dimanche 10 juillet 2022

SAISON 2022 Épisode 9

Du mardi 28 juin au samedi 9 juillet 2022 : Le retour sur Athènes

Dans ce billet, pas de découvertes ou de retrouvailles enthousiastes, juste une navigation que nous espérons tranquille, avec étapes dans des endroits en principe connus, pour gagner Athènes.

Doug Le y changera d’équipage et nous rejoindrons Toulouse.

Mardi 28 et mercredi 29 juin, seront nos deux dernières journées dans le Golfe de Volos.

Nous passons la journée du mardi à Atalanta.

Le capitaine m'attend au mouillage devant le petit port de Milina
DSCN1018.JPG, juil. 2022

Le lendemain, après un arrêt à Milina pour un petit réapprovisionnement nous retrouvons le Pélion, en face de l’îlot Trikéri et nous y testons un nouveau mouillage très grand et solitaire...juste deux camping-cars, discrets, sur la plage.

Jeudi 30, nous sommes de passage à Orei. L’amarrage au quai se fait sans problème.

Nous avons le plaisir d’y voir arriver nos amis du Sharki.

Nous commençons à avoir nos habitudes à Orei : plein d’eau, de gasoil, laverie, vivres livrés à bord, plage avec douche à quelques mètres...rien à redire !

Le soir, un repas à la taverne en bonne compagnie vient conclure cette journée à la fois agréable et efficace.

Vendredi 1er juillet, c’est parti, nous entamons notre descente. Kairos a largué les amarres dans la matinée, nous le suivons en tout début d’après-midi.

Navigation à la voile au portant, plein Ouest, jusqu’à la pointe Nord-Ouest d’Evia. Nous roulons les voiles pour passer entre le Cap Kinaion et l’îlot Likhades où il y a toujours du courant assez fort et quelques miles plus bas, sur la côte d’Evia, nous mouillons près de nos amis à Ay Georgios (Saint-Georges).

Ay Georgios, Doug Le depuis Kairos dans le soleil couchant
2022-07-01_07_Agios-georgios.jpg, juil. 2022

C’est un mouillage relativement ouvert que nous n’avons jamais testé. Le vent orienté favorablement est prévu très faible pour la nuit.
Mais...à peine étions nous installés pour un apéro sympa chez nos amis que le ciel s’est obscurci. Un grain en préparation. Vite, nous regagnons notre bord. Le capitaine n’est pas satisfait de son mouillage. Nous recommençons, mieux, plus long et encaissons un clapot fort désagréable…nous supportons une nuit un peu agitée. Cela ne nous arrive pas souvent ! Il faut dire que nous nous appliquons à trouver les mouillages les plus calmes possibles, à nos âges nous n’aimons pas être secoués la nuit.

Le lendemain, samedi 2 juillet, sitôt le petit-déjeuner terminé, nous levons l’ancre pour le grand Golfe d’Atalantis, à 25 miles au Sud, côté continent. Un vent très doux nous y pousse à toute petite vitesse. Nous mouillons au Sud de l’îlot Gaïdharos. Si l’environnement est plutôt moche la protection pour le vent annoncé est parfaite.

Il y a bien un bar musical qui se réveille le samedi soir au fond de la baie. Mais il est loin et les bouchons d’oreilles amortissent complètement le bruit.

Nous récupérerons sous Gaïdharos jusqu’à lundi matin.

Cette portion entre Likhades et Khalkis, Vorios Evvoikos (Le Golfe Nord d’Evia) n’est pas très jolie et l’eau y est peu engageante. Elle est trouble et charrie quantité d’herbes et d’animaux translucides sans compter les plastiques et autres déchets qui aboutissent dans la mer. C’est un des rares endroits en Grèce où nous n’aimons pas nager… En général on n’y reste pas longtemps !

Dès le lundi 4 au matin, nous naviguons jusqu’à Khalkis. Le vent pousse bien, puis il pousse fort et devient désagréable en arrivant sur Khalkis, les vagues sont fortes et très courtes.

Le passage avant le pont est très étroit et le courant pousse fort lui aussi.

Le capitaine se demande comment se passera l’amarrage à quai.

Kairos est là depuis hier. Je téléphone, les indications sont favorables. Nos amis nous attendent et nous venons nous amarrer à couple.
Les deux Sharkis amis, à couple au quai de Khalkis, en attente de l'ouverture du pont
DSCN1022khalkis sharkis à couple.JPG, juil. 2022

Le quai est quasi plein. La veille, le dimanche, le pont n’a pas ouvert. A notre arrivée il ne reste qu’une toute petite place et en fin d’après-midi les nouveaux arrivants ont dû trouver une place côté chalutiers…

En fait, c’était une bonne expérience d’arriver à Khalkis, côté Nord, avec du vent. Du coup, nous savons d’expérience que la manœuvre est possible et même relativement aisée : en remontant contre le courant, le vent pousse au quai, il suffit de laisser faire. En effet, c’est bien le côté Nord qui peut poser problème, côté Sud du pont c’est facile, il y a un très grand espace de mouillage très sûr.

Le passage du pont, vers minuit, se déroule sans difficulté. Le courant et le vent sont tombés. Il y a beaucoup de monde de chaque côté mais tous les bateaux finissent par passer.

A signaler : maintenant pour passer le pont, il suffit d’aller payer la taxe de passage au bureau du port. Plus besoin d’aller se signaler, en suivant, aux autorités portuaires. Les formalités sont allégées !

Mardi 5 juillet, mon capitaine qui était un peu fatigué ces derniers jours, semble aller mieux.

Il est motivé pour s’attaquer à la liste du bricolage à effectuer en vue du changement d’équipage.

Nous décidons de rester à Khalkis dans les eaux calmes et d’entamer les travaux.

En fin de journée la liste a bien diminué !

Apéro à deux bien mérité !

Mercredi 6 juillet nous naviguons jusqu’à Vouphalo. Le vent, fort, nous y cueille à l’arrivée. Seuls dans notre crique fétiche, nous avons toute la place pour faire un bon mouillage.

Aujourd’hui, samedi 9, nous y sommes encore.

Bricolage et rangements se poursuivent.

Jean-Claude va nous chercher du poisson.

Nous avons eu le grand plaisir de retrouver Stella. C’est presque une amie. Certes, ses tarifs sont un peu supérieurs aux autres, mais ils l’ont toujours été...sauf que, comme tout a augmenté en Grèce, peut-être que ça se remarque plus puisque ça se dit sur les forums !

Pour nous, c’est quand même chez Stella qu’on peut déguster des vrais calamars grillés juste à point...ni frits, ni trop cuits semelle...non, juste bien !

Et puis, l’histoire de cette jolie moldave cultivée, venue faire sa vie au milieu d’Evia, me touche très profondément.

Nous resterons sans doute ici demain encore, sous les orages qui vont et viennent et puis nous regagnerons le continent. Un arrêt à Porto Rafti, un autre peut-être à Palia Fokaia et le 13 juillet nous serons à Athènes, à Zea Marina, où nous laisserons le bateau aux filles.

Le 14 juillet, nous nous envolerons pour Toulouse, retour le 23 août.

Merci encore à vous toutes et vous tous qui me lisez, m’encouragez par vos commentaires. J’avoue qu’écrire est un plaisir pour moi. Plaisir décuplé lorsque j’ai réussi, si peu que ce soit, à vous faire voyager avec nous.

lundi 27 juin 2022

SAISON 2022 Épisode 8

Du mercredi 15 au lundi 27 juin 2022 : Lemnos-Les Sporades-Le Pelion

Mercredi 15, le vent souffle assez fort sur Moudros. Il nous pousse au quai. Saura-t-on sortir de là ?

Pour l’instant tout va bien puisqu’on a rendez-vous avec Erik et Nicky qui nous ont préparé un repas africain. En effet, ils sont tous les deux nés dans l’ex-Congo Belge. C’est là que tout enfant, ils ont vécu et se sont rencontrés. Et puis, beaucoup plus tard, en Belgique, ils se sont retrouvés.

Alors bien sûr ils sont porteurs de culture africaine, la langue swahili bien sûr mais aussi les saveurs. Aujourd’hui nous allons découvrir la moambe. C’est une façon d’accommoder les vieux coqs ou les vieilles poules. Un plat épicé, bien sûr, qui cuit longtemps et se sert accompagné de feuilles de manioc et d’arachides grillées. Nous savourons ces saveurs que nous ne connaissons pas !
Moambe prête à être dégustée
20220615_134844.jpg, juin 2022

Un grand bravo à la cuisinière !

Nous testons également le jacousi, histoire de se rafraîchir juste avant le dessert, tout à fait belge celui-là : moelleux au chocolat belge !

Encore un délicieux moment passé avec nos amis !

De retour à Moudros, le vent est presque tombé, le capitaine décide d’en profiter pour quitter le quai. Il faut dire que notre marge de manœuvre est un peu étroite puisque nous sommes « along side » entre deux bateaux. Mais, avec l’aide du propulseur pour dégager largement l’avant et en larguant l’amarre arrière en dernier, tout se passe très bien.

Nous passerons la nuit au mouillage, juste au Sud de Moudros sous le Cap Kavos.

Jeudi 16, dès 8h nous levons l’ancre, le meltem est déjà établi, ça pousse bien.

A 10h, le mouillage est terminé dans l’anse Est de la baie Ay Pavlou. Nous sommes seuls, face à la plage, sur fonds de sable...mais ça souffle !
Toujours seuls au monde, dans l'anse Ay Pavlou
DSCN1007.JPG, juin 2022

Nous y resterons jusqu’à Samedi matin.

Samedi 18 nous rejoignons Mirina afin de faire un réapprovisionnement et dire au revoir à nos amis.

A Mirina, le vent, toujours fort, souffle travers au quai. Dans ces conditions, même avec le propulseur, Doug Le refuse obstinément de culer droit ! Alors le mouillage dans la baie, c’est plus simple !

Nous faisons nos courses et retrouvons nos amis sur le quai : ils arrivent chargés de cadeaux !

Après un dernier plaisir gourmand partagé à la jolie taverne qui donne sur la plage et le port, nous regagnons notre bord.

Le capitaine décide de faire quelques miles pour gagner la baie de Plati afin de bénéficier d’un environnement calme… Objectif : bien dormir avant de traverser vers les Sporades.

C’était sans tenir compte d’Éole qui s’est un peu énervé pendant la nuit...du coup, dimanche, nous sommes restés au repos à Plati !

Nous avons quand même refait notre stock de confiture avec les jolis petits abricots achetés la veille chez le primeur de Mirina.

La nuit suivante est très calme, l’équipage récupère !

Lundi 20 juin, à 6h15, nous partons de Lemnos, direction les Sporades. Nous avons 53 miles à courir dans le 237° pour rejoindre Kira Panaya.

Nous faisons une très agréable traversée, à la voile presque jusqu’au bout.

L’arrivée dans l’anse Nord de Kira Panaya, Planitis, est toujours aussi enchanteresse. Aujourd’hui nous y sommes accueillis par un concert de cigales. En mai, quand nous sommes passés par là, elles n’étaient pas encore à l’ouvrage !

Nous mouillons dans l’anse de gauche, derrière, mais assez loin d’un catamaran. Il y a plein de jeunes gens à bord et, très vite, « leur musique des vacances » retentit !

Retour brutal à la civilisation ! Nous ne sommes plus seuls au monde !

Le capitaine qui ne supporte pas bien la musique des autres décide de lever l’ancre et de changer de mouillage. Après quelques échanges en langue des signes au passage, nous allons tester la baie Sud...où tout est effectivement calme ce soir là !

Moralité : ne jamais mouiller à moins d’un mile d’un cata de location !

Les Sporades, sont de très belles îles mais elles sont très fréquentées et les bases de location très nombreuses y fonctionnent souvent en flottilles, ce qui ne nous incite pas à envisager d’y séjourner longtemps !

Au départ de Kira Panaya
20220621_091803.jpg, juin 2022

Dès le lendemain, mardi 21, nous profitons du vent portant pour faire une première étape à Alonnisos, dans la belle baie de Tzorti.

L'îlot Tsoury, juste dans l'axe de la piste d'atterrissage de Skiatos
20220622_132808.jpg, juin 2022

Puis, le mercredi 22, toujours poussés ou presque, nous passons sous Skopelos puis, après une pause déjeuner à l’îlot Tsoury, sous Skiatos pour viser le Pélion et mouiller à Chondri Amnos, la grande baie de la carrière.
Ici, tout est tranquille : quelques maisons, quelques pêcheurs, pas même une taverne !

On s’interroge, la voiture garée sous les arbres de la grande maison à droite au fond de la baie, comment est-elle arrivée jusque là ?

Jeudi 23 juin, par grand calme plat, nous visons le port d’Orei que vous connaissez bien déjà. C’est le port au beau taureau blanc !

Il nous faut faire tous les pleins, eau, gaz, gasoil, vivres !

Une fête se prépare sur la place du village, devant le taureau, récemment restauré.

Évidemment, vous pouvez déjà imaginer l’inquiétude du capitaine !

Finalement nous avons eu droit, dans un très beau décor, à un vrai concert de musique vivante qui s’est achevé avant minuit !

Pas si mal !

Vendredi, les cales pleines, vers 11h, nous voilà partis, direction le grand calme du Golfe de Volos !

Las, arrivés dans le golfe, le vent de Nord Est souffle bien plus fort que prévu et au moment de mouiller sous le Cap Trachili, notre « système » de barre se met à grogner très fort !

Jean-Claude devient soucieux, il émet l’hypothèse d’une défaillance des crémaillères qui n’ont pas été changées en même temps que les câbles.

Nous déjeunons, je prépare comme l’an dernier la barre de secours et nous téléphonons à Dimitri pour avoir un rendez-vous rapide pour une réparation.

Après réflexion, Jean-Claude veut vérifier une autre hypothèse qui va s’avérer exacte : ce ne sont pas les crémaillères du système de barre qui sont défectueuses mais les engrenages du pilote automatique qui ont rendu l’âme. Nous avons un moteur de pilote de rechange (précaution qui nous avait bien servis lors de notre traversée de l’Atlantique) et mon capitaine qui sait tout faire, procède au changement de moteur. Opération réussie.

Je fais l’assistante du mieux que je peux et en toute fin d’après-midi je range…

Dimitri a été prévenu, tout va bien !

Le lendemain, samedi, nous faisons 200 mètres pour nous cacher dans une petite anfractuosité.

Je n’aime pas ce type de manœuvre…

Mais une fois que tout est stabilisé, 40 mètres de chaîne devant et deux amarres à terre, je dois reconnaître qu’on est bien ! Les deux amarres encadrent une petite plage : une piscine privée, rien que pour nous !

Nous devrions être installés pour plusieurs jours dans ce petit creux !
Notre petit creux sur le rebord du Pélion
DSCN1016.JPG, juin 2022

Mais...

Samedi soir, le ciel devient tout noir, le tonnerre gronde, quelques éclairs zèbrent le ciel : nous subissons un orage.

Lorsque le vent monte, plutôt de face évidemment, nous nous tenons prêts à tout larguer si besoin. Mais ça tient, le temps du grain, puis tout redevient calme.

Vers 23h nous pouvons aller nous coucher sans inquiétude.

Comme quoi, même dans le golfe de Volos, la vie à bord est parfois imprévisible !

Hier, dimanche 26 et aujourd’hui lundi 27, deux journées enfin tranquilles dans notre petit creux !

mercredi 15 juin 2022

SAISON 2022 Épisode 7

Du mardi 7 au mardi 14 juin 2022 : Lemnos du Nord au Sud

Mardi 7 juin, nous sommes restés à Mirina.

Nous avions plein d’excuses pour faire une journée au port !

D’abord, refaire le plein d’eau.

Ensuite, il nous fallait un bon avitaillement.

A Mirina, tout près du port, sur la droite en partant vers la plage, vous découvrez un marchand de vins, épicerie, produits d’entretien. Il n’a pas de fruits et légumes frais, mais pour le reste, une vraie « caverne d’Alibaba » ! D’ailleurs, tous les bateaux français le connaissent...pour le vin ! Il propose beaucoup de vins de Lemnos, de toutes les couleurs, secs ou doux, sous toutes les formes de contenants et à tous les prix, ce qui est parfait ! C’est également chez lui que vous pourrez échanger votre bouteille de gaz.

Par ailleurs, pour les produits frais justement, il suffit de continuer quelques centaines de mètres sur la gauche et vous trouvez, un primeur très bien achalandé, avec des produits locaux et bio. La qualité nous en a été ventée par un couple d’anglais, un peu âgé, qui faisait leurs achats en même temps que nous !

A côté du primeur, le boucher, en face le super-marché avec un beau rayon fromages, dont du Lemnos, et la boulangerie. Donc, de quoi remplir le frigo et la cale avec des produits de qualité !

Enfin, de retour à bord, la citadelle nous tendait les bras ! Nous n’avons pas résisté !
La citadelle depuis le port
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En montant à la citadelle vous pouvez apercevoir les biches qui vivent là en toute liberté
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Le port, au Sud, depuis les remparts
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Vers le Nord, toujours depuis les remparts
DSCN0975.JPG, juin 2022

Le lendemain, mercredi 8, nous quittons le quai en début de matinée : direction, la côte Nord de l’île ! En effet, la météo nous annonce du vent de Sud, forcissant : c’est donc le moment ou jamais car ensuite, le Meltem, vent de Nord Est, risque bien de s’installer pour l’été !

Après un stop chasse-déjeuner sous le Cap Mourtzeflos (l’extrémité Nord Ouest de Lemnos) nous passons côte Nord et nous installons pour la soirée et la nuit dans la baie de Kotsinas. Nous sommes seuls au mouillage au milieu de cette grande baie, une chapelle à tribord et une à bâbord, un petit port public (pour les barques seulement) d’un coté, un petit port privé de l’autre, fonds de sable ou vase, de 6 à 3 mètres jusqu’à très près du bord…nuit calme garantie !

