous avons bel et bien quitté la Caraïbe, l'ambiance est océanique. Ça ressemble plus à l'Auvergne avec l'océan autour qu'aux îles de l'Arc antillais.

Nous décidons de prendre notre temps pour visiter Florès. Des Américains croisés sur le chemin du retour au port nous donnent plein de renseignement utiles.

Les échanges entre gens de bateaux sont très sympathiques.

Sur le ponton les équipages les plus jeunes préparent un super barbecue : les chasseurs sous- marins ont ramené un plein seau de perroquets rouges ! La mer est poissonneuse, manifestement...cela donne des envies au capitaine.

Nos jeunes voisins de gauche sont venus visiter notre bateau et puis sont partis vers leur soirée. Pour nous, Champagne, thon au citron, soupe au fromage et ….belle longue nuit dans cette toute petite marina super calme !

La marina de Lajes est une « vraie » marina. Elle est très récente, elle a été inaugurée en 2011.

Quand on arrive à Lajes une fois franchie la première jetée qui abrite le quai des cargos et des gros bateaux il faut se diriger au fond à droite vers une deuxième digue, puis on vire franchement bâbord et c'est là.

Il y a environ 20 postes pour les bateaux de passage plus quelques uns pour de très petites unités. On s'amarre sur ponton et catway, tous les postes sont équipés en eau et électricité. La borne WIFI du gouvernement, juste au dessus du port, est en libre accès . Tiago, le jeune responsable de la marina est charmant, serviable (comme tous les gens de l'île d'ailleurs!) et parfaitement anglophone (ce qui facilite les choses!). Seul tout petit bémol, les sanitaires sont ceux du Club Nautique, un peu vétustes et sans eau chaude ! Mais au tarif pratiqué, 12,38 euros la nuit pour notre Sharki ...rien à dire.
La marina

Flores

Du jeudi 7 juin au mardi 12 juin 2012

Nous allons prendre notre temps, dans cette ambiance calme, visiter l'île, faire les quelques travaux d'entretiens nécessaires après la traversée, bavarder sur les pontons.

Pour visiter l'île, une vraie splendeur, nous avons joué avec la météo. En effet, lorsque la brume s'installe la visibilité se réduit à quelques mètres et tous les paysages grandioses disparaissent. Nous nous y sommes repris à deux fois (donc loué une voitures deux jours non consécutifs) pour découvrir et admirer tout ce dont on nous avait parlé. Il faut dire que la brume s'installe souvent sur cette île perdue au milieu de l'Atlantique. D'ailleurs, la légende raconte que Florès et son satellite Corvo sont les deux pics émergés de l'Atlantide mythique et à jamais engloutie ! Un peu de brume rajoute à son mystère.

Question pratique, ne pas oublier sa petite laine et son Kway pour partir en ballade !

La côte ouest de l'île est une succession de très hautes falaises desquelles tombent des dizaines de cascades...

Village de Faja Grande, falaise dans la brume


Flores

Culture traditionnelle dans les petits enclos

Flores

Poço do Bacalhau
Flores

Le site de Faja Grande est exceptionnel ! Si vous venez à Florès ne ratez pas Faja Grande et même prenez le temps de randonner sur le sentier qui borde la falaise depuis Ponta Faja jusqu'à Ponta Delgada (la pointe Nord de l'île). Derrière la petite chapelle blanche, la route s'interrompt, et le sentier balisé jaune et rouge commence ; c'est un ancien chemin muletier, pavé et encore bordé, sur une grande partie, d'une murette en pierres noires.
Le chemin sur la falaise Flores


Ponta Jaja depuis le chemin sur la falaise

Flores Ponta Delgada depuis le chemin de Faja Grande

Flores

Au pied des falaises, le micro climat est quasi tropical du coup les cultures « en enclos » y existent depuis très longtemps. De petits enclos de bananiers, d'ananas, voire de caféiers et puis aussi de pommes de terre, de fèves, de choux ! Tous les terrains sont exploités, soit en cultures, soit en pâtures. D'ailleurs il n'y a pas une maison sans potager, pas une maison sans fleur !

Depuis le port on peut aussi marcher à pied (pas plus de 3h aller-retour) jusqu'au pied de la Faja Topo Vaz. C'est superbe !

Faja Topo Vaz

Flores
Flores
Les ananas au bord de l'océan au pied de la falaise

Flores

Dès qu'on sort des villages, tous très fleuris, on se retrouve dans un environnement naturel unique. Les haies sont faites d'hortensias et de cannas, espèces endémiques de l'île qui remplissent les ravines, les jachères et partout où chez nous pousseraient des ronces. Dans les hauts, les mousses et les brandes dominent, contre les falaises on trouve des arums, des anthurium, des agapanthes...

Les mousses dans les hauts

Flores

Plus bas les cannas

Flores

Flores

Partout les haies d'hortensias

Flores

Et puis, les lapins de garenne s'égayent par centaines !
D'ailleurs des chasseurs du village sont venus nous en proposer au port, à 2,50 euros le garenne...mon cuistot n'a pas hésité une demi-seconde ! C'est aussi une manière de vous dire que nous sommes plus que mécréants et que la superstition ne nous atteint guère ! Nous avons failli avoir par le même canal une moitié de chèvre sauvage...mais là la visibilité devait être trop réduite...les chasseurs ont raté la cible...pas de chèvre !

Jean-Claude, lui a ramassé des pleurotes et du persil sauvage...somptueuse omelette !
frégates

Flores

Nous voulions également absolument voir au moins une Caldeira, ce sont des lacs volcaniques. Nous y sommes parvenus entre deux passages nuageux et brumeux...pas assez lumineux pour la photo !

La côte Est, plus déchiquetée abrite la capitale de l'île, le port de Santa Cruz...quand on pense qu'autrefois les bateaux entraient et s'amarraient là !
Pour les téméraires il y a le choix

Port de Santa Cruz

Flores
Port de Ponta Delgada

Flores

Je termine sur une ancienne pratique locale : la pêche à la baleine (au harpon et à la rame!) Les membres du club nautique ont restauré une baleinière et ne désespèrent pas de s'en servir...une fois au moins ! 


Flores

Voilà, nous allons quitter ce petit paradis où les gens sont si gentils, pour découvrir les autres îles.
Demain nous mettrons le cap sur Horta !

Au fait d'après vous, l'île de Florès est-elle bien nommée ?

La transat retour : les choix stratégiques du capitaine

J'ai également demandé au capitaine d'expliciter ses choix stratégiques, c'est donc lui qui écrit ce billet.

A priori, le problème à résoudre est simple :

On part en bas à gauche de la carte et on arrive en haut à droite.

En bas le vent vient de droite (de l'Est) donc plutôt de face.

En haut il vient de gauche (de l'Ouest) donc portant.
Entre les deux l'anticyclone, zone sans vent.
En théorie, il faut donc remonter vers le Nord perpendiculaire au vent pour passer à l'arrière de l'anticyclone et tourner à droite plein Ouest quand on rencontre les vents favorables.
Plus on remonte, plus on est sûr de trouver des vents favorables, mais aussi plus on risque de se faire rattraper par une grosse dépression.
En pratique le problème se complique car l'anticyclone ne reste pas sagement à sa place. Il monte, il descend, s'élargit se contracte ou se fractionne pendant qu'on cherche à le contourner.
Alors chacun a ses recettes et donne ses conseils.
Voici quelques exemples de ceux que l'on m'a donnés :

  • Tu montes aux Bermudes, tu y fais escale et quand la météo va bien tu n'as plus qu'à aller tout droit aux Açores.
  • T'emmerdes pas, prends la route des convoyeurs, tu achètes plein de bidons et tu restes dans l'anticyclone aussi longtemps que tu peux, tu remontes sur Horta le plus tard possible.
  • Dès que l'alizé te le permets, tu suis l'orthodromie (l'arc de cercle sur la carte qui est en réalité le plus court chemin sur la sphère) sans te poser de questions, la différence de distance avec la route classique est telle que tu iras plus vite même en te traînant.
  • Tu montes vers le Nord jusqu'à ce que tu aies le vent qui te va, ensuite tu suis le baro : la pression monte tu tournes à gauche (vers le N) la pression baisse tu tournes à droite (Sud), comme ça tu gardes des vents constants.
  • Tu prends un routeur professionnel, il t'envoie tous les jours le cap à suivre en fonction de ses prévisions.
  • Il faut partir tôt en saison, l'anticyclone est plus bas.
  • Il faut partir plus tard en saison, l'alizé est plus faible et mieux orienté.
  • Il ne faut pas partir trop tard on risque de se faire rattraper par une dépression tropicale
  • Moi je ne partirai pas avec la météo qu'il y a (le gars de la capitainerie le jour du départ).

Tous ces conseils sont excellents, le problème c'est qu'on ne peut en choisir qu'un....

Je crois aussi que les paramètres qui ne sont pas assez pris en compte sont ceux qui concernent le bateau et l'équipage.

Quel objectif  prioritaire ? battre un record de vitesse, se faire des sensations sportives, prendre du bon temps, arriver sans avoir fatigué le matériel ni l'équipage ?

Quel bateau ? Coque légère qui surfe sur les vagues ou bateau lourd qui ne dépasse pas sa vitesse de carène ? Ultra voilé avec un petit réservoir ou l'inverse ? Prévu pour affronter du très gros temps ou pour naviguer agréablement l'été ?

Quel équipage ? Nombreux et aguerri ou couple de retraités ?

Influencés par les revues nautiques et les récits de course au large beaucoup font comme si les trajectoires des voiliers Open de la Volvo Race étaient la norme. Et je suis un peu stupéfait de voir des équipages familiaux sur des bateaux de grande série prévus pour aller de marinas en marinas remonter d'emblée au dessus du 35° N alors que l’anticyclone est sous le 30° et s'étonner ensuite de se faire méchamment malmener avec des avaries plus ou moins conséquentes à la clef.

Il faut bien voir que 40 à 50kts de vent entre Canet et St Cyprien à ras des bouées jaunes l'été à une heure de la douche chaude et du bar du port n'ont rien à voir avec les mêmes 40 kts de vent, mais au grand large avec les vagues qui vont avec quand il reste quinze jours (et nuits) avant de toucher terre.

Bref, ce qui est bon pour un bateau et son équipage ne l'est pas nécessairement pour les autres. Je me garderai bien de dire « voilà ce qu'il faut faire » et ce qui a bien marché pour nous dans la configuration météo que nous avons rencontré aurait été inadapté avec une autre configuration ou un bateau très différent.

Pour nous, les caractéristiques sont les suivantes :



Objectif : être bien, prendre du bon temps.

Bateau : lourd, ne dépasse pas sa vitesse de carène, donc contrairement aux voiliers de course inutile de chercher des vents très supérieurs à 20 kts ! Arrière étroit, peu à l'aise dans les grandes vagues de l'arrière. Inutile de songer aux grands surfs... Par contre un bon moteur, une énorme hélice tripale et un grand réservoir.

Équipage : On n'est que deux, même si on a un bon entraînement, on n'a plus 20 ans et il faut se ménager.

