Juillet 2008-septembre 2010

Deux ans et quelques mois pour :

  • - apprivoiser le bateau et le vérifier sous toutes les coutures,
  • - l’équiper pour naviguer loin et longtemps,
  • - monter et fignoler un beau projet de voyage.


Partir, partir vraiment…quelques décisions définitives devaient être prises !

1/ Larguer les amarres professionnelles

Si nous devions partir à deux, tous les deux (ce qui semblait bien être le cas !!) l’équipière devait endosser la responsabilité du choix de la date. En effet, nous affichons un écart d’âge de 3 ans. Couple traditionnel, au fond, c’est moi la plus jeune. A 60 ans pile, Jean-Claude, le capitaine prend la retraite : nous sommes en septembre 2009.

Allait-il m’attendre jusqu’en septembre 2012 ? Il l’aurait fait sans doute…mais il nous a semblé qu’il fallait réaliser nos rêves tant que l’énergie, la puissance vitale, l’envie de la découverte nous animaient tous les deux.

Aussi, avons-nous fait nos comptes…et comme le bateau, la maison sont payés, nous pouvions encaisser, financièrement, la disparition momentanée de mon salaire : deux ans tout de même, (voire plus si cette foutue réforme …) avant que je puisse toucher ma retraite. C’était donc décidé : je me mettrai en disponibilité à partir de septembre 2010. Et voilà, je l’ai fait !

J’ai quitté, sans douleur, une activité professionnelle intense, pleine de responsabilités, à laquelle j’ai pris beaucoup de plaisir et consacré pas mal d’énergie : mais l’appel du voyage et la liberté donnée par la disparition des contraintes de temps sont un luxe si grisant !

Mon autonomie financière personnelle sera peut-être mise à mal lorsque j’aurai croqué toutes mes économies. Je m’en remettrai sûrement. Sans devenir tout à fait humble et soumise ? Pour ça je crois que c’est trop tard !

2/ Larguer les amarres affectives et familiales

Nos enfants sont grands, installés comme on dit, les petits enfants, nos moussaillons de l’été, magnifiques et nos propres parents en plutôt bonne forme. Il y a des aéroports dans le monde entier…et nous nous sommes dotés d’un maximum de moyens modernes de communication…mais j’anticipe sur le paragraphe suivant.




moussaillons 2008<KENOX S860  / Samsung S860>

Les étés 2008, 2009 et 2010 nous avons pris beaucoup de plaisir à naviguer avec notre petite troupe !












3/ Préparer le bateau

Nous avons tenté de tout vérifier, décider de changer ce qui devait l’être.

  • - nouvelle garde-robe pour notre « danseuse » :
  • = la première « voile » changée : le grand taud de soleil
  • = puis toute les autres : GV, artimon, génois. Hydranet pour toutes et lattes verticales pour la GV à enrouleur : magiques ! Les spis, (easy-rider à l’avant + spi d’artimon) et la voile d’étai n’avaient jamais été sortis de leurs sacs : ces voiles sont quasi neuves et fonctionnent très bien.


GV et génoishydranet

Des voiles toutes neuves!














voiles neuves encoreartimon















  • - nouveau gréement dormant
  • - un panneau solaire supplémentaire avec un nouveau régulateur (du coup ça marche bien !)
  • - nouvelle installation frigorifique efficace et peu gourmande en énergie (si le capitaine veut faire un billet technique…je lui laisse la main !)
  • - vérification et changement des passes coques, des vannes, des durites : toute la tuyauterie qu’elle concerne l’eau (froide et chaude !) ou le carburant


Nous nous sommes fait plaisir aussi :

  • - ordinateur de bord « durci » avec logiciel de navigation, interfacé avec la V.H.F. A.I.S.
  • - GPS lecteur de cartes


Et puis nous avons acquis un iridium d'occasion. Cela devrait permettre de rester en contact avec tous les proches à terre, même au milieu de l’océan, et pour pas trop cher puisque les mails, pourvu qu’ils ne dépassent pas 160 caractères, sont gratuits pour émetteur et récepteur.

Cela permettra aussi de faire des requêtes météo en tout point du globe et à tout moment. Mais là il faudra surveiller le compteur !

4/ Pour aller où, au fait ?

Très classiquement (?), nous allons sortir de notre chère méditerranée (Canet-Gibraltar) pour atteindre l’archipel des Canaries et nous lancer dans la grande traversée vers l’arc antillais. C’est cela que je tenterai de raconter à partir de demain : nous sommes le 15 octobre 2010, des amis nous emmènent au port de Canet en Roussillon cet après-midi et nous larguerons les amarres demain matin samedi 16 octobre.

Bien sûr le bateau est plein à ras bord, matériel de rechange, vivres, médicaments, eau, gazole, livres… Les derniers préparatifs ont été réalisés avec tout le sérieux dont nous sommes capables! Cela fera sans doute partie des billets ultérieurs, plus tard : type bilan

  • - qu’avions nous mis dans la cale ?
  • - que ramènerons-nous ?
  • - qu’aurons-nous oublié ?


Je voudrais juste dire qu’à ce stade le projet de voyage provoque déjà de nouvelles rencontres et de nouveaux échanges y compris avec des personnes connues. Plein de gens ont déjà traversé et vous racontent leur expérience, plein d’autres ne le feront jamais et vous parlent d’horizons différents, on évoque des choses simples, l’essentiel quoi !

Enfin, ça m’a obligé à un nouvel apprentissage : réaliser un blog ! Je devrais gagner en technicité...