Jeudi matin, nous nous déplaçons de quelques petits miles, deux peut-être, jusqu’à la baie d’Héphaïstia, où nous mouillons face à « la plage des Belges », celle où nous avons rencontré Nicky et Erik en 2019.
Le bord extérieur de la plage "des belges" à Héphaïstia"
DSCN0976plagebelge.JPG, juin 2022
Depuis la piste qui monte au théâtre antique
DSCN0979.JPG, juin 2022
Le théâtre est bien là
DSCN0978.JPG, juin 2022

Nos amis sont attendus à bord pour une oursinade.

Ils n’ont jamais mangé d’oursins et nous nous faisons une joie de leur faire découvrir ce délicieux « caviar ».

Aujourd’hui le chef propose : mezze de la mer ! Oursins, filets de mulet frais pêché au citron, bigorneaux et escargots à l’aïoli, auxquels il faut ajouter les délicieux samoussas confectionnés par Nicky !

Amitié et gourmandise vont bien ensemble !

Après leur départ, nous nous déplaçons de quelques centaines de mètres pour mouiller sur le rebord Sud Ouest de la baie, à l’abri d’une « collinette », à l’entrée d’une lagune peu profonde et très abritée qui pourrait bien être le port antique de l’ancienne capitale oubliée Héphaïstia.

Le port antique, est une hypothèse à moi, je ne l’ai vu mentionné nulle part. En revanche, le site d’Héphaïstia, avec son théâtre mis au jour et ses fouilles, est bien là !

Vendredi 10, le ciel se couvre, le Sud se renforce : nous sommes au bon endroit !

Promenade, cueillette de thym, de câpres, conserves de pois-chiche sont au programme !
La baie d'Héphaïstia
DSCN0983.JPG, juin 2022
L'entrée de la lagune peu profonde, très protégée
DSCN0981.JPG, juin 2022
C'est beau ! Toujours à Héphaïstia
DSCN0987.JPG, juin 2022

En fin d’après-midi Jean-Claude, reçoit sur son téléphone (et pas moi), une alerte météo  automatique de la protection civile grecque : « Phénomène météorologique extrême ».

Ça nous semble étrange, nous vérifions avec difficulté car le réseau est très faible. Nous finissons par accéder au site officiel où les consignes sont de rester chez soi, de ne sortir sous aucun prétexte, de stocker de l’eau, d’écouter la radio pour suivre l’évolution du phénomène sans préciser de quoi il s’agit : une tornade ? un cyclone? un tsunami ? un séisme ? C’est assez stressant !

Nous décidons de revenir à Kotsinas, une demi-heure de navigation tant qu’il fait jour. Mouillés au milieu de la baie sur 4 mètres d’eau avec 40 mètres de chaîne et un évitage sur 360°, nous devrions résister aux « phénomènes extrêmes ».

En fait, pour nous, la nuit a été tout à fait calme, mais des pluies torrentielles se sont bien abattues 100 km plus au Nord sur le continent, en Macédoine. Nos amis Denis et Catherine nous le confirmerons le lendemain.

Samedi 11, météo perturbée : pluie, orages et vent du Nord. Il est temps de retrouver la côte Sud.

Pour nous, belle navigation à la voile, où les "grands dauphins" nous ont accompagnés sur une bonne partie de la côte Nord. 7 nœuds de moyenne jusqu’à Mirina, 5 pour finir jusqu’au fond de Diapori ! Le vent de nord peut souffler !
Les "grands dauphins" viennent jouer avec nous
DSCN0995grandsdauphins.JPG, juin 2022

Dimanche et lundi, le temps reste perturbé, nuageux, venteux avec quelques grosses averses. Du coup, alors que la famille et les amis restés en terre occitane commencent à souffrir de la chaleur, nous avons plutôt frais !

Aujourd’hui, mardi 14 juin, le grand soleil est de retour ! Nous n’avons plus ni pain ni fruits...direction le quai de Moudros. Nous y retrouvons notre place ! A croire qu’elle nous attend !

Nous aimons beaucoup l’ambiance de bout du monde de cet endroit pas particulièrement coquet mais tellement paisible !

Demain Nicky et Erik viendrons nous chercher pour nous faire découvrir un plat africain !

Je vous raconterai dans le prochain billet.

mardi 07 juin 2022

SAISON 2022 Épisode 6

Du lundi 30 mai au lundi 6 juin 2022 : Lemnos-Samothrace-Lemnos

Tout d’abord merci à toutes pour vos commentaires !

En particulier, merci à Marie-Noëlle qui me signale une erreur fréquente mais indigne, celle de dénommer « mouette » le goéland !

D’autant plus impardonnable que les différences morphologiques sont flagrantes et nombreuses, couleur et forme du bec, couleur des pattes, envergure...bref aucune excuse pour les gens de bateaux qui aiment observer la nature si ce n’est une facilité ordinaire de langage !

Donc, à Kira Panaya, c’est bien sous l’œil indifférent d’un goéland que nous sommes partis !

Finalement ce sont bien plus souvent des goélands que des mouettes que nous rencontrons !

Je reprends le fil de mon récit au lundi 30 mai, où, une fois le vent calmé, nous avons quitté Diapori pour le Nord de Lemnos.

En milieu d’après-midi, après avoir viré le Cap Mourtzelos, l’extrémité Nord Ouest de Lemnos, nous sommes passés sous l’îlot Sidheritis pour virer à tribord dans le très beau mouillage de Gomati.

ATTENTION !
Ici toutes les cartes sont fausses. En effet, deux îlots qu’il faudrait largement contourner à l’entrée Nord Ouest de la baie, sont mentionnés. Or dans la réalité il y a bien un premier îlot puis, à l’emplacement approximatif du deuxième, un très large haut-fond, peu visible. Mieux vaut suivre la sonde des 10 mètres en progressant franchement vers l’Est et poster un équipier sur le pont. Ensuite, derrière le haut-fond, sur fond de sable fin, les sondes sont plus élevées que mentionnées sur les cartes !

Mais ça vaut la peine de faire un petit effort pour goûter la beauté et le calme de cette baie splendide !

Ici, nous ne sommes qu’à 35 miles de Samothrace qui se découpe franchement sur l’horizon Nord. Un autre amer naturel dans le Nord de la mer Egée. Cette petite île est une haute montagne, qui culmine à plus de 1600 mètres d’altitude et tombe sans fioritures dans la mer !

Le mont Feggari autrefois appelé Saos, occupe toute l’île ! La légende veut que Poséidon a suivi les péripéties de la guerre de Troie, assis sur le mont Saos, aux premières loges !
Samothrace, un amer remarquable !
DSCN0922.JPG, juin 2022

Mardi 31 mai, à 7h15, nous quittons Gomati et Lemnos pour Samothrace : le vent est plutôt calme, la mer est lisse. Nous alternons voile et moteur et nous amarrons au quai de Kamarotissia vers les 13h.
A l'approche de Samothrace
DSCN0926.JPG, juin 2022

Nous y retrouvons Cherry et Hugh, l’équipage très sympathique d’un bateau anglais croisé à Moudros.

A Samothrace, pas de mouillage, les 60 kilomètres de côte ne proposent aucun abri.

Au Nord de la langue de terre plate qui prolonge la pointe Ouest se niche le seul port de l’île, Kamariotissa.
Le quai de Kamariotissa
DSCN0934.JPG, juin 2022

C’est un assez grand port de pêche et port commercial où rien n’est prévu pour la plaisance, même si l’extrémité du quai Ouest accueille les bateaux de passage. Ce jour-là nous sommes 5 voiliers, désireux de visiter ce cailloux au nom mythique, du moins pour les français !

En effet, c’est bien nous, ou plutôt monsieur Charles Champoiseau, consul de France, qui avons découvert en 1863 une des plus célèbres et des plus belles statues géantes de l’époque hellénistique : la victoire de Samothrace. C’est une magnifique représentation de la déesse Niké, déesse de la victoire. L’histoire de sa reconstitution complète est très intéressante. Lorsque la statue (d’environ 2,75 m) est posée sur son socle (la proue d’un navire de guerre) l’ensemble fait plus de 5 mètres de haut. Bien évidemment, vous ne pouvez pas admirer cette victoire à Samothrace mais...au Louvre ! A cette époque, la fin du 19 ème siècle nous ne nous embarrassions pas de savoir si c’était normal de s’approprier ces trésors…

Derrière la jetée de Kamariotissa il fait très chaud ! Nous sortons le grand taud de soleil !

Alors que nous émergeons d’une sieste un peu comateuse, les autorités portuaires viennent nous trouver (nous les cinq voiliers) pour nous expliquer qu’un bateau de guerre risque de rentrer au port et que, dans ce cas, il a besoin du quai que nous occupons. Ça n’est pas certain parce que, avec les bateaux de guerre c’est comme ça, ils sont très secrets, aucune certitude...nous devrions être fixés vers 19h !

A 20h, pas de nouvelles, nous pensons être tranquilles, nous louons même une voiture pour le lendemain. A Kamariotissa, c’est facile, vous signez un papier et on vous donne les clés !

De retour au bateau, nos amis anglais nous informent qu’il faut se déplacer, changer de quai !

Du coup nous partons pour une navigation de nuit dans le port de Samothrace !

Mais...nous sommes sur le quai du ferry, assez proche de sa rampe de débarquement !

On verra demain !

La nuit est calme, le bateau de guerre est bien arrivé, à 7h du matin les autorités ne sont pas encore levées et le ferry n’arrivera pas avant 17h. Nous avons donc toute la matinée du mercredi 1er juin, au moins, pour partir en visite ! Nous partons avec Cherry et Hugh  !

Je précise juste qu’aucune route ne fait le tour complet de l’île : la partie Sud Est entre Pahia Amnos et le Cap Kipos n’est pas desservie ! Donc rien n’est loin, ce qui ne veut pas dire que les voies d’accès soient toujours faciles et rapides ! Nous empruntons d’abord la route Nord.

Notre premier arrêt : Paleopolis, ce qui signifie la cité ancienne.

Pour cette toute petite île, nous nous attendions à un site archéologique modeste. Or, c’est une grande cité antique pré-hellénique puis hellénique qui a été mise au jour...et encore, toute la montagne n’a pas été fouillée ! Il nous a bien fallu deux heures pour faire le tour du site et apprécier l’importance qu’a dû revêtir Samothrace dans le passé.

On y retrouve tous les éléments d’une cité puissante, des constructions en pierres massives, un système adduction d’eau sophistiqué, un théâtre, un forum, une rotonde (structure originale dans la Grèce antique, pour laquelle on n’a pas de certitude quant à la fonction) et un sanctuaire des Grands Dieux. C’est un culte particulier, une religion à mystères avec plusieurs niveaux d’initiation. Elle était réputée pour protéger les marins. Je suis immédiatement devenue une nouvelle adepte !
La rotonde
20220601_092303.png, juin 2022
Le théâtre
DSCN0937.JPG, juin 2022
Le sanctuaire des Grands Dieux
DSCN0935.JPG, juin 2022

DSCN0936.JPG, juin 2022
Les nouveaux adeptes
20220601_093322.png, juin 2022

Le petit musée qui abrite quelques éléments précieux propose également une reconstitution virtuelle (avec couleurs, fenêtres, toits...) des bâtiments mis au jour. C’est très parlant et très intéressant.

Après cette visite, nous continuons notre route jusqu’à Therma. Près d’anciens thermes, un petit port moderne a été construit sur fonds européens. Il aurait pu être une réponse pour les plaisanciers de passage en quête d’amarrage sûr. Hélas, le port s’envase ! On a oublié de mettre l’eau ! Là encore, corruption, incompétence, je-m’en-foutisme, un peu des trois, font qu’à peine terminé, c’est une friche. Par temps très calme, Doug Le, qui cale 1,95m, doit pouvoir rentrer en longeant le côté droit de l’ouverture ! Par grand vent de Nord (dominant), impossible de tenter la manœuvre. Mais après, de toute façon, autour, il n’y a rien !
Dommage !

Therma, si joli de loin
DSCN0946therma.JPG, juin 2022
Entrée impraticable !
DSCN0943.JPG, juin 2022

Après notre matinée de visite touristique, nous repassons par le port. Mon capitaine, toujours soucieux, veut savoir si nous devons changer de place avant la venue du ferry.

La réponse des autorités est la suivante : si vous vous amarrez à couple, ça ira très bien...ce que nous nous empressons de faire avant de repartir...déjeuner dans un premier temps !

La spécialité de l’île : le chevreau et encore le chevreau ! Nos amis anglais qui sont déjà venus à Samothrace disent qu’il faut absolument aller goûter le chevreau au « Goat Center » !

C’est un restaurant doté d’une grande terrasse ombragée par de gigantesques platanes d’Orient. Il se situe dans le village de Profitis Ilias. Il est caché dans la montagne. Hugh, qui fait le copilote nous y fait arriver par le chemin des « chèvres » ! C’est difficile pour notre C3 de location mais superbe !

Le chevreau grillé est à la hauteur de sa réputation !

Après ce bon repas une petite « trempette » s’impose : arrêt à Samotraki Beach ! Enfin, plage, c’est beaucoup dire ! C’est une bande de galets ! Mais fraîcheur et transparence sont là !

Nous terminons notre tour par la Chora. En Grèce, les Choras dans les îles, sont des villages perchés, au dessus des ports. Autrefois, centres administratifs et religieux, mais aussi place-forte contre les envahisseurs, ces vieux villages sont très souvent adossés à un château ou un monastère. La Chora de Samothrace est remarquable. Elle est construite sur une pente tellement abrupte que chaque rue est une terrasse !
Chora , son chateau
DSCN0950.JPG, juin 2022

A notre retour, un troisième voilier est amarré à couple avec nous. C’est un bateau que nous connaissons. Des personnes discrètes qui ont fait un amarrage impeccable.

Notre deuxième nuit à Kamariotissa s’avère difficile.

En effet, nous sommes en quelque sorte pris en sandwich entre le ferry et un gros chalutier, qui tous deux font fonctionner leur puissant générateur pendant toute la nuit : nuisance sonore et pollution aux hydrocarbures garanties ! Heureusement, le vent est calme, ce qui n’est pas toujours le cas dans ce secteur Nord Est de la mer Egée...nous n’avons donc pas été secoués !

Vous l’aurez compris, Samothrace n’est pas très adaptée à la plaisance, même si sa découverte vaut vraiment la peine !

Jeudi 2 juin, nous quittons le quai et saluons nos amis, qui eux naviguent vers le Nord et nous vers le Sud, retour à Lemnos.

Le vent nous accompagne sur la première partie de la traversée, puis nous abandonne et nous permet d’achever notre journée à la voile, le long de la côte Ouest de Lemnos.

Nous jetons l’ancre à Plati une grande baie au Sud de Mirina.

Elle est très protégée et, en début de saison, calme et peu encombrée...plus tard, je ne vous la recommanderais pas. En effet, c’est sans doute le site le plus aménagé de Lemnos pour accueillir des vacanciers...tout est prévu pour les amuser, la musique sur la plage et les jouets à voile, à rames, ou motorisés ! Amateurs de calme s’abstenir !
Plati début juin, notre bateau est à droite
20220603_083807.png, juin 2022 Du vendredi 3 au dimanche 5 juin nous resterons bien à l’abri à Diapori où nous pouvons attendre sans angoisse le coup de vent de Nord annoncé.

Dans le coin Nord Est de Diapori, avec 40 mètres de chaîne sur fond de vase...ça peut souffler !

Nous pouvons y profiter de nos amis, attablés ensemble à la taverne de la plage, un œil sur le bateau !
Diapori, depuis la taverne
20220603_200052.png, juin 2022

Chasses et baignades sont également au programme !

Le dimanche, alors que le vent s’est bien calmé nous découvrons ensemble une exploitation d’oliviers. C’est un petit paradis à un kilomètre à peine du bateau.

Les propriétaires qui nous reçoivent, réalisent, à l’âge de la retraite, un projet, un rêve !

Sur une île qui était réputée sans arbres et inadaptée à la culture des oliviers, ils ont planté en quinze ans, près de 20 mille oliviers dont ils tirent aujourd’hui une des meilleures huiles au monde. Ils viennent d’ailleurs de gagner leur première médaille d’Or dans un concours international. Ils ont fait le pari du bio et du naturel ainsi que de la maîtrise totale du processus depuis le choix des variétés d’oliviers jusqu’à la mise en bouteille en passant par la pression à froid. Ils ont également fait le pari que sur leur exploitation à Lemnos ils pourraient être auto suffisants en légumes, fruits, volailles.

Nous visitons une plantation d’oliviers parfaitement tenue et son pressoir à huile, mais aussi le potager, la basse-cour où nous pouvons admirer des dindons, des oie, des paons splendides, des poules aussi bien sûr, le pigeonnier et le verger (des agrumes exclusivement) protégé des vents froids ou chargés d’embruns ! C’est très convainquant !

Nous procédons évidemment à la dégustation de leur huile selon un cérémonial digne des chevaliers du taste-vin.

A la fin de la visite nous avons droit à un buffet délicieux où nous pouvons goûter à tous les produits de la ferme !

Ils ont donc fait la preuve qu’avec beaucoup d’énergie, de travail, d’exigence et...d’investissements, l’excellence dans la culture de l’olivier à Lemnos est possible !

Bien sûr, l’excellence a un prix...40 euros le litre, c’est plus qu’un Saint-Emilion grand cru !

Un peu cher pour un produit de base mais, pour nous quatre, une rencontre particulièrement intéressante !

Nous ne pouvons nous empêcher de penser, le capitaine et moi, que pour réaliser ses rêves il est souvent bien utile d’avoir de bonnes réserves financières ! Comment survivre quand il faut dix ans pour espérer un début de production ? que la rentabilité est aléatoire et que 8 salariés sont nécessaires à la bonne marche de l’exploitation ? Cette réflexion n’enlève rien à l’intérêt ni à la qualité du projet, ni même à l’admiration que j’ai pu porter à ces personnes (certes très riches!) mais surtout exigeantes et travailleuses !

Le dimanche soir nous nous sommes rendus à la fête crétoise organisée à Livadochori, dans le village d’Erik et Nicky, sous les grands mûriers de la place !

