Saison 2017 : 8ème billet. Du 29 août au 5septembre 2017, de Iéraka à Iéraka

Je vous avais laissé à Iéraka (qui s’écrit aussi Géraka) où nous avons retrouvé avec un très grand plaisir Marisa et Fabio, qui naviguent depuis de très nombreuses années en Grèce. Nous avions passé le canal de Corinthe en même temps qu’eux à notre arrivée en 2014. Ils nous avaient alors donné un coup de main à l’amarrage et d’excellents conseils dont nous tirons toujours profit aujourd’hui. Nous avons bavardé autour d’un verre comme de vielles connaissances ! Très agréable !

Mardi 29 août 2017

Fabio et Marisa sont au quai, nous pensons les rejoindre si la place se libère à leur côté...pas de chance elle reste occupée toute la matinée !

Et puis de toute façon la météo annonce du vent du Nord-Nord Est assez fort à fort qui devrait rentrer cette nuit alors, après le déjeuner, le capitaine décide de lever l’ancre et d’aller trouver un bon abri de l’autre côté du cap Maléas, dans la baie Vathica au Sud Est du golfe Lakonikos entre l’île Elafonisos et la chaîne du Parnon qui aboutit au Cap Maléas.

J’essaie de vous situer les lieux. Quand on regarde une carte, le Péloponnèse ressemble à une main droite à 4 doigts. Aujourd’hui c’est l’index que nous allons contourner. Il se termine au cap Maléas et se prolonge 6 miles plus au Sud par l’île de Kithira (Cythère).

C’est un cap très sauvage et très impressionnant qu’il est difficile de franchir par fort vent de Nord Est (dans le sens Ouest-Est pour rejoindre Athènes depuis l’Italie par exemple) mais aussi pas fort vent d’Ouest quand on veut rejoindre les Ioniennes depuis la mer Egée...un vrai cap !
Le Cap Maléas vu du sud
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Nous doublons son phare niché dans les hautes falaises de sa face Est à 17h40 et, dix minutes plus tard, nous passons sous le monastère qui garde sa face Sud. Monastère du bout du monde, construit au bord de la falaise, face aux tempêtes : isolement et méditation sur la force des éléments garantis !

Après avoir passé le cap et ses hautes falaises nous longeons des terres basses et désolées.

A 19h20 nous sommes mouillés à Palaiokastro dans une baie protégée par une haute digue à l’Ouest. Nous sommes du bon côté par rapport au vent annoncé ! Jean-claude va vérifier l'accroche de l’ancre, la nature du fond, l’évitage. Les fonds de vase, sont de 7 mètres réguliers jusque très près du bord. Nous pouvons dérouler de la chaîne et du câblot...en principe nous sommes prêts !

Tout est parfaitement paisible quand nous partons nous coucher.

Mercredi 30 août 2017

Il n’est pas tout à fait 1 heure du matin quand le vent rentre. Il vient bien de la bonne direction mais il est accompagné de fortes rafales encore accélérées par la montagne toute proche.

Quand la rafale arrive, le bateau vibre, la mâture siffle, l’artimon au dessus de ma tête proteste...bon, difficile de dormir dans ces conditions.

Au petit matin, le vent se renforce encore, l’ancre chasse un peu... Le capitaine décide d’aller voir si les plages de sable du Sud d’Elafonisos ne seraient pas plus confortables !

Nous les atteignons rapidement, poussés par ce vent fort dans la mer qui blanchit !

Dans le vent fort et la mer blanche
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Nous mouillons alors devant une magnifique plage de sable, bordée de dunes, elle s’appelle Frangos. Elle est séparée par un étroit banc de sable d’une deuxième plage, Sarakiniko. Un nouveau paysage grec !

Les fonds de sable de 5 à 7 mètres, de bonne tenue s’avancent très près de la plage. Nous pouvons dérouler autant de longueur de chaîne que nécessaire et si le vent souffle toujours aussi fort les rafales sont beaucoup moins brutales car il n’y a pas de hautes montagnes pour provoquer les accélérations soudaines et brutales qui sont si inconfortables.

Je crois que nous allons pouvoir attendre ici que le vent se calme.

En fin d’après-midi, nous partons faire un tour sur la dune et quelques photos !
A gauche Sarakiniko, à droite Frangos où Doug Le nous attend, en face Levki
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La nuit sera réparatrice !

Jeudi 31 août 2017

C’est sur l’eau, dans ce décor magnifique que nous apprenons le décès de notre ami Jean-Charles, un amoureux de la mer, bon marin, excellent pêcheur. Nous avons tant partagé autour de son paradis minorquin ! Nos pensées affectueuses s’envolent vers Danielle son épouse.

Nous passons une journée tranquille dans le coin.

Vendredi 1er septembre 2017

Le vent est complètement tombé, nous partons pour Cythère (en fredonnant «Pars, pars, pars pour Cythère...» les amateurs d’opéras ne peuvent pas y échapper !)

Une dizaine de miles plus au Sud et nous voilà installés à Dhiakofti.

C’est le port des ferries sur la côte Est de Cythère. Une grande baie entre la côte et l’île Makronisi aujourd’hui reliée à la terre par un pont et dont la point Nord est prolongée par une jetée. Les quais et installations portuaires sont installées là, sous la jetée. Le petit port de pêche traditionnel, lui, se trouve au Sud de la baie côté terre.

Encore un endroit plutôt tranquille et peu fréquenté ! Nous sommes seuls dans la baie à notre arrivée !
Taverne tout au bord de l'eau à Dhiakofti
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Il faut dire que cette belle île de Cythère qui vit la naissance d’Aphrodite a beaucoup perdu de son lustre et de son intérêt d’autrefois. En effet, ce fut un lieu de passage pour toutes les routes commerciales entre mer Egée et Méditerranée occidentale pour les Crétois, les Phéniciens, les Grecs de toutes les périodes puis les Romains et enfin les Vénitiens !