Communication : on a un Iridium avec kit data qui permet de recevoir les fichiers météo et un ami à terre qui peut surveiller sur internet l'évolution à 7 jours sur l'ensemble de l'atlantique nord pour prévenir si une dépression tropicale se forme afin que l'on puisse fuir plein sud suffisamment à l'avance.

Notre choix :
  • Attendre à Saint Martin que la météo annonce un infléchissement vers le sud des alizés qui passent alors de NE à E voire ESE. Ça permet de faire une remontée au bon plein sur une route proche de l'orthodromie jusqu'à l'anticyclone.
  • Couper l'anticyclone sur une route proche de l'orthodromie, inutile de rallonger la route de deux jours pour faire quelques heures de moteur en moins !
  • Rester ensuite aussi bas que possible en latitude tout en pouvant marcher à la voile. Mais sans trop zig-zaguer non plus, donc choisir une route la plus courte possible dans une fourchette 15 kts – 30 kts. (En dessous au portant les voiles portent mal dans la houle, au dessus ça devient inconfortable). Ce qui signifie aussi rester aussi proche que possible de l'anticyclone pour y replonger, au moteur si besoin, si on nous annonce un temps catastrophique à l'arrière.
  • En fonction des vagues et du vent s'écarter de la route prévue pour rechercher l'amure la plus confortable mais sur quelques heures seulement et revenir sur l'autre bord dès que ça s'améliore un peu. Cela fait faire plus d'empannages mais permet d'être moins inconfortable dans les moments les plus durs sans modifier la trajectoire globale.
  • Le jour « faire marcher » le bateau, la nuit se reposer donc systématiquement réduire la toile comme si le vent était un cran Beaufort plus élevé que prévu. C 'est en effet presque toujours la nuit qu'ont lieu les avaries : on ne voit pas venir les grains et si le vent monte, les décisions sont plus tardives et les manœuvres plus lentes. La vitesse affichée au GPS était le plus souvent autour de 6.5-7 kts le jour et de seulement 5à 6 kts la nuit.


Ceci en prenant tous les jours les données météo sous forme de fichiers « gribs » par le téléphone satellite Iridium. La réception Iridium a toujours été parfaite et les fichiers météo d'une précision époustouflante : rarement plus d'un nœud d'écart à 24h pour la vitesse du vent. On pouvait même décider l'heure du changement d'amure du lendemain : « après le thé il faudra qu'on empanne, le vent prendra 10° Nord vers 17h».




Le choix d'une route très nord, pour faire comme les pros de la course au large, aurait été stupide pour la période où on a traversé : on aurait rallongé la route sans gagner en vitesse. En prime fatigue stress et casse éventuelle : on voit arriver les équipages sur les pontons... et toutes leurs affaires mises à sécher ! Si l'anticyclone avait été très haut (centré sur les Açores), j'aurais utilisé mes 500l de gazole sans me poser de questions métaphysiques.



On aurait d'ailleurs pu faire un choix encore plus peinard, on avait assez de gazole pour ça : rester dans l'anticyclone le plus longtemps possible en navigant plein Est au moteur dans le calme plat et remonter sur Horta au dernier moment (C 'est le choix de beaucoup de pros du convoyage). Mais d'une part nous voulions visiter Florès (et on ne le regrette pas) et d'autre part nous gardons cette option pour quand nous serons plus vieux !

lundi 11 juin 2012

Bilan de la transat retour

L'océan a été plutôt clément avec nous, comme Jean-Marie nous l'avait souhaité. La stratégie du capitaine s'est révélée, comme toujours, efficace, opérante et l'équipière est restée souriante en toute circonstance.

Et puis, une fois encore, Marie-No avait raison : les Açores sont une vraie récompense !

Je vous livre un petit bilan, c'est technique et sans émotion.

Dans le billet suivant Jean-Claude explicitera ses choix stratégiques.

1- Durée, distance, trajet, stratégie

Nous sommes partis de Saint-Martin le 21 mai 2012 à 16 heures TU et sommes arrivés à Flores, l'île la plus Nord Ouest de l'archipel des Açores, le 6 juin 2012 à 10h30 TU.

Notre voyage aura duré 15 jours et 14h30 soient : 374,5 heures (200 heures de moins que pour la transat aller).

La route directe était de 2113 miles nautiques.
Si nous faisons la somme des distances journalières nous avons parcouru 2163,5 miles nautiques. Cela signifie que notre trajet en arc de cercle était plutôt bien calculé. En effet, sur une sphère, le chemin le plus court n'est pas la ligne droite !

Nous avons réalisé une moyenne de 138 miles par jour (de 128 nm pour la performance la plus faible à 147 nm pour la meilleure performance). Finalement, 5,77 nœuds de moyenne sur l'ensemble du parcours. Nous avons été un demi nœud plus rapide qu'à l'aller !

En terme de stratégie il fallait aussi, bien évidemment, tenir compte de la météo.

Au départ de Saint-Martin le vent était plein Est (avec peut-être même une pointe de sud) ce qui nous a permis, alors que notre bateau n'est pas une bête de près, de remonter sans difficulté du 18°N au 27°N, pendant les 5 premiers jours. On a même gagné dans l'Est, passant, dans le même temps, du 63°W au 57°W.

Lorsque nous sommes entrés dans la zone sans vent, l'anticyclone était allongé comme une galette. Il occupait quasiment tout l'océan d'Est en Ouest mais était relativement plat dans le sens Nord -Sud. Le capitaine a décidé de le traverser en faisant cap direct sur Flores. Sur mer d'huile, à 1700-1800 tours, le Yanmar nous a maintenu sur la route à au moins 6 nœuds avec une dépense de carburant raisonnable, largement compatible avec nos réserves. Le franchissement de l'anticyclone a duré 3 jours où nous sommes passés du 27°N au 30°N et du 57°W au 50°W. Donc peu de Nord et beaucoup d'Est dans cette partie.

A cette latitude nous avons touché les vents d'ouest, les vents portants. La stratégie a consisté à rester un peu en dessous du 33°N pour laisser passer un train de dépressions et éviter les vents forts et les grosses vagues qui vont avec, puis à faire route directe dès que les conditions l'ont permis.



2- Vie à bord



Deux points très importants en longue traversée : se nourrir, dormir.

Comme toujours sur Doug Le, la nourriture a été soignée.
Le chef a cuisiné tous les repas (midi et soir) sauf 2.
Seulement deux poissons péchés dans la troisième partie du voyage, mais nous avions des réserves carnées suffisantes. En effet, à Saint-Martin, côté Marigot, le boucher de la rue Concordia fait venir la viande directement de Rungis et vous la met sous vide. On la paie cher mais ça vaut vraiment la peine, à condition d'avoir un bon frigo.
Nous avons mangé le rôti de veau une semaine après notre départ et le poulet au bout de 15 jours : conservation parfaite et repas délicieux !
Les fruits et légumes se sont conservés jusqu'au bout, sans perte, et le pain dit « bateau » de la boulangerie Sucrerie a tenu 15 jours.

La veille de nuit s’est organisée de manière spécifique, comme à l'aller. En effet, lorsqu’on navigue près des côtes, ou en zones fréquentées, il faut impérativement exercer une veille attentive de l’environnement : les autres bateaux. Même si nous sommes maintenant équipés AIS aussi bien en émission, pour être vu, qu'en réception, l’objectif est de parer une éventuelle collision notamment avec les bateaux locaux, de pêche en particulier, qui eux ne sont pas équipés en AIS. Dans le même temps on surveille la bonne marche du bateau. Dans ces cas-là, nous restons éveillés et alternons la veille toutes les deux heures.
En haute mer, lorsqu’on ne croise un cargo que tous les dix jours (cargo qui par ailleurs est signalé de façon sonore par l’alarme AIS) c’est la bonne marche du bateau qui importe : réduire sous les grains, éviter l’empannage …Là, le capitaine dort dans le cockpit…prêt à intervenir ; il me laisse la couchette de mer.

Nous avons « vu » des cargos sur l'écran de l'ordinateur, nous en avons aperçu deux, au loin, avec nos yeux (et encore peut-être était-ce parce que nous les guettions après les avoir repérés sur l'écran de l'ordi!), un seul nous a croisé à moins d'un mile (mais un mile ça laisse de la place entre deux bateaux!).

Dans la journée, on se repose autant et aussi souvent qu'on peut ! Objectif : ne pas manquer de sommeil !

3- Communications

L’Iridium est une merveille : nous avons pu envoyer et recevoir des messages tout au long de la traversée.
Seule précaution : nous n'avons pas multiplié les envois individuels mais adressé un message tous les deux jours à notre fille chargée de le rediriger vers la famille et les amis. Ce fut parfait !
Nous avons effectué des requêtes météo tous les jours.
A l'arrivée, le bateau voisin qui râlait beaucoup sur l'Immarsat nous a confirmé dans notre choix d'Iridium : c'est éprouvé, fiable, le transfert des donnés est très au point.
Pour les requêtes météo nous étions, comme à l'aller abonnés, à navimail. Cette fois-ci le service a fonctionné jusqu'au bout et nous avons utilisé de mieux en mieux les possibilités offertes.

4- Avaries

Aucune : nous avons cassé un verre à vin Amel ! Dans le roulis ! Il nous en reste deux.

Nous sommes un des rares bateaux à être arrivé sans avoir rien abîmé, sans avoir rien mouillé.
Nos voisins du J Boat 130, ont mouillé toutes les couchettes et aussi quelques coffres (cabine arrière, cabine avant et carré!) et le séchage est très laborieux.

Nos autres voisins ont cassé une bastaque ce qui a endommagé leur bimini. Le Suisse qui nous a accueilli à couple à notre arrivée a endommagé une voile et perdu son moteur hors-bord...

Par ailleurs, lorsque nous voyons les autres bateaux arriver, l'équipage est équipé de pied en cap , salopette et veste de quart. Les marins se sont manifestement mouillés. Jean-Claude n'a porté sa salopette qu'une nuit, moi je n'ai pas eu besoin de la sortir de son équipet !

Ça ce sont les avantages du Sharki :

  • pas de problème de structure : la solidité de la construction, des liaisons coque-pont, la conception des ouvertures, nous mettent à l'abri des voies d'eau
  • le cockpit profond et la casquette nous font une quasi timonerie intérieure.

Pour le reste, la préparation initiale et la conduite raisonnable du bateau, surtout la nuit, y sont sans doute pour quelque chose.

5- Santé

A part mon entorse qui s'est très vite résorbée, aucun problème physique ou physiologique à signaler : juste un peu de fatigue à l’arrivée.

Aucun problème psychologique non plus. Pour nous, coupure d’avec le reste du monde, solitude à deux, sont au coeur des plaisirs de la traversée.

6- Culture

Comme à l'aller :

  • Musique : pour les deux
  • Lecture : pour les deux. Je finis mon stock de bouquins « papier » tandis que Jean-Claude est passé définitivement à la liseuse
  • Écriture : pour moi


7- …et maintenant !

Découvrir les Açores !