C’était magnifique mais il est un peu dommage que les deux musiciens aient amplifiés si fort leurs instruments traditionnels que l’écoute, à travers les haut-parleurs saturés, en était perturbée, voire désagréable !

Aujourd’hui, lundi 6 juin, nous sommes de retour sous la citadelle de Mirina, ravitaillement et plein d’eau obligent !

Diapori par grand calme, avant notre départ pour Mirina
DSCN0958.JPG, juin 2022

lundi 30 mai 2022

SAISON 2022 Épisode 5

Du lundi 23 au dimanche 29 mai 2022 : Lemnos

Lundi 23 mai, 6h, le jour est levé, un peu de vent : c’est parti pour 50 miles dans le Nord Est, destination Lemnos !
Sous l’œil indifférent de la mouette
DSCN0817mouette.JPG, mai 2022
Correction, ceci est un goéland !

Nous partons à la voile mais...ça ne dure pas vraiment, tout juste si nous arrivons à passer les îles Gioura et Psathoura. Le moteur prend le relai, comment faire autrement ?
Gioura est enfin derrière nous
DSCN0819.JPG, mai 2022

Tout le trajet est placé sous la protection du Mont Athos que l’on aperçoit de très très loin : 2000 mètres qui sortent de l’eau...un amer tout à fait remarquable même à cinquante miles de distance !

Nous arrivons sans stress à Mirina où nous trouvons une place à quai, juste sous la citadelle !

Au fait, bon anniversaire au capitaine et à notre fille Sylvie, tous deux nés un 23 mai comme vous vous en souvenez peut-être !

Mardi 24 mai, juste après le petit-déjeuner, comme je m’apprêtais à prévenir nos amis de Lemnos de notre arrivée sur l’île...les voilà qui nous font la surprise d’une visite matinale !

Quel bonheur de se retrouver ! La dernière fois, c’était en 2019 !

Nous ébauchons un début de programme. Nous irons nous installer dès aujourd’hui au quai de Moudros ; ils viendront nous y rejoindre le lendemain pour continuer à nous faire découvrir les beautés de leur île.

Ils repartent avec nos deux sacs de linge...et une lessive à faire. C’est peu de dire que leur gentillesse nous touche.

Après avoir refait le plein d’eau (il faut aller chercher la clé à l’hôtel Lemnos qui donne sur le quai) et réglé notre nuit au port (8 euros !) nous quittons Mirina, saluons au passage un magnifique quatre mâts de croisière et contournons la point Sud Ouest de Lemnos pour remonter la très grande baie de Moudros.
Certains voiliers sont plus grands que nous !
DSCN0821.JPG, mai 2022

A 15h nous sommes amarrés au quai du petit port de Moudros. Tout est calme, nous avons l’impression d’être au bout du monde !
Moudros, capitale de Lemnos, son port !
20220525_184354.jpg, mai 2022

Pourtant Lemnos n’a pas toujours été une île discrète et oubliée. Pendant de très longues années elle fut la première ou dernière étape entre Istanbul et la mer Égée...Aujourd’hui, il n’y a plus que les plaisanciers qui naviguent à la voile ! Les gros cargos passent et ne s’arrêtent plus guère !

Tant mieux, elle garde son caractère agricole dont elle tire ses revenus et a su développer un accueil raisonnable du tourisme. Ici, point de hordes de fêtards branchés, juste quelques amateurs de paysages, de calme...et de bons vins !

Mardi soir...déjà notre linge tout propre et séché au soleil nous est livré !

Nous passons tous les quatre, une soirée à bord où Jean-Claude nous confectionne en deux temps trois mouvements un repas du Sud Ouest…très bon, évidemment !

Le lendemain, mercredi 25, une série de travaux nous attend. Il faut que Jean-Claude monte au mât pour récupérer son capteur de vent défectueux afin de le renvoyer au fabricant.

La manivelle électrique s’avère très utile pour monter le capitaine qui n’apprécie pas vraiment l’exercice...mais quand il le faut !
Tout en haut du mât !
20220525_100410.jpg, mai 2022

La journée, plutôt active, se termine à Tsimandria avec Nicky et Erik dans une taverne qui occupe le centre du village et sert une nourriture vraiment délicieuse. Nous l’avions découverte en 2019. Le pèlerinage de 2022 est à la hauteur de nos souvenirs !

Sortir, découvrir, avec des personnes qui vivent sur l’île, un privilège qui n’a pas de prix !

Jeudi 26, à 9h30 nous voilà partis pour découvrir de nouveaux trésors de l’île.

Je vous montre en images.
Le site archéologique est fermé...mais on peut l'apercevoir depuis la plage des Rochers Rouges.
les Red Rocks
DSCN0827red rocks.JPG, mai 2022

Le champ de fouilles
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Peu après
Un arbre pétrifié
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Comme à Lesbos du côté de Sigri où c'est carrément une forêt pétrifiée !

L'arbre a-t-il poussée au milieu de la chapelle ou la chapelle a-t-elle été construite autour de l'arbre? Il passe vraiment à travers le toit pour déployer ses branches.
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Le lac salé
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Réserve naturelle, en été, quand l'eau s'est évaporée, il scintille de fleur de sel que quelques Lemniens viennent ramasser. Nicky nous a fait cadeau d'un petit sac de fleur de sel de Lemnos. C'est aussi un site ornithologique, les flamants roses hivernent ici. Aujourd'hui Jean-Claude a capturé quelques images d'oiseaux :
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En route vers la pointe Nord Est de l'île, un arrêt grappillage de mûres
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Je n'avais jamais mangé de mûres blanches. Elles sont douces et sucrées. Rien à voir avec les mûres noires des ronciers de mon enfance !

Le Nord Est de l'île : de plus en plus sauvage !
Le petit port de Plaka, sous le phare du même nom
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Mouettes en sentinelles
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Couleurs de la côte Nord
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DSCN0863isthme.JPG, mai 2022

Nous terminons le périple par un passage à la cave pour remplir la cale (Champagne, Vin Rouge et Muscat de Lemnos) et au moulin pour acheter de la farine locale.

Nous sommes très chanceux !

De retour au bateau nous constatons que Kairos, le Sharki de nos amis, est amarré juste derrière nous !

Cette année, Lemnos sera l’étape des retrouvailles amicales !

Vendredi, nous quittons Moudrous pour Diapori : une grande baie profonde, un mouillage très abrité tout au fond, une sympathique taverne sur la plage.
Sortie de la baie de Moudros
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Diapori
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Les grands moutons de Diapori
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Les paysages : baie de Moudros depuis Diapori
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La taverne ombragée, juste sur la plage, en amicale compagnie !
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A Diapori tout le monde pêche !

Un pope qui pêche
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Samedi 28 nous sommes accueillis chez Nicky et Erik pour un repas typiquement belge : moules-frites. Ils sont gréco-belges ! Une très belle histoire qui commence en Afrique !

Nicky est une excellente cuisinière ! Ses moules-frites : un délice !

Ils nous font faire une belle rencontre avec Antoine, un grec parfaitement francophone, installé dans l’île.

Le nouveau port de Nea Koutali
DSCN0896.JPG, mai 2022

En allant prendre le café chez Antoine, nous observons le nouveau port de Koutali. Un petit port de pêche traditionnel, agrandi, doté de quais tout neufs et d’équipements (eau, électricité) pour les bateaux de passage...mais on a oublié d’y mettre de l’eau. Le dragage est inégal et les sondes oscillent de manière aléatoire entre 2m et 1,50m ! Aucun voilier ne peut en profiter, les locaux interrogés le déconseillent ! Quel dommage ! Le port est à moins de 3 km de Livadochori, le village de Nicky et Erik et le village de Nea Koutali est vraiment agréable. On y trouve d’excellentes tavernes et de quoi faire de bonnes provisions.

Donc, il faut mouiller dans la baie !




Aujourd’hui, dimanche 29 nous sommes restés à Diapori : Kairos est arrivé et ...nous avons partagé un très agréable repas. Parfois j’ai l’impression que nous ne faisons que manger et boire en amicale compagnie !

Nous attendons, bien à l’abri que le petit coup de Sud Est se calme pour pointer l’étrave Samothrace !

mardi 24 mai 2022

SAISON 2022 Épisode 4

Du samedi 14 au dimanche 22 mai 2022 : on traîne encore un peu dans le Golfe de Volos, puis sortie vers les Sporades

Samedi 14 mai, après une petite promenade matinale, nous quittons le quai de Kottes.

Nous visons le fond du Golfe de Volos, l’anse Vathoudi dans le coin sud-est où nous mouillons contre l’île Atalanta sous l’ancien monastère, tout près des cabanes de la chèvrerie.

C’est tellement beau !

Nous continuons les remises en route nécessaires à une vie confortable à bord.

Là, c’est au tour du moteur de l’annexe : il démarre parfaitement mais il faut quand même déboucher la pissette de refroidissement. Une araignée a niché dans ce petit tuyau sombre et confortable ; il a fallu la déloger ! Du coup, le capitaine est prêt à partir en exploration de chasse jusqu’à la pointe Nord d’Atalanta.

Nous y resterons jusqu’au lundi 16 au matin, en vacances.

Il commence à faire chaud dans la journée, la baignade devient plus facile, les escargots de l’île ne demandent qu’à être ramassés, j’envoie des photos d’oliviers antiques qui se reflètent dans l’eau, je reçois des photos de trous noirs...ça c’est signé de mon petit fils Mathis, il a les yeux dans les étoiles !
Le trou noir de notre galaxie
IMG-20220515-WA0002.png, mai 2022

Le dimanche soir, alors que je suis déjà allongée dans ma couchette, en mode lecture, j’entends un grand raffut contre la coque. Jean-Claude me dit « viens vite voir, les poissons sautent dans le bateau ! » Effectivement, une belle sardine nous attend dans le cokpit. Le ban était poursuivi par un très gros prédateur !

Ce golfe est vraiment poissonneux !

Le lundi 16 au matin, nous quittons notre paradis pour aller faire les courses au joli petit village de Milina, à un mile au Nord...bien que chasseurs-cueilleurs, nous ne sommes pas complètement auto-suffisants !

En à peine une heure nous avons refait le stock de fruits et légumes frais et de pain, gressins et petits gâteaux ! Et, en fin de matinée, nous sommes au mouillage sous le Cap Trakhili.

Le capitaine a décidé que nous sortirons du Golfe, demain après-midi, en essayant de profiter du vent.

En attendant, nous faisons toutes les vérifications utiles, les niveaux dans le compartiment moteur, la stabilité du réglage des biellettes de direction avec les nouvelles drosses : tout va bien ! Nous sommes parés !

Le mardi 17 mai au matin, Jean-Claude décide de faire une dernière chasse. En effet, les Sporades sont réserve naturelle, la cueillette et la chasse y sont interdites, alors autant en profiter avant d'y aller !

Ce ne sera pas sans une certaine efficacité. Il revient avec un tassergal deux fois plus gros que le précédent : 4 kg ! S’il nous double la mise à chaque fois…il faudra s’équiper d’un congélateur !
Retour de chasse
20220517_093308.png, mai 2022

Il a fallu couper celui-ci en deux pour le faire entrer dans le frigo !

En tout début d’après-midi, c’est parti !

Le vent ne nous accompagne pas très longtemps, rapidement il nous vient de face. Nous nous arrêtons à la carrière de marbre de Chondri Amnos à la sortie Nord du chenal de Trikéri.

A peine installés, nous consultons à nouveau soigneusement la météo et, le coup de vent annoncé pour le lendemain soir, s’avère être un très gros coup de vent. 45 nœuds sont prévus dans les Sporades. Le vent est beaucoup plus faible dans le Golfe. La décision est vite prise, demi-tour à l’abri !
La carrière de Chondri Amnos
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Du coup le vent nous pousse, nous revenons à notre point de départ...à la voile !

Vent portant !
DSCN0798.JPG, mai 2022

Mercredi 18, après une matinée de nettoyage et rangement des coffres nous nous installons à Vathoudi pour attendre le coup de vent.

Finalement c’est un très gros orage qui nous tombe dessus vers 19h30.

Le mouillage devient tellement inconfortable que nous décidons d’aller prendre une bouée.

La manœuvre fut un peu laborieuse mais après quelques essais, nous sommes amarrés, prêts à déguster la soupe de poisson que le chef a préparé avec la tête et le tiers avant du gros tassergal.

L’orage va continuer à sévir avec éclairs, tonnerre, rafales et grosse pluie pendant une bonne partie de la nuit. Le lendemain matin, nous nous réveillons sous un grand soleil, il fait un peu frais, le vent de Nord -Est s’est établi, autour de 20 nœuds. Dans la soirée du 19, tout est redevenu calme !

Comme la soupe était énorme, nous avons fait quelques réserves...
Quand un poisson est vraiment trop gros pour deux...
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Le vendredi 20 mai, nous renouvelons l’opération « sortie du golfe ».

Au sortir de Vathoudi : arrêt à Milina pour les courses, puis arrêt à Trakhili pour une dernière chasse du capitaine et sortie du golfe.

Nous pouvons même faire un peu de voile entre Chondri Amnos et Pondikonisi où nous nous arrêtons pour la nuit.

C’est une toute petite île phare, inhabitée, qui offre un joli mouillage sur sa côte Sud. Elle est située à la pointe Nord Est de l’île d’Evia, elle marque l’entrée Sud du chenal de Trikéri.
Pondikonisi : dans la série seuls au monde
20220520_162217.png, mai 2022

Elle ressemble déjà aux Sporades. Alors que les pentes qui bordent le Golfe de Volos sont plantées d’oliviers, ici les îles sont également vertes mais elles portent des pins. Nous sommes heureux de découvrir cette crique.
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Samedi 21 mai nous naviguons à la voile, tant que le vent nous le permet. Nous montons même le tangon bâbord (chez Amel, c’est tout un programme !) pour prolonger le plaisir et nous finissons la journée dans la belle anse de Tzorti au milieu de la côte Est d’Alonnisos.

D’Ouest en Est, Alonnisos est la troisième des Sporades si l’on ne compte pas les îlots qui entourent toutes ces îles. Elle y abrite une colonie de phoques moines. D’ailleurs, nous en avions aperçu un dans le port d’Orei.

Dans la baie de Tzorti l’eau est d’une transparence absolue on peut observer trois gros barracudas (1 à 1,2 mètres) qui croisent sous le bateau. A la plage nous faisons la rencontre d’une famille de canards, le mâle, la femelle et 12 canetons qui apprennent à nager.
La grande mare aux canards !
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Un peu plus haut sous les oliviers, le fenouil sauvage est si fin, si frais que nous ne résistons pas à une cueillette pour renouveler notre stock !

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Nous avons la grande chance de continuer notre périple dans la série « seuls au monde »... ou presque. Ici, dans ce très grand mouillage, nous ne sommes que deux bateaux ; la taverne de la plage n’a pas encore ouvert ses portes.

Nous avons également la grande chance de pouvoir compter, à la maison, sur notre gentille petite-fille Loana qui vient visiter son arrière grand-mère, s’occuper de notre jardin, relever notre courrier et vérifier que tout va bien. C’est très rassurant.

Le lendemain, dimanche 22, nous poussons jusqu’à Kira Panaya. Une petite île, à 12 miles au Nord d'Alonnisos, creusée de deux baies magnifiques.

De là, demain, nous partirons pour Lemnos.

samedi 14 mai 2022

SAISON 2022 Épisode 3

Du lundi 9 au vendredi 13 mai 2022 : remise en train entre Orei et le Sud Est du Golfe de Volos.

Lundi 9 mai, nous récupérons tranquilles au mouillage de l’îlot Trikeri. Le grand soleil est enfin là !

Nous retrouvons notre rythme de croisière.

Jean-Claude se met à l’eau pour tester son nouveau fusil harpon : il ramène deux poissons modestes et un jeune poulpe qui fera un excellent risotto ! Il est satisfait de son acquisition !

Moi je retrouve mes bouquins et nous profitons tous les deux du cheminement piétonnier de l’île. Au printemps nous pouvons y admirer quelques fleurs colorées, sous les oliviers.
Iris
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Coquelicots
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Orchidées
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Les nuits sont agréables, paisibles fraîches, réparatrices !

Mardi 10 mai, tout petit déplacement jusqu’à l’îlot Pytho, à quelques miles au Nord de Trikeri.

C’est un îlot inhabité ou presque où les goélands nichent au printemps. Le mouillage est bordé de falaises en terre rouge.
L'îlot Pytho
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Les mouettes surveillent
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Le capitaine y fait sa première belle prise de la saison : un magnifique tassergal de 2 kg.

Je vous le montre.
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C’est un carnassier, assez proche du loup, aux petites dents effilées, coupantes comme des rasoirs ! Sa chair est délicieuse !

Demain nous retournerons à Orei car nous venons d’apprendre que notre vieille Grand Voile, dûment réparée, a été expédiée au chantier.

En fait, au départ, nous avions décidé de ne pas faire réparer notre voile déchirée puisque nous en achetions une toute neuve...mais vu le retard à la livraison le commercial de chez North nous a proposé une réparation et une livraison gratuite à titre de dédommagement. Nous ferons donc le début de saison avec nos vieilles voiles, vieilles mais opérationnelles !

Donc, mercredi 11 mai, vers 11h 15, nous remontons l’ancre à Pytho. Il nous a fallu un bon quart d’heure pour nettoyer les 30 mètres de chaîne, remplis de mousse épaisse et collante !

Déjeuner en mer, douce navigation sous génois et artimon, à 14h nous sommes à quai à Orei.

La chance nous sourit, Dimitri est là, il livre un gros paquet à un autre bateau. Il fait gentiment un aller-retour pour aller chercher notre voile.

Nous n’avons plus qu’à nous organiser pour faire tous les pleins : eau, gasoil, vivres, petit matériel de remplacement. On trouve tout, ou presque, à Orei ! En plus, tout est livré !

Le lendemain matin, au quai, par temps très calme, nous hissons notre Grand Voile. La réparation est parfaite ! Pour tout dire on ne voit même pas à quel endroit la voile était déchiquetée...
Une voile parfaite !
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Mais le vent se lève et nous sommes dos au vent. Vite, nous roulons la voile. Nous peaufinerons les réglages plus tard.

