Saison 2018, 10ème billet, du 17 au 19 juin, de Lipso à Patmos

Je profite de ce billet numéro 10 pour remercier tous mes fidèles lecteurs pour leurs commentaires et encouragements, qu’ils arrivent directement sur le blog ou sur ma messagerie personnelle.

Jusqu’au billet 9, il n’y avait pas eu de réclamations, mais là je crois que je vais être obligée de demander à mon preneur d’images de vous faire une photographie des rideaux !

Nos coussins de cokpit, blanc cassé, au premier plan
DSCN3972.JPG Les rideaux d'occultation, bleus, en place dans la cabine arrière
DSCN4049.JPG

Dimanche 17 juin

Une averse nous a brutalement réveillée dans la nuit et ce matin le ciel est tout noir à l’Est, sur la Turquie. L’orage gronde au loin. Nous avons même droit à un arc-en-ciel, ce qui est rare en Grèce !
Une petite houle de Nord Est nous fait danser gentiment. En revanche le vent est très calme.

Jean-Claude part faire un petit tour à la chasse et je reste surveiller le bateau.

A son retour, nous levons l’ancre et mettons le cap sur Arki. Une autre petite île à moins de 5 miles au Nord de Lipso. Elle est très découpée et bordée d’îlots.

En venant de Lipso nous passons entre la pointe Sud Ouest d’Arki et l’île Marathos. Nous jetons un œil au mouillage sur bouées de Marathos (gros bateaux, jolies tavernes) et nous pénétrons dans Port Stretto, une longue crique bicéphale. Nous choisissons l’anse de droite, plus vaste et peu encombrée présentant des fonds de 10 mètres. Celle de gauche est plus étroite et les bateaux y sont sur bouées.
Port Stretto
DSCN3997.JPG

Encore un paysage et une ambiance différente !

Le village principal de l’île Arki, Port Augusta, se situe lui aussi tout au fond d’une longue indentation, parallèle à celle de port Stretto, à moins d’un demi mile au Nord. Une douzaine de bateaux peuvent s’y mettre à quai. C’est très cosy.

Dans notre anse, très près de la rive Nord, un bâtiment en pierres, un grand mur en U fermé, avec un grand toit plat : c’est un réservoir. Le soir, quand les chèvres rentrent se coucher, elles passent par le réservoir pour se désaltérer en faisant tinter leurs clochettes.
L'anse de droite en rentrant dans Port Stretto, notre anse
DSCN3999.JPG

Quelques belles maisons ont été construites. Elles sont toutes cerclées de murs pour pouvoir faire pousser des arbres et les protéger des chèvres. Ces dernières sont une vraie calamité pour les jeunes pousses ! La reforestation des îles ne se fera pas sans la contention des biquettes !

Nuit très calme à Arki.

Lundi 18 juin

Après le petit déjeuner nous quittons Arki pour Patmos, probablement notre dernière étape dans le Dodécanèse. Nous franchissons à la voile les 6 miles qui séparent les deux îles. Dans ce secteur toutes les îles se tiennent dans un mouchoir de poche !

Arrivés au Cap Yeranos, au Nord Est de Patmos nous explorons au moteur toute sa côte Est.

Patmos est une petite île, 25 kilomètres de long, 34 km2 de superficie. Elle est constituée de trois morceaux de volcans reliés par deux isthmes. La baie de Patmos, un grand demi cercle ouvert à l’Est, du cap Yeranos au cap Tragos, présente un grand nombre d’anses profondes, toutes protégées du meltem, dont Skala, le port principal, caché au point bas de l’île, en son milieu.
Au dessus de Skala, la forteresse Saint-Jean entourée des petites maisons blanches de Chora.