8- Si c'était à refaire

Nous (là il faudra à nouveau une écriture à quatre mains) ferons un billet sur ce thème à la toute fin du voyage lorsque la boucle sera complète.

samedi 09 juin 2012

Saint-Martin -Les Açores : la traversée atlantique retour. Du 29 mai au 06 juin 2012, dernière partie, poussés jusqu'à Flores par les vents d'ouest.

Mardi 29 mai 2012

Le vent est toujours d'Ouest autour de 15 nœuds. Nous naviguons à 6 nœuds, voiles en ciseaux, génois tangonné au vent, tout déroulé, et Grand Voile déployée de l'autre côté avec une retenue de bôme pour éviter les conséquences d'éventuels empannages intempestifs.
traversée retour 27

Les vagues arrivent et le roulis s'installe. Pas trop important pour le moment.

12h : rituel position et communication :
30°40'N – 50°51'W
distance parcourue en 24h : 138 nm

A 20h, il reste 1052 miles nautiques à courir, nous sommes à la moitié du voyage.

21h : nous faisons les manœuvres de voile pour la nuit. Nous réduisons la toile par précaution car le vent doit forcir et les vagues ont franchement grossi...ça roule ! Mieux vaut éviter les sorties acrobatiques sur le pont pendant la nuit !

Nous faisons également tourner un peu le moteur, non pas que son bruit nous manque mais il faut recharger nos batteries service. Au plein vent arrière l'éolienne ne donne rien ou presque alors, pour peu qu'il y ait quelques nuages, les panneaux solaires ne suffisent pas. Il faudra sans doute qu'on mette en veille notre ordinateur. C'est un bel instrument de navigation mais il est un peu gourmand en énergie. On ne l'ouvrira que de temps en temps.

C'est une belle journée, soleil, vent, vagues qui s'achève.

Le soir nous sortons les polaires...ça y est il fait plus frais, on remonte dans le Nord !

Mercredi 30 mai 2012

Dans la nuit nous avons passé le cap des 1000 miles, le compteur n'a plus que trois chiffres. Décidément on avance !

traversée retour 29

C'est une matinée pleine de grisaille et de bruine. Serait-on remonté trop au Nord ? Du coup les activités de lecture et d'écriture se font dans le carré, à l'abri.

12h TU : rituel position et communication :
31°39'N – 48°20'W
distance parcourue en 24 h : 145 nm

Les requêtes météo et les messages d'Yves nous confirment dans notre stratégie : cap au 60°

Les messages de Sylvie nous amènent de gentilles nouvelles de la terre. Il n'y a pas d'autres nouvelles que celles arrivées par Iridium. Nous ne sommes pas parvenus à prendre RFI ! Cela n'a sans doute pas grande importance car à l'aller en décembre 2010 où le service météo était encore en fonctionnement nous avions pris RFI tous les jours, météo et infos : pour la météo les données étaient exactes mais pour les nouvelles du monde...ils avaient juste oublié de nous dire que la révolution tunisienne avait abouti à la destitution de Ben Ali ! Arrivés en Martinique le 15 janvier 2011 nous en étions restés à quelques troubles...de printemps arabe point, diplomatie française oblige !

A partir de 14h le bateau est réglé pour le vent de travers. Il avance régulièrement entre 5 et 6 nœuds. La houle s'est un peu amortie ou allongée, le soleil a refait son apparition, il fait doux, on est bien.

Dans ces conditions la nuit est aussi sympa que le jour, pas de grain, pas de froid : l'équipage a bien dormi.

Jeudi 31 mai 2012

Les jours rallongent nettement. Le soleil se couche de plus en plus tard et se lève de plus en plus tôt, nous retrouvons des aubes et des crépuscules, ces temps de la journée qui n'existent pas sous les tropiques...nous allons bien dans la bonne direction vers l'Est, le Nord et l'été des latitudes tempérées.

Les oiseaux nous suivent...attirés par nos leurres. pourvu qu'ils ne se fassent pas prendre à l'hameçon !

traversée retour 28

12h : rituel position et communication :
32°45'N – 46°10'W
distance parcourue en 24h : 130 nm

Ce matin nous avons reçu des félicitations de notre « routeur » pour la beauté de notre trace entre les Antilles et la France. Merci Yves nous allons essayer de la terminer aussi bien que nous l'avons commencée.

Aujourd'hui, il fait un grand soleil et les panneaux donnent à plein. Nous tenons l'ordinateur en veille et contrôlons à nouveau la situation sur le front de la consommation électrique.

Maintenant une grande houle nous accompagne. Les creux sont de 3 mètres et la période d'une dizaine de secondes ce qui la rend douce en terme de pente mais ça n'empêche pas le bateau de rouler. Alors on roule ! Certaine fois, faire la cuisine devient une spécialité qui relève des arts du cirque, comme le dit mon capitaine, chef cuistot-trapèziste. Pour l'instant il assure, la cuisine de bord est toujours aussi bonne.

Nous traçons à la voile avec une belle régularité.

Vendredi 1er juin 2012

Toute la nuit le bateau a marché fort. Le vent et la houle varient en intensité passant de 15 à 25 nœuds pour le vent et de 1,5m à 3m pour la houle. Doug Le encaisse bien et fait de bonnes moyennes.

Du coup à 9h 47 il reste exactement 700 miles nautiques à courir, nous entamons le dernier tiers du voyage.

Ce matin il fait très gris et nous sommes à nouveau obligés de faire tourner le moteur une petite heure pour remettre à niveau nos batteries.

12hTU : rituel position et communication :
33°40'N – 43°28'W
distance parcourue en 24h : 147 nm

Nous ne sommes pas montés trop vite vers le Nord, le temps de laisser passer un train de dépressions et les très grosses vagues qui vont avec. On fera du plein Nord s'il le faut quand le calme sera revenu. Il paraît qu'une course de voiliers nous précède sur la route. Ils auraient pris du vent fort ! (message de Danièle et Jean-Charles un peu inquiets). Nous supposons que pour faire la course ils ont cherché le vent, sur une route beaucoup plus Nord que la notre et, bien sûr, ils l'ont trouvé ! Il ne nous reste plus qu'à souhaiter qu'il n'y ait pas eu de casse chez eux. En revanche on aimerait bien savoir si tous ces bateaux vont faire escale aux Açores et si oui dans quelle île...les marinas sont si vite saturées quand 300 bateaux déboulent ! On aimerait autant éviter la cohue après cette longue solitude à deux !

Au déjeuner, le chef, de plus en plus à l'aise dans le roulis, nous a cuisiné une tortilla à sa façon : en plus des pommes de terre, il a rajouté un peu de jambon serrano et quelques morilles à l'omelette...exotique le milieu de l'atlantique pour déguster ça !

Progressivement le temps se dégage et le soleil nous réchauffe tout l'après-midi. On se paie le luxe d'une bonne douche dans le cockpit !

La vie à bord continue, dans le roulis plus ou moins fort, entre lectures, écriture, rêveries et bien sûr conduite du bateau.

A propos de lecture, j'ai commencé un gros livre savant, L'origine des systèmes familiaux, Tome 1, L’Eurasie, d'Emmanuel TODD. Je me suis dit que le temps long de la traversée serait propice à la lecture de ce type d'ouvrage. C'est très intéressant et très sérieux, du coup je lis des petits livres rigolos en parallèle. Je vous raconterai tout quand j'aurai terminé le TODD et les autres !

21h, des dauphins tachetés viennent jouer avec notre étrave. Ce sont les premiers cétacés qui nous approchent depuis Saint-Martin. Il serait normal qu'on en observe de plus en plus, les Açores sont réputées pour en héberger un très grand nombre d'espèces. En soirée, le vent faiblit de plus en plus, comme prévu, il devrait s'orienter au Sud Ouest, puis fraîchir demain. Nous changeons d'amure. Pour l'instant les prévisions météo ont été d'une précision exceptionnelle. C'est très rassurant et très utile en terme de stratégie. Le capitaine choisit la route en tenant compte de ces données...à 50 miles près les conditions de navigation peuvent évoluer notablement et passer du confortable au maniable et du maniable au rude. Jusqu'à présent il nous a évité le rude.

Samedi 2 juin 2012

Le vent est bien passé Sud Ouest, nous naviguons foc roulé tangonné à tribord, Grand Voile arrisée. Nous avançons bien, 6-7 nœuds.

9h30, Jean-Claude remonte une bonite à ventre rayé, les meilleures. Petit poisson d'1 kilo : en 3 minutes il est à bord, 10 minutes de plus et il est vidé et mis au frigo !

Au fait, la course qui est passée sans nous voir était la Volvo Ocean Race...là bien sûr on s'incline. D'ailleurs les bolides sont déjà arrivés à Lisbonne ! Ils ne nous auront pas beaucoup gêné !

12h TU : rituel position et communication :
34°22'N – 40°40'W
distance parcourue en 24h : 147 nm

Il reste 550 miles nautiques pour Flores.

Dans l'après-midi, le vent de Sud Ouest fraîchit, 20-25 puis 30 nœuds. Il génère des vagues courtes qui viennent croiser la grande houle de Nord Ouest ce qui nous chahute d'un bord sur l'autre. Le bateau, très arrisé, avance vite, 7, 8 des pointes à 10 mais il faut surveiller son comportement sans arrêt car il a tendance à partir, soit au lof soit à l'abattée, et le pilote ne rattrape pas toujours les écarts de route !

Belles vagues

traversée retour 30

Nous fatiguons un peu mais savons qu'en début de soirée le vent va mollir puis s'infléchir Ouest...et c'est ce qu'il fait. A partir de 21h les éléments s’apaisent très très progressivement.

Et le chef n'a pas cuisiné : ce soir pique-nique...en général c'est un signe !

Dans la nuit, le vent continu de baisser mais il pleut, il ne fait pas très chaud. La veille dehors est désagréable.

Dimanche 3 juin 2012

Le capitaine a mal dormi. Il faudra lui laisser faire plein de siestes aujourd'hui.

Le temps est tout à fait maniable, vent autour de 15 nœuds et houle longue et régulière. Le bateau navigue sans effort.

C'est notre deuxième dimanche en mer et nous téléphonons à nouveau à nos mamans !

12h TU : rituel position et communication :
35°35'N – 38°13'W
distance parcourue en 24h : 140 nm

Journée tranquille où l'équipage se repose et se nourrit excellemment. A midi après le poulet aux Cèpes nous avons dégusté notre dernière mangue. Elles auront tenu pratiquement deux semaines pour notre plus grand plaisir. Ne vous inquiétez pas, il nous reste quand même des bananes et des pommes !

Lundi 4 juin 2012

Vent d'Ouest 15 nœuds, tangon à tribord.

12h TU : rituel position et communication :
36°58'N – 36°04'W
distance parcourue en 24h : 133nm

La température de l'eau n'est plus que de 21°C.

Journée houleuse : fatigue !

La soirée est plus calme, nous assistons à un lever de lune de toute beauté. L'astre émerge dans toute sa rondeur au dessus de l'horizon, tout proche, orangé : une splendeur !

Mardi 5 juin 2012

La nuit a été relativement calme, l'équipage a bien dormi.