Ce jeudi matin, au port, nous avons assisté à des déhalages difficiles. Tous les bateaux en partance ont engagé leur ancre dans ce que nous croyions être la chaîne du bateau voisin…

Autant de maladresses le même jour, d’un bout à l’autre du quai, c’était étrange.

Du coup, au moment du départ, nous soignons la manœuvre mais, nous aussi, pris !

Nous arrivons à nous dégager sans trop de difficultés. Une magnifique chaîne inox, qui n'était pas là la semaine dernière, se promène à 30 mètres du bord, parallèle au quai d’un bout à l’autre, prête à accrocher toutes les ancres de passage ! Humour de pêcheur ? Job de plongeur en préparation ?

Enfin, nous voilà de retour dans le Golfe de Volos, au mouillage sous le cap Trachili : sable blanc, oliviers, une belle maison solitaire …

Première trempette pour moi dans cette eau transparente...une peu fraîche tout de même !

Ce matin, vendredi 13 mai, le temps est un peu couvert mais très calme, idéal pour faire les essais de voiles. La Grand Voile est donc étarquée et la trinquette testée et réglée...nous sommes parés pour naviguer à la voile !
Essais
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Remettre un bateau à l’eau c’est terrible ! Le nombre de vérifications, réglages, renouvellement, réparations à effectuer (petites ou grosses) semble infini…

Est-ce le bateau qui vieillit ou son équipage ? Les deux peut-être ?

Malgré ça, quelle chance, quel privilège de pouvoir passer du temps dans ce si bel environnement !

Cet après-midi nous nous sommes amarrés au quai de Kottes.

C’est un petit port au fond de la baie Trikeri, sur sa rive Est. Nous y sommes seuls, à une dizaine de mètres de la taverne où nous irons manger ce soir...no comment !

Je vous laisse apprécier.

Au quai
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Depuis la hauteur
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Depuis l'entrée du village de Kottes
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Depuis le chemin qui mène à l'église
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dimanche 08 mai 2022

SAISON 2022 Épisode 2

Samedi 30 avril 2022

9h30, notre charmant voisin nous emmène à l’aéroport. La saison 2022 va pouvoir commencer.

Nous laissons nos très vieux parents en sécurité, la maison et surtout le jardin en ordre...nous avons hâte de retrouver notre bord.
Le capitaine a butté ses pommes de terre pour assurer une récolte abondante
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Comme je vous l’expliquais dans le prologue, nous avons changé de chantier (avarie de barre oblige). Nous partons donc confiants, direction Athènes puis Orei tout au Nord de l’île d’Eubée ou encore Evia. L’avion est parfaitement à l’heure, le taxi nous attend à l’aéroport, tout commence sous les meilleurs auspices. Lors de notre longue remontée de l’île d’Eubée de Khalkis à Orei nous observons les traces laissées par les incendies de l’été dernier. Les oliviers ont plutôt bien résisté mais les pins dressent leurs squelettes calcinés vers le ciel. Dessous les fleurs sont au rendez-vous...la végétation reprend son cours. Nous bavardons, pressés d’être enfin à destination !

Hélas, lorsque nous arrivons au chantier, Jean-Claude a l’impression que les travaux sur le système de barre n’ont pas été effectués...comme nous sommes samedi soir nous n’aurons pas d’explications avant lundi matin.

La déception était d’autant plus cruelle qu’elle venait s’ajouter à une autre. En effet, nous avions appris avant de partir de Toulouse que nos belles voiles North commandées pendant l’hiver ne seraient pas livrées à notre arrivée...elles sont fabriquées en Chine (et oui, même les haut de gamme !) et le commerce avec une Chine zéro covid est devenu très difficile !

Finalement, le travail avait bien été fait, de nouvelles drosses avaient été fabriquées à l’identique, installées, fixées côté barre mais non fixées côté safran.

Les connecteurs que Jean-claude avait enlevés quand nous avions installé la barre franche de secours avaient été rangés ailleurs lorsque j’avais débarrassé tous les coffres de la cabine arrière en septembre. L’explication était simple et la faute nous était imputable...mais la première impression était déprimante !

Toutefois, nous avons vite retrouvé le sourire et l’énergie nécessaire à la préparation de notre bon vieux Doug Le.
Sourire retrouvé, l'équipage est prêt à travailler
20220501_175110.jpg, mai 2022

Du lundi 2 au jeudi 5 mai 2022

Nous avons travaillé dur pour tout nettoyer, ranger, vérifier, dessus, dessous, dedans afin d’être prêts pour une mise à l’eau vendredi.
Le capitaine fignole sa coque
20220505_151503.jpg, mai 2022

Beaucoup d’échanges très agréables avec nos voisins. Sur le chantier il y a beaucoup d’anglophones ce qui me permet de pratiquer cette langue, l’anglais, que j’aime toujours, il y a aussi quelques français. Tous nous donnent de bonnes adresses. C’est simple, sympathique, fluide, sans façon.

En revanche, il fait froid ! C’est la première année où il fait plus frais en Grèce qu’à Toulouse !

Vendredi 6 mai 2022

Nous nous sommes réveillés très tôt pour être certains d’être parfaitement prêts ! Vers les 9h30 le bateau a traversé la route pour pouvoir regagner la mer !

A 10h nous étions à flots, amarrés au quai du petit port d’Orei.

La barre fonctionne a nouveau parfaitement, le pilote automatique peut prendre le relais...tout va bien !

Le capitaine voudrait partir demain pour une semaine de repos dans le golfe de Volos, alors il nous faut faire tous les pleins : vivres, essence, gaz !

Et puis aussi, gonfler l’annexe.

Sans oublier un apéro chez les voisins qui sont sortis du chantier juste après nous et une petite taverne pour fêter cette mise à l’eau réussie !
Doug Le au quai à Orei
20220506_185224.jpg, mai 2022

Samedi 7 mai 2022

La matinée passe à toute vitesse, annexe gonflée, dernières courses effectuées, port payé, nous prenons quand même le temps d’admirer le magnifique taureau de marbre restauré et installé dans sa cage de verre. Il avait été remonté, il y a quelques années déjà, dans un filet de pêcheur. La première fois où nous nous sommes amarrés à Orei il était tout emballé, en restauration. On peut aujourd’hui admirer la beauté de la sculpture.
Le taureau blanc d'Orei
20220507_103842.jpg, mai 2022

Jean-Claude trouve même le temps de monter au mât pour vérifier l’éclairage de tête de mât. C’est très oxydé là haut pour tout remettre en état il faudrait changer tout le système. Pour l’heure nous avons quand même récupéré un feu de mouillage opérationnel. Bravo chef !

Peu après midi nous saluons nos voisins et larguons les amarres pour une petite navigation jusqu’à l’îlot Trikéri au Sud du Golfe de Volos.

Nous faisons même une petite heure de navigation à la voile sous génois et artimon ! Il n’a pas vraiment besoin de Grand Voile ce bateau !

L’arrivée au mouillage à Trikéri est magique, nous sommes seuls, sous les oliviers !

Nous sommes enfin partis, ailleurs !

Je crois bien que nous allons nous y reposer quelques jours !

Le mouillage de Trikéri, sous les vieux oliviers
20220508_152939.jpg, mai 2022

Dimanche 8 mai 2022

C’est l’anniversaire de mon amie Manu, une de mes fidèles lectrices, je lui dédie ce tout premier billet !

mercredi 04 mai 2022

SAISON 2022 Épisode 1

Prologue

Bonjour à toutes et à tous,

L’équipage de Doug Le est de retour !

Je vous avais brutalement abandonnés début juillet 2021. Une rapide explication s’impose.

Le 11 juillet dernier j’ai dû rentrer prendre le relai auprès de mes parents. Ma mère venait de subir une intervention cardiaque et la convalescence s’annonçait un peu longue. Elle s’est remise et mon père, très dépendant, a retrouvé le moral et le sourire.

Le capitaine a rejoint Toulouse un peu plus tard à la date prévu.

Là, son frère, venu visiter leur vieille maman, nous fait un double AVC.

Il est assez rapidement transféré dans le service de rééducation intensive du CHU situé juste au dessus de chez nous. Du 15 juillet au 19 août, nos visites à l’hôpital furent nombreuses ! Aujourd’hui, il a pu rejoindre la Corse où il demeure.

De la famille étant venue prendre le relai à Toulouse, nous sommes quand même repartis le 19 août pour notre croisière d’automne.

Yves et Geneviève, nos amis de toujours dont vous avez pu noter la présence sur Doug Le aux Antilles, dans les Ioniennes, dans le Péloponnèse, nous ont rejoints à Athènes dès le 19 août.

Nous avions programmé de leur faire découvrir le Nord de la Grèce, doubler le Cap Sounion, remonter le Golfe d’Eubée, passer le pont de Khalkis et continuer jusqu’au Golfe de Volos.

Comme la météo annonçait du meltem forcissant pour les jours à venir, Jean-Claude avait décidé de partir au plus vite pour que nous puissions naviguer face à un meltem encore maniable et gagner au plus vite les zones calmes pour profiter d’une croisière tranquille !

Les dieux en avaient décidé autrement !

Le vendredi 20 août dès10h20 nous avions largué les amarres à Zéa Marina.

Nous savions notre Grand Voile inutilisable car elle avait été déchirée pendant le séjour estival de nos filles (survente, entre deux îles), mais, par vent de travers nous n’en avons pas besoin. Nous avons donc navigué sous génois et artimon. Cela aurait pu être idéal mais hélas le capitaine trouve que sa barre a un comportement étrange. Elle a énormément de jeu !

Lors de la pause déjeuner à Palaia Fokia le capitaine est allé vérifier son système de barre et a constaté une avarie : drosses ou crémaillères ?

Nous avons dû installer la barre franche de secours.

Chez Amel c’est un gros gourdin qui prend directement sur le safran ; il faut barrer assis sur le toit de la cabine arrière. Finalement, cela va s’avérer facile et précis...mais, pas de pilote ! Nous avons donc retrouvé des habitudes anciennes : se relayer à la barre !

Le capitaine à la barre
barre franche.png, mai 2022

Une dernière mésaventure en ce tout début de croisière entre Porto Rafti et Marathon : la baille à mouillage s’est remplie d’eau (les algues avaient bouché les anguillers qui permettent l’évacuation ) et pour couronner le tout la porte étanche entre la baille à mouillage et la cabine avant n’était pas bien fermée.

Donc la navigation pendant ce court trajet fut très désagréable et lente. A cause du poids supplémentaire à l’avant le bateau enfournait à chaque vague, et...la couchette de nos invités fut trempée !

Cette difficulté là fut facilement réglée : évacuer l’eau, déboucher les anguillers, refermer correctement la porte étanche. Le soleil et le vent ont permis un séchage rapide de la couchette...



Après ça , il ne nous est plus rien arrivé de désagréable ! Nous avons juste navigué sans grand voile et à la barre franche !

Heureusement que nos invités étaient à la fois de vrais amis et des habitués de la mer, eux-même propriétaires d’un voilier...mais quand même, ce n’était pas du tout le programme que nous avions prévu de leur offrir !

Nous avons quand même pu leur faire goûter le charme tranquille de Vouphalo et le calamar de chez Stella puis découvrir le passage de Khalkis, le Nord d’Eubée et le Golfe de Volos.

En nous arrêtant au joli petit port d’Oréi nous étions rassurés, nous avions trouvé le mécanicien capable de changer nos drosses : Dimitri, patron du chantier d’Oréi.

Le 31 août Yves et Geneviève quittaient notre bord.

Nous sommes restés dans le Golfe de Volos jusqu’au 10 septembre.

Le 11 septembre Dimitri nous sortait de l’eau.

Le 16 septembre nous reprenions l’avion pour Toulouse.

Fin de la saison 2021 !

dimanche 04 juillet 2021

SAISON 2021 Épisode 7

Du jeudi 24 au jeudi 1er juillet 2021 : Péloponnèse, le Golfe Argolikos

Jeudi, lorsque nous quittons Frangos, au Sud d’Elafonissos, un gentil vent d’ouest nous accompagne pour une navigation à la voile quasi idéale, le bateau glisse, file ses 6 nœuds par mer plate !
Quand, sous le Cap Maléas, 25 nœuds tombent brutalement de la montagne !
C’est très local, ça ne dure que quelques miles ce jour-là, un rappel aux insouciants ou aux incrédules : au Cap Maleas, sous le monastère (un des plus isolé de Grèce !) et malgré les prières, parfois il faut faire demi-tour !

Et c’est véritablement un tournant !
De l’autre côté, en Argolide, sitôt viré Maléas, le vent disparaît, la mer devient d’huile, la chaleur de l’été grec s’installe !

Aux environs de 16h nous pénétrons dans le port de Monemvasia, par acquis de conscience, dès fois qu’il y aurait une place. Il est en travaux, le nombre de places semble encore plus restreint que les années précédentes. Et pourtant, le quai du fond est presque vide, les bateaux de pêche ont été déplacés. Un bateau français nous aide à l’amarrage. C’est très calme, on pourrait dire familial.
Le robinet d’eau n’est pas très commode, il est loin, mais en y mettant tous nos tuyaux plus celui du voisin nous arrivons à faire le plein d’eau et même une petite lessive.
Et le «Diesel Man» et son petit camion est là qui propose ses services : nous complétons notre plein de gazoil !

Le port en travaux, pris au téléobjectif du haut de la citadelle

DSCN0686a.JPG, juil. 2021

Que désirer de plus ? Profiter de la fraîcheur relative du soir pour se promener en ville et programmer l’ascension du rocher pour le lendemain matin !

Étrangement, le capitaine est content d’être là, pour une fois, il n’est pas pressé de quitter le quai !

Vendredi 25, tôt le matin, nous voilà partis pour la citadelle ! C’est beau ! Le rocher lui-même dresse ses 300 mètres de falaises dans les tons, ocres, orangés, rouge, le village byzantin, serré dans ses remparts, occupe le flanc Sud, et tout en haut la citadelle et Ayia Sofia, l’église Sainte-Sophie. Elle fait écho à celle de Constantinople mais aux cours des siècles le bâtiment, s’il est resté religieux, a pu devenir mosquée ou monastère catholique au gré des occupants successifs, souvent une alternance entre les Vénitiens et les Turcs !

Le rocher

DSCN0698a.JPG, juil. 2021

Sainte-Sophie

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Le village byzantin vue d'en haut

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Le village dans ses remparts

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Nous avons tellement chaud lorsque nous redescendons de la citadelle que Jean-Claude trouvant un robinet, remplit son chapeau et s’en coiffe !
Je le revois, agissant de même au Parthénon, une fin d’après-midi, au mois d’août !

Dans le port encore très calme nous observons une tortue et un cormoran : en concurrence pour la même nourriture !

La tortue au milieu du port

DSCN0692.JPG, juil. 2021

L’après-midi tout est immobile, nous aussi !

En revanche, en début de soirée, le port se remplit !
On dirait qu’on a changé de tempo !
Se rangent à côté de nous, un voilier, deux très grands catamarans, un bateau à moteur...avec des clients à bord !
Catastrophe ! Ça signifie climatisation dans chaque cabine et générateur toute la nuit...parce que ce gentil petit port rustique n’est pas équipé de bornes électriques !
Et donc pour nous, bruit et asphyxie !

Inutile de dire que l’équipage n’a pas très bien dormi et que nous larguons les amarres dès que notre avitaillement est terminé !
Boulangerie, boucherie, primeur, il y a tout ce qu’il faut à Monemvasia, il serait dommage de s’en priver.
Le samedi 26, à 9h15, la cale pleine, nous quittons le port pour explorer les mouillages de l’anse Kremmidhi, à peine deux miles au Nord de Monemvasia.

Nous allons y rester 3 jours, entre repos, baignades, lectures et chasses pour le capitaine bien sûr !

Mardi 29 juin, nous reprenons notre lente remontée vers le Nord. Mardi ce sera Iéraka et mercredi Kiparissi.

Ieraka du haut de la citadelle

DSCN0706a.JPG, juil. 2021

En chemin nous rencontrons des nuages de cigales, en voici une

DSCN0703a.JPG, juil. 2021

A Kiparissi, le propriétaire d’un beau Super Maramu 2000 nous invite à visiter son bateau. Il est prêt à nous le vendre ! Ça ne nous déplairait pas... Avec l’âge, un peu plus de volume et de confort nous tentent. Mais ça ne peut pas se faire comme ça, il faudrait d’abord se résigner à vendre Doug Le...

La baie de Kiparissi

DSCN0708.JPG, juil. 2021

Loin d’ici, à la maison, ma mère est hospitalisée pour un examen cardiaque. Elle est très entourée, ma sœur est à ses côtés, mais un petit fond d’inquiétude s’est installé.

Jeudi 1er juillet, nous gardons le grand taud de soleil et naviguons jusqu’à Porto Khéli tantôt au moteur tantôt sous génois artimon.

Là, nous sommes dans la zone la plus fréquentée de Grèce, à une journée d’Athènes.
Les écoles grecques ont fermé, ce sont les vacances, il fait vraiment très chaud !

Jeudi soir à Porto Khéli, nous vivons un phénomène météo curieux. Au coucher du soleil, le vent de terre se lève (j’allais dire comme d’habitude) mais au lieu de nous rafraîchir c’est un souffle brûlant qui nous cueille ! Au moins 10° de plus que l’air ambiant qui ce jour-là avoisine les 39° !!!
Heureusement ça ne dure pas très longtemps !
Mais c’est très impressionnant !
Pensée émue pour les canadiens qui subissent le phénomène depuis plusieurs jours !

Demain, nous ferons à nouveau le plein de vivres à Porto Khéli et ensuite nous paresserons en territoire archi-connu avant de rejoindre Le Pirée puis l’Occitanie.