Nous visitons toutes ces anses de la côte Est de Patmos, jusqu’à l’anse Grikou, protégée par l’île Tragos au sud du cap du même nom.
Bien évidemment, plus les anses sont proches de Skala et plus elles offrent de belles plages équipées (parasols, tavernes, sports nautiques motorisés...). Pour notre première journée nous optons pour l’anse la plus au Nord, entre l’île Koudros et le cap Tripiti.
Lorsque nous y jetons l’ancre, au moment du déjeuner, nous y sommes seuls. Le capitaine anticipe déjà sa chasse du lendemain !
Hélas, un très gros yacht à moteur, avec marins, invités, jetskis et grosses annexes vient s’amarrer près de nous... Nous levons le camp et trouvons refuge à l’Est de l’anse Kambos.

Il faut dire que Patmos est une destination très touristique, pour au moins deux raisons :

  • - la beauté de l’île et la facilité pour les gros yachts de mouiller dans l'une des anses de la baie de Patmos
  • - le statut religieux de l’île. En effet, comme je l’ai indiqué plus haut, Skala est dominée par une imposante forteresse du début du 11ème siècle, le monastère de Saint-Jean-le-Théologue, celui qui écrivit l’Apocalypse...

Alors, l’île est classée monument historique depuis 1946, le parlement grec l’a proclamée «île sacrée» en 1981 (il paraît qu’on y trouve autant d’églises ou chapelles que de jours dans l’année) et enfin l’UNESCO a inscrit sa Chora au patrimoine de l’humanité.

C’est d’ailleurs la première fois depuis notre départ en mai que nous côtoyons des gros bateaux de croisière...

Grand bateau de croisière, sous la forteresse
DSCN4012.JPG

Mardi 19 juin




Il nous faut aller au ravitaillement... du pain, des fruits et des légumes !

Vérification de tous les niveaux, moteur, inverseur, batteries, avant de se diriger vers le quai de Skala.

Tout est paré mais, au moment de lever l’ancre, le guindeau ne répond plus ni à la télécommande ni à la commande du cokpit...
Serait-ce une défaillance grave du guindeau lui-même ?

Le capitaine sort ses outils, ses testeurs, et, patiemment, nettoie les charbons, vérifie connexions et relais électriques, resserre les cosses des batteries...bref, vérifie le circuit électrique.
Nous ne mettons guère de temps à nous apercevoir que le moteur électrique de l’enrouleur de génois ne fonctionne pas non plus. Or, sur le Sharki, il y a un disjoncteur commun foc- guindeau dans la cabine avant.
C’est lui le coupable ! Encore une petite pièce qu’il faudra changer.

A 10h45 tout fonctionne à nouveau et nous voilà partis pour Skala. De nombreuses places sont disponibles à quai et nous nous y amarrons le temps de faire les courses.

Le capitaine est pressé de quitter la ville...peut-être même de quitter l’île ! Beaucoup trop de monde pour lui !

Nos achats sont expédiés en moins d’une heure et nous nous installons dans l’anse Meloyi pour l’après-midi et la nuit. C’est la première anse au Nord Est de Skala.
Grande plage de sable épargnée par les parasols, petite taverne sous une tonnelle discrète, vue sur la forteresse entre deux collines et aussi un grand champ clôt qui héberge plus d’une dizaine d’ânes. Dieu qu’ils sont bruyants ! Je ne savais pas que cet animal, que je pensais diurne, pouvait pousser de tels braiments tout au long de la nuit !
L'anse Meloyi
DSCN4009.JPG

Vous l’avez compris, nous ne nous attarderons pas à Patmos, même si ne ne pouvons nier sa réelle beauté !

Demain, nous quitterons le Dodécanèse vers le Nord pour aborder les Sporades Orientales.

Nous avons débuté nos pérégrinations dans le Dodécanèse par l’île d’Astipalaia, puis nous sommes passés par Nisiros, l’île volcan, puis Kos, Simi, retour à Nisiros pour enchaîner avec Psérimos, Kalimnos, Leros et Arkhangelos et terminer par Lipso, Arki et Patmos.

Évidemment nous n’avons pas tout vu mais nous avons une bonne idée de ce secteur oriental de la mer Egée. Nous avons laissé, pour une autre année sans doute, Tilos, Rhodes, Kharpathos et Kasos, les îles les plus au Sud.