Dès 7h30, une nouvelle bonite à ventre rayée est remontée à bord, un peu plus grosse que la précédente. Poisson frais en perspective à la table du capitaine !

traversée retour

Des dauphins viennent nous dire bonjour, nous interceptons des messages VHF entre voiliers qui se rendent aux Açores...pas de doute, nous approchons.

18-20 nœuds de Sud Ouest, ça pousse fort de l'arrière et ça devrait monter dans l'après-midi.

Je passe ma matinée à bûcher les escales aux Açores...pour pouvoir répondre aux questions que le capitaine ne manquera pas de poser très bientôt.

12h TU : rituel position et communication :
38°22'N – 33°39'W
distance parcourue en 24h : 143 nm

La température de l'eau a perdu un nouveau degré : 20°C Il reste 131 nm

Pour notre dernier jour de traversée, nous recevons plein de messages, Yves, Sylvie, Jean-Charles et Danièle, Marc...ça fait vraiment plaisir !

A peine le temps de faire la sieste, le vent monte et la pluie arrive.

16h48 : il ne reste plus que 100 miles ! C'est bon quand le compteur tourne à deux chiffres et fait même défiler les dixièmes de mile après la virgule ! L'après-midi est désagréable, avec le Sud Ouest on a une houle croisée et de la pluie.

Plus que 20h à tenir.

Mercredi 6 juin 2012

Bon vent et belles vagues pour la dernière ligne droite sur Flores.

Le capitaine a mis une canne à l'eau mais ça remue trop fort pour je le laisse aller faire des acrobaties sur la plate forme pour se battre avec le poisson. En attendant les poissons mordent et ...se décrochent. Trois fois ! Aucun n'a voulu se laisser tirer jusqu'à Flores !

A 8h30 il ne reste plus que 10 nm et l''île de Flores dans la brume n'est toujours pas visible.

A 9h22, à 6,22 miles ça y est, elle est là devant nous !
traversée retour

Le pilote automatique, déréglé, réagit de plus en plus lentement...du coup sur les 10 derniers miles Jean-Claude a repris la barre. La négociation des grosses vagues de travers réclame réactivité et concentration. Il y aura des grandes vagues pratiquement jusqu'à la pointe sud de Flores où nous arrivons sous la pluie.
La jetée de Lajes
traversée retour

A 10h30, nous entrons dans le tout petit port de plaisance de Lajes. La pluie cesse. Gentil accueil...nous attendons un petit quart d'heure à couple d'un autre bateau et nous nous amarrons au ponton B, une bonne place entre deux bateaux français dont nous ferons la connaissance ...plus tard !

Notre traversée de l'Atlantique Saint-Martin-Flores aura duré : 15 jours et 14h30

Nous sommes ravis, de l'avoir fait et d'être arrivés pas trop fatigués.

vendredi 08 juin 2012

Saint-Martin -Les Açores : la traversée atlantique retour. Du 26 au 28 mai 2012, deuxième partie, la traversée de l'anticyclone.

Samedi 26 mai 2012

Deuxième visite matinale des Paille en Queue. Vont-ils nous suivre jusqu'au bout ?

traversée retour 11

12h TU : rituel position et communication :
27°22'N – 57°49'W
distance parcourue en 24h : 128 nm.

Un tout petit peu moins que les jours précédents. C'est la conséquence de notre zigzag sur la route, d'abord vers le nord pour continuer à prendre le vent, puis vers l'Est quand on a mis le moteur.

A 12h15 nous passons sous un grain...il nous donne un peu d'air, favorable. Hélas pas pour longtemps, une heure à peine !

Après le grain, le soleil s'installe et le vent diminue, diminue, diminue encore. Les activités de lecture (avec liseuse) et d'écriture (avec ordinateur) se déroulent dans le cockpit et la mer devient d'huile.

traversée retour 16

traversée retour 25

Les couleurs sont magnifiques ! L'horizon se découpe avec une grande précision !

Nous approchons du centre de l'anticyclone.

Quel calme !

Jean Claude tente quelques photos. Rendront-elles cette ambiance si particulière ?

traversée retour 15

traversée retour 18

Nous sommes tout petits au centre du monde, si près de l'essentiel, si loin de la vie des hommes et des turbulences sociales... Nous serons vraiment tout décalés à l'arrivée !

Dimanche 27 mai 2012

Nuit hyper calme.

traversée retour 20

La mer est toujours d'huile et porte beaucoup d'algues et de petits organismes en surface.

Nous sommes au tiers du voyage et nous téléphonons à nos mamans. Elles vont bien, les pères aussi !

Nous profitons des conditions exceptionnelles de calme pour faire des petits réglages, recalibrer le pilote automatique, étarquer la Grand Voile, vérifier le capteur de barre caché sous une couchette de la cabine arrière. On s'occupe utilement.

Le capitaine met ses cannes à l'eau mais les algues de surface, nombreuses, organisées en longues bandes, en belles plaques ou disséminées en petites touffes, les mêmes qu'aux Caraïbes, sautent sur les hameçons à peine ont-ils touchés l'eau !

traversée retour 21

traversée retour 22

traversée retour 25

Dommage pour le poisson frais mais les réserves de vivres sont conséquentes, alors Jean-Claude remonte ses lignes et …un énorme aileron se met à tourner autour de nos leurres. Finalement il les dédaigne. Heureusement !

12h TU : rituel position et communication :
28°35'N – 55°43'W
distance parcourue en 24h : 133 nm

Vers 15h TU, juste avant notre « repas du dimanche », sur un mouvement malencontreux du bateau (même par calme plat le bateau bouge!!!) je me tords la cheville droite. Ouille ça fait mal.

Après un petit temps de repos et avec de la glace sur le pied je déguste quand même l'excellent repas concocté par le chef : planteur rôti de veau aux morilles, accompagné de pommes de terre et arrosé d'un Côte de Blaye mangue Cela aurait été dommage de manquer ça !

Après le repas je pars direct m'allonger, ordre du capitaine !

18h : estimation de la consommation de gazole, environ 100 litres pour 50 heures (autour de 2 l/h). C'est normal.

Lundi 28 mai 2012

Après une nuit très calme... Ronron du Yanmar à 1700 tours, génois et artimon déroulés pour profiter du vent très faible mais favorable ce qui améliore la performance et nous évite le roulis. En effet, une longue houle fait onduler la mer et le bateau se dandine.

Ma cheville droite ne va pas si mal. Je me suis fait une vraie entorse tibio-tarsienne classique mais pas dramatique. Ce matin l'enflure est faible, l'hématome réduit. Je peux poser le pied à plat sans douleur. Je suis soulagée car dans peu de temps, quand le vent rentrera, il me faudra être pleinement opérationnelle.

Du coup je profite du calme pour faire un peu de nettoyage dans le bateau.

12h TU : rituel position et communication :
29°41'N – 53°15'W
distance parcourue en 24h : 146 nm (notre meilleure performance jusque là)

Grâce à la dernière requête météo et aux infos transmises par Yves nous savons que nous devrions toucher du vent en fin de nuit, ¾ arrière, forcissant demain avec une grande houle associée.

C'est super pour le vent et on prépare nos tangons...quant à la houle il faudra bien faire avec !

14h30, juste avant le déjeuner : nous nous sommes octroyé un bain dans le grand bleu. L'eau est encore à 26°. Elle est d'une transparence... Quand même, sans vraiment avoir peur, je n'ai pas lâché l'échelle !

traversée retour 26

Vers 18h30, le capitaine décide de refaire le plein de gazole. Nous vidons 7 bidons sur 8 (+140 litres) et laissons 20 litres sur le pont, en réserve, pour garantir l'arrivée (on ne sait jamais!)

Le calcul de consommation en supposant que toutes les jauges sont exactes nous donne 2,47 litres à l'heure. Le capitaine n'est pas inquiet.

L'environnement est toujours aussi beau, des grains et des arcs en ciel tout autour dans le ciel, des méduses roses fluo irisées qui portent une voilure et naviguent avec nous. Celles-ci nous n'en avons jamais vu en Méditerranée ! Je savais qu'elles existaient par la lecture des blogs de nos prédécesseurs sur le trajet. Mais c'est toujours un plaisir que de découvrir et d'observer par soi-même ! Renseignements pris, ce sont des physalies. Ces animaux marins pélagiques fréquentent plutôt les mers chaudes. Leurs tentacules qui peuvent atteindre jusqu'à 40 mètres sont extrêmement urticantes.

traversée retour

Le coucher de soleil est splendide ce soir, roses fluorescents et orangés lumineux, une touche de rouge vif, couleurs qui se répandent sur l'horizon en s'estompant...il y a vraiment des circonstances où j'aimerais être aquarelliste.

traversée retour 25

Le vent rentre en milieu de nuit comme prévu. C'est de l'Ouest, 10 nœuds, plein arrière. Nous tangonnons sous la lune et arrêtons le moteur. Au début ça navigue tout doucement à 3 nœuds, puis 4 puis 5.

Belle deuxième partie ! C'était les vacances !

jeudi 07 juin 2012

Saint-Martin - Les Açores : la traversée atlantique retour. Du 21 au 25 mai 2012, première partie, au près jusqu'à l'anticyclone.

Mercredi 6 juin 2012 : nous sommes arrivés à Flores après un peu moins de 16 jours de navigation. Bien au calme dans la marina de Lajes je vous envoie les billets sur la traversée.

Juste avant de vous faire le récit jour après jour de notre traversée je voudrais signaler une erreur sur le précédent billet. Les connaisseurs, les puristes, les rigoureux auront repéré que la longitude annoncée de Flores était inexacte : Flores n'est pas au 09°90'W mais bien au 30°09'90W. L’œil avait dû glisser d'un cran !

Par ailleurs, j'ai séquencé ma narration en trois billets thématiques, le premier sur la remontée au vent jusqu'à l'anticyclone, le deuxième sur la traversée des calmes de l'anticyclone et le dernier sur le trajet à l'Est poussés par les vents portants. Je ferai sans doute un quatrième billet en forme de bilan.

C'est parti !



Lundi 21 mai 2012

Au ponton de la marina Fort Louis Doug Le prêt à partir avec tous ses bidons de gazole

traversée retour 1

Derniers achats, dernières formalités, et..

12h locales, 16h TU, 18h à la maison...nous quittons le ponton.

Sur le journal de bord les heures vont s’égrener en TU.

traversée retour 2

16h04, la jetée est virée, pour 2113 miles nautiques. Le cap pour Flores est au 53°. Ça c'est la théorie, car la route d'un voilier n'est pas une route directe : vent et anticyclone obligent . Les choix stratégiques consistent à remonter plus ou moins longtemps plein Nord, pour négocier l'anticyclone et partir alors dans l'Est pour profiter des vents portants. Cela rallonge la route...

Premier déjeuner en mer avant de passer la pointe Nord de Grand Case, à l'abri dans le canal entre Saint-Martin et Anguilla.