Dans le prochain billet il n’y aura pas beaucoup de photos alors j’essaierai de mettre des cartes !

dimanche 27 juin 2021

SAISON 2021 Épisode 6

Du mardi 15 au jeudi 24 juin 2021 : Péloponnèse, le Golfe Lakonikos

Le Péloponnèse c’est cette très grande presqu’île essentiellement montagneuse, rattachée à la Grèce continentale par l’isthme de Corinthe. Très longtemps pour aller d’Athènes jusqu’aux îles Ioniennes (Corfou, Céphalonie, Ithaque, Zakintos...) par la mer, il a fallu en faire le tour.
Aujourd’hui on peut habituellement couper au plus court en empruntant le canal de Corinthe...sauf cette année où le canal est fermé pour travaux.
Alors le Péloponnèse pèse à nouveau de tout son poids dans la navigation de plaisance.

Un bateau qui pousse à la rêverie, entre Cythère, dont on voit le phare et Elafonissos

DSCN0623.JPG, juin 2021

Le Péloponnèse ressemble à une grosse main à trois doigts, trois péninsules montagneuses.
Cette année nous avons visité le Golfe Lakonikos, entre la péninsule centrale et la péninsule orientale, entre le Cap Tainaron au centre et le Cap Maléas à l’Est.

Jusqu’alors, au cours de notre voyage, nous n’avions rencontré que peu de monde et peu de bateaux, c’est pourquoi nous avons été surpris du nombre de bateaux au mouillage à Elafonissos...mais, à la réflexion, c’est une bonne escale quand on veut faire le tour du Péloponnèse. Cette année on doit pouvoir estimer que le nombre de bateaux empruntant cette route, qu’elle soit d’Ouest en Est ou l’inverse, est multiplié par 3 ou 4 entre ceux qui, d’ordinaire, auraient emprunté le canal et ceux qui auraient aimé faire le trajet l’an dernier...
Notre hypothèse va se vérifier : dès que nous nous enfonçons dans le Nord du golfe, le nombre de bateaux diminue, nous sommes souvent seuls au mouillage, en revanche dans le beau mouillage abrité près du cap Tainaron, plein de bateaux arrivent le soir et lèvent l’ancre de bon matin...ils font escale, ils font le tour !

Mardi 15, en début d’après-midi nous quittons Elafonissos pour quelque part vers le Nord du golfe Lakonikos.
Je suis fatiguée et le capitaine m’envoie d’autorité m’allonger ! Nous naviguons gentiment à la voile, tout dessus, quand je l’entends les rouler toutes, les unes après les autres. Je viens voir ce qui se passe : un grain se prépare. Le ciel est tout noir, le vent se lève 20-25 nœuds, la visibilité diminue, il se met à pleuvoir à seaux!
Mouillage sous la pluie dans Ormos Xilis près du petit port de Plitra. Le vent est presque tombé, il n’y a pas de vagues, soirée un peu fraîche . On est très bien !
Le lendemain matin le plein soleil est revenu !
Nous avons toujours besoin de faire un avitaillement !
Direction Yithion (ou Githion). C’est le grand port tout au fond du golfe Lakonikos. Il est bordé au Sud par une petite presqu’île : un mélange de charme et de laisser-aller !
Nous nous amarrons à quai, devant un autre voilier, contre des amortisseurs faits pour des bateaux autrement plus gros, grands et lourds que le notre ! Mais personne ne vient nous faire de remarque, le quai est à tout le monde !
Nous partons faire notre avitaillement !
Nous trouvons une bonne boulangerie et une épicerie qui fait l’affaire ! Le patron nous aide à commander du gazoil ! Toujours cette gentillesse grecque que nous apprécions tant !
Lorsque nous revenons à bord, nous assistons à l’arrivée de Bingo, le voilier sur lequel nous avions pris l’apéritif en Crête !
Un monsieur, lui indique où se mettre et nous aidons à l’amarrage. L’homme nous incite à aller nous signaler aux autorités portuaires. Est-ce un employé du port ? Non, il s’occupe apparemment de ça «bénévolement», pour la pièce !
Nous qui nous nous sommes fait une règle de ne jamais déranger les autorités, prenons nos papiers et allons les voir. Comme le livreur de carburant va leur téléphoner, il est sans doute préférable que les autorités soient informées de la présence de Doug Le dans le port ...

Scène étrange !
A peine entrés, nous avons été repoussés sur le trottoir bien que dûment masqués. L’entretien s’y est poursuivi.
La première question a été : «Qui vous a envoyé ?»
Ensuite, ils se sont mis à trois pour éplucher nos documents ligne à ligne et, n’ayant rien trouvé d’anormal, ils ont commencé à nous chercher des poux dans la tête avec notre liste d’équipage (toujours avoir sa «Crew list» à jour, au cas où !) jusqu’à ce qu’un galonné sorte, charmant, et nous dise que tout est OK. Nous aurions dû quand même passer par la case mairie pour payer une petite taxe mais nous n’avions aucun reçu, aucun tampon...
Nous savions bien pourtant qu’il ne fallait pas les déranger !

L’intermède s’est bien terminé ! Ouf !

Du coup nous rentrons au bateau, invitons l’équipage de Bingo à l’apéro pour le soir et nous apprêtons à visiter la ville après la livraison du gazoil !

Finalement rien ne s’est passé comme prévu ! Bingo est parti...et nous aussi après avoir fait un complément de courses !

A 20h nous mouillons au fond de la baie de Skoutari, à la hauteur de la très belle église Byzantine du XIIIème siècle qui est bâtie sur la plage.

DSCN0643.JPG, juin 2021

Au fur et à mesure que nous nous enfonçons vers le fond de la baie, bordée de hautes montagnes, le vent se renforce ! Effet catabatique, le soir la montagne se purge ! C’est l’image qui me vient ! Par temps calme, elle nous gratifie de ses 15-20 nœuds du soir, et si le vent souffle déjà, et bien il va monter par rafales extrêmement brusques ! Il faut dire qu’en Grèce, compte tenu du relief, de la géographie et des températures, en matière de météo, vous avez droit à tous les effets possibles, catabatique (c’est la montagne !) venturi (ce sont les effets couloirs entre les îles, dans les chenaux...) et thermiques bien sûr ! Parfois ils s’annulent, le plus souvent ils se conjuguent !

Nous allons rester à Skoutari jusqu’au samedi 19. Nous avons trouvé dans la petite crique à l’entrée de la baie que notre guide appelle «Storm Cove» le mouillage qui nous convient pour vivre, en sauvages, de pêche, de baignade et de lecture !

Baignade à Storm Cove devant ses rochers organisés en tranches rouges et blanches

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Le village de Skoutari depuis la sortie de Storm Cove

DSCN0641.JPG, juin 2021

Nous commençons à découvrir les beaux villages et l’architecture particulière du Magne !

Le Magne ou Mani, c’est la Péninsule centrale du Péloponnèse. Elle a une histoire singulière, un passé de piraterie active, qui a eu pour conséquence la mise en place d’une civilisation clanique et la construction de villages fortifiés très nombreux ! Chaque bâtisse était flanquée d’une tour !
Les Maniotes (habitants du Magne) étaient très jaloux de leur autonomie et les clans devaient probablement s’unir pour repousser les envahisseurs successifs, vénitiens ou turcs mais en l’absence d’ennemis communs les luttes et les vendetta entre clans étaient terribles (ça nous a fait penser à l’Albanie, mais nous ne sommes pas certains qu’il y ait mieux ou plus qu’une vague ressemblance).

Nous retrouvons ces tours en pierres à Kotronas puis tout le long du Magne jusqu’à Porto Kayo. Aujourd’hui encore, les constructions neuves (hôtels, résidences de vacances) se font dans le style ancien, murs en pierres, tours carrées et toits de tuiles. Belle signature architecturale du Magne !

Le port de Kotronas

DSCN0651.JPG, juin 2021

Tous les5, peut-être 10 kilomètres, un village fortifié au flanc de la montagne

DSCN0662.JPG, juin 2021

un autre

DSCN0671.JPG, juin 2021

le suivant au téléobjectif

DSCN0673.JPG, juin 2021

Porto Kayo, une belle anse, bien sûr entourée de hautes montagnes, tout au Sud de la péninsule où nous restons deux jours. Jean-Claude y chasse le denti sans succès mais ramène quand même une carangue et une sériole !

L'anse de Porto Kayo

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Les deux poissons de Porto Kayo

La carangue

20210619_091032.jpg, juin 2021

La sériole

DSCN0682.JPG, juin 2021

Le mardi 22 juin la météo nous annonce de très fortes rafales à Porto Kayo. Alors, malgré la beauté du site, nous levons l’ancre et traversons le golfe vers le secteur plus tranquille d’Elafonissos où nous mouillons dans la baie Levki sur la côte Est de l’île.

Le lendemain nous allons faire un tour au village d’Elafonissos pour faire quelques courses et revenons passer la nuit dans l’environnement de dunes de Frangos.

Jeudi 24, après la chasse et la baignade, le capitaine décide de lever l’ancre et de passer le Cap Maléas, destination Monemvasia.

Retour en territoire connu, en Argolide, la remontée vers Athènes est entamée !

lundi 21 juin 2021

SAISON 2021 Épisode 5

Du vendredi 11 au lundi 14 juin 2021 : Anticythère, Cythère

Dans le chenal entre la pointe Nord Ouest de la Crête et le Cap Maléa qui marque l’extrémité Sud Est du Péloponnèse, deux pavés, deux îles au nom évocateur : Anticythère (Antikythira) et Cythère (Kythira).



Anticythère veut dire avant ou en face de Cythère. Les deux acceptions sont vraies quand le voyage se fait du Sud vers le Nord. C’est un petit cailloux d’à peine plus de 20 km² où trente personnes résident à l’année.
Cette île ne possède qu’une seule baie, Potamou, à son extrémité Nord, relativement grande, ouverte au Nord c’est à dire à tous les vents dominants de l’été ! Au fond de la baie, un quai au bout duquel accostent les ferries. Deux bateaux, pas plus, peuvent s’amarrer le long de son bord gauche !
Lorsqu’on lit les guides ou les forums, rien ne vous incite à vous y arrêter ! En effet, un de nos prédécesseurs a pu écrire «C’est vraiment le seul endroit que je connaisse, qui soit inconfortable quelque que soit la force ou la direction du vent...sauf par temps absolument calme !»

Le vent est parfaitement calme, les prévisions météo confirment que cela va durer au moins jusqu’au lendemain...le capitaine a bien envie d’y aller voir ! Moi aussi !
Lorsque nous arrivons, le vendredi en fin de matinée, un voilier battant pavillon polonais est amarré au quai, il nous aide à nous amarrer derrière lui.

C’est la mi-journée, il fait chaud, tout semble immobile, désert.

Lorsque le voilier polonais s’en va nous effectuons un savant demi tour au quai. Des grecs en camping-car nous expliquent qu’il nous faut reculer au maximum vers la terre pour laisser sa place au bateau de pêcheur qui a son amarrage là. D’ailleurs le quai est marqué et ses amarres sont à poste !
Nous reculons au maximum et portons une garde à terre pour écarter le safran de Doug Le des blocs de roche qui débordent le quai.

Garde à terre

DSCN0608.JPG, juin 2021

Pour ceux qui seraient tentés par l’expérience, deux recommandations : premièrement, une météo fiable et hyper calme, deuxièmement s’amarrer le nez vers la terre pour être certain d’avoir les profondeurs voulues sous le safran !

Sinon, quelle découverte !

En effet, en fin d’après-midi, le quai, le village et donc toute l’île s’anime !

Les pêcheurs sont rentrés et les habitants viennent acheter leurs poissons.

Nous et les pêcheurs...et c'est tout !

DSCN0601.JPG, juin 2021

Nous pointons notre tête curieuse et nous nous mêlons aux acheteurs.

Et là, nous rentrons en conversation avec un couple de français, amoureux de l’île, qui y ont acquis une maison où ils vivent la moitié de l’année !
Et voilà que tout prend une couleur particulière. Catherine me raconte ce qu’elle sait de l’histoire de l’île et de ses habitants, Jean-Claude parle tour du monde avec son mari Didier et lui donne rendez-vous pour un Ouzo au Kafénion chez Miros. Nous apprenons que le Kafénion non seulement sert à boire mais aussi à manger et vend quelques denrées.
Le Kafénion, c’est l’équivalent de l’épicerie-bar de nos villages ruraux il y a au moins un demi siècle en arrière.
Ce n’est pas une taverne au bord de l’eau, non, c’est un établissement au cœur du petit village, un peu plus haut sur la colline.
Une terrasse, des tables collectives, les hommes s’y retrouvent et discutent ; à l’intérieur c’est à la fois l’épicerie et la cuisine !
Le patron ne parle que le grec mais il sait déjà que nous sommes des français sur un bateau, de passage, et que nous viendrons manger chez lui ce soir. Il soulève le couvercle de sa marmite dans laquelle mijote un ragoût de chevreau...de ses chèvres à lui bien sûr ! Nous confirmons que c’est bien ça que nous voulons manger et prenons rendez-vous pour 20h30 !

Ragoût de chevreau à la tomate accompagné de frites maison (de vraies pomme-de-terres pelées à la main !) un délice de saveurs et de simplicité !

Catherine et Didier nous rejoignent vers 22h pour l’Ouzo ...une soirée ordinaire sur l’île ?

Pas tout à fait, c’est le soir de l’arrivée du ferry !
Presque tout le monde a quelque chose ou quelqu’un à récupérer ou à expédier !

Un peu avant minuit, le ferry arrive, pas une petite navette, non, un vrai ferry qui, en pleine nuit, fait demi-tour sur son ancre en rasant les falaises de chaque côté et cule à quai pour laisser descendre passagers, voitures, camion, engin de chantier...et embarquer ce qui doit l’être !

Passer une soirée à Potamou c’est retrouver un peu de la vie d’une communauté rurale isolée.
La culture qui va avec s’éteint tout doucement. On ne passe pas impunément de 600 familles à 30 personnes ! Il n’y a plus que trois enfants à l’école du village ! Il y a peu de chance qu’ils décident de vivre sur l’île !
En revanche, peut-être garderont-ils la maison familiale pour y revenir l’été, tous les deux ou trois ans !
Les grecs, qui se sont souvent expatriés loin pour gagner leur vie, sont profondément attachés à leur île, leur village ; ils y reviennent, presque toujours.

Anticythère, une escale hors du temps, en dehors des circuits touristiques ordinaires !
Nous avons beaucoup aimé.

Potamou, l'unique baie d'Anticythère

DSCN0605.JPG, juin 2021

Mais nous sommes des nomades et dès le samedi matin nous poursuivons notre route vers le Nord, vers Cythère.
Île au nom évocateur qui aurait vu naître Aphrodite, la déesse de l’amour, mais bien sûr d’autres îles la revendiquent également !

Cythère a connu une activité commerciale intense, depuis les temps les plus reculés, étape bienvenue pour les navires marchands entre la Méditerranée Occidentale et la Méditerranée Orientale. Si les routes commerciales sont toujours les mêmes aujourd’hui, les supertankers et les porte-conteneurs géants n’ont plus besoin de s’arrêter à Cythère pour faire le plein d’eau ou de vivres, ils passent sans la voir ! En revanche ils sont extrêmement nombreux dans le chenal au Sud de l’île en direction de l’Egypte et plus encore au Nord quand ils remontent vers Athènes ou Constantinople ! Il faut bien les surveiller quand on traverse !

Du coup Cythère est une belle endormie, mais elle recèle plein de coins charmants pour accueillir ou protéger les amours débutantes, les amours clandestines, les vieux amants fidèles...

Mais trêve de romantisme benêt, il nous faut trouver une boulangerie...nous avons encore un peu de pain mais la réserve diminue et les biscottes...c’est pas bon pour notre moral !

Samedi, nous jetons l’ancre dans l’anse Kapsali, sous la forteresse perchée, tout au sud de l’île pour un arrêt déjeuner, puis nous allons dormir devant le port d’Avelomona, contre le vieux fort ! C’est charmant !
Voilà une destination romantique ! Tout est soigné, coquet, de jolis restaurants bordent la falaise qu’on peut longer par un cheminement piéton, des accès à la baignade sont aménagés, c’est adorable !

Le joli village d'Avelomona, prêt à accueillir les amoureux !

DSCN0611.JPG, juin 2021

Le lendemain dimanche nous tentons notre chance à terre. Y aura-t-il un mini-market, une boulangerie ouverte ?
Pour le mini-market, c’est gagné mais...pas de pain, le dimanche le boulanger est en congé !
Je crois que mon capitaine-photographe-cuisinier va être obligé de nous faire sauter quelques crêpes pour le petit déjeuner de demain matin...peut-être que c’est bien d’être à court de pain !

Bon la météo nous annonce un petit coup de vent pour demain : direction Dhiakofti !
Nous connaissons cette baie et nous souvenons que la bordure Sud du quai des ferries accueille les bateaux !

Au passage nous observons le pétrolier échoué sur l’îlot Fidonisi : quand nous étions venus en septembre 2017 il était monté tout en haut de l’îlot et sa coque était encore rouge vif, aujourd’hui, il a commencé à s’effondrer et sa coque est toute rouillée ! Un jour la mer l’aura avalé !

En 2017

DSCN3684.JPG, sept. 2017

En 2021

DSCN0613.JPG, juin 2021

Notre installation au quai de Dhiakofti se passe sans problème, il fait très chaud et le grand nouveau taud de soleil s’impose, de même que la dégustation d’une Mythos sous les tamaris ! Nous sommes seuls, aucune table n’est occupée, mais la cuisine est ouverte et le patron sera trop heureux de nous accueillir ce soir pour le dîner !

Dégustation au bord de l'eau

DSCN0616.JPG, juin 2021

Un petit vent se lève au coucher du soleil, puis se calme pour la nuit; Le Nord Est prévu arrive dans la matinée du lundi.
Nous partons en quête de la boulangerie : elle n’existe plus ! La petite épicerie n’ouvre que l’après-midi, quelques heures par jour de 15h30 à 18h. On peut dire que l’activité n’a pas encore repris !
Le vent souffle et la mer est mauvaise, la houle rentre et rebondit d’une rive à l’autre dans la baie de Dhiakofti. Elle nous fait monter et descendre le long du quai.
J’envoie mon billet crétois, Jean-Claude prépare les câpres cueillies à Anticythère, nous attendons l’ouverture de l’épicerie...mais, lorsque vers 16 heures nos voisins, un voilier français arrivé peu après nous, décident de s’en aller, nous les aidons au déhalage et nous les suivons !