L’intérêt stratégique de Cythère s’était confirmé jusque pendant la deuxième guerre mondiale !

Mais depuis elle était entrée progressivement en sommeil.

Alors qu’elle se modernisait tranquillement pour s’adapter aux exigences du tourisme moderne, elle a tout récemment a subi les effets désastreux de deux accidents écologiques, d’abord en 2000 l’échouage d’un cargo pétrolier sur l’îlot Fidonisi (juste à l’extérieur de l’île Makronisi) qui provoqua une belle marée noire puis en 2004 un séisme de magnitude 5,6 à 5,8, enfin, à partir de 2010, les effets de la crise financière...

Elle est redevenue une belle endormie pour le plus grand plaisir des amateurs de solitude !

Je vous montre les images du pétrolier échoué sur l’îlot Fidonisi, on dirait qu’il a tenté une ascension : touché, coulé !
Le Nordland échoué, devenu amer remarquable sur Fidonisi
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Samedi 2 septembre 2017

La météo est toujours calme et nous allons visiter la baie Saint Nicholaos et le village d’Avlemona à quelques miles au Sud.
La baie Saint-Nicholaos, côte est de Cythère
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Le soir nous sommes de retour à Dhiakofti.

Cette fois-ci il nous faut recommencer le mouillage plusieurs fois avant de trouver une rond de sable pour bien crocher l’ancre. En effet, le fond est pour partie constitué de grandes dalles de pierres plates recouvertes d’une fine couche de sable (ça c’est pour tromper le plaisancier !) et bien sûr l’ancre glisse sur les dalles sans se planter ! Au moindre souffle d’air, ça dérape ! Il vaut mieux aller vérifier !

Dimanche 3 septembre 2017

Nous profitons du vent d’Ouest (15-20 nœuds) pour entamer le voyage de retour. Cythère aura été le point le plus méridional de notre périple de fin de saison.

En moins de deux heures nous atteignons le cap Maleas, 7 nœuds de moyenne, vent de travers. La lumière est superbe, le Péloponnèse apparaît rose orangé sur fond bleu !

Passé le cap, le vent nous abandonne mais les poissons veulent bien attaquer nos hameçons : une bonite et une petite sériole jaune viendront ainsi compléter notre déjeuner.

A 12h40 nous entrons dans le port de Monemvasia où nous trouvons une belle place en long, sous la jetée.

Le vent s’est remis à souffler mais là, nous pouvons attendre !

Je suis très heureuse que nous ayons pu nous arrêter à Monemvasia. Certes nous y étions déjà venus l’an dernier avec nos amis Yves et Geneviève mais, partis visiter trop tard le rocher citadelle, nous n’avions pas pu accéder à la ville haute !

Vous le savez bien, les sites archéologiques, la plupart des musées, en Grèce, sont fermés à 15h !

Il faut prévoir les visites à la fraîche ! Entre nous soit dit, c’est effectivement le meilleur moment : avant les chaleurs étouffantes et les hordes de touristes !

Demain matin nous nous lèverons de bonne heure !
Le rocher nous attend ! Photo prise depuis le port
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En attendant, nous retrouvons avec plaisir le jeune maître de port qui parle français et nous indique quelques bonnes adresses de restaurants pour ce soir.

Lundi 4 septembre 2017

A nous la ville haute !

Le site est vraiment remarquable !

Il vous faut faire une recherche internet pour avoir plans et photos du "Gibraltar de la mer Egée."

Cette place forte médiévale byzantine est unique : l’isthme, le rocher entouré d’eau, la ville basse en pierres blondes et tuiles roses entourée de remparts, la ville haute à laquelle on accède par une rampe escarpée fermée de lourdes portes. Au sommet, on découvre un grand plateau cerné de falaises, défenses naturelles, surmontées de remparts. Il abrite d’anciennes constructions militaires et administratives, une très vieille église orthodoxe, construite tout au bord de la falaise Nord, des citernes remarquables, une citadelle...et en plus vous propose une vue exceptionnelle ! Ce site, particulièrement bien placé est resté sous administration byzantine jusqu’à l’effondrement de l’empire, puis convoité par les puissances commerciales ou militaires de l’époque il est passé alternativement et successivement sous administration vénitienne ou ottomane quasiment jusqu’à la guerre d’indépendance... Nous avons bien apprécié la promenade et la visite.
Depuis le sommet de la citadelle, tout en haut de la ville haute
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Depuis la ville haute, vue sur la ville basse et ses remparts
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Descendus de notre place forte nous avons fait le plein de vivres et comme il s’est mis à faire très chaud ...vers midi nous décidons de larguer les amarres et d’aller déjeuner en mer.
Le rocher depuis la mer, un dernier regard admiratif en partant
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En début d’après-midi nous sommes de retour dans le beau mouillage de Iéraka (Géraka).

Et là, la chance nous sourit, le mouillage se vide, nous nous mettons au quai ! Le confort !

Doug Le à quai à Iéraka
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Mardi 5 septembre 2017

Baignade, chasse, lecture, écriture, promenade sur la colline jusqu’à l’acropole mycénienne de Zarax et ses vestiges de murs cyclopéens : journée paisible à Iéraka !
Au bout du fjord de Iéraka, une lagune peu profonde
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Sur chaque promontoire du Péloponnèse, des vestiges. L'acropole de Zarax est mycénienne, mais cette inscription l'est-elle?

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Demain nous remonterons vers le Nord.