Le vent d'Est souffle à 20 nœuds. A 18h30 nous sortons du canal et faisons cap au 15°-20°Nord. Nous ne sommes pas tout à fait sur la route directe mais c'est pas mal. Artimon, génois roulé à trois tours, 1 ris dans la Grand Voile nous faisons route au près bon plein. Le bateau avance bien, mais aux allures de près ça gîte...ça penche ! Et puis quelques vagues accompagnent le vent alors ça secoue un peu également ! Coup de chance, les bidons de gazole sont à la contre-gîte !

Le premier repas du soir est sommaire, pain de Reyrevignes et saucisse sèche de Figeac plus une tranche de cake pour le dessert...on fera mieux demain ! Il faut rentrer dans le rythme, s'habituer à nouveau à cuisiner, faire la vaisselle, se déplacer, tout ça à l'oblique en amortissant les secousses impromptues !

La première nuit nous faisons une veille attentive de proximité des côtes et alternons les quarts toutes les 2h. La banquette bâbord du carré est la plus confortable à la gite.

Mardi 22 mai 2012

Un vrai petit-déjeuner !

Doug Le navigue toujours au près bon plein par 20 nœuds d'Est. Le réglage des voiles est stable depuis le départ. Le cap oscille autour du 20° nord.

L'étrave fend l'eau

traversée retour 4

A 6 noeuds Doug Le fait un beau sillage

traversée retour 5

Position à 12H TU : 19°52'N – 62°21'W
distance parcourue en 20h : 100 nm

A 14h16 le GPS de cockpit annonce qu'il nous reste pile 2000 miles à couvrir !

C'est le deuxième jour et nous reprenons nos bonnes habitudes : déjeuner et dîner chauds à table, malgré la gite, repos fréquents, communications par l'iridium. Aujourd'hui c'est Jean-Charles et Danièle et puis Marc qui nous adressent un petit signe par delà l'océan.

Nous nous organisons pour la veille de nuit au large. Je veille dehors en début de nuit et je reprends avant le lever du jour. Le capitaine assure le reste installé dans le cockpit. Il y dort par tranches de 30 minutes à peu près. L'alarme AIS est branchée.

Je suis très gâtée ! J'ai la possibilité de dormir en continu entre 23h et 04h du matin. Merci capitaine !

Mercredi 23 mai 2012

Bon anniversaire capitaine ! Bon anniversaire à notre fille Sylvie ! Ces deux là ont réussi l'exploit de naître le même jour !

A partir de 11h30, séquence communication :

  • envoi et réception d'une requête météo
  • envoi et réception des messages vers la famille et les amis.

L'iridium fonctionne et c'est une merveille, je confirme ce que j'avais écrit à l'aller.

12hTU : le rituel position
 21°48'N – 61°17'W
distance parcourue en 24h : 133 nm

La vie à bord s'organise de mieux en mieux, repas (excellente salade composée à midi et colombo de poulet le soir), repos, lecture.
Je suis en train d'achever un très bon David Lodge, Un homme de tempérament. C'est un pavé de 700 pages, une biographie littéraire, savante et drôle de HG Wells. Je vous le recommande.

Le capitaine trouve que ça remue trop pour lire ! Je crois qu'il hésite à sortir sa liseuse toute neuve. Il n'est pas du tout certain qu'elle apprécierait les embruns !

Le vent est stable et les réglages peu nombreux, on joue un peu sur le génois (un tour de plus, un tour de moins) et sur le cap plus ou moins 10° mais en gros la configuration est la même depuis le départ.

Dans la nuit la houle diminue. C'est bon !

Jeudi 24 mai 2012

Ça avance toujours au près bon plein, le vent faiblit un peu, la mer se calme et les voiles se déroulent complètement.

Gerbes d'eau dans le soleil

traversée retour 7

12h TU : position
23°56'N – 60°17'W
distance parcourue en 24h : 138 nm

Pour l'instant tout va bien. Jean-Claude a même mis le four en marche pour faire recuire le pain de Reyrevignes afin de le conserver, même un peu sec, le plus longtemps possible.

Dans l'après-midi le vent faiblit encore un peu en refusant. Cela veut dire qu'il s'oriente un peu plus nord et nous oblige à infléchir notre route au Nord d'une dizaine de degré et à naviguer franchement au près serré. Mais tant que ça avance à la voile on en profite.

En effet, une nouvelle requête météo nous montre que nous approchons de l'anticyclone, celui des Açores évidemment...bientôt (dans la nuit ? demain?) il faudra négocier les calmes !

Nous naviguons à la voile toute la nuit. Il faut même rouler l'artimon pour réduire la gite.

Au matin poisson sur le pont

traversée retour 8

Vendredi 25 mai 2012

Le temps est un peu plus gris ce matin, la mer est de moins en moins agitée et le vent se maintient à l'Est, 10 nœuds.

Même les gris sont beaux sur la mer

traversée retour 6

Tiens ! Un couple de Paille en Queue nous rend visite.

12hTU : rituel position et communication :
26°02'N – 59°40'W
distance parcourue en 24h : 131 nm

On a couvert un peu plus de 500 miles depuis le départ...ça avance !

Jean-Claude envoie un message à notre ami Yves pour savoir à 7 jours ce que va faire l'anticyclone, afin de prendre les moins mauvaises décisions pour « passer » les calmes et retrouver au plus vite du vent .

Le vent faiblit encore, notre vitesse diminue, on tient à la voile le plus longtemps possible.

Le calme s'installe

traversée retour 9

Et, à 19hTU...moteur à 1800 tours et cap au 60°, sur Flores. Maintenant il va falloir surveiller la consommation de gazole.

Pendant mon quart, cette première nuit de grand calme, je me suis régalée : musique dans les oreilles, horizon dégagé, lune au premier quartier particulièrement brillante, ciel constellé d'étoiles...quelle beauté, quel bonheur !

La première partie a été rondement menée.

lundi 21 mai 2012

Deuxième hiver aux Antilles : du 18 au 21 mai 2012, Saint-Martin la préparation du bateau avant le grand saut jusqu'aux Açores.

La partie entretien du moteur a été réalisée le jeudi 17 mai : vidange du moteur, de l'inverseur, changement des filtres, à huile, à gazoil, vérification des niveaux de liquide de refroidissenent, d'eau distillée dans les batteries, vérification de l'état de la turbine de pompe à eau...tout va bien.

Le plein du réservoir de gazoil est fait : 330 litres.

Le lendemain, vendredi 18 mai, c'est le jour des aller-retour en annexe :

  • un à travers le lagon jusqu'à Cole Bay pour l'achat de l'émetteur AIS chez IWW (ouvert le 18!)
  • un chez Geminga, notre chantier de référence pour acheter un préfiltre à gazoil chez Erwan, une connexion internet chez Françoise et ...faire un bisou à Antoine le patron !
  • un à US market pour les vivres : les packs et les bidons d'eau notamment
  • un à la laverie, histoire de partir tout propre !
  • un chez Budget Marine pour compléter notre collection de bidons et les remplir.

A 17h, 8 beaux bidons pleins de gazoil sont installés sur le pont, ne manque plus qu'à les sangler solidement !

A l'issue de la journée l'émetteur AIS est installé...et fonctionne. Du coup nous sommes visibles depuis les autres bateaux...s'il veillent l'AIS évidemment ! Mais à l'aller nous avions constaté que les gros, quand ils veillent, ne veillent plus que ça ! Encore une fois Jean-Claude a été très efficace dans l'installation de ce matériel qui a besoin d'une antenne type VHF et d'une antenne GPS...bref il ne suffit pas de « brancher » ! Dans ces cas-là je fais l'arpette qui passe les outils, les colsons, les vis...

Et puis le soir nous dégustons avec grand faim et grand plaisir notre coryphène et nous nous gavons de mangues. C'est la pleine saison, elles sont délicieuses ! Pendant ce temps, vous, vous profitez des fraises et des cerises ! Celles de notre jardin auront été dévorées par notre fille et nos petites filles...c'est super !

Le samedi 19 au matin il pleut à seaux ! Le temps idéal pour réaliser quelques bricolages d'intérieur.

Avec le soleil revenu nous reprenons nos courses en ville : changer notre bouteille de camping gaz vide (nous partons avec 3 bouteilles pleines et une en service) commander du pain « bateau » à la Sucrière remplir deux nouveaux chariots à US Market...

Sur le bateau nous changeons notre bosse de rail de Grand Voile, étarquons l'artimon, graissons les poulies.

Je vais réserver une place à quai à la Marina Fort Louis pour le lendemain dimanche 20 mai.

Dimanche 20 mai, le départ se précise. A 9h15 nous sommes amarrés au ponton où nous pourrons refaire le plein d'eau et bénéficier d'une bonne connexion internet.

Nous continuons nos rangements et préparatifs :

  • plier l'annexe et la mettre dans le coffre de cockpit
  • ranger le moteur HB dans le même coffre
  • rentrer l'ancre principale dans un des coffres avant (pour éviter le poids en porte à faux sur l'avant de l'étrave et aussi les frottements et usures sur le gel-coat)
  • retendre le pataras et vérifier la tension des haubans

Et puis

  • envoyer des messages
  • tester l'iridium en phonie (émission et réception), en data (requête météo)
  • consulter sérieusement la météo et établir le plan de navigation.

Et encore

  • prendre une bonne douche
  • s'offrir un bon petit repas !

Lundi 21 mai 2012

Nous partons avec l'iridium pour communiquer, du gazoil pour 10 jours (330 l dans le réservoir et 160 l dans les bidons sur le pont), de l'eau pour un mois, des vivres pour...un an et de la lecture pour 10 ans avec deux liseuses électroniques (c'est l'appellation en français pour ebook ), une chacun !
Le chef-capitaine a cuisiné un énorme colombo, fait cuire une grosse gamelle de riz et enfourné trois cakes... Nous devrions y arriver !

Départ de Saint-Martin, 18°04'N-63°05W, pour Flores, l'île la plus Nord Ouest des Açores, 39°22N-09°90W, 2100 miles nautiques dans le Nord-Est.

Du coup le blog sera muet pendant trois semaines.

vendredi 18 mai 2012

Deuxième hiver aux Antilles : du 12 mai au 17 mai 2012, la remontée vers Saint-Martin.

Samedi 12 mai 2012

5h du matin, la montre sonne et l’équipière sort de son lit les jambes flageolantes, les yeux tout tirés et tout fripés, avec la migraine qui lui serre les tempes... Le capitaine hésite à la trimbaler dans cet état. Finalement un repos de 24 heures est décrété.

C'est là qu'on s'aperçoit qu'à la reprise du bateau, il faut remettre en route non seulement les circuits hydrauliques, mécaniques, électroniques... du navire mais aussi les circuits physiologiques de l'équipage.

Décalage horaire, grande chaleur, activité intense de préparation et voilà l'équipière, plutôt solide d'habitude, qui chancelle !

Du coup repos, antalgiques, hydratation maximum, boire beaucoup et se tremper dans l'eau souvent et progressivement, je refais surface. Merci capitaine, je crois que je n'aurais pas aimé me faire secouer si peu que ce soit.