A 18h nous sommes dans le beau mouillage de Frangos au Sud de l’île Elafonisos !
Ça y est ! Nous sommes dans le Péloponnèse !
Le golfe Lakonikos, la péninsule du Magne (Mani), ce sera pour le prochain billet !

lundi 14 juin 2021

SAISON 2021 Épisode 4

Du lundi 7 au jeudi 10 juin 2021 : la Crête, suite.

Après quatre jours de vent, de réflexion et de visites terrestres, Doug Le amarré très à l’abri dans la belle marina d’Agios Nikolaos, nous repartons.

La décision est prise, nous rejoignons le Péloponnèse par la côte Nord de la Crête.
Le 15 juillet, nous laisserons Doug Le à notre fille, à Zea marina au Pirée, comme d’habitude. Je crois qu’elle en est très contente ! Et nos amis et invités du mois d’août, navigateurs eux aussi, très compréhensifs, ont tout de suite pris des billets de ferry pour nous rejoindre au Pirée !
Mais quel stress, pendant quelques jours !

Nous ne regrettons absolument pas notre belle navigation jusqu’en Crête ni bien sûr les découvertes que nous y faisons !
Mais nous sommes un peu fâchés contre nous-même...nous aurions dû mieux préparer ce voyage et ne pas nous laisser séduire par des billets d’avion Toulouse-Héraklion qui semblaient si commodes et étaient si peu chers !
En fait, nous le savons maintenant, si l’on veut visiter la Crête, il faut naviguer d’Ouest en Est (les vents dominants, gentils ou furieux sont d’Ouest) et au printemps, justement parce que les vents sont alors plutôt gentils !

La météo nous annonce une semaine de calme !
Nous reprenons la mer, rassérénés et certains de pouvoir regagner le Péloponnèse sans trop de difficultés !

Lundi soir nous sommes de retour à Dhia après une journée de navigation au moteur !
Cette fois, nous nous installons dans l’anse la plus à l’Est.
Les mouettes y sont très nombreuses. C’est sans doute ici un lieu de nidification car nous pouvons observer des petits, très patauds qui ne savent pas encore voler.
Les mouettes se partagent le territoire avec les lapins qu’elles poursuivent d’ailleurs agressivement. Nul doute que si elles arrivent à en piquer un, elles le dévoreront !

Jean-Claude a réussi à les surprendre

DSCN0534.JPG, juin 2021

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Observation des animaux dans leur milieu naturel, toujours un beau spectacle.

La nuit est calme, belle.

Le lendemain matin, de bonne heure, le capitaine se met à l’eau. Il revient en disant qu’il n’y a rien dans ce paysage aride ! Enfin...il a quand même une cigale de mer dans sa main et un col d’amphore...pour me montrer. Des morceaux de terres cuites anciennes, il y en a partout !

Nous levons l’ancre et continuons notre progression vers l’Ouest.

Petite étape, d’une vingtaine de miles. Vers 13h nous mouillons dans Ormos Bali, une anse très jolie, un petit port sur la rive Ouest, deux plages de sable blanc au fond...mais, hélas, aujourd’hui tout est urbanisé, les plages sont équipées, les jet skis sont prêts, les bateaux à moteur tirent des skieurs nautiques ou des patapoufs sur des grosses bouées en faisant jouer la musique à fond ! Bon, ce n’est pas notre monde !

Arrivée sur Ormos Bali

DSCN0542.JPG, juin 2021

Sur cette belle côte crêtoise, relativement inhospitalière, tous les jolis endroits ont été investis au service d’un tourisme moderne et terrestre !

Malgré tout, cette année, compte tenu des circonstances, nous sommes seuls au mouillage dans la baie !

Le soir et la nuit, sans vent, ça roule un peu !

Mercredi, direction Chania ou Khania ! Je tente une réservation à la marina par internet.
Déception : pas de place à la marina ! Il faut dire que les marinas sont pleines. Les bateaux sont toujours à l’hivernage, très peu ont commencé à naviguer cette saison !

Nous contournons la péninsule Akrotiri et continuons notre route vers l’Ouest en laissant Chania.
Si vous avez sous les yeux une carte de la Crête vous remarquerez que son extrémité Nord Ouest est prolongée par deux longues cornes. Nous trouvons un mouillage au Nord Est de la Corne Est, sous le Cap Skala.

En arrivant dans ce coin sauvage nous pensions être seuls, loin de tout...nous apercevons d'abord un couple sur la plage, puis arrive un 4x4 équipé camping, un voilier...tous des français !

De loin, sauvage, inaccessible entre ses hautes falaises...

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Le soir même nous sommes invités à boire l’apéritif sur le voilier !

Le vent a disparu, tout est calme, mais la houle d’Ouest, sans doute permanente dans ces parages, fait le tour du cap et nous fait rouler ! Pas dangereux, bien sûr, mais fatiguant !

Jeudi matin, nous partons visiter notre environnement.

Agréable rencontre et discussion sur la plage avec le couple qui voyage en camping car.
Nous avons des affinités avec ces nomades-là !

A droite, des murs de pierres sèches, des constructions, des marches taillées dans la falaise, un tout petit quai de débarquement dont on apprendra qu’il a servi pendant la deuxième guerre mondiale, mais probablement depuis bien plus longtemps.

A gauche sur le haut de la falaise, les vestiges d’un temple, des colonnes, quelques marches, d'un ancien forum peut-être ?
En tout cas, le site est un point stratégique d’observation et de contrôle !

Assise sur les marches du forum ? du temple ?

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Ce qui reste du site antique, je suis toujours tout au fond sur les marches

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Détail d'une colonne

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Au fond de la crique, juste derrière la plage, les vestiges d’un village, quelques cyprès magnifiques, de ceux qui ont pu servir de colonnes pour soutenir les plafonds des palais minoens.

Les restes du village

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Manifestement, ce lieu a été habité depuis longtemps, très longtemps !

Qui pouvait prévoir que nous ferions de si belles rencontres dans cette crique !

DSCN0556.JPG, juin 2021

A 11h, jeudi, nous quittons ce mouillage spécial et nous nous rendons en haut de la deuxième corne, tout à l’ouest, sous l’île Gramvoussa.

C’est un site exceptionnel !

Gramvoussa est une île forterresse, ses hautes falaises défendent naturellement l'accés à la place forte qui occupe son sommet.

La rive Sud de Gramvoussa est bordée d'une plage de sable blanc, prolongée à l'Ouest par une série d'écueils.
Derrière la plage, une petite chapelle, une forêt d'agaves et le chemin qui escalade la falaise jusqu'à la forteresse.
C'est là qe nous mouillons, dans une eau turquoise.
En face, côté Crête, la péninsule Tigani qui protège la lagune de Balos.

Autrefois gardien de l'entrée en Crête, ou refuge de pirates, ce site à la localisation stratégique, est d'une beauté époustouflante. Les touristes y sont donc régulièrement amenés par bateau depuis la grande île.

Nous avons attendu le départ de la dernière fournée de visiteurs pour emprunter à notre tour le chemin de la forteresse.

Depuis le haut de la forteresse, vue d'ensemble

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Dans la montée, la forêt d'agave

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Un lion de marbre, détroné, repose à quelques mètres de l'entrée de la forteresse

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La porte, aujourd'hui décorée de fleurs

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Ces magnifiques végétaux, accrochés à la muraille, sont des câpriers

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Est-il besoin de préciser que nous redescendrons avec une cueillette de boutons floraux ?
Cette année nous mettrons des câpres crétoises au vinaigre !

Tout en bas, côté Gramvoussa, les vestiges d'un ancien quai

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En face, côté Tigani, la lagune de Balos

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Demain, ces images merveilleuses dans la tête, nous quitterons la Crête pour les îles d'Anti Cythère et Cythère avant de rejoindre le Péloponnèse.

Merci à toutes mes fidèles lectrices pour leurs commentaires "of the record" ! En effet, cette année, impossible de commenter directement sur le blog, l'administrateur du site a empêché tous les commentaires pour cause d'invasion incontrôlable de spams !

lundi 07 juin 2021

SAISON 2021 Épisode 3

Du dimanche 30 mai au dimanche 6 juin 2021 : Découverte de la Crête

Vous savez déjà que nous sommes partis de Santorin, tôt le dimanche matin.

Nous laissons derrière nous les belles falaises rouges de Thirasia et naviguons plein Sud. Nous visons l’île crétoise de Dhia qui se situe à 6 miles au Nord Nord-Est d’Héraklion.

Le vent est faible, le moteur ronronne, les cannes à pêches traînent leurs leurres. Progressivement le temps se couvre, le ciel devient tout gris, nous avons même droit à quelques gouttes de pluie.

Temps idéal pour la pêche pense tout bas le capitaine ! Il ne le dit pas ! Surtout ne pas contrarier les dieux !

9h : premier départ de canne, premier germon ! Il est reconnaissable du premier coup d’oeil à ses très longues nageoires pectorales ! Le capitaine est très heureux. Nous n’en avions jamais remonté dans les eaux de la mer Egée.
Notre dernière pêche, c’était en mai 2014, à notre arrivée sur Corfou ! En effet, d’habitude au printemps, les eaux ici sont si transparentes que les poissons voient le leurre et le fil et...vont chercher leur pitance ailleurs !

Mais là, il y en aura un deuxième à 9h30, puis un autre à 10h30, un quatrième à 12h10 juste pendant le repas ! L’équipage est de plus en plus performant mais décide de s’en tenir là. Les cannes sont mises au repos.
Intense activité cuisine en perspective !

Quelques unités de la flotte américaine nous croisent dans la brume.

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L’île de Dhia, d’une beauté toute minérale, présente quatre criques sur sa côte Sud. Nous laissons passer les deux premières et nous installons dans la branche Ouest de la troisième qui s’appelle Mesorios.

L'anse Mesorios au Sud de Dhia

DSCN0461.JPG, juin 2021

Dès le mouillage terminé et vérifié, nous nous mettons au travail !
Il faut, démonter les bêtes et les mettre en bocaux. Lancer la stérilisation !
Nous allons utiliser jusqu’à notre dernière capsule !

Voilà à quoi ressemble le germon

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Résultat du travail : 27 bocaux

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Et bien sûr nous nous sommes régalés de germon frais, arrosé «d’Aspro Krassi» ! C’est le petit blanc frais !
Nous en avons mangé toute la semaine : cru au citron, poëllé, en sauce aux câpres, à la tomate... Du coup pas de chasse ni de pêche pour le capitaine.

Lundi 31 mai 2021

Nous restons à Dhia une journée encore pour deux raisons, d’abord finir la stérilisation, l’étiquetage, le nettoyage, le rangement mais aussi attendre la date du 1er juin avant de risquer de rencontrer les autorités officielles.
Nous lisons que les contraintes s’allègent à partir du 1er juin.
En réalité, personne ne nous a rien demandé nulle part.

La journée est agréable, pleine de soleil, l’eau est chaude !

Mesorios sous le soleil

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La nuit, un courant d’Ouest nous secoue, parfois rudement !
L’équipage a mal dormi mais le bateau avec ses 40 mètres de chaîne, son gros câblot et son ancre plantée dans la vase n’a pas bougé !

Mardi 1er juin 2021 : retour à la civilisation !

Nous quittons Dhia en début d’après-midi pour Héraklion, à la voile. Jusqu’à présent nous aurons plutôt été chanceux pour le vent !

Le port d’Héraklion est un grand port industriel et commercial, tout près de l’aéroport. Il est protégé par une très longue jetée, il est très facile d’y entrer mais...il n’y a pratiquement rien pour la plaisance.
Il existe une toute petite marina dans l’ancien port vénitien, mais elle est pleine ! Rien n’est prévu pour les bateaux de passage !

Pour notre première venue, aux innocents les mains pleines, on nous propose une place ! On en profite, bien sûr, avec reconnaissance ! Mais il ne faut pas compter sur les heureux hasards pour les opérations de transferts d’équipages pendant l’été !
Donc, nous profitons de la marina d’Héraklion, pour cette fois ! Mais il nous faudra trouver d’autres solutions pour la suite !
De façon très étonnante, il ne nous a pas été demandé de passer au bureau de la marina, les autorités portuaires ne sont pas passées nous voir, on ne nous a rien demandé, rien du tout !

Nous avons pu trouver une laverie, une boulangerie, un super marché, nous avons admiré le vieux port vénitien, ses arsenaux et ses citernes (l’eau des citernes vénitiennes sert encore aujourd’hui pour l’arrosage des plantations publiques) et nous avons bien dormi !

Le vieux port vénitien d'Héraklion
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Mercredi 2 juin 2021 : Spina Longa

Navigation plein Est, à la découverte ! Ça marche toujours bien à la voile. Aujourd’hui nous avons même testé notre nouvel instrument gériatrique, la "Ewincher" ! C’est une manivelle électrique ! Idéale pour remonter l’annexe sur le pont et bien sûr pour border plat le génois ! Il n’a jamais été aussi facilement bordé ce génois !

Ewincher en place !

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La côte Nord est très urbanisée après Héraklion et, quand elle devient sauvage, elle est inabordable, pas de recreux, pas de petite anse !

Le vieux phare sur le Cap Ioannis à l'entrée Nord Ouest du golfe Mirabello

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Il faut aller jusqu’au golfe Mirabello et son mouillage très abrité de Spina Longa. C’est une sorte de lagune orientée Nord Sud, fermée sur 360°, on y mouille où l’on veut par 5-6 mètres sur fond de sable ou de vase ; à l’entrée, une île fortifiée remarquable qui a servi de lieu de déportation des lépreux grecs au début du XXème siècle : histoire politique, histoire sanitaire qui ont inspiré des productions cinématographiques ou littéraires. J’avais lu, il y a quelques années, le touchant roman de Victoria Hislop qui s’intitule «L’île des oubliés» .
Spina Longa

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Quelques cinq miles miles au Sud de Spina Longa la ville et la marina moderne d’Agios Nikolaos.

Le mercredi soir nous jetons l’ancre dans la lagune et commençons à réfléchir à la suite de notre programme compte-tenu de nos découvertes locales toute récentes.

Dans la lagune

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Cette saison nous avons de fortes contraintes en matière de transfert d’équipages, le premier à la mi-juillet lorsque nous laissons le bateau à notre fille, elle même lâche un équipier et en récupère un autre à mi-séjour, nouveau changement fin août à notre retour à bord où pour notre plus grand plaisir nous accueillons des amis !

Depuis Toulouse, dans notre petite tête, tous ces transferts allaient pouvoir se faire sans problème à Heraklion puisque le port jouxte l’aéroport ! Nous venons de constater que ce sera impossible !

Nous constatons aussi que la Crête est une très grande île (les crétois prétendent que c’est un continent !) qui propose très peu d’ abris sûrs, très éloignés les uns des autres. C’est aussi une île très montagneuse et tourmentée, magnifique de ce fait !
Nous comprenons vite que l’été les vents y sont violents et fréquents, comme partout en mer Égée et, qu’à cette violence habituelle, il faut rajouter des effets catabatiques (le vent qui s’accélère encore en tombant de la montagne) extrêmes sur la côte Sud. En bref, la navigation y est au mieux rude, au pire impossible, plaisante ...pas vraiment !

Le capitaine est soucieux ! Pas pour nous, mais pour notre fille qui prend le relais en juillet août au moment où le meltem souffle à fond. Que faire ? Il va falloir s’adapter !

La météo nous annonce des vents forts pour les quatre jours qui viennent.

Je crois que nous allons aller à la marina Agios Nikolaos, voir comment elle est, se reposer et prendre les décisions qui s’imposent !

Du jeudi 3 au dimanche 6 juin 2021 : la Marina d’Agios Nikolaos

C’est une vraie marina moderne.
Nous y sommes accueillis sur un vrai ponton, aide à l’amarrage, deux pendilles : le vent peut souffler.
Eau, électricité au ponton, bloc sanitaire très confortable, personnel charmant, tarifs raisonnables. Pour notre 12 mètres, 26 euros par jour et 300 euros par mois en haute saison.
Nous avons même reçu un cadeau de bienvenue, huile d’olive et vin blanc crétois ! Rien à dire !

Nous nous y installons pour 4 jours !
La marina

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Depuis le bateau, dans la marina, les montagnes deviennent roses au soleil couchant

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A pied on peut apprécier la visite d'Agios Nikolaos

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Nous louons une voiture.
Le samedi nous faisons une traversée Nord Sud à travers la montagne, d’Agios Nikolaos à Ierapetra, de la mer de Crête à la mer du Liban.
Alors que le vent souffle à 25 nœuds sur la côte Nord, la mer toute blanche, s’arrache sous la rafale sur la côte Sud.
Nos inquiétudes pour la météo de l’été se confirment.
Par ailleurs, si deux bateaux semblent bien se tenir au mouillage dans la baie d’Ierapetra, le port est difficile d’accès, tout petit, et, comme souvent en Grèce complètement encombré par des bateaux locaux en piteux état qui prennent toute la place à quai ! On peut dire inutilisable pour un plaisancier.

En revanche, les paysages crétois sont absolument somptueux !

La côte sud, au dessus d'Iearapetra

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Dans la montagne, entre les deux mers

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La côte Nord, au dessus de Mirabello

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Mais ça y est, la décision est prise, nous ramènerons le bateau pour le mois de juillet en Saronique et ferons tous nos changements d’équipages en zone connue et calme !
Tous les protagonistes sont d’accord !

Aujourd’hui, dimanche, l’esprit un peu plus tranquille nous sommes allés rendre visite au Minotaure dans son palais de Knossos. Pour ceux qui viendront après nous il faut passer d’abord par le musée archéologique d’Héraklion. Tous les très beaux objets trouvés sur le site de Knossos (jarres, urnes, fresques, bijoux, objets rituels...) y sont exposés.
Le site est exceptionnel, chargé de légendes mythologiques, il témoigne d’une civilisation très sophistiquée et très ancienne. Sa restauration, qui date du début du XXème siècle, n’est pas tout à fait à la hauteur de ce qui fut un palais-cité somptueux : trop de béton et d’approximations pour la reconstitution ! La visite s’impose quand même !
Et cette année, pas de longues files d’attente pour prendre un ticket, nous avions une guide francophone pour trois personnes !

Au retour nous avons fait un arrêt dans la baie de Malia et visité son petit port : là encore, quelque chose a déraillé dans le projet ! Une grande jetée a bien été construite mais rien n’est fini, déjà ça s’écroule et le port s’envase...il n’est pas recommandé d’y rentrer, surtout pas quand ça tabasse !

Décidément, la marina moderne et sécure près d’Héraklion fait défaut !

Demain, le vent sera calmé et nous reprendrons notre route ! Vers où ? dans quel sens ?

lundi 31 mai 2021

SAISON 2021 Épisode 2

Samedi 29 mai 2021 : Thira ou Santorin

C’est une île vraiment particulière, spéciale.
Elle n’est qu’à 12 miles de Tres Klises d’où on reconnaît sa silhouette caractéristique, un cercle brisé.

Nous y sommes déjà venus mais en touristes ordinaires. Nous avions alors laissé Doug Le en sécurité à Milos, avions emprunté la navette Seajet et loué une voiture pour visiter la grande île.
Il faut dire que le mouillage forain à Thira est plutôt problématique, raison pour laquelle nous n’avions pas tenté l’expérience avec notre bateau la première fois.
Nous en gardons pourtant un souvenir enchanteur.

La deuxième visite, par la mer sera-t-elle à la hauteur de la première ?

Vous avez sans doute des images de cette destination très chic où les couples branchés viennent se marier ou remarier à grand frais (un vrai business le mariage à Santorin !) dans un décor unique au monde.
Ce décor à une histoire géologique.

En effet, cette île volcanique, certainement toute ronde comme celle de Nisiros, habitée depuis les temps préhistoriques, devenue prospère dans la zone d’influence de la Crête, pendant le développement de la civilisation minoenne a violemment volé en éclat vers 1625 avant notre ère, il y a presque 4 mille ans ! Une gigantesque éruption qui, entre le nuage de matières (on a retrouvé des pierres volcaniques jusqu’en Égypte !), les tremblements de terre et les tsunamis concomitants a détruit la civilisation minoenne et fini par donner à Thira sa forme actuelle.

Santorin est le rebord d’un cratère effondré, ennoyé, c’est ce qui reste de la caldeira. Le cratère est presque complet à l’Est, la grande île, Thira, forme les deux-tiers du cercle, comme un croissant de lune. A l’Ouest Thirasia, plus petite, et l’îlot Aspronissi, le complète, mais pas tout à fait. On pénètre à l’intérieur du cratère par deux effondrements du rempart, l’un au Nord et l’autre au Sud.
Au centre de la caldeira deux îlots, Paléa Kaméni et Néa Kaméni sont dus à des éruptions ultérieures.
Les profondeurs sont partout énormes !
La chambre magmatique est là, au milieu à quatre kilomètres sous l’eau et sous terre !
Ici, la terre est vivante !

Nous avons bien étudié cartes et guides avant de partir et avons décidé de tenter notre chance pour jeter l’ancre dans l’un des endroits «possiblement mouillables» de Thira. C’est l’année où jamais car l’activité touristique vient à peine de reprendre en Grèce. Pour l’instant nous n’avons pas rencontré beaucoup de monde sur l’eau !

A 8h donc, nous sortons de la baie de Tres Klises à Ios et naviguons sous génois seul, toujours poussés par un gentil courant de Nord.

Vers 10h nous franchissons la passe Nord.
L’éblouissement est au rendez-vous !
Falaises verticales striées de noir, de beige, d’ocre et couronnées du blanc éclatant des villages, tout au sommet ! C’est d’une beauté !

Passe Nord, à l'entrée, sur Thira le village d'Oia
DSCN0404.JPG, juin 2021

Nous nous mettons en quête d’un mouillage et tentons notre chance dans l’anse de Thirasia.
Des bateaux semblent en sortir...
Les fonds sont vraiment très profonds !
Nous repérons des bouées. Sont-elles disponibles ?

Un skipper grec nous renseigne. La réponse est oui ! Elle sont gérées par le propriétaire de la taverne Captain John. Il vient en personne nous aider à l’amarrage. Nous sommes amarrés par l’avant et l’arrière, par trente mètres de fond, sur un mouillage prévu pour un cargo ! Nous pourrons visiter Thirasia et dormir sans souci pour la sommes de 25 euros ! Nous sommes les plus heureux du monde !

L’activité touristique a redémarré, mais petitement. Nous sommes le seul bateau de passage, les autres sont des bateaux de professionnels. La plupart des tavernes sont fermées, les autres n’ouvrent que pour la mi-journée lorsque les navettes amènent quelques touristes depuis Thira la grande île.

Alors, profitons !

A partir de là je vous raconte en photos

C'est ce bel escalier qui va nous mener en haut de la falaise de Thirasia

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De là haut ça vaut le coup d'oeil !
Notre bateau tout petit, en bas, dans le cratère !

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Dans le village, peu de monde, presque tout est fermé, sauf....la boulangerie, une vraie, où le boulanger cuit au feu de bois. Nous ne nous attendions pas à cette découverte.
Le boulanger de Thirasia qui sort sa dernière fournée !

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Son pain est délicieux !

Un petit pananorama depuis la pointe Nord de Thirasia

Au centre de la caldeira les îles Kameni

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Vers le Nord

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Vers l'Est

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Vers le Sud-Est

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Vers le Sud

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Vers le Sud-Ouest

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Le tour est complet

Au téléobjectif, Thira, la grande île, une tranche napolitaine !

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L'escalier, plus facile à la descente !

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Au coucher du soleil, derrère le bateau vous apercevez des vestige de bâtiments construits avec les pierres du volcan

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C'est le soir, nous avions décidé d’aller dîner chez Captain John, notre pourvoyeur de bouée, mais lui aussi ferme sa boutique le soir !
En fait nous sommes le seul bateau habité pour la nuit.

Elle fut très calme. Pas de vent, pas non plus de musique ni de fête à terre !

Le lendemain à 6h nous larguons les amarres.
Petit-déjeuner dans la baie où nous admirons les couleurs de la passe Sud !

La pointe Sud de Thirasia à 6h du matin

DSCN0454.JPG, juin 2021

Direction la Crête !
Ce sera pour le prochain billet !

samedi 29 mai 2021

SAISON 2021 Épisode 1

Dire que nous avions très envie, besoin, de partir, nous évader, nous échapper, la formulation est un peu faible !
Après le confinement, le couvre-feu, le reconfinement, l’interdiction de dévaler les pentes neigeuses à ski, nous avions pris des billets pour le premier vol Toulouse-Athènes disponible en avril ! 28 avril, c’était calé ! Las, est arrivé le rereconfinement et avec lui une cascade d’annulations et reports successifs, nous devions partir le 20 mai de Toulouse, puis le 20 mai de Marseille...finalement nous partirons le 17 mai de Toulouse, via Amsterdam, avec une autre compagnie aérienne !

Encore fallait-il satisfaire à toutes les obligations sanitaires exigées pour les voyageurs impatients, intrépides, inconscients (choisissez !). Elles se présentent sous forme de QR codes et s’appellent PLF (passenger locating form), document demandé par les autorités grecques, test PCR négatif de moins de 72 heures, certificat vaccinal complet d’au moins 14 jours.

Évidemment tout ça vient se rajouter aux préparatifs habituels, normaux, comme mettre le jardin et la maison en ordre, faire une dernière visite à nos parents, partager un repas avec nos petits enfants, boucler les sacs, commander le taxi pour un départ aux aurores...

Bref, le lundi 17 mai à 17h locale j’envoyais des messages à toute la famille et aux amis proches pour dire que nous étions dans le taxi qui nous emmenait de l’aéroport d’Athènes à Halkoutsi où nous avons retrouvé le chantier, notre bateau, la chaleur grecque et le ciel sans nuage, le repas à la taverne sous les tamaris au bord de la plage !



Impression toute simple de bonheur et de liberté.

Du mardi 18 au vendredi 21 mai 2021 : réarmement du bateau

Quatre jours de préparation du bateau pour la mise à l’eau. Si nous voulons naviguer, il faut réarmer.

En arrivant, nous avons trouvé le grand taud de soleil, commandé avant de partir l’an dernier, tout installé par Dimitri. Il semble très bien, ajusté, rigide, bien plus facile à établir que le précédent...
Une bonne acquisition sans doute, nous verrons à l’usage !

Ensuite il a fallu bosser ...hisser et régler les voiles, passer la couche d’antifouling, changer la turbine de pompe à eau du moteur, vidanger le propulseur, rincer et réinstaller les pare-battage, rebrancher et tester l’électronique de bord, remplacer du matériel endommagé ou usé. Souvent tout s’enchaîne, comme à la parade, mais parfois le capitaine doit pratiquer des adaptations !

Au chantier, nous partageons expériences, anecdotes, savoir-faire et parfois déception. Nos voisins les plus proches espéraient bien une mise à l’eau le jeudi car ils ramènent leur bateau en France et n’ont pas une grande marge de temps pour le convoyage, d’autant plus que le canal de Corinthe est fermé pour travaux et qu’il leur faut donc faire le grand tour du Péloponnèse.
Mais le sort en a décidé autrement.
Mercredi après-midi, un gros bateau à moteur n’a pas réussi sa sortie, panne d’inverseur ! Du coup il est resté bloqué sur le chariot en attendant d'être réparé et le vent fort s’est levé !

Tout le monde attend le bon vouloir d’Éole !

Le calme n’est revenu que vendredi soir !

Samedi 22 mai 2021 : mise à l’eau !

Dès 6h du matin l’équipe du chantier s’active.

Un, deux, puis trois bateaux sont mis à l’eau !

A 9h nous sommes le 4ème bateau à monter sur le chariot, et trois-quart d’heure après nous sommes à l’eau !
C’est toujours un plaisir immense de flotter à nouveau !
Le vent est faible bien sûr puisque l’absence de vent est une condition requise pour la mise à l’eau ! Mais qu’importe, notre première étape se fera au moteur !

Nous partons vers le Sud car cette année nous visons la Crête et nous ferons notre première escale à Vouphalo que toutes et tous vous connaissez déjà ! C’est une de nos escales mythiques !
Le capitaine y fait sa première chasse de la saison, nous cueillons notre aneth sauvage et bien sûr nous allons manger les calamars grillés chez Stella !
Retrouvailles avec les paysages, les odeurs, les saveurs et les personnes qu’on apprécie, nous nous sentons chez nous, de retour.

La nuit sera douce et calme à Vouphalo.

Du dimanche 23 au mardi 25 mai 2021 : de Karistos à Despotiko

C’est parti ! Plein Sud !
Dimanche en début d’après-midi nous mouillons dans la grande anse Sud-Ouest de la baie de Karistos. Vous vous souvenez, Karistos, ce port où nous nous ravitaillons souvent, tout au sud de l’île d’Evia.
Nous y faisons une cueillette de thym sauvage. Le thym grec est très puissant en odeur. La plante est quasiment épineuse. Il est fait pour les terrains vraiment caillouteux et arides !

Lundi matin, gros avitaillement au port de Karistos, puis direction Kythnos. C’est la deuxième Cyclade dans l’axe Nord- Sud. Nous la connaissons bien et nous y arrivons poussés par un courant de Nord en fin d’après-midi. Nous mouillons dans l’anse Ioannis.

Le vent qui devait s’arrêter pendant la nuit continue de souffler, pas très fort, 15-20 nœuds, mais ça remue et ça fait du bruit !

L’équipage ne dort pas très bien ! Il va falloir se réhabituer !

Mardi, le départ est très matinal !

Direction Despotiko !

Le vent de Nord, souffle toujours à 15-25 nœuds, et nous y pousse allègrement.
C’est un endroit magnifique !
Au milieu de la mer Égée, Despotiko fait partie d’un groupe d’îles imposant.
Du Nord-Est au Sud Ouest : la plus grande est Paros, puis tout contre son flanc Ouest Anti-Paros, au Sud d’Anti-Paros se trouve Despotiko. Le grand mouillage se trouve entre la côte Sud d’Anti-paros et la côte Nord de Despotiko.
La dernière fois que nous y étions venus nous avions observé un champ de fouilles archéologiques sur Despotiko, aujourd’hui la reconstitution d’un temple est en cours !

Je vous laisse admirer !
DSCN0361.JPG, mai 2021

C’est dans cette eau translucide que je me lance pour un premier bain !
DSCN0355.JPG, mai 2021

A Despotiko le soleil avait rendez-vous avec la lune !
DSCN0371.JPG, mai 2021

A ce moment là la lune se lève, pile du côté opposé
DSCN0359.JPG, mai 2021

La nuit sera réparatrice !

Du mercredi 26 au vendredi 28 mai 2021 : Ios

A 9h nous levons l’ancre à Despotiko et visons le Sud de l’île d’Ios. Le vent nous pousse toujours.

En toute fin de matinée nous arrivons dans la belle crique de Tres Klises. Elle est profonde, très protégée, ouverte seulement au Sud Est. Nous y sommes seuls et tellement bien que nous allons y rester jusqu’à vendredi.
Voilà, c'est là !
DSCN0381.JPG, mai 2021

Nous y retrouvons, comme à Kythnos des traces d’un mode de vie rural qui a du perdurer jusqu’au milieu du XXème. Bien sûr les cultures ont disparu, mais il reste les murettes en pierres sèches, les terrasses parfois effondrées, les aires de battage. Nous sommes émus et touchés devant ces témoignages de la vie des gens.
A travers la murette
DSCN0377.JPG, mai 2021
L'ancienne aire de battage
DSCN0390.JPG, mai 2021

Et puis notre équipage de «chasseurs-cueilleurs» trouve son bonheur dans cette anse, fleurs de thym à terre et poissons dans la mer ! Le capitaine a ramené une belle ceinture.

Le thym est en fleur, les frelons en profitent !
DSCN0394.JPG, mai 2021

Cueillette de fleurs de thym
DSCN0387.JPG, mai 2021

Demain, nous reprendrons notre glissade vers le Sud, prochaine escale Thira qu'on appelle aussi Santorin. Dernier arrêt avant la Crête !

jeudi 01 octobre 2020

Saison 2020 : 5ème et dernier épisode

Saison 2020 : 5ème et dernier épisode, du 18 au 29 septembre, de Vathoudi à Toulouse en passant par Orei, Khalkis et Halkoutsi.

Vendredi 18 et samedi 19 septembre

Mauvais temps ! Nous avons changé de mouillage la veille au soir, le jeudi, pour nous cacher au fond de la baie de Vathoudi.
Vendredi matin les nuages noirs ont envahi le ciel et il pleut à seaux. En Grèce c'est le problème, les précipitations sont rares mais très intenses .

Rideau de pluie au fond de Vathoudi


Le vent va monter progressivement dans la soirée puis la nuit, jusqu’à 25 nœuds...rien de bien méchant, juste un peu de clapot quand il s’oriente un peu plus au Nord que ce qui était prévu.
En revanche, sous Alatas, où nous étions l’avant-veille...ça remue fort. Un beau voilier mouillé là-bas vient nous rejoindre au tout petit matin...l’équipage n’a pas dû bien dormir...

Le vent se calme progressivement à partir de la mi-journée et les éclaircies de ciel bleu gagnent du terrain.

Le mauvais temps n’aura pas duré longtemps dans notre petit coin, rien à voir avec le médicane (ouragan méditerranéen qui a la forme et la puissance d’une tempête tropicale) qui sévissait dans le même temps sur les îles Ioniennes et la côte ouest du Péloponnèse !

Dimanche 20 et lundi 21 septembre

Dès avant 8h, le petit-déjeuner avalé, nous mouillons à nouveau sous Alatas pour une dernière chasse du capitaine. En effet, nous amorçons notre descente vers le chantier.

Vers 10h30, une fois la mission accomplie et trois jolis poissons dans le frigo, nous levons l’ancre pour sortir du Golfe de Volos, et, au passage, y pêcher à la traîne quelques bonites puis traverser le chenal pour nous amarrer au quai Nord du petit port d’Orei que nous avions si fort apprécié à l’aller.

Quand on a du poisson frais on peut faire plaisir aux équipages voisins et remercier ceux qui gentiment nous ont donné un coup de main au moment de l’amarrage.

Au quai d’Orei, Jean-Claude en profite pour faire quelques petits travaux, filtre et pré filtre à gazole, installation d’une nouvelle antenne pour notre AIS en tête de mât d’artimon.

Lundi après le déjeuner nous entamons notre descente dans le golfe d’Evoiko.

Mer hachée et fort courant au passage du Cap Lichada

Dauphin qui joue dans les vagues

Vers 7 heures du soir,

Mouillage dans la grande baie d’Atalantis sous l’îlot Gaïdharos, environnement médiocre contre la ferme acquacole...mais grand calme !


Et...sous la protection du grand monastère qui surplombe la baie Théologos.

Mardi 22 septembre

Khalkis et son courant de marée

Le long du quai Nord, côté Eubée


Slalom d'entraînement de kayak prêt à être mis en service


Nous passons le pont à minuit !

Mercredi 24 septembre

Après Khalkis, le détroit est industriel


Une bonne heure de navigation plus tard, nous sommes amarrés à la bouée du chantier à Halkoutsi.

Jeudi 25 septembre

Nous sommes à terre.

Du vendredi 26 au lundi 28 septembre

Nous tavaillons d’arrache-pied pour hiverner Doug Le...et même l’embellir !

Nous saisissons l’opportunité de louer une voiture à l’aéroport ce qui nous permet de nous procurer de la moquette pour changer (enfin !) celle qui était là depuis l’origine...

Là, c’est propre !

cabine arrière

rack pour les chaussures sous la table à cartes

Mardi 29 septembre

Retour sans encombre à Toulouse où nous nous retrouvons désorientés par les mesures de restriction qui vont s’amplifiant...
Le jardin s’en fout, il est magnifique plein de légumes...

La boucle est refermée, ces vacances nous ont fait un bien fou !