Incidemment, ce contre-temps nous permet de faire notre clearence out, les formalités de sortie de la Martinique, car ce samedi ensoleillé (ça y est le soleil est revenu!) P'ti Bateau est ouvert. Confirmation par les charmantes du bar: « la saison est morte ! » Alors, qu'on se le dise, avis aux navigateurs, à partir de la mi-mai son ouverture est aléatoire et donc, aléatoires également, les services qui y sont associés.

Et puis, à la tombée de la nuit, Jean-Claude attrape sa dernière carangue à la sautiquette. C'est la dernière car au dessus de la Martinique elles sont réputées peu sûres au regard de la ciguaterra.

Dimanche 13 mai 2012

5H40 : nous quittons Grande Anse. Le vent est d'Est, autour de 15 nœuds, Doug Le porte toute sa toile. Dans le canal de la Dominique il faut réduire un peu. Avec 3 tours dans le génois et 3 tours dans la grand voile, plus l'artimon, nous avançons à 6-7 nœuds. Les conditions de navigation sont idéales, mais c'est le retour et un rien de nostalgie nous étreint...

Une fois passée la Point Cachacrou, à l'abri de la Dominique, le vent et les vagues décroissent puis disparaissent. Il faut mettre le moteur pour les 18 derniers miles.

A 17h30, le mouillage est terminé devant la plage de Rupert Bay.

Nous nous apprêtons à passer une bonne nuit dans cette baie bien abritée des vents d'Est...hélas c'est sans compter avec le barbecue du dimanche soir sur la plage et la musique « de sauvage » jusqu'à 1h du matin. Je précise : ce sont les basses amplifiées qui sont « sauvages » pas la musique des caraïbes !

Lundi 14 mai 2012

6h30 : l'ancre est levée, direction Deshaies au nord ouest de la Guadeloupe.

7h10 : arrêt du moteur, nous naviguons sous génois et artimon.

8h45 : la grand voile est déroulée.

11h20 : le long de la côte sous le vent de la Guadeloupe, à hauteur de Basse Terre, plus de vent, moteur.

11h30 : nous avons un petit creux...déjeuner.

12 h : départ de canne (forcément au milieu du repas !). C'est une belle coryphène, elle a mordu au « poper ». C'est un appât de type calamar qui fait du bruit, pop, pop, pop d'où son nom et qui marche ! La preuve : 2ème essai, 2ème coryphène  !

La voilà
coryphène du canal de la guadeloupe

12h 30  : la coryphène est vidée et amarrée sur la plate forme. Ses mensurations : 9kg vidée, 1,35m. Voilà, c'est la taille qui nous convient !

12h50 : remis la voile

13h20 : moteur

15h : mouillage terminé à Deshaies.

Il y a des jours où je tiens le journal de bord presque méticuleusement.



La coryphène est démontée, en partie mise en bocaux, bref la routine... nous pouvons aller faire un tour à terre.
Nature morte
coryphène démontée



Ce n'est pas sans un petit pincement, un rien de spleen, que nous débarquons dans le si joli village de Deshaies histoire d'acheter quelques tomates et une connexion internet...nous partons...nous rentrons... D'ailleurs le village est en ébullition, autour du tournage d'un film dont le titre est quelque chose comme « Deuxième saison au paradis ! » La notre, « deuxième  saison », s'achève.

Mardi 15 mai 2012

A 6h 50 nous quittons Deshaies.

Cap sur Antigua, nous visons la côte ouest, Jolly Harbour. Le vent est d'Est, nous portons presque toute la toile, artimon et grand voile haute, trois tours dans le génois et avançons à 6-7 nœuds. Doug Le passe les vagues comme un chef.
Arrivée sur Antigua belles couleurs
Arrivée sur Antigua

A 14h, nous mouillons dans Five Islands Harbour, juste au dessus de Jolly Harbour. Comme les deux fois précédentes nous sommes le seul bateau devant la plage du joli complexe hôtelier dont le free Wifi nous permet de connaître le nom de notre nouveau premier ministre.

Après une bonne sieste et un repas solide nous appareillons pour Saint-Barth. Le vent est favorable (à peine de l'arrière), 74 miles jusqu'à Gustavia, 80 jusqu'à la Fourchue, nous devrions pouvoir y prendre le petit-déjeuner.

19h45 : c'est parti pour une navigation nocturne. Ça souffle à 25 nœuds. Foc roulé + artimon, Doug Le déboule à 7 nœuds toute la nuit. Nous essuyons deux beaux grains orageux avec grosse pluie chaude et beaux éclairs, de quoi nous mouiller chacun notre tour ! Les vagues nous chahutent un peu mais...qu'est ce que ça avance !

Mercredi 16 mai 2012

7h45 : nous sommes à la bouée à La Fourchue. 7 nœuds de moyenne ! Ça nous va ! A La Fourchue : petit-déjeuner, petit somme, baignade. A 10h50 nous lâchons la bouée pour Saint-Martin et à 14h30 nous sommes au mouillage dans la baie de Marigot.

Alors qu'il n'y avait plus un bateau devant Gustavia, Philisburg ou Simpson bay...Marigot est plein !

Les hirondelles seraient-elles entrain de se rassembler avant la grande migration ?

Nous faisons la connaissance d'un nouveau propriétaire de Maramu, 4 mois qu'il y bosse pour le remettre en état. Il vient prendre des renseignements sur le Sharki. C'est un navigateur américano-turc qui nous donne son adresse électronique pour nous fournir tous les renseignements dont nous aurions besoin lorsque nous naviguerons là-bas chez lui en Méditerranée orientale. Sympathique rencontre.

A propos, si vous voulez acquérir un Maramu, Eos, celui de nos amis Jef et Alex est à vendre. Il est magnifique. Il sera bientôt en méditerranée. Là, il vient juste de partir de Saint-Martin pour les Açores ! Nous les suivrons bientôt.

Jeudi 17 mai 2012

Belle nuit réparatrice pour tous les deux. La remontée vers Saint-Martin s'est réalisée dans un bon compromis rapidité-confort et dans notre émerveillement renouvelé au spectacle des beautés simples de la mer : les myriades de poissons volants qui décollent autour du bateau, les dauphins venus jouer à l'étrave à l'arrivée à Rupert Bay, le dos et la queue noirs d'un globicéphale dans le canal d'Antigua et les gerbes phosphorescentes des vagues la nuit.

La préparation du bateau va débuter.

Nous avons fait plein de listes :

  • ce qu'il faut acheter
  • pour l'entretien du bateau
  • pour l'entretien de l'équipage (les vivres)
  • « tout » ce qu'il faut faire avant de partir...

Aujourd'hui, Jean-Claude est parti en annexe du côté hollandais chez IWW (Island Water World, vous savez LE shipchandler de la Caraïbe)...c'est fermé ! Holyday ! Nous sommes complètement décalés, évidemment, c'est jeudi de l'Ascension, férié, même chez nous ! Les achats, ce sera pour demain.

Alors, le capitaine s'attaque au moteur (les vidanges) et au gazole (les pompes sont toujours ouvertes) !

A partir de maintenant je vais tenir les minutes de la préparation technique jusqu'au moment du départ. Je ne suis pas certaine que cela fera un billet très passionnant, mais ça fait partie de la vie des voyageurs au long cours !

vendredi 11 mai 2012

Deuxième hiver aux Antilles : du 3 avril 2012 au 11 mai 2012, parenthèse métropolitaine.

Après notre belle aventure halieutique du 1er avril, nous avons flâné à Grande Anse puis à Sainte Anne. Le 10 avril nous étions amarrés au ponton de la marina du Marin. C'est là que nous avons laissé Doug Le pour un mois.

Nous nous sommes envolés du Lamentin le 12 avril et nous y sommes posés à nouveau le 8 mai.

Entre temps, chez nous, à Toulouse, nous avons fait le tour de la famille, le plein de bisous et notre devoir citoyen puisque nous avons pu voter pour la présidentielle au premier comme au deuxième tour. Une fois « le changement » intronisé, nous avons rejoint notre bord.

En à peine un mois l'ambiance aux Antilles a changé. On sent la fin de saison. Il fait beaucoup plus chaud et beaucoup plus humide.  Cela fait trois jours qu'il pleut ! Le nombre de bateaux dans les mouillages a considérablement diminué. Il y a des mangues pays à profusion et très peu cher ! Échange trois mangues contre un rayon de soleil !

Au Marin nous sommes tombés sur l' Évasion 32, Mélodie, qui fut celui de notre fille. Elle a vécu sur ce bateau pendant son séjour en Martinique il y a quelques quinze ans de cela. Nous en avions profité pour faire notre première croisière aux Antilles.
Le voilà
Mélodie

Nous avons quitté le Marin ce matin, 11 mai 2012, de bonne heure après avoir remis le bateau en état de marche : hissé le génois que nous avions laissé chez le voilier pour entretien, installé une antenne VHF dédiée à l'AIS sur le mât d'artimon (en effet nous avons décidé d'acquérir un émetteur AIS afin d'être « vus » par les gros qui ne veillent plus que l'AIS), fait le plein d'eau et les courses.

Nous pensons faire une remontée vers Saint-Martin confortable et relativement rapide. Comprenez que nous naviguerons de jour sans faire de longues et paresseuses escales. Il faut dire que depuis deux ans nous avons abordé quasiment chacune des îles des petites Antilles. Une fois à Saint-Martin, nous mettrons la dernière main à la préparation du bateau et prendrons le large, direction Les Açores, dès que la météo sera favorable.

Aujourd'hui, vendredi 11 mai 2012 nous avons réalisé une toute petite étape : le Marin – Grande Anse, histoire de s'amariner en douceur mais surtout de faire une clearance de sortie à P'ti Bateau et de passer chez le boucher du Bourg.

Pas de chance, P'ti bateau est fermé, (fin de saison !), le Veau d'Or aussi, mais là il y a un deuxième boucher de week-end au Bourg (ouf!) et en plus le vent s'est mis à souffler fort (25 nœuds jusqu'à 30 dans la baie).

Demain, départ prévu à 6h pour une étape de 65 miles : Rupert Bay au nord de la Dominique.

mardi 03 avril 2012

Deuxième hiver aux Antilles : du 28 mars au 2 avril 2012, retour vers la Martinique de Cumberland à Grande Anse

Mercredi 28 et jeudi 29 mars 2012

Mercredi à 7h du matin, départ de Cumberland à Saint-Vincent, arrivée à Rodney Bay à Sainte-Lucie le mercredi en fin d'après-midi et à Grande Anse en Martinique, le jeudi à l'heure du déjeuner : voilà la dernière étape de notre boucle Martinique-Grenade-Martinique.

La météo est devenue nettement plus clémente, les alizés sont modérés, inférieurs à 20 nœuds (4 à 5 Beaufort), plein Est avec une pointe de Sud, la houle est quasi nulle...le temps idéal pour naviguer. Tout dessus (génois, grand voile, artimon), Doug Le caracole. Comme la mer est calme nous percevons nettement les zones de courants qui sont fréquents et puissants dans le secteur. Au changement d' orientation des courants la mer se met à « frisotter », elle s'agite, la rencontre des courants contraires génère plein de petites vagues désordonnées, le bateau accélère ou décélère brutalement et change de cap sans qu'on ait, si peu que se soit, touché aux réglages. Entre Sainte-Lucie et la Martinique le courant porte vigoureusement à l'Ouest à 3 nœuds.