Le blog va entrer dans le silence de l’hiver.

Je nous souhaite juste de nous retrouver, comme à l’ordinaire, au printemps prochain !

Merci encore à toutes mes lectrices (et je rajoute une pensée spéciale pour Piau, Sylvie et Flora) et à tous mes lecteurs !

jeudi 17 septembre 2020

SAISON 2020 Épisode 4

Épisode 4 : du jeudi 10 au jeudi 17 septembre 2020, Volos et son golfe

D’abord merci à vous les filles, Françoise, Danièle, Geneviève, Christine, Emmanuelle et aussi les garçons, Jeff et Bernard pour vos si gentils commentaires, ça m’encourage et me pousse à écrire.

Pour ce quatrième billet, mon capitaine et artiste photographe a réalisé plein d’images...

Je vais donc m’essayer à un nouveau type de narration avec plus de photos que de texte !

Jeudi 10 septembre

Direction la grande ville, pour faire le plein de vivres : Volos.

C’est un grand port industriel et commercial, une cité universitaire, on y trouve tout ce dont un équipage a besoin.

D’abord un très grand quai public, quasiment désert, où il est facile de s’amarrer.


C’est chose faite en fin de matinée !

Évidemment, super marchés, boulangeries, primeurs, restaurants abondent.

Retour de courses, sur la passerelle d’accès au quai.


Le coucher de soleil rend-il les grues du port commercial plus romantiques ?


Pas sûr !

Le lendemain matin, nous ne nous attardons pas longtemps, nous sommes sous le vent des échappements de la grande cheminée du ferry qui s’apprête à appareiller !

Du vendredi 11 au lundi 14 septembre

Nous allons rester trois nuits dans le joli mouillage de l’îlot Pythos.

Une toute petite île en demi-cercle, prolongée par une barrière de rochers à fleur d’eau entre sa pointe Nord-Ouest et un tout tout petit îlot. On y est abrité des vents de Nord, d’Est et de Sud-Est et la météo s’annonce très calme pour les jours à venir.
Pythos au coucher du soleil



C’est très beau et très connu des navigateurs locaux...c’est également le week-end. Nous avons donc de la compagnie !

Et c’est ici que, pour la première fois, nous avons été confrontés à un comportement malhonnête de la part d’un skipper grec. Une tentative d’arnaque à l’assurance !
Le bateau, avec plage avant et plate-forme arrière agrandies, s’appelle le Beauty L. Il a du manquer au shipman, quelques milliers d’euros pour fignoler la peinture de sa coque, du coup il tente sa chance : il a mouillé très près de nous ( l’évitage n’était pas garanti sur 360°) et sorti son appareil photo au moment où nous allions nous rencontrer.
Ça c’est vraiment mesquin !
Le capitaine qui le surveille pousse son coup de gueule, en français, l'équipière renchérit en anglais...il est parti !


Mais la générosité du Golfe et le savoir-faire du capitaine nous réservent de bien belles compensations !

Un tassergal et un gros sar


Lundi matin, le vent est passé Nord Ouest. Si la barrière de roches casse bien les vagues, le mouillage finit quand même par devenir inconfortable.
Après la chasse du matin, fructueuse comme presque à chaque fois, nous levons l’ancre, direction le Sud Est du Golfe autour de l’anse Vathoudi. La météo annonce un peu de vent, nous y serons à l’abri !

En milieu d’après-midi nous sommes seuls au centre d’un beau mouillage très calme, sous le cap Kefalos, à l’ouest de l’île Alatas.

Un cercle de verdure, un calme étonnant, un grand héron cendré sur la berge.


Mardi15, mercredi 16 et jeudi 17

Toujours dans les parages de Vathoudi.

Mardi, nous ne bougeons pas.

Mercredi nous entrons dans Vathoudi par la passe Sud et allons refaire un plein de vivres dans la petite ville de Milina.

C’est paisible et charmant !

Les quais de Milina


Les chats et les pots de fleurs y font bon ménage


Doug Le devant la belle église de Milina


L’avitaillement terminé nous regagnons Vathoudi et mouillons sous la côte Sud Est de l’île Alatas, allongée, étroite, plantée d’oliviers séculaires... ses eaux sont poissonneuses, évidemment !
Les oliviers d'Alatas


Si vous cherchez une île déserte...


ou juste un point de vue magnifique...


vous tomberez peut-être sur une drôle de sirène...


plus sûrement sur un enclos à chèvres très rustique, toujours en activité...


Jeudi 17, nous sommes encore dans notre petit coin paisible où nous recevons plein de gentils messages nous mettant en garde contre les vents violents annoncés pour ce week-end.
Un médicane (un ouragan méditerranéen) est prévu. Il ne devrait pas concerner notre secteur.
Mais comme de notre côté la météo annonce un petit coup de Nord...dès demain, nous irons vite nous mettre encore plus à l’abri.

samedi 12 septembre 2020

SAISON 2020 Épisode 3

Épisode 3 : du vendredi 4 au mercredi 9 septembre 2020, Palaio Trikeri-Skopelos-Palaio Trikeri, un aller-retour

Vendredi 4 septembre 2020

Il n’est pas encore 6 heures et demi que nous sommes levés, le vent aussi mais il ne se fait pas violemment ressentir à l’abri de l’îlot Palaio Trikeri.
Nous avalons rapidement notre petit-déjeuner et préparons le bateau : remonter le moteur de l’annexe sur sa chaise, l’annexe sur le pont, gréer la trinquette, tout amarrer !
Il faut ensuite que je me mette à l’eau pour aller larguer les amarres accrochées dans les arbres !
A 7h40 nous sommes parés, nous sommes partis ! Direction Skopelos où nous devrions retrouver nos amis de Kairos dans le port de Nea Klima.

Très vite nous prenons une première bonite, nous sommes encore entre l’îlot et la péninsule Trikéri.

Nous avançons vite sous trinquette et grand-voile arrisée, 25 nœuds par le travers, Doug Le est très à l’aise !

Dans le chenal Trikeri entre la rive Sud du Pélion et la côte Nord de l’île d’Eubée, la mer est plate et le vent du Nord ne franchit pas la falaise...attention à l’arrivée dans le canal de Skiathos, où le vent va débouler de Thessalonique !

En passant devant le petit port de Platania nous prenons notre deuxième bonite, le repas du soir est assuré !

A l’entrée dans le chenal de Skiathos le vent est effectivement plus fort, mais jusqu’au rocher Levtheris, il reste très maniable, 25 nœuds, 30 dans les rafales ! Lorsqu’on se rapproche de Skiathos, du cap Poundra , et que le vent passe à 30-35, avec rafales à 40 et des vagues plus sèches, la navigation devient désagréable !
Heureusement il n’y a pas très long à courir avant d’être à l’abri des vagues, sous Skiathos.

C’est au moment où l’on décide de se rapprocher de la côte afin d’y faire une petite pause déjeuner que notre trinquette décide de faire des siennes.
Elle refuse de s’enrouler !
En fait la contre-écoute s’est retrouvée bloquée par une petite drisse de pavillon toute fine qui s’est rompue à ce moment là puis est venue faire une pelote serrée autour des haubans bâbord...
Il a fallu affaler la trinquette moderne... à l’ancienne...En effet, elle est prévue pour s’enrouler sur son emmagasineur et pas pour tomber sur le pont quand on lâche la drisse.

Le capitaine vient de tester la capacité de l’équipage à affronter les éléments !

Après cet intermède nous sommes heureux de souffler dans la grande baie de Platania, côte Sud de Skiathos. C’est tout de suite profond, il faut mouiller très long ! Ça ira pour casser la croûte !

Après le déjeuner et une petite sieste, nous levons l’ancre direction Nea Klima sur la côte ouest de Skopelos.
Denis et Catherine, nous y accueillent et nous donnent un coup de main pour l’amarrage.

Quel bonheur de retrouver nos amis ! Nous n’étions pas du tout certains de nous croiser cette saison !

Nous partageons les deux bonites et le charme tranquille de ce petit port sans prétention.

Nea Klima

Samedi 5 septembre 2020

Le vent reprend, la mer est agitée devant la jetée ; les équipages de Kairos et Doug Le vont rester à quai encore une journée.
Rien ne nous presse, rien ne nous bouscule...prendre le temps, de faire les courses, un peu d’entretien moteur, de profiter de la plage et de sa douche et de passer une deuxième soirée avec nos amis !

On pourrait friser la perfection...mais nous sommes samedi et le samedi soir les humains font la fête... du coup, certains établissements mettent la musique très très fort, jusqu’au petit matin ! Nous n’avons pas bien ni beaucoup dormi !

Dimanche 6, lundi 7 et mardi 8 septembre

Dimanche matin, tout est calme à Nea Klima. La musique s’est arrêtée, le vent aussi !

Une analyse des prévisions météo nous fait choisir de revenir, en mode vacanciers, du côté du Golfe de Volos.

Nous avions, un temps, envisagé d’aller jusqu’à Limnos, cette île que nous aimons tant, mais le vent est défavorable sur le trajet pendant plus d’une semaine...nous y reviendrons une autre année !

Kairos largue ses amarres quelques minutes avant nous. Grands signes, à bientôt !

Partis de Nea Klima au moteur, peu après 9h, nous avons très vite navigué à la voile jusqu’à la grande baie de Chondri Ammos, rive Sud du Pélion à l’Est d’une grande carrière de marbre.
Nous y avions déjà jeté l’ancre au printemps 2015.
A l'Est de la grande carrière, Chondri Ammos

A quelques mètres du bateau, par 7-8 mètres de fond, des restes de tessons et d’amphores...un bateau marchand a dû couler là...quand ?

Nous y resterons jusqu’à mardi matin.

C’est là que j’apprends que mon fils a chopé le Covid...il est jeune, mince, sportif, en très bonne santé, il va déjà mieux...il va guérir tout seul ...
Mais la réponse médicale d’état et de la plupart des médecins libéraux, qui sont pourtant censés soigner et prescrire en toute conscience et en toute liberté, est quand même terrible !
Rentrez et restez chez vous, prenez du paracétamol et rappelez si vous étouffez !
Ça ressemble furieusement à du refus de soin !
La mère s’inquiète, fait appel à ses ressources familiales, la citoyenne s’indigne.
J’ai du mal à comprendre...et à avaler, depuis le début !

Comme les nouvelles de mon fils sont de plus en plus rassurantes, je, nous, retrouvons notre plaisir d’être là, sur l’eau, au cœur d’un environnement sauvage, comme nous apprécions.

Du mardi 8 au mercredi 9 septembre

Mardi, après les activités du matin, nous levons l’ancre pour continuer notre pérégrination paresseuse.

Nous rebroussons chemin de quelques miles pour aller visiter le petit port de Platania.

Quand nous y arrivons, le quai est quasi plein...nous n’allons pas nous y mettre ! Nous jetons l’ancre le temps du déjeuner dans un mouillage très encombré de bateaux sur corps-morts.
La brise de la mi-journée se lève sans nous laisser le temps de finir de manger...nous relevons l’ancre et ramenons en prime un très gros grappin !
Platania, expérience non concluante !

Nous repartons plein Ouest et nous arrêtons dans une des très belles baies et plages qui festonnent cette rive Sud du Pélion. Nous passons l’après-midi et la nuit sous la pointe Vathi, seuls !

Sous le Pélion et la pointe Vathi, une baie pour nous tout seuls

Mercredi après la chasse matinale du capitaine nous reprenons notre route pour le Golfe et l’îlot Palaio Trikéri.
Au passage devant le phare nous remontons deux bonites en même temps, une sur chaque canne ! Les deux leurres, différents, ont fonctionné !
Ce golfe est très poissonneux, c’est confirmé !

L’amarrage à Trikéri se passe très bien, je suis de plus en plus performante pour porter les aussières dans les arbres ! Cette fois-ci, j’ai fait la manœuvre à la nage !

Je me sens tellement bien à bord que, dans l’après-midi, je me suis même endormie dans le cokpit, éventée par une douce brise... Je n’ai plus du tout envie de rentrer !

Enfin, parfois, même sur l’eau les humains sont un peu sans gène ! A notre gauche nous avons un grand bateau en bois. Il reste fermé toute la journée. En début de soirée, les propriétaires reviennent. A peine à bord, ils mettent en marche leur générateur ! Nuage noir de fumée au démarrage ! Le pot d’échappement de ce vieux machin très bruyant, 40 centimètres au-dessus de l’eau, crache de notre côté...asphyxie garantie !
Cela faisait très longtemps qu’on n’avait pas eu droit à ce sketch ! Aujourd’hui, avec les panneaux solaires et les éoliennes dont pratiquement tous les bateaux sont équipés, plus personne ne fait tourner sa bourrique au mouillage pour recharger ses batteries de service !
Il a fallu que nous tombions du mauvais côté d’un survivant de cette époque lointaine...
Heureusement, ils sont très vite repartis...en éteignant tout !

Demain, nous devons faire les courses, nous irons à la grande ville !

dimanche 06 septembre 2020

SAISON 2020 Épisode 2

Épisode 2 : du dimanche 30 août au jeudi 3 septembre 2020, la péninsule Trikéri

Dimanche 30 août 2020

Nous profitons des facilités d’Orei pour faire le plein de vivres, livraison à bord !
Gentillesse habituelle des Grecs renforcée cette année, à l’endroit des ressortissants français, par la reconnaissance qu’ils portent au président Macron pour ses prises de position par rapport aux Turcs.
Je n’aurais pas dû être étonnée...je sais bien que l’évaluation est dépendante du point de vue de l’évaluateur et, apparemment, ces commerçants grecs d’Orei sont plus inquiets de la politique expansionniste d’Erdogan que des effets de la gestion de la pandémie sur eux-mêmes. A leur place j’aurais sans doute la même analyse... Après ces échanges sur la politique étrangère européenne, nous retrouvons notre bord et notre légèreté de vacanciers.

Nous recommençons à savourer notre décalage temporel de retraités : être ailleurs, sur l’eau, en croisière quand tout le monde reprend le boulot, l’université, l’école...ça c’est bon !

Le reste de la matinée se passe à chercher désespérément une antenne VHF toute neuve, ramenée en juillet pour changer celle, défaillante, de notre système AIS.
Nous fouillons tous les coffres du bateau et nous apprêtons à renoncer, provisoirement, lorsque nous retrouvons l’objet, bien caché, dans le coffre le moins intuitif...
Mais à ce moment-là il fait beaucoup trop chaud pour grimper au mât d’artimon et entreprendre quelque travail que ce soit ! Il faudra attendre une prochaine opportunité !

Vers 15h30, après la sieste, nous faisons nos adieux à Jujube et quittons Orei : direction la péninsule Trikeri. Elle prolonge le Pélion et vient se recourber en un doigt crochu à l’entrée du Golfe de Volos dont elle constitue la rive orientale.

Nous naviguons à la voile jusqu’au Cap Trikeri, admirant au passage le petit port et le village perché qui portent le même nom et terminons nos quinze miles de la journée dans un mouillage sur fond de sable, dans une grande une anse sous la pointe Trachiti.

le port de Trikeri et le village perché tout en haut

un peu plus loin, le phare du cap Trikeri et le village perché

La météo s’annonce particulièrement clémente...il est bien possible qu’on y reste quelques temps !
levé de lune sur notre anse

et, côté opposé, couché de soleil

Du lundi 31 août au jeudi 3 septembre 2020 : vacances à Trikeri

Lundi, mardi, jusqu’à 19h30, l’ancre est restée au même endroit. Le capitaine chasse et ramène du poisson, je nage, je lis, nous bricolons un peu, observons notre environnement...calme et détente s’installent sur Doug Le.
juste sur la berge, une grue pêche

pêche du capitaine : 2 loups argentés, 2 daurades. La survie de l'équipage est assurée !

Mardi soir, il faut changer de mouillage, juste pour que la nuit soit confortable, car un petit coup d’ouest, pas méchant, est prévu.

On pourrait aller mouiller sous l’îlot Tricheri dans la belle anse juste à l’Est du petit port. Mais lorsque nous y arrivons, il y a déjà du monde (grimace du capitaine) et il faut mouiller et porter une amarre à terre (grosse grimace de l’équipière). Je n’aime pas ça du tout !

Du coup nous faisons le tour de la point Trachiti et visons la deuxième anse, sous la pointe Kabylos. Elle est profonde avec une plage plantée d’oliviers jusqu’au bord de l’eau.

C’est une crique que nous ne connaissons pas, il commence à faire sombre, il faut porter un cordage à terre !!!

Tout se passe bien, la manœuvre est parfaitement exécutée ! Mais... A ne pas refaire trop souvent peut-être !

Nous y assistons à un lever de lune magnifique !

Le lendemain, mercredi, nous profitons de la beauté de la crique mais...je renonce vite à nager. Les grosses méduses que vous avez vues en photos dans le billet précédent s’y étaient donné rendez-vous. J’en ai dénombré au moins une centaine ! J’ai eu beau expliquer à ma nièce que ces méduses là étaient plutôt bonasses parce que dépourvues de filaments urticants...je ne me suis pas risquée à batifoler au milieu de ces demoiselles voilées !

une crique aux oliviers, caractéristique de ce secteur de la Grèce

aujourd'hui, c'est la nôtre

elle nous offre un magnifique papillon

Finalement en début d’après-midi, nous quittons cette crique solitaire et partons mouiller à l’îlot Trikeri dans l’anse que nous avons dédaignée la veille au soir. Elle est vraiment jolie...et puis, porter une ou... deux amarres à terre...on s’habitue...
la preuve !

Jeudi matin, à la fraîche, longue promenade sur l’îlot Trikéri. Cette petite île est complètement piétonnière et sillonnée de sentiers, certains dallés d’autres plus rustiques...cela faisait longtemps que nous ne nous étions pas vraiment dégourdi les jambes !

Demain la météo nous annonce du meltem assez fort, juste ce qu’il faut pour naviguer à la voile, d’après le capitaine, jusqu’à Skopelos (la deuxième des îles Sporades en sortant du Golfe).
Nous devrions y retrouver nos amis de Kairos, Catherine et Denis.
Alors demain à l’aube nous partons !

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