Juste avant la zone perturbée nous avons admiré, d'un peu loin il est vrai, une baleine qui sautait au dessus de l'eau.

Baleine qui saute
baleine

Dans le passage nous avons décroché deux poissons. Le premier était sans doute un gros thon, il a pris les 500m de fil sans qu'on puisse le ralentir et a cassé en bout de ligne. Le deuxième, une coryphène de belle taille, s'est décroché sur un « looping »...déception du capitaine !

Donc les poissons sont là, à la rencontre des courants...comme dans toutes les mers du monde.

Vendredi 30 et samedi 31 mars 2012

L'équipage récupère (de quoi...on se demande!) à Grande Anse. En tout cas il y retrouve ses petites habitudes : Un tour au bourg pour passer au Veau d'Or (cette fin de semaine c'est du bœuf) et sous la halle pour faire le plein de fruits et légumes. Nous revenons, entre autre, avec un bouquet pour la soupe « zabitan » qui fera un pot au feu délicieux ! Dans ce bouquet de légumes il y a une brassée de pousses vertes que nous ne connaissons pas, des « épinards ». N'hésitez pas, ce sont de délicieux légumes verts qui ne sont pas des épinards mais en ont un peu le goût, avec une toute petite pointe d'amertume. Une halte à Pti Bateau, pour une clearance d'entrée, un peu de communication internet et un délicieux planteur. Le dépôt de deux sacs de linge chez Zaza. Un petit snorkling pour moi, un peu de chasse pour Jean-Claude.

Et puis, comme il ne faut pas se laisser aller nous avons nettoyé notre coque : le capitaine le dessous, l'équipière la flottaison. Voilà, le bateau est provisoirement tout propre !

Dimanche 1er avril 2012

Une histoire de poisson !

Mon capitaine, décide d'aller chercher un gros poisson là où nous les avons repérés, dans les courants contre-courants, dans le canal de Saint-Lucie...une revanche à prendre ? En tout cas c'est du sérieux. Les moulinets sont regarnis de 500 mètres de fil de 90 centièmes neuf. A 5h58 nous quittons Grande Anse et naviguons plein Sud ! Au petit matin la mer est calme et semble « sans vie » : pas d'oiseau, pas de poisson volant.

A 9h30 arrivés au point GPS repéré il y a trois jours, nous faisons demi-tour, un peu déçus, pensant déjeuner aux Anses.

A 11h15, à 10 miles de Grande Anse, une canne part. Un assez gros sans doute car il prend beaucoup de fil ; mais le capitaine le freine bien et le poisson est accroché. Le travail, le jeu, commence.

D'habitude, une fois que le bateau est ralenti, Jean-Claude enlève chemise et pantalon pour ne pas les tâcher avec le sang du poisson. En effet, dès que le poisson est remonté et ficelé sur la plate forme, il est saigné et vidé dans la foulée. Il est rare que l'ensemble de l'exercice, pêche et nettoyage du poisson compris, dépasse l'heure.

Là, on se dit qu'on est parti pour une heure !

Deux heures après, le poisson se défend toujours et le capitaine réclame, chapeau, chemise et à boire. Je suggère de lui donner à manger mais à ce stade il préfère ne pas se déconcentrer. Peu à peu, tour de moulinet par tour de moulinet, le poisson n'est plus qu'à une cinquantaine de mètres sous le bateau. ZZZZZZZZZZ, un coup de nerf et il reprend 200m de fil. Puis peu à peu... ZZZZZZZZZ et ainsi de suite !

Trois heures après, le poisson se défend toujours comme un lion ! Il faut alimenter le capitaine avant qu'il ne s'effondre par hypoglycémie.

Quatre heures après, je mets un peu de moteur...histoire de le fatiguer un peu plus ! Nous ne savons toujours pas quel est le poisson que nous tenons au bout de la canne, nous ne l'avons pas encore aperçu ! Et là, il commence, à se laisser ramener, enfin on le voit ! C'est un thon magnifique aux immenses nageoires pectorales en forme de faux avec des reflets orangés: un Albacore de très grande taille. Il fait entre deux et trois mètres de long, sans doute bien plus de cent kilos.
Le voilà
pêche au thon
pêche au thon
pêche au thon

Le capitaine, très fatigué, un peu aidé de son équipière vers la fin, ramène le « monstre » le plus près possible de la plate forme. Nous ne voyons pas comment gaffer une bête pareille alors qu'elle continue à effectuer des cercles à toute vitesse près de la surface. On va essayer de la flécher. Il faut la ramener encore plus près. Mais alors que sur la crête de la vague le capitaine lui sort la tête de l'eau, dans le creux de la vague il n'a pas pu amortir la secousse : cassé...!

Cela fait 5 heures de lutte ! La bête a gagné ! Nous ne savons pas si nous aurions pu ramener ce thon, ni comment. Il était de toute façon beaucoup trop gros pour être hissé à bord et une fois ramené...qu'en aurions-nous fait ? Finalement, c'est sûrement la meilleure conclusion de l'épisode ! Jamais nous n'avions joué aussi longtemps avec un aussi gros poisson ! Drôle de poisson d'avril !

A 18h, nous avons retrouvé notre place au mouillage de Grande Anse : le soleil se couche, belle journée de pêche !

Lundi 2 avril 2012

REPOS ! Le capitaine a des courbatures partout.

mardi 27 mars 2012

Deuxième hiver aux Antilles : du 24 au 27 mars 2012, retour vers la Martinique de Tyrell Bay à Saint-Vincent

Samedi 24 et dimanche 25 mars 2012

Mouillage à Tyrell Bay où nous profiterons du calme pendant deux jours.

Nous sommes en territoire connu mais ...pas encore complètement.

Le samedi en fin d'après-midi nous avons pris le temps d'aller visiter la partie gauche de la baie depuis la mer. C'est une mangrove assez étendue qui s'appelle Carénage. Aujourd'hui c'est une zone protégée où le mouillage est interdit sauf en cas de cyclone car c'est un fabuleux trou à cyclone (encore un!) pour les petits tirants d'eau cependant car il y a un seuil à 1,50 m. C'est également le lieu de vie des huîtres de palétuvier. Par ailleurs, les poissons y vivent nombreux et les oiseaux, échassiers et pélicans viennent s'y nourrir sans problème.
La mangrove de Tyrell Bay
Cariacou Tyrell Bay
Cariacou Tyrell Bay
Cariacou Tyrell Bay
Pélican
Cariacou Tyrell Bay

Et puis, je vous avais déjà raconté que le capitaine s'était mis à pêcher "à la sautiquette" (il ne vous en dira pas plus!) à la nuit tombée et avait pris l'habitude de nous remonter, en quelques minutes, de délicieuse carangues (des carangues gros yeux). En dessous de la Martinique aucun poisson n'est atteint de ciguaterra...alors c'est le moment d'en manger à satiété !
Les carangues gros yeux
carangues gros yeux

Il avait tenté d'attraper un plus gros poisson avec une ligne de fond en utilisant les tripes ou la tête des carangues comme appât. Deux fois le gros poisson avait mordu en arrachant tout. Mais samedi soir le capitaine lui prépare un montage au fil d'acier et , à 5 heures du matin, le gros poisson est pris.

C'est un tarpon de 2,5 kg. Une bête à la tête super carrossée, aux écailles extrêmement dures qui s'avèrera coriace et pleine d'arêtes.
Le tarpon
tarpon

Enfin, le chef a encore fait des essais de pain-gâteau (entre le pain au lait, le cake et le pudding) et de pain tout court à la cocotte. Résultats en photos.
Le pudding de Tyrell Bay Cariacou Tyrell Bay
Pain cocotte
Cariacou Tyrell Bay

Lundi 26 mars 2012

7h00 départ de Tyrell Bay pour Hillsborough. Il nous faut faire une clearance out puisque nous quittons Grenade pour Saint-Vincent dans notre cheminement retour vers la Martinique.

Jean-Claude redoutait beaucoup cette formalité, il en avait gardé un très mauvais souvenir il y a quinze ans, mauvais souvenir qui avait été réactivé par la lecture de blogs récents. Et bien, tout s'est très courtoisement et très vite passé, à 8h40 nous étions en route vers Béquia.

Nous avons fait une belle navigation à la voile toute la journée, d'abord, au largue jusqu'à Union puis au près jusqu'à Béquia, de la gîte, même sur le Sharki, mais pas de secousse, la plaisance en fait !

A 15h40 nous étions mouillés dans la belle baie de Béquia.

Mardi 27 mars 2012

Les formalités ( là il fallait entrer et sortir en même temps : compliqué!), quelques courses et nous voilà repartis en mer pour une toute petite traversée jusqu'à Saint-Vincent.

Nous nous arrêtons à Cumberland, accueillis comme il se doit pour une aide à l'amarrage.

Les fonds sont très vite profonds et la technique usuelle consiste à mettre son ancre à l'avant et à frapper une longue aussière au cocotier à la plage. L'équipière n'a donc pas besoin de sauter à l'eau avec le cordage entre les dents, c'est le boat boy qui s'occupe de l'amarrage à terre.
Cumberland cumberland

Malgré les nombreuses sollicitations nous goûtons cet environnement simple. Finalement on peut s'arrêter à Saint-Vincent !

Demain nous partirons pour Sainte-Lucie, dernière étape avant la Martinique.

samedi 24 mars 2012

Deuxième hiver aux Antilles : du 20 au 23 mars 2012, Grenade, de Hog Island à Tyrell Bay via Saint-George's Harbour et l’Île Ronde

Mardi 20 mars 2012

Un petit coup d'internet le temps d'envoyer un billet et de téléphoner à nos parents avant de s'acquitter de la note et de quitter le ponton de la marina de Clarke's Court. Ici on paye par pied et par jour, lorsqu'on est à bord c'est 0,66$US (la douche et l 'accès à internet sont inclus dans le tarif). Pour Doug Le et son équipage, 25,74$US par jour soit moins de 20 euros : c'est un des tarifs parmi les moins onéreux rencontrés jusque là auquel il faut ajouter la consommation d'eau.

A midi et demi nous larguons les amarres pour un petit saut de puce jusqu'à Hog Island.

Même pour quelques miles, la plus grande vigilance s'impose en navigation. Il y a des hauts fonds et des récifs partout ! Mais plus on s'approche des baies fréquentées plus les balisages sont nombreux et précis...ça aide !

A 13 heures, le bateau est mouillé le long de la petite plage de Hog Island.

La plage de Hog Island Hog Island
Hog Island

Cet îlot inhabité compte une paillote sur la plage, le Roger Bar. Il paraît qu'on y fait la fête le dimanche !
Le Roger BarHog Island

Nous sommes à nouveau dans un mouillage sans une ride, un autre trou à cyclone.

Vous vous souvenez peut-être des photos du mouillage de Petite Grenade, une des plus jolies criques de la côte Est de la Martinique...et bien à Grenade on retrouve les mêmes caractéristiques : baies protégées par une vaste barrière de corail, aux entrées difficiles mais, une fois dedans, de vrais « lacs » entourés de mangrove et de petites langues de sable. En plus, à Grenade, ces baies sont très grandes (dix fois plus que Petite Grenade) et surtout très nombreuses, enchâssées dans un véritable labyrinthe de coraux et de hauts fonds.

On peut facilement envisager de passer de longs moments agréables dans cet environnement. D'ailleurs, au mouillage de Hog Island, très peu de mouvements de bateaux : les unités pas toujours habitées, sont installées là pour de longs séjours !

Mercredi 21 mars 2012

Journée tranquille à Hog Island...même si nous ne sommes pas encore installés dans la longue durée !

Nous visitons la baie suivante, Hartman Bay, en annexe.
Passage de Hartman Point
Hartman Point

Une autre très belle échancrure profonde qui abrite sur sa côte ouest un complexe hôtelier avec marina...ultra privé. Même le poste à carburant de la marina est réservé à l'usage exclusif des clients du complexe qui porte le nom inspiré de Secret Harbour.
Hartman Bay et Secret Harbour au fond à gauche
Hartman bay

A la nuit tombée le capitaine se met à pêcher à la ligne...il faut dire que les poissons sautent tout autour du bateau...Il monte sa canne à lancer et ramène deux carangues de 800 grammes : le repas de demain est assuré.

Jeudi 22 mars 2012

Nouveau saut de puce jusqu'à Prickly Bay aussi appelée de son nom français la Baies aux Épines. Une très grande baie, une large ouverture, un accès plus facile sans barrière de corail, juste un haut fond dans la baie elle-même, vers le nord. Le mouillage est très fréquenté, par rapport à ceux que nous avons découverts jusque là mais ça reste raisonnable et il n'est pas difficile de trouver un espace pour poser son ancre.

Après déjeuner nous partons à la découverte de la baie depuis la terre.

Prickly Bay marina Prickly Bay

La baie aux épines devenue la baie aux fleurs
Prickly Bay
Prickly Bay

Sur l'eau, ça roule, la houle n'est pas cassée par la barrière alors, elle rentre !

Du coup nous décidons de partir dans la foulée pour Saint-George's Harbour, la capitale de l'île.

Nous pensons y trouver un mouillage abrité de tous les vents et donc de la houle et projetons d' y rester quelques jours.

Lorsque nous arrivons dans la baie nous découvrons sur la gauche le très joli bourg de Saint George's autour de l'anse du Carénage et, sur la droite, là où nous croyions trouver le mouillage public dans l'anse appelée The Lagoon, une marina pour méga yachts a été construite. Les bateaux mouillent à l'extérieur sous Ross Point où des bouées sont installées que personne n'utilise ! Nous possédons pourtant une version récente du guide Patuelli que nous avons acquise l'an dernier à Pointe à Pitre mais entre décembre 2010 et mars 2012...Nous aurions dû consulter les mises à jour électroniques disponibles sur son site...
La capitale de Grenade Saint George's Harbour
St George's

Le vent est tombé, la mer ondule, nous allons rouler toute la nuit !

Vendredi 23 mars 2012

La nuit n'a pas été très confortable et l'équipage envisage avec gourmandise une halte dans le calme de Tyrell Bay.

Nous allons « zapper » Saint-George's (on se le garde pour la prochaine fois !) et boucler notre tour de Grenade dans la journée.

Le vent est presque tombé et le ciel est nuageux, nous longeons la côte ouest de Grenade, du sud au nord, tranquilles, au moteur.

Le long de la côte Ouest en remontant vers le Nord : Halifax
Halifax
Un peu plus loin côte nord ouest de Grenade

Vers midi le capitaine décide de faire la pause déjeuner dans le mouillage sauvage de l'Île Ronde. Au nord de Grenade, s'étale sur quelques miles un groupe d'îlots inhabités, les Sisters (elles sont sept), l'Île Ronde, les Tantes et le Diamant. Dans les parages un volcan sous-marin est actif. La naissance d'une nouvelle île est régulièrement annoncée mais pour l'instant l'émergence n'a pas eu lieu.

A l' approche de l'Île Ronde par le Sud, Le Diamant encadré par les Sisters
Diamant encadré par Sisters

Les Sisters depuis le mouillage de l'Île RondeSisters depuis île Ronde

En tout cas, par temps calme, le mouillage de l'Île Ronde est à ne pas manquer.

Après un petit snorkling et un bon déjeuner nous avons levé l'ancre pour Tyrell Bay où nous étions installés à l'heure du thé.

Le diamant, un joyau pour terminer notre tour de Grenade
Diamant

mercredi 21 mars 2012

Deuxième hiver aux Antilles : du 17 au 19 mars 2012, Grenade, de Grenville à Clarke's Court Bay

Samedi 17 mars 2012

Grenville est la deuxième ville de Grenade, c'est un port de pêche traditionnel très actif. Hier après-midi, sous une pluie battante, les barques sont rentrées pleines de poissons. Cette grande baie qui semble complètement ouverte à l'est, face à la houle océane et aux vents dominants est en fait protégée par une large barrière de corail. La passe d'entrée est tortueuse et fort heureusement balisée (même si c'est sommaire!). La sortie est quand même délicate. Les vagues sont verticales et de face dans une passe très étroite : il vaut mieux ne pas s'y risquer par grande houle d'Est. La petite ville est nichée au fond de la baie ourlée d'une plage de sable. Ici, comme à Tyrell Bay ou encore à grande Anse, pas de quai, pas de digue, pas de côte bétonnée. Les gens se déplacent d'un côté à l'autre de la baie en passant tout naturellement par la plage. Au centre de la baie, on trouve le quai des bateaux de service (petits cargos et navettes) et le quai des pêcheurs. Un bâtiment jaune, flambant neuf, leur a été construit au bord du ponton. Il masque donc désormais la petite église en pierre...heureusement que Grenville en compte une deuxième pour servir d'amer d'alignement pour entrer dans la baie !
La baie de Grenville
Grenade Grenville
Cheminement le long de la plage, cerf-volant
Grenade Grenville

C'est samedi et nous espérons trouver à terre marché et produits locaux. Nous ne sommes pas déçus :

  • poissons frais en grand nombre, ceux ramenés la veille à pleines barques, petits thons, coryphènes, thazards, maï-maï, il n'y a que l'embarras du choix

Les petits poissons sont mis à sécher
Grenade Grenville

  • un « meat-market », du bœuf, du porc, du mouton des bêtes fraîchement abattues (un peu trop peut-être!) du local donc !
  • des échoppes de fruits et légumes.

La ville compte également des petits super marchés, une pharmacie, des quincailleries...on peut s'y approvisionner à des prix très raisonnables. Les gens y sont accueillants, souriants, gentils.

Mais, vers 10h30, nous quitterons Grenville pour entamer notre exploration de Grenade. Nous allons découvrir les criques du sud, de grandes échancrures, un peu comme des fjords, mais bordées de corail. Nous le ferons d'Est en Ouest, du plus sauvage au plus fréquenté par les bateaux de plaisance.

Première halte à Saint-David's Harbour, à l’extrême Sud-Est de Grenade. C'est une baie profonde, dont la passe est balisée. Tout au fond, un chantier très moderne s'est installé : gros engins de levage, un terre-plein qui peut accueillir plus de deux cents bateaux, des ateliers spécialisés dans le carénage et les peintures, des annexes techniques, des services aux plaisanciers, dans une enceinte clôturée et gardiennée. Et pourtant il ne parvient pas à défigurer le site ! Aux bouées du chantiers, deux bateaux se balancent.
Entrée de Saint-David'sHarbour
Grenade Saint-David's harbour
Au fond le chantier
Grenade Saint-David's harbour

Nous mouillons, vers midi, le long de la rive Est où de très jolis cottages se cachent dans un jardin tropical.
Grenade Saint-David's harbour

Belle quiétude, dans un environnement exceptionnel !

Dimanche 18 mars 2012

Jean-Claude pétrit le pain tant qu'il ne fait pas trop chaud. Dans ces pays tropicaux c'est l’excès de chaleur qu'il faut craindre. Quand il fait trop chaud, la pâte à pain ne lève pas ! Il faut dire que le pain de Reyrevignes que nous avait ramené Marc et Nicole est fini depuis longtemps et que nous avons quitté les îles françaises depuis 15 jours...alors le capitaine s'est remis à faire lui-même le pain. En effet, dans les îles anglophones le pain est mou et un peu sucré même quand il est présenté sous forme de baguette. A défaut on s'en contente, bien sûr, mais pour nous ce n'est pas vraiment du pain.

Vers 9h nous reprenons notre périple.

Première étape de la journée, nous rentrons dans Westerhall Bay et Bacaye Harbour, le temps d'admirer le site (pas un bateau au mouillage).
Deuxième étape, nous visons Calivigny Harbour : l'entrée est très délicate, les vagues nous poussent sur un tracé de route qui s'avère erroné : le sondeur indique brutalement 5m puis 3m là où la carte nous situe à l'intérieur de la barrière dans une zone de plus de 15 m de fond. Nous opérons un demi-tour en urgence avant de risquer d'être drossés sur les récifs. Cette partie de la carte n'avait pas été vérifiée avec la superposition Google Earth .
Troisième étape : Egmont Port. Après un long chenal, on tourne à 90° pour mouiller dans une anse entourée de mangrove.
Long chenal d'entrée d' Egmont Port grenade Egmont
grenade Egmont

C'est un trou à cyclone. Le calme y est absolu, nous sommes seuls au mouillage, il est 11h.
grenade Egmont

Sur les collines, de très belles villas, (certaines pieds dans l'eau avec petit ponton et bateau amarré) et pas mal de constructions en cours. D'aucuns ont su repérer la beauté des lieux ! Le calme et le charme ne seront sans doute plus les mêmes dans quelques années. Profitons profitons...

A la tombée de la nuit, toujours seuls au mouillage grenade Egmont

Lundi 19 mars 2012

Nous passons devant le Phare Bleu et entrons dans la très grande baie de Clarke's Court par un long chenal très bien balisé qui longe Calivigny Island sur tribord et Hog Island sur bâbord.
Encore une très grande baie : Clarke's Court Bay
grenade clarkes's court bay

De très beaux mouillages partout et une petite marina sur pontons flottants tout au fond ...comme il nous faudra refaire le plein d'eau nous prenons une nuit au ponton.
Clarke's Court Bay marinagrenade clarkes's court bay

A terre, accueil simple, services de qualité et prix, encore une fois, raisonnables.

La journée au ponton est très active, plein d'eau, lessive, entretien. Cette fois Jean-Claude a du mettre le nez dans le moteur électrique du génois qui laissait apparaître des traces de rouille trahissant un défaut d’étanchéité.

Demain nous irons mouiller sur la rive ouest de Hog Island.

Au nord de Hog Island...un pont qui ne mène nul part et menace de s'effondrer avant d'avoir jamais servi !
grenade clarkes's court